• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Audition » mal perçue au Théâtre Edouard VII

« Audition » mal perçue au Théâtre Edouard VII

Avec des airs de « Théâtre-Réalité », cette « Audition » de Jean-Claude Carrière n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd.

En effet Bernard Murat, metteur en scène à succès, assurant quasiment toute la programmation du Théâtre Edouard VII, depuis qu’il en est devenu le directeur en 2001, a sans doute voulu donner, après une décade, un coup de barre vers un lifting, doublé d’un rajeunissement de son public.

Ainsi de « La Jalousie » jusqu’à « Sentiments provisoires », en passant par « Sarah », « Petits crimes conjugaux », « Lunes de miel », « Le vieux Juif Blonde », « Deux sur la balançoire », « Les grandes occasions », « L’idée fixe », « Un type dans le genre de Napoléon », « Mon père avait raison », « Tailleur pour Dames », « L’éloignement » et « Faisons un rêve », Bernard Murat a-t-il eu, pour chacune de ses directions d’acteurs, tels François Berléand, Sylvie Testud, Carole Bouquet, Clotilde Courau, Martin Lamotte, Emmanuelle Devos, Marie-Anne Chazel, Marthe Villalonga, Claude Brasseur, Alexandre Brasseur, Florence Pernel, Chloé Lambert, Jean Reno, Clémentine Célarié, Amanda Sthers, Alexandra Lamy, Jean Dujardin, Michel Leeb, Patrick Chesnais, Philippe Khorsand, Evelyne Bouix, Charlotte Rampling, Bernard Giraudeau, Robert Hirsch, Fanny Ardant, Stéphane Freiss, Michel Piccoli, Anne Brochet… et surtout le plus fidèle d’entre eux, Pierre Arditi, cette intuition magique qui transformait la couleur argent de la production en rouge et or « Théâtre d’excellence ».

Alors, dans une perspective de renouvellement, quoi de mieux que d’interroger, l’économie du spectacle vivant, au cœur de ses castings, là où précisément se cherche et se trouve la relève qui est censée en assurer la réussite, à l’avenir ?

Voici donc, un trio de débutants (Manu Payet, Audrey Dana et Kym Thiriot) sur les planches en compagnie de deux routiers (Jean-Pierre Marielle & Roger Dumas) au long cours, fort sympas et assurément compétents, qui seront à même de transformer le plomb de la compétition en or de la consécration.

Un sixième acteur, Hubert Saint Macary, en parfait connaisseur des rouages de ce système sélectif, viendrait cautionner, de l’intérieur, cette démarche artistique orchestré par l’un des meilleurs orfèvres francophones du mot et de la phrase dramaturgique, Jean-Claude Carrière.

L’affaire ainsi entendue, ne pouvait donc que déboucher sur une audition, du meilleur crû.

Sous son apparence pirandellienne et ses accointances avec Beckett, la démarche poétique de Carrière y a des allures distinguées d’une attente informulée sur la métaphysique du spectacle d’où devrait sortir la crème du petit lait quotidien. 

Et pourtant, rien n’est moins sûr, qu’au-delà du plaisir collectif à apprécier la prestation toujours décontractée et la voix chaleureuse de Jean-Pierre Marielle, le public traditionnel ainsi que le nouveau escompté soient gagnés par la conviction d’être en phase avec cette réalisation, certes confortablement applaudie.

En effet, la pâte ne monte pas en perles scintillantes mais semble, tout au contraire, se coltiner avec une réalité déroutante dont la déception accablée et la lassitude désabusée des protagonistes pourraient venir à bout de l’utopie poursuivie.

A vrai dire, la mise en scène de Bernard Murat semble souffrir, en l’occurrence, de n’avoir pas su choisir son camp.

Surfant entre distanciation brechtienne et divertissement élitaire, cette audition va se prolonger en farce sans morale significative. Alors, tout juste, le public est-il content d’avoir pu apprécier six comédiens en quête, si non d’auteur, au moins en attente d’un guide éclairé.

photo © Marianne Rosenstiehl

  
AUDITION - ** Theothea.com - de Jean-Claude Carrière - mise en scène : Bernard Murat - avec Bernard Murat, Audrey Dana, Manu Payet, Roger Dumas, Hubert Saint Macary & Kym Thiriot - Théâtre Edouard VII


Moyenne des avis sur cet article :  2.33/5   (3 votes)




Réagissez à l'article

6 réactions à cet article    


  • Jean-Paul Doguet 19 mars 2010 11:47

    Cette pièce n’a pas beaucoup d’intérêt. Encore une critique de complaisance. C’est effectivement du recyclage de Pirandello, à la limite du mauvais pastiche, et en beaucoup plus laborieux. C’est ennuyeux, mal construit et j’ai même trouvé ça assez vulgaire. 


    • Theothea.com Theothea.com 19 mars 2010 15:41

      Pour trouver de la complaisance à ma chronique intitulée « Audition mal perçue au Théâtre Edouard VII », il faut vraiment ne pas l’avoir lue.... ou faire semblant de ne pas comprendre entre les lignes....
      JM / Theothea.com


    • sosodef31 sosodef31 19 mars 2010 14:42

      J’avoue que Bernard Murat n’a pas été trés inspiré sur ce coup !!


      • norbert gabriel norbert gabriel 19 mars 2010 17:14

        Bon j’en saurais plus ce soir, rendez-vous demain ici même ..


        • birdy12 20 mars 2010 00:24

          la pièce est râtée car mal écrite, ne racontant rien. Les acteurs n’y peuvent malheureusement rien et d’ailleurs sont peut-être la seule chose que l’on pourrait sauver. Même si Jean-Pierre Marielle passe plus de la moitié de la pièce à dormir sur une chaise. Et au départ, quand bien même il ait une oreillette, il avait quelques soucis avec son texte.
          Le soir où j’y étais les applaudissements étaient vraiment au minimum syndical. Pour ma part, j’ai même dû me forcer pour feindre d’applaudir tellement ce spectacle était râté. Mais par décence pour les acteurs, je ne me voyais pas ne pas applaudir du tout... et visiblement vues les réactions autour de moi, je n’étais malheureusement pas la seule dans ce cas-là.


          • norbert gabriel norbert gabriel 20 mars 2010 11:49

            hier, vendredi 19, le public a été plutôt content, une bonne partie semblait être là pour Manu Payet, mais hormis les 10 première minutes, un peu floues , on ne voit pas où ça veut aller, ensuite, ça roule...
            et les applaudissements ont été bien nourris.
            « la pièce ne raconte rien ? » j’y ai vu un regard acidulé d’autodérision sur les « théâtreux » un regard qui m’a semblé assez juste pour ce qui concerne certains milieux du théâtre.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires