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Art et littérature : doit-on abandonner la culture Low-tech Punk à la gauche ?

J’ignore pourquoi, ou plutôt je m’en doute, les partisans du low-tech et du paradigme artistique Low-tech Punk ont la fâcheuse manie de s’acoquiner avec la gauche, voire avec l’extrême gauche écolo. À mon avis, c’est qu’afficher des positions gauchistes les rend sympathiques – pour l’instant – et leur donne bien des entrées dans les médias – pour le moment.

 

Bref historique du Low-tech Punk

 

Je l’ai déjà écrit cent fois, le Low-tech Punk est un paradigme artistique et esthétique appelé à l’existence par le futurologue Arthur Keller lors d’une conférence restée assez célèbre, et que vous pouvez encore écouter si vous êtes abonnés à Facebook.

Solarpunk ? Non, Low-tech Punk ! Menons une politique artistique et culturelle « low-tech », l'appel d'Arthur Keller aux artistes/créateurs (dont les... | By Low-tech NationFacebook | Facebook

 

L’appel d’Arthur Keller mérite toutefois une clarification : à mon sens, il y a une double problématique ; il s’agit, pour les artistes de privilégier 1) une esthétique low-tech et 2) des moyens low-tech de créer, ce qui constitue deux questions différentes.

— Par exemple, le peintre à l’ancienne ou le musicien traditionnel est plus low-tech que celui qui crée des images, de la musique ou des vidéos grâce à une IA. Voilà pour les moyens de créer.

— Autre exemple, une science-fiction qui dévoile un futur où la plupart des high-techs actuelles ont disparu (et c’est ce que je fais) est de toute évidence très Low-tech Punk par rapport à une science-fiction obsédée par les IA et les voyages interstellaires. Voilà pour l’esthétique créée par un auteur.

 

Il me semble judicieux de se contenter du terme « low-tech » pour la question des moyens et réserver l’appellation « Low-tech Punk » à l’univers esthétique et fictionnel inventé par l’artiste.

Bien évidemment, on juge aussi de la sincérité d’un artiste au fait qu’il n’abuse pas du high-tech pour fonder son œuvre. C’est bien pour cela que j’écris mes bouquins avec mon petit cerveau naturel, et j’utilise l’IA uniquement pour fabriquer quelques images illustrations, surtout pour mon blog. Par ailleurs, j’utilise, comme tout le monde, un ordinateur (vieillissant) et une connexion internet pour créer et pour m’informer. Il y a donc du high-tech derrière mon Low-tech Punk. Mais nous en sommes tous là, depuis l’écolo qui prend sa voiture (ou l’avion) et qui fait cuire sa pitance au micro-ondes ou le collapsologue qui gère des blogs et une chaîne YouTube… anticipant la fin prochaine des blogs et des chaînes YouTube ! Nulle hypocrisie là-dedans. Après tout, à l’époque du phonographe, rien n’eût interdit de graver sur un 78 tours en bakélite une chanson comique anticipant la fin prochaine des 78 tours en bakélite !

 

L’hypocrisie gauchisante du low-tech

 

S’il y a de l’hypocrisie dans la culture low-tech, cette hypocrisie est plutôt d’ordre politique. On ne choisit pas l’état des technologies où nous sommes tous embarqués, mais on peut tout de même choisir ses fréquentations. On m’accusera d’avoir de mauvaises fréquentations, trop à droite… Mais je constate que la plupart des collapsologues – à qui je voue, pourtant, la plus grande admiration – ont de mauvaises fréquentations… trop à gauche ! Je me demande quel plaisir éprouvent les collapsologues à donner perpétuellement des gages de gauchisme aux médias et aux associations qui les reçoivent. Ou plutôt, la réponse est dans la question. Sans ces gages de gauchisme, ils ne seraient point reçus.

 

Le cas Jean-Marc Jancovici

 

Par exemple, j’ai la plus grande estime pour Jean-Marc Jancovici, pour l’ingénieur et le scientifique qu’il est, pour la clarté de ses conférences, pour son anticipation d’un monde futur qui correspond parfaitement à mes propres anticipations. Ne renversons pas les rôles : mes anticipations purement littéraires sont en réalité calquées sur les siennes, et non l’inverse, et je n’ai pas son bagage scientifique. Des gens comme Jean-Marc Jancovici, Arthur Keller, Pablo Servigne et même Yves Cochet, et tant d’autres, ont été mes maîtres à penser. Cet article, pour critique qu’il soit, est aussi un hommage et une reconnaissance de dette intellectuelle.

