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Atavismo, du prog alternatif venu d’Espagne

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L’Andalousie est connue pour son flamenco, ce qui n’empêche pas les formations progressives de prospérer, la plus ancienne étant le groupe Triana qui sévissait sur les scènes musicales depuis les seventies. Atavismo est une formation récente basée à Algésiras, ville côtière bien connue des voyageurs en transit vers le Maroc. C’est un trio composé de José Moreno à la guitare, Sandra Pow aux percussions et Mateo à la basse. Ces trois musiciens sont polyvalents, sévissant chacun sur des claviers vintage, synthétiseur Moog, orgue Farfisa, Mellotron. Au final, le résultat est original, mêlant du heavy psyché à des sonorités plus progressives et symphoniques. Ces trois musiciens envoient comme on dit. En 2017 est sorti leur second CD sur un label suédois. Le prog ne connaît pas les frontières.

 

L’album « Inerte » propose cinq morceaux de musique énergique et inventive durant quelque 45 minutes. Chaque composition est complexe. Le premier morceau commence avec un thème flamenco aisément reconnaissable, joué à la guitare, puissamment rythmé, qui rappelle les chansons rock du groupe andalou Alameda ayant sévi dans les eighties, mais en plus heavy et dans une veine progressive. Le tempo s’efface pour une atmosphère floydienne marquée par des nappes de mellotron dialoguant avec les notes de guitare subtilement étirées. Une beauté se dégage de l’ensemble. Puis le thème flamenco réapparaît après cet intermède planant.

 

Le second morceau est complètement différent, traduisant un mélange de styles comme s’il fallait synthétiser différentes époques du rock. On retrouve des motifs joués par les avant-gardes des eighties, mélangée à une guitare distordu et un tempo proche des expériences menées par King Crimson pendant les nineties, période Thrak. Il faut pousser le son pour apprécier cette musique expérimentale combinant heavy prog et psyché seventies qui déroute par son côté aventureux et surtout imprévisible. Bref, aux antipodes des évidences du pop rock formaté pour radio FM. Comme l’indique la mention apposée sur le triple digipack cartonné servant d’écrin au CD, l’enregistrement est destiné aux audiophiles, il n’est altéré par aucune compression afin d’offrir toute la dynamique nécessaire pour apprécier ces compositions exécutées avec la puissance de la rythmique et la virtuosité du guitariste. Les trois autres morceaux présentent des motifs différents, chacun avec une originalité exprimée avec le gimmick, le tempo et les structures mélodiques qui viennent se greffer avec les ambiances sonores offertes par les claviers vintage. Le principe du prog étant évidemment de s’écarter du gimmick pour explorer une esthétique sonore surprenante. Le quatrième morceau sonne résolument seventies, style heavy floyd mais contemporain (cf. Naam). Puis changement radical dans la dernière composition, plus moderne, proche des expériences newyorkaises du Gong de Allen dans les années 80.

 

Atavismo est recommandé pour les amateurs exigeants de prog. C’est l’une des surprises de 2017, édité par le label suédois Temple of Torturous.

 

En écoute, ce live enregistré à La Choza (gran canaria), dans lequel le dernier CD est interprété par une line up comprenant un claviériste additionnel.

 

 


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