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Ardiente Paciencia, Il postino, Le Facteur

Antonio Skármeta a écrit Ardiente Paciencia dont s’est inspiré Michael Radford pour réaliser Il postino (Le facteur). Livre et film narrent l’amitié entre le jeune facteur qui veut devenir poète pour séduire les femmes et son unique client quotidien, Pablo Neruda (1). Quand Mario découvre la belle Beatriz, il va faire du poète son complice d’abord involontaire puis bienveillant et efficace dans son éducation poétique et sa conquête...

10 novembre 2017
 

Cette histoire d’amour et de poésie se déroule en parallèle et en harmonie avec celle de Salvador Allende dans la conquête et l’exercice du pouvoir et sa chute. Pendant cette période, Pablo Neruda, très impliqué dans les événements politiques de son pays, réside dans l’Île noire, située au Chili dans le roman, en Italie dans le film. D’où quelques adaptations au niveau du scénario.

Alors que le livre a été écrit en espagnol et le film tourné en italien, très souvent le même texte se retrouve en français dans le livre et dans le film. Malgré cette fidélité au texte, le film et le livre ont une identité qui leur est propre.

Ardiente Paciencia, Il postino, Le Facteur

Dans le livre, Antonio Skármeta alterne de très longues phrases avec une déferlante de mots, de qualificatifs qui témoignent de l’importance du phénomène ou du sentiment décrits mais souvent avec une ironie, autodérision de l’auteur et une certaine truculence. Et des dialogues rapides, parfois, un vocabulaire populaire et de nombreux traits d’esprits qui donnent au lecteur le sourire à des moments, plus ou moins dramatiques pour les protagonistes.

Cet aspect est un peu gommé dans le film qui insiste plus sur la beauté des paysages, la confrontation des couleurs : obscurité du bureau de poste, maison rose du calme et du bonheur où le facteur porte, chaque jour, le courrier pour Neruda et s’ouvre à la poésie et à l’amitié, variantes de bleu et de gris de la mer, calme ou agitée, Île noire, volcanique, …

Paradoxalement, là où le livre donne à voir et à entendre par les mots, le film suggère par les images et le jeu des acteurs, les regards séducteurs de Maria Grazia Cucinotta (Beatriz), les mains et le visage très expressifs de Massimo Troisi (Mario) qui contrastent avec le jeu plus retenu de PN (Philippe Noiret, Pablo Neruda).

La poésie est souvent présente, comme apprentissage, la révélation de la métaphore, comme moyen de séduction pour Mario qui utilise sans vergogne les poèmes du barde pour dominer sa timidité et séduire la séductrice Beatriz qui ne demande que cela et utilise d’autres moyens ; la poésie comme transfiguration de la réalité, quelquefois inconsciente, Rosa, la mère de Beatriz, lisant ou entendant le poème que Mario a donné à sa fille en conclut qu’il a vu Beatriz, nue, car elle est bien comme cela (le poème a été écrit pour Matilde l’épouse de Neruda) ; Mario a le mal de mer en écoutant un poème récité par Neruda...

Ardiente Paciencia, Il postino, Le Facteur

L’adaptation de l’intrigue à la situation italienne est à l’origine de quelques scènes bienvenues : le jeune Mario est embauché parce qu’il a une bicyclette nécessaire pour porter le courrier à Pablo Neruda qui vit à l’écart du village et il ne se sépare pas d’elle facilement, il entre dans le bureau de poste et sort du cinéma avec sa bicyclette (clin d’œil au Voleur de bicyclette de Vittorio de Sica) ; au Chili, le supérieur hiérarchique de Mario est socialiste, en Italie, il est communiste ; Mario doit lire un de ses poèmes lors d’un meeting politique qui finit dramatiquement, scène parfaitement intégrée à des images d’actualité ; quand Pablo Neruda revient dans le village, des années plus tard, il entre dans le café, une photo du mariage de Mario et Beatriz est sur le mur, une balle de baby-foot rebondit sur le sol, rapidement suivie d’un garçonnet, Pablito, le fils de Mario et Beatriz, rappel de l’initiale scène de séduction et de la première rencontre amoureuse ; dernière scène, Pablo Neruda sur la plage, pour la première fois, vu de la mer, écrasé par la noire falaise...

Ardiente Paciencia, Il postino, Le Facteur

L’éducation poétique du postier par le barde, prix Nobel, est perturbée et finalement interrompue par des événements qui se passent ailleurs et qui ont de graves répercussions sur la vie de l’Île noire. Une histoire d’amour parfaitement intégrée à l’Histoire.

Ardiente Paciencia, Il postino, Le Facteur

1 - Ardiente Paciencia, livre publié en 1985 au Chili par Antonio Skármeta, développement du film de l’auteur a réalisé en 1983. Ce livre a été traduit en français par François Maspéro en 1987. Michael Radford l’a adapté au cinéma, sous le titre de Il postino, en 1994 avec comme acteurs principaux Massimo Troisi, Maria Grazia Cucinotta et Philippe Noiret.


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1 réactions à cet article    


  • jako jako 11 novembre 11:37

    Vos articles sont magnifiques, merci Mr Oriol smiley

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