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Arsène, une vie

A propos de « Arsène Lupin une vie » aux éditions Hélios par Xavier Mauméjean (voir à ce lien)

couverture empruntée ici

Je ne suis pas très objectif en lisant cette biographie historique, historique car chacun sait que Lupin était un personnage historique tout ce qu'il y a de plus réel. Dans ce livre il est confronté à d'autres personnages tout aussi historiques que lui comme Sherlock Holmes, Hercule Poirot ou l'aventurier anglais Raffles. Que je n'attende pas plus pour le dire, comme beaucoup d'enfants des années 70 qui regardait le feuilleton avec Georges Descrières (de la comédie française !) Lupin est le héros de mon enfance, je l'ai toujours préféré à tous les autres héros. Je voulais parler comme lui, alterner le registre très soutenu puis soudain mettre les pieds dans le plat de la bienséance avec un ou deux mots d'argomuche bien placés.

Car si Arsène rend la plupart du temps la justice, allant jusqu'à tutoyer les grands de ce monde avec gouaille et insolence, il se fiche complètement de respecter la morale commune et les lieux communs des bons bourgeois. Il les envoie promener avec finesse et ironie. Il déteste la fatuité, les vanités...

Lupin oscille toujours entre l'élégance, les mondanités, les grands noms, et l'irrévérence, l'envie de se moquer du monde et de ridiculiser autant que possible les nantis surtout s'ils sont content d'eux. Lupin aime les paradoxes, être une chose et son contraire, mener son monde par le bout du nez mais toujours être si malheureux en amour. Ses amantes, ces femmes qu'il aime finissent toujours tragiquement, elles se font généralement tuer, ou finissent par l'abandonner. Et Arsène de repartir encore plus malheureux sous d'autres cieux pour essayer de retrouver un peu de la sérénité du roi de la cambriole. Et il finit toujours ensuite par revenir et raconter ses aventures à son biographe officiel de l'époque, à savoir Maurice Leblanc.

Il faut bien que Leblanc vive, et comme Arthur Conan Doyle finissant part raconter la mort d'Holmes au Reichenbach croyant se débarrasser une bonne fois pour toutes de son sujet il aimerait bien écrire de grands romans sociétaux voire sentimentaux comme Proust ou d'autres, de ces œuvres que les dames dans les beaux salons évoquent avec des trémolos dans la voix. Mais les grands sentiments ça ne nourrit pas son homme et toujours Leblanc revient à Lupin qui se laisse faire de bonne grâce. Le bougre aime bien se raconter, il n'a pas beaucoup de confidents qui puissent réellement apprécier sa conversation.

Les bons mots d'Arsène paient le clos Lupin et les voyages de son ami littérateur...

Lupin semble très parisien, un vrai gamin de Pantruche pourrait-on croire. Mais il vient de Normandie à l'origine, celle des impressionnistes, celle de Maupassant et de Zola, celle de l'Aiguille Creuse et des vestiges de Guillaume le Conquérant. Jumièges est un jalon important sur la carte des exploits de Lupin. Et c'est lè-bas sur la Seine, à bord de la péniche de la Cagliostro qu'il commence à apprendre vraiment qui il sera vraiment. C'est lui qui quittera la comtesse de sinistre mémoire, elle se vengera beaucoup plus tard. Arsène s'appelle encore Raoul, il est un bâtard. La famille de sa mère les a renié elle et lui, et a obligé celle-ci à devenir la femme de ménage de parents plus fortunés. Raoul devrait s'appeler d'Andrésy mais on lui refuse le droit de porter ce nom, plus tard Lupin ne se gênera pas pour l'utiliser.

Il commence sa carrière sur un transatlantique en dérobant les bijoux de toutes les femmes du monde à bord. Il se fait cueillir en Amérique par l'inspecteur Ganimard qui deviendra bientôt sa némésis...

Toute relative. Car Lupin aime bien Ganimard, il l'aide souvent à se tirer de mauvaises situations, plus tard en tant que Lenormand il sera même son chef.

On ne sait pas quand Lupin est mort, il est possible qu'il ait retrouvé la fontaine de Jouvence, qu'il soit toujours parmi nous, qu'il se soit fait discret cependant car l'époque n'est pas à la grandeur et pire encore n'est pas à l'irrévérence...

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

Amaury - Grandgil


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2 réactions à cet article    


  • bob de lyon 19 mars 18:02

    Du film de cet élégant cambrioleur, interprété par Robert Lamoureux en 1956, me reste une image ; sur le mur de la prison d’où il s’est échappé, il a écrit :

    « L’État ne craint rien, Arsène Lupin ne vole que les riches ! ».

    J’entends encore le rire de ma maman assise à mes côtés.


    • bob de lyon 19 mars 18:12

      Réécoutez l’émission sur France Culture en direct du salon du livre : Arsène court toujours !

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