Mais franchement, quel besoin Jean-Marc Jancovici a-t-il eu d’écrire, en 2011, cet article pitoyable intitulé « Marine Le Pen, enfant du carbone » ?

Marine Le Pen, enfant du carbone | Les Echos

Marine Le Pen, enfant du carbone ? – Jean-Marc Jancovici

 

Je cite la conclusion : « Éviter l'extrémisme porte donc un nom : c'est la décarbonisation de l'économie. Que tous les adversaires politiques de Marine Le Pen y travaillent un peu plus sérieusement qu'aujourd'hui ! »

Je réponds à Jancovici : « Cher Maître-Philosophe, croyez-vous qu’avec une économie totalement décarbonée et low-tech, le peuple en sera plus heureux, dès lors, avec des magistrats qui protègent les voyous, des caciques d’extrême gauche (payés avec nos impôts) qui bordélisent l’Assemblée nationale, des psychopathes sous OQTF relâchés dans la nature, des victimes qui n’ont pas même le droit de se défendre en cas d’agression, des manifestations syndicales ou politiques qui finissent systématiquement en orgies de violences et de déprédations, des policiers qui n’ont plus d’armes, et, tiens, pourquoi pas, Mélenchon président de la République en 2027 ? Ah, elle va être belle la France anti-sécuritaire et ultra-progressiste, totalement low-tech et décarbonée, avec Mathilde Panot Premier ministre, Adrien Quatennens aux droits des femmes, Sandrine Rousseau aux droits de l’homme, Garrido à l’Intérieur, et Louis Boyard à la Justice ! »

Je vous signale, cher Maître Jancovici, que les meilleures dystopies ont été écrites à des époques où le high-tech n’existait pas encore, du moins pas au point d’aujourd’hui. Huxley, ce sont les années 30, pour Brave New World, et Orwell, la fin des années 40 pour 1984.

Staline et Mao (ou Hitler pour le Point Godwin) n’ont pas eu besoin d’intelligence artificielle pour faire des millions de morts et ils vivaient à des époques où l’économie n’avait pas encore, et de loin, épuisé les ressources planétaires. Prenez n’importe quel tyran, n’importe quel empereur, n’importe quel césar ou calife d’avant l’ère industrielle, avec son cortège de tortures, de conquêtes sanglantes et d’injustices, vous conviendrez qu’ils vivent dans une économie zéro carbone ou presque et qu’il y a pourtant beaucoup d’extrémisme dans leurs méthodes.

Autrement dit :

1) Soit vous considérez Marine Le Pen comme une dangereuse extrémiste dictatoriale, mais, comme nous venons de le voir, l’extrémisme est tout à fait compatible avec le low-tech et le zéro carbone, donc votre article n’a pas de sens.

2) Soit vous considérez Marine Le Pen comme une femme politique ordinaire, une modérée, et dans ce cas là votre article se réduit à des insultes gratuites contre le camp national, simplement destinées à vous faire valoir auprès des milieux bien-pensants.

Le problème reste que beaucoup de bobos bien-pensants high-tech actuels ne partagent aucunement votre cause, et dans ce cas-là, votre stratégie est totalement loupée.

 

Ainsi, cher Jean-Marc Jancovici, restez le bon maître à penser que vous avez été, avec votre sagesse et votre science, nous vous aimons bien comme cela ! La bien-pensance ne vous honore point, elle vous gâche ; elle donne un côté très cliché à vos textes, elle affadit et dévalorise vos positions, elle émousse vos interviews, et pour ceux qui vous admirent, c’est bien dommage !

En ce qui me concerne, à un niveau très inférieur au vôtre, je continuerai à développer un Low-tech Punk littéraire pas très apprécié du gros public, mais à tout le moins très éloigné des clichés à bobos de type « Front Populaire 2024 ». Dixi et salvavi animam meam.

 

Signé Mazé, marxiste de droite

 

Illustration de l’article :

blague écolo-bobos – Blagues et Dessins (blagues-et-dessins.com)

24 décembre 2020 / L'actu de Sanaga /


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12 réactions à cet article    


  • La Bête du Gévaudan 16 juin 01:01

    abandonnez le marxisme, qu’il soit de gauche ou de droite... c’est une espèce de nihilisme sophistique suicidaire... lisez de vrais économistes (libéraux) et vous verrez que la croissance est infinie, pour la simple raison que l’être est infini, et que toute richesse est immatérielle.

