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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Béart, Ferré, Brassens, Gainsbourg, tous des ratés des arts (...)

Béart, Ferré, Brassens, Gainsbourg, tous des ratés des arts majeurs…

Une esbroufe à la Gainsbarre... Mais c'est presque du direct à cette époque...

Tous des ratés des arts majeurs, Ferré, Brassens, Gainsbourg, l’un aurait voulu être Villon , l’autre Beethoven ou Mozart, le dernier Van Gogh ou Picasso, pour la gloire de son vivant, c’est mieux.

 Art majeur pour mineures

Ce qu’il reste de cette soirée Apostrophes de 1986, c’est le numéro de com’ esbrouffe de Gainsbourg avec sa digression sur les arts majeurs « à initiation ». Quant à la musique et la chanson, elles ne seraient que des ersatz d’art accessibles à des imbéciles incultes car non initiés.

Dans le développement de son improvisation Gainsbourg se contredit en partie, en expliquant qu’il a atteint, frôlé Rimbaud dans quelques unes de ses chansons, qui seraient donc selon lui élevées au rang d’art majeur, puisque la poésie et la littérature sont des arts majeurs.

Lui, mais pas les autres.

On peut noter que selon ses diktats, le douanier Rousseau est un peintre mineur, puisqu’il n’a jamais été initié.

Son altercation avec Béart a laissé les autres intervenants muets, alors qu’ils auraient pu argumenter… Mais peut être que le contexte a été très largement responsable de ce clash, d’abord l’extrait pour bien resituer l’ambiance.

http://www.ina.fr/video/I05057091/altercation-entre-serge-gainsbourg-et-guy-beart-video.html

Et maintenant, l’explication de Louis Chédid sur ce qui s’est passé en coulisses, lors des répétitions d’une chanson que tous les invités devaient faire en choeur, accompagnés par Serge Gainsbourg au piano.

Ce qui s’est passé avant pouvant expliquer ce qui s’est passé pendant…

Lors de la répétition, il s’avère qu’il faut modifier la tonalité, et Gainsbourg, au piano, ne sait pas transposer, car c’est un autodidacte de la musique, et s’il sait jouer de « son » piano, (comme Barbara) il ne sait pas faire de l’accompagnement tout terrain. C’est donc Louis Chédid qui le remplace, on voit Gainsbourg en gros plan, et les mains de Chédid sur le piano… On peut imaginer que cette petite humiliation devant les invités a pu avoir une incidence en transformant le Dr Jekyll en Mr Hyde, ou Gainsbourg en Gainsbarre…

Quant à sa démonstration sur l’art du pianiste, c’est encore de l’esbrouffe, un effet pour le buzz, créer le scandale, car en effet, il y a un contentieux entre lui et Béart. Sa démonstration de la guitare sommaire est un peu pathétique, Ségovia et Django, sont là pour infirmer cette pantalonnade. D’autant que Gainsbourg