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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Bashung à l’Elysée : « je suis venu vous dire que je m’en vais (...)

Bashung à l’Elysée : « je suis venu vous dire que je m’en vais »

Non, pas de politique ici, ce n’est pas le genre de la maison. L’Elysée, ce n’est pas le château du 55 Faubourg, c’est l’Elysée-Montmartre. Un endroit pour les artistes, on y vient à pied, on ne frappe pas. « Monte là-dessus, tu verras Montmartre », disait-on aux gamins quand j’étais gosse. Bashung, le Résident de la République lunaire et crépusculaire, intrépide malgré la chimio, s’était hissé là, sur un tabouret-piedestal, à la force de ses cordes vocales . Vers les hauts de Bashung, pour malaxer ses adieux qui ne voulaient pas dire leur nom. Et on a vu. Au terme d’une tournée miraculeuse de 8 mois et 30 dates en France, en Belgique et en Suisse, il avait pris ses habitudes à l’Elysée, les dimanches soir de novembre et décembre 2008. Il était venu nous dire qu’il s’en allait, mais n’arrivait pas à partir. Nous non plus. Le double CD « Dimanches à l’Elysée », qui sort le 16 novembre, retrace cette histoire sobre et pudique d’un artiste avec son public. Une fin de partie à la Beckett, en noir et blanc, où une voix pure abreuve nos microsillons.

Trente ans qu’il nous cuisinait "kitch et net" les boites crâniennes. Fallait bien que ça s’arrête, "fallait bien un jour qu’on nous pende", comme disait Lavilliers dans "on the road again". Du reste, il nous avait prévenu dans "Bleu pétrole" : "un jour, je parlerai moins, jusqu’au jour où je ne parlerai plus". Java, Javel, torchons, vaisselle, on débarrassait la table du festin. Cette tournée miracle, pied de nez à la chimio et aux cancérologues gominés, c’était sa dernière estrade pour dissiper les malentendus, les kilomètres de vie en rose qui viraient au gris. Last call pour les malentendants. Une salle d’embarquement pour l’irréel, une tentative de chimio parallèle par la force et le respect du public. Une médecine douce, un rien underground, distillée par sa Gibson Jumbo J 180 noire, avec la complicité des internes et des pharmaciens appliqués et respectueux que sont Yann Péchin à la guitare, Arnaud Dieterlen à la batterie, et d’autres aides-soignants de permanence, comme Bobby Jocky ( basse) et Jean-François Assy ( violoncelle).
 
Il était venu nous dire qu’il s’en allait. Que la vie ne vaut rien, mais que rien ne vaut la vie. Il était venu nous chercher des raisons de vivre, pour nous qui restions. Il faisait l’inventaire dans sa mémoire. Et on prenait note, en silence. Sans briquet allumé, sans "Patriiiick" hystériques, sans crash-barrières ni gros bras à oreillettes pour foules opiacées en délire.
Non, rien de pathétique, pas de cris, de pleurs, ni de conversations malsaines dans les files d’attente ( le genre "tu crois qu’il en a encore pour longtemps ?") Des cinquantenaires, des plus jeunes, tout en silence et en dignité, tous derrière et lui devant.
 
Cela débutait par un silence extraordinaire lorsque, après une vingtaine de minutes d’attente, les lumières s’éteignaient, et qu’un assistant venait poser un tabouret et un harmonica sur la scène ( AB en sortait plus tard un autre de sa manche).
Je ne sais pas si le silence qui suit du Beethoven, c’est encore du Beethoven, mais le silence qui précédait Bashung (nous sommes quelques dizaines de milliers à l’avoir constaté), c’était déjà du Bashung. On aurait entendu une abeille voler dans cette ruche d’apiculteurs silencieux. Le public et ses yeux octogonaux à facettes, mouche bée, tentait de décrypter le sens de ce qu’il allait voir et entendre, et voulait se l’imprimer à jamais dans la boite crânienne. Conscient que le moment était rare et qu’il n’y aurait sans doute pas d’extra-balle ni de partie gratuite au grand flipper de la vie. Ni d’autres pleins de super à la station service du temps qui passe.
 
Et puis voilà, il arrivait, toujours un peu timide malgré les années de scène.
Costume gris sombre glissé sur les bottes, feutre noir, lunettes assorties, chemise de popeline blanche. Ses grandes mains immenses et longues. Il avait l’air serein. Il attaquait par "Comme un lego", la grande bible païenne de Manset. Et ses sanglots longs d’harmonica. Puis dans "Résidents", il commençait à "envoyer". A partir de "Volontaire", c’était le coup de poing au plexus.
Alain avait un coffre exceptionnel, une voix caverneuse et extraordinairement puissante, comme on ne peut s’en douter à l’écoute des CD de studio. Il balançait le tabouret et il envoyait la purée, sans élan, sans surrégime.
 
Malgré le tourteau dans les alvéoles, il ne s’époumonait ni ne bronchait.
Comme si les Dieux, après lui avoir envoyé le venin, lui avaient laissé jusqu’au bout cet outil de travail par lequel tout avait commencé : la voix. Cette voix que les amateurs peuvent retrouver ces jours-ci dans le spectacle hommage à Gainsbourg ("L’Homme à la tête de choux" de J.C Gallotta). Actuellement joué à Grenoble, puis au théâtre du Rond-point à Paris, Bashung ( qui a enregistré quelques mois avant la fin) y lit Gainsbourg d’une voix suave, dense, qui donne de l’épaisseur aux textes. Ses "variations sur Mari Lou" à lui.
 
Dans son costume mi-Pierrot lunaire mi-clown noir, il jouait de cette gestuelle de mime Marceau dans les morceaux calmes. Une gestuelle de pantin, ralentie, saccadée, comme un automate. Avec ses mains immenses qui balayaient le noir comme un pinceau imaginaire, lui seul savait vers quoi.
 
Après une heure de concert, il revenait seul avec sa guitare, sans musicien. Il nous envoyait deux messages personnels : Angora, où on ne saisissait que trop le message " coule la résine, s’agglutine le venin". Il disait qu’il ne craignait plus son destin. "J’crains plus rien". Il était terriblement serein, en apparence.
Le dernier message personnel, c’était la reprise de "Night in white satin". Version presque priée plus que chantée. Dans les longs et rauques "because I love you", il montrait furtivement la salle. Puis se ravisait aussitôt devant tant d’audace, lui le taiseux de notoriété pudique.
 
Et c’était tout. Il partait, sans rappel, sans rien : rare, cher, hors de prix, déjà hors d’atteinte.
 
Bien sûr, pour les quelques-uns qui savaient et étaient derrière le décor de cette machine d’apparence bien huilée, tout cela aurait pu s’arrêter le lendemain, chaque jour. Les dates choisies selon le protocole de la chimiothérapie, le Falcon médicalisé qui se posait à chaque ville visitée pour réduire fatigue et risques inutiles, la sollicitude et la surveillance amicale du staff de Garance Production.
Ce soir de juillet 2008, dans la moiteur des Francofolies de La Rochelle, où AB, malade et vomissant, est entré en scène groggy, Ko debout, avant de remettre miraculeusement en marche le Diesel, poussé par un main invisible.
 
Il y a tout de même quelques bémols à introduire sur ce double CD.
Le choix du titre, d’abord.
Certes, "Dimanches à l’Elysée" est un clin d’œil à "un dimanche à Tchernobyl", une de ses chansons de l’album l’Imprudence. Clin d’œil aussi à "Résidents de la République", mais c’est évidement un titre un peu racoleur, pour un homme qui ne l’était absolument pas.
Nous étions quelques-uns à avoir proposé quelque chose de plus en rapport avec cette tournée singulière : "Black and White Tour", "Les nuits de satin bleu", "Les bleus de Bashung" ou "Never reaching the end". Mais les majors ont leur raisons que la raison…
 
De même, on peut regretter que ce double CD soit majoritairement issue de la captation du concert du 14 décembre 2009 à l’Elysée Montmartre. Certes, le choix est émotionnellement valable, puisque c’est le dernier soir où AB est monté sur l’estrade. Mais des extraits plus représentatifs d’une tournée qui a tout de même duré six mois dans plusieurs pays d’Europe auraient été plus représentatifs de l’exploit. La qualité du son, à Bruxelles et à Lille, était notoirement meilleure -malgré la remasterisation-, et Alain, au début de ce marathon, était très en forme vocalement. Paresse logistique, réduction des coûts ou parisianisme exacerbé ? Dommage.
 
Il n’empêche, ce CD est beau, il fait se dresser les poils des avant-bras. Et surtout, il n’y en aura pas d’autre. Bashung n’était pas du genre à faire de faux adieux. Quand il part, ça ne veut pas dire qu’il revient. "M’arrêter là avec vous", ça aurait fait sens sur cette tournée. Trop tard, le slogan était déjà pris…
 
 
 
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Notes :
1 : Crédit photo : non répertorié
 
2 : Double CD Live " Dimanches à l’Elysée", Universal Music, capté majoritairement le 14/12/2008, sortie officielle le 16 novembre 2009, 22 euros.
Set-list :
CD 1 : Comme un légo, Je t’ai manqué, Hier à Sousse, Volontaire, Mes prisons, Samuel Hall, Vénus, La nuit, je mens, Je tuerai la pianiste, Légère éclaircie, Mes bras.
CD 2 : A perte de vue, Happe, J’passe pour une caravane, Everybody’s talkin’ , Osez Joséphine, Fantaisie militaire, Madame rêve, To Bill (Calamity Jane, en duo avec Chloé Mons), Vertige de l’amour, Malaxe, Angora, Nights in white satin.
 
3 : Egalement disponible : DVD "Bashung à l’Olympia", enregistré le 11 juin 2008
 
4 : à paraître ( 30 novembre 2009) : "A perte de vue", coffret composé de 27 CD d’Alain, d’un livre et de quelques inédits, et enfin le DVD " A l’arrière des berlines", une anthologie des passages TV de Bashung depuis 35 ans.
 

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Bashung à l'Elysée : « je suis venu vous dire que je m'en vais »

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35 réactions à cet article    


  • Yohan Yohan 14 novembre 2009 00:48

    Salut Sandro
    Zont mis ton nartik en rubrique Midnight. Bah, c’est pas lui qui s’en plaindra... smiley


    • plancherDesVaches 14 novembre 2009 20:13

      People...

      Agora as usual.


    • Arcane 14 novembre 2009 09:39


      Très émouvant hommage.

      Merci.


      • SANDRO FERRETTI SANDRO 14 novembre 2009 10:03

        Merci à Guillaume Kostyszin pour m’avoir donné le visuel des CD / DVD en avant-première, de méme que la set-list de l’album, qui ne sort que lundi pour le public.

        (son site :
        http://bashung.guillaume.over-blog.com/ )


        • SANDRO FERRETTI SANDRO 14 novembre 2009 10:13


          Cet article est dédié à la mémoire de Denis Quillard, alias JACNO, mort à 52 ans d’un cancer, ce 6 november dernier, dans l’indifférence médiatique quasi-générale.
          Musicien, auteur, compositeur, interprète, mi ange mi dandy, c’était un grand fan de Bashung, dont il pouvait parler des heures à grand coups de Gauloises (Jacno, c’est le nom de l’auteur du logo des Gauloises. Grand consomateur, ses amis l’ont surnommé Jacno pour cette raison, et cela resta son nom de scène).

          Son portrait ici, en 99, par le talentueux Jean-Marc Besse des Inrock, à l’occasion de la sortie de son dernier album solo.
          L’année 2009 est une trainée....

          http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/browse/1/article/la-part-des-anges/?tx_podcast_pi1


          • Philippe D Philippe D 14 novembre 2009 10:52

            Un article de Sandro, ça se déguste, ça se savoure, comme un plat trop rare dans notre cantine ou l’on nous repasse sans cesse les mêmes recettes à l’économie, avec toujours plus de produits avariés dans la tambouille.
            Un article De Sandro, ça vous réconcilie avec le genre humain, pour quelques heures, même quand il parle de la mort et de tout ce qui l’entoure.
            Un article de Sandro, ça parle de talent, ça se lit avec précaution en détachant les syllabes, en revenant au début pour faire durer.

            Un article de Sandro, c’est rare, mais putain ce que c’est bon.


            • Jojo 14 novembre 2009 12:34

              Philippe D,
              Oh que oui !
              Cela dit, c’est Sandro hein ! Alors il est où le mérite ?! smiley


            • rocla (haddock) rocla (haddock) 14 novembre 2009 11:00

              Au milieu d’ un milliard d’ articles où le trivial se dispute avec le vulgaire-grossier à part quelques-uns qui se comptent sur les doigts d’ un pouce , cet auteur nous démontre qu’ il y a AUSSI de la place pour concevoir qu’ il n’ est pas utile d’ être con pour faire un billet .

              Merci Sandro .

              Et si la belle vie commençait par savoir penser positivement ?


              • brieli67 14 novembre 2009 11:56
                Pas un peu marre de tondre la laine sur le cadavre d’un allumé de première ?

                http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/R07135147/alain-bashung-et-l-alsace.fr.html
                ALSACE= VODKA 
                Alors Alain est né où ? sous quel nom de famille ?
                Quel fatras.Quel tissu de mensonges et de fantasques vérités sa bio !, 
                il a été déposé en Alsace âgé de moins de 6 mois ! 
                 Il aurait perdu son français de Paris ?
                Faut pas déconner !
                Nulle trace de ses passages répétés dans la région, où avec sa band il écumait les bases anglaises, us, canadiennes... de leurs variétés.

                a l’Elysée... Quel humour ! 

                c’est commercial ________ abus signalé


                • italiasempre 14 novembre 2009 12:05

                  Ave, Onorevole

                  je n’aime pas Bashung smiley mais j’aime Sandro smiley
                  Philippe et le capitaine ont tout dit...


                  • sisyphe sisyphe 14 novembre 2009 12:37

                    Très beau texte, émouvant, pudique et direct, avec de très belles images, pour rendre hommage à un artiste rare.

                    Merci.


                    • sisyphe sisyphe 14 novembre 2009 13:05

                      p.s. ; je veux parler des « images » littéraires, bien sûr...

                      Sinon, comme titre, on aurait pu penser aussi à « Il voyage en solitaire » en référence à son émouvante version de la superbe chanson de Manset..


                    • SANDRO FERRETTI SANDRO 14 novembre 2009 13:43

                      Merci à celles et ceux qui ont « quelque chose entre les oreilles », et sont sensibles à la petite musique des mots, des maux et des jeux de maux. La musique « du Bash » , partie iriser et aérer le cerveau « d’autres gens que ceux d’ici ».
                      Le stylo du coeur , pour vous et moi qui restons encore un peu.
                      La mémoire d’un homme debout.

                      « Et que durent que les moments doux », disait l’apiculteur.
                      Merci pour lui.


                      • appoline appoline 14 novembre 2009 19:16

                        @ Sandro,

                        Même si par moment je me suis montrée ironique, je vous remercie de ce texte et d’avoir su passer avec délicatesse l’aura presque palpable d’un talent à l’état pur.


                      • kitamissa kitamissa 14 novembre 2009 14:05

                        je ne vais pas jouer de la brosse à reluire,c’est pas le genre de la maison ....

                        je me sens rassuré ,sur Avox ,il y a encore des auteurs de qualité,ceux qui ont le talent de vous donner envie de les lire ,parce que ce qu’ils écrivent est précieux ,un peu comme un verre de grand cru rare que l’on déguste avec plaisir et délectation ...

                        loin de tout ces tintamares médiatiques à répétition qui nous bassinent à force de rabachages,ou de ces séries issues d’égocentriques en mal de reconnaissance qui tuent à petit feux Agoravox , Sandro et quelques autres amis talentueux nous donnent encore le goût de continuer à rester sur ce forum .


                        • ELCHETORIX 14 novembre 2009 14:18

                          @l’auteur
                          je vous remercie pour cet article , très bien élaboré au sujet d’ AB , que j’apprécie énormément , surtout sa chanson « résidents ».
                          RA


                          • Pierre de Vienne Pierre de Vienne 14 novembre 2009 16:28

                            J’peux plus rester ici, 

                            je dormirais n’importe où, 
                            bijou, bijou

                            trouver quelqu’un d’autre,
                            moi je met les bouts
                            bijou, bijou

                            ouh là là, c’est bien de remettre toute cette émotion, merci à vous.

                            • SANDRO FERRETTI SANDRO 14 novembre 2009 17:03

                              Oui, pour le coup, là-haut :
                              « y’a des feux rouges partout
                              Et puis au coin de la rue, l’armée du salut qui joue ».

                              Un clin d’oeil à Daniel Tardieu, un prof de français, qui fut son parolier à ses débuts, avant Boris Bergman et l’ami Jean Fauque.


                            • kitamissa kitamissa 15 novembre 2009 11:51

                              Léon ...

                              j’ai pu voir que vous étiez amateur de Fritz Kreisler ......

                              Liebsfreud ( joie d’amour ) et Liebesleid ( chagrin d’amour ) ..

                              offrez vous la version jouée par l’orchestre promenade de Vienne,c’est superbe !


                            • rocla (haddock) rocla (haddock) 16 novembre 2009 09:40

                              Salut Maxim et les autres amis ,

                              En effet Kreisler est un Fritz qui a écrit de super morceaux .

                              Have a fun day .


                            • SANDRO FERRETTI SANDRO 17 novembre 2009 10:54

                              @ Pierre de Vienne, (qui cite « Bijou, bijou ») :

                              La petite musique du Bash est partie, sur la pointe des bottes. Sans faire de bruit, juste un café et c’est tout.


                            • Papybom Papybom 14 novembre 2009 18:22

                              Bonsoir Sandro.

                              J’ai pris du plaisir à vous suivre. Alain Bashung vous aurez dit  :

                              «  Le plaisir, c’est quand même lui qui nous donne un moteur, qui nous permet d’être généreux parce qu’on se sent bien, parce que les frustrations sont effacées. Ce qui est amusant, c’est qu’un mec comme moi, qui passe pour un oiseau noir, doive venir vous dire : « éclatez-vous ! »

                              Voila qui est fait par cette lecture.

                              Cordialement.


                              • SANDRO FERRETTI SANDRO 14 novembre 2009 20:02

                                Vous avez tout à fait raison. Je m’excuse si j’ai pu donner une impression de pathétique sur les concerts d’AB de la « fin de partie », ce que j’appelle « la tournée en noir et blanc ».

                                Il n’y avait rien de lourd ou de pesant, et ce n’était pas le genre à s’épancher ou à faire dans le larmoyant. Une grande force et une grande dignité se dégage encore de ma mémoire de tout cela.C’était du genre « si vous m’aimez, n’applaudissez pas ».
                                Je pense vraiment qu’il cherchait au cours de ces mois à nous donner des raisons pour rester. Genre malaxer les Joséphine à l’arrière des Dauphine avant que l’apiculteur ne nous emmène vers l’irréel.

                                Du reste, souvenous-nous de ses denrières paroles publiques, ce 29 février 2009 de malheur, aux « Victoires de la musique » (tu parles..), ses bras trop maigres chargés de trophées trop lourds :
                                « souhaitons-nous une année resplendissante » ;


                              • SANDRO FERRETTI SANDRO 14 novembre 2009 19:55

                                Ave, Furtif.
                                L’ami AB a vu ses ours blancs à lui...
                                (Fin du clin d’oeil furtif)


                              • Salsabil 14 novembre 2009 19:59

                                Bien bel article et merci de l’hommage que vous faites à un Jacno qui a compté pour tant d’artistes, lui toujours (ou presque) dans l’ombre.

                                Il y a des gens qui manquent, vraiment !

                                Je ne comprends pas le commentaire de brieli67. Quelle place a-t-il par rapport à ce beau texte ?


                                • SANDRO FERRETTI SANDRO 14 novembre 2009 20:04

                                  @ sALSABIL :
                                  Oui,Jacno, il manque à la pelle, et pas seulement à l’appel, comme disait Jean Fauque.


                                  • jack mandon jack mandon 15 novembre 2009 09:39

                                    @ Sandro

                                    Sandro, esthétique feutrée, volutes bleues discrètes, enveloppantes et légères,
                                    Falot pudique du bord de seine, qui dit oui, qui dit non, mais qui toujours veille,
                                    Sandro, Paris d’antan, Paris de toujours, n’oublie pas ses trouvères,
                                    Poète de la nuit qui chante mélancolique, la blessure de l’absence,
                                    Sandro, sauf respect pour lui, comme un ami, l’envie de tutoyer nous prend,
                                    « Avec le temps, ne rentre pas trop tard, surtout ne prend pas froid. »


                                    • SANDRO FERRETTI SANDRO 15 novembre 2009 15:16

                                      Merci Jack.
                                      Comme il disait dans « l’apiculteur » :
                                      « L’heure , c’est l’heure
                                      On n’est pas d’humeur
                                      A verser des pleurs
                                      Fières sont les ouvrières
                                      Le jour en tailleur
                                      Le soir en guépière
                                      Quand la mort vous sussurre
                                      Que rien n’aura plus d’importance,
                                      Ni la chaleur, ni les piqûres,
                                      Happy, Apiculteur... »


                                    • Georges Yang 15 novembre 2009 15:23

                                      Sandro, toujours poete et malgre tout obsede par le theme lancinant du cancer>
                                      C’est pourtant un excellent moyen de ne pas finir gateux !
                                      Mais a quoi sert le cochonet si l’on a pas les boules


                                      • SANDRO FERRETTI SANDRO 15 novembre 2009 15:31

                                        Alain, qui était aussi un poète (pour ceux qui ne l’auraient pas compris), disait :
                                        « j’ai le nénuphar » ;
                                        Une belle image, que, rétrospectivement, on retrouve de façon éclatante dès le choix de la couverture de l’album « Fantaisie militaire », en 1997.
                                        Comme tous les fumeurs, il y pensait, naturellement.Mais c’est si dur de s’arréter, la lutte est souvent vaine :
                                        ( cf. le très beau
                                        « Volutes partent en fumée,
                                        Vos luttes font des nuées,
                                        Des nuées de scrupules »
                                        Mais la peur n’écarte pas le danger, parait-il...
                                        Merci Doc.pour cette ordonnance d’amitié qui passait. Remboursée par le temps qui passe.


                                        • jack mandon jack mandon 15 novembre 2009 18:12

                                          @ Sandro

                                          La poésie prenait son envol, ouvrière en guêpière, elle aérait le coeur...
                                          et la chute, brutale, incontournable, implacable, inattendue... pour moi,
                                          qui gardais le regard et l’esprit envoutés par la frivolité de dentelle et satin,
                                          maintenant je comprend, la vie, c’est la poésie en guêpière avec la femme dedans,
                                          la vie, c’est ce qui met en joie et qui ouvre, c’est l’élan soutenu et confiant.

                                          Bonsoir Sandro
                                           


                                          • SANDRO FERRETTI SANDRO 15 novembre 2009 18:34

                                            Jack,
                                            Vous qui étes sensible à l’onirisme du sens, « aux abeilles en guépières et aux allées bordées d’épagneuls que la splendeur n’effraie plus », suivez le guide, c’est ici :


                                            http://www.dailymotion.com/video/x8i4fl_alain-bashunglapiculteur_music?from=rss
                                             

                                            C’est à mon sens la chanson la plus apaisée sur la mort. AB avait 48 ans, en 1995 quand il la chante ici, il avait encore du pétrole dans le réservoir. Elle fait à la fois du bien et du mal à regarder.
                                            Installez vous sur votre divan, Dr Jack, c’est de l’autre coté de la vie.


                                            • jack mandon jack mandon 17 novembre 2009 00:53

                                              @ Sandro

                                              Vrai qu’il est bon vivant
                                              A vos cotés s’articulant
                                              Le poète dissident
                                              Labyrinthe chantant

                                              Je viens d’envoyer un modeste papier pour traiter d’un problème qui ne l’est pas
                                              J’ai besoin de votre avis Sandro, mon intuition me donne de funestes messages


                                              • jack mandon jack mandon 17 novembre 2009 01:02

                                                @ Sandro

                                                Voici un lien sur le site du docteur Charbonier, ça pourrait vous intéresser

                                                http://jean-jacques.charbonier.fr/

                                                Il y un lien sur une série d’article qui parlent de lui et des EMI (Expériences de Mort Imminentes)


                                                • SANDRO FERRETTI SANDRO 17 novembre 2009 10:52

                                                  @ Jack,
                                                  Vu votre papier, vous y posez de bonnes questions,je n’ai pas les réponses (« j’ai dans les bottes des montagnes de questions », disait AB).
                                                  Pour « le foi du Charbonier », oui, c’est interessant. Je sais d’autres sources que cela existe...

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