    Dans ses Lettres à Malthus, Jean-Baptiste Say a démontré il y a 200 ans déjà qu’il n’y a pas d’un côté des richesses matérielles et de l’autre des richesses immatérielles. Toute richesse est immatérielle. La richesse est un concept immatériel, humain.

    Dans un cas, l’homme ne fait qu’agencer des atomes (il n’ajoute ni ne retranche un seul atome de l’écosystème terrestre) afin de rendre des services productifs. Dans l’autre, il rend immédiatement un service productif. Il n’y a pas de différence au fond. Et les services productifs sont multipliables à l’infini.

    L’économie mondiale a toujours été un jeu à somme nulle au plan matériel. Nous sommes infiniment plus riches que nos ancêtres, et pourtant nous n’avons pas plus de matière. On n’ajoute ni ne retranche de matière. La croissance est infinie dans un monde fini... Car le monde est en fait infini, mais pas de la manière dont le pensent les marxo-malthusiens de quelque bord qu’ils soient.


    • LeMerou 16 juin 07:38

      @La Bête du Gévaudan

      Bonjour, 
      « Lisez de vrais économistes (libéraux) et vous verrez que la croissance est infinie, pour la simple raison que l’être est infini, et que toute richesse est immatérielle. »

      L’hypocrisie mène le monde, la richesse est immatérielle, ce sont toujours des concepts prononcés par une catégorie de personnes dont la bienséance issue des salons feutrés et intellectuels n’a d’égal que leur catégorie sociale les classants dans « ceux qui ont ».
      Le Marquis, le Bourgeois, l’Aisé disant aux gueux, mais non tout ce que j’ai est immatériel en fait et par la même, je vous procure la richesse aussi !

      « L’être est infini » est encore une réflexion philosophique d’un autre temps, prononcée généralement par les mêmes lors de ces « fumeuses » réunions, tout a une fin, même l’humanité à une fin, fusse t-elle capable de vivre et de prospérer jusqu’à l’inéluctable fin d’un astre qui nous maintien. Alors bien sûr nous resterons théoriquement « atomes » dans l’immensité sidérale. La belle affaire non ?

      « La croissance est infinie » Cela reste à prouver, mais fortement improbable au vue de la physique, c’est une fois de plus un concept complètement erroné. Toutefois philosophiquement plus que rien, c’est croitre. 
      Même la croissance « infinie » est un doux rêve, la physique et l’économie n’ont jamais fait bon ménage, alors que la seconde dépend de la première. Cependant en matière « d’économie » tout est possible, j’irais presque à dire sans limite.

      « Dans un cas, l’homme ne fait qu’agencer des atomes »
      Certes le génial Lavoisier a énoncé ce principe toujours d’actualité, mais en d’autres temps, le problème de ce dernier c’est que les sous-produits issus de ce « changement » finissent par être nocifs et rien ne dit que ces derniers plus tard pourraient être réutilisés pour le « bien de l’humanité », en attendant ils prospèrent.

      Le principe de notre brave chimiste du 18ème siècle, ne pouvait envisager aussi, car à son époque tout paraissait « infini », que le ratio produit fini / masse disponible allait diminuer fortement, par la consommation exponentielle. Nous aurons beau « progresser » technologiquement, que physiquement il ne sera pas possible « d’arranger » plus d’atomes que ce qui est disponible dans une quantité définie.

      Il suffit de prendre comme exemple l’industrie minière, ou la quantité de produit fini, diminue drastiquement par rapport à l’extraction. Le filon s’épuise comme l’ont dit vulgairement, certes l’avancée « technologique » permet d’en extraire un poil de plus.
      Mais les lois de la physique, sont pour l’instant pas encore bouleversées par le progrès. Nous jouons, nous nous mentons à nous même à la finale.

      Ils nous faudrait laisser de coté, bien des considérations « théoriques » pour en revenir à des lois fondamentales qui sont toujours bien existantes, que l’évolution humaine n’as pas pour l’instant bouleversé par son savoir.

      Enfin concernant M. JANCOVICI et ses écrits impliquant Mme LE PEN, je pense que chacun à droit à des moments d’égarements. Je ne vois pas en quoi, cette Dame, ni même ses semblables d’autres bords auraient une action plus « positive » sur la planète, au vu de ce « qu’ils » nous démontrent depuis des lustres. 


    • La Bête du Gévaudan 17 juin 00:33

      La négation de l’être est ce qui égare les socialistes, et c’est ce qui les a conduit aux pires atrocités (« L’être est infini » est encore une réflexion philosophique d’un autre temps, est une assertion historiciste qui ne démontre rien). L’historicisme est aussi une autre grande erreur du socialisme. L’économie procède de l’être, et l’être est supposément infini ainsi que l’amour ou la connaissance.

      Le socialisme partage avec l’école anglaise (Riccardo, Malthus) ce rejet de l’être et un dualisme à mon avis erroné. Dualisme capital/travail, dualisme richesse matérielle / immatérielle, dualisme travail productif / improductif. Même si l’on arrête le pétrole, la croissance ne cessera pas (Jancovici comme tant d’autres confond la croissance avec le pétrole). Parce-que, contrairement à ce que pensent les socialistes et libéraux anglais, la richesse ne procède pas de ce matérialisme-là. L’humanité actuelle est incomparablement plus riche que les hommes préhistoriques, et pourtant nous n’avons pas ajouté ni retranché un seul atome de l’écosystème terrestre. La richesse est un concept qui échappe à ce matérialisme étroit. Je ne peux que conseiller, par simple honnêteté intellectuelle dans le débat actuel, de lire les Lettres à Malthus de J.-B. Say.

      Quant à savoir si la conscience de l’être est une « pensée de riche » (au passage, Marx et Jancovici ne sont ni pauvres ni prolétaires), je ne le crois pas. Et à quoi bon ce matérialisme militant, si c’est pour se vautrer ensuite dans le culte de la personnalité ou la fascination pour l’islam qu’on observe chez les socialistes ?


    • Seth 17 juin 12:23

      @La Bête du Gévaudan

      abandonnez le marxisme, qu’il soit de gauche ou de droite. smiley smiley smiley

      Je ne vais pas plus loin, pas la peine : me voilà déjà servi.


    • La Bête du Gévaudan 17 juin 16:19

      @Seth

       les marxistes s’arrêtent trop souvent au bout de trois mots et campent sur leurs certitudes... ils se défient du débat argumenté et de la raison... pas surprenant qu’ils finissent par sombrer dans le culte de la personnalité, les sectes écologistes ou la fascination pour l’islam...

      pour ma part, je lis du Marx, je lis des marxistes, et je me confronte à leurs arguments. Même si je ne partage pas leur avis.

      j’invite tout bonnement les marxistes (et socialistes en général) a avoir le courage et la probité intellectuelle de lire quelques ouvrages de leurs contradicteurs. Pour pouvoir se faire leur propre opinion.


    • GoldoBlack 16 juin 08:19

      Tout votre champ sémantique montre un niveau d’analyse d’élève de première.

      Un élève appliqué mais qui manque singulièrement de bases intellectuelles tout en étant persuadé qu’il a tout compris.


      • slave1802 slave1802 18 juin 15:58

        @GoldoBlack
        Ce commentaire est en lice pour la meilleure contribution au débat du mois !


      • GoldoBlack 19 juin 08:15

        @slave1802
        C’est pas le but, Dugenoux.


      • martinez 18 juin 17:25

        Jancovici ? Ne pas confondre avec Jovanovic et Joanovici. Sinon j’ai un collègue philosophe qui estime qu’on ne peut pas être de droite et marxiste  C’est une trahison du marxisme selon lui ; il faisait allusion à Gramcsi, que certains droitards veulent récupérer (Marion Maréchal sans doute)  

        Je vous dis cela en passant. 

        Note à Goldoblack : vous ne savez pas ce qu’est aujourd’hui un élève de première.  


        • GoldoBlack 19 juin 08:15

          @martinez
          Ah si.


        • martinez 18 juin 17:38

          Gramcsi ? Le collègue faisait sans doute allusion à Gramsci, mais sa langue a fourché...


          • martinez 18 juin 17:40

            Gramcsi ? Le collègue voulait sans doute parler de Gramsci, mais sa langue a fourché... On lui pardonnera. 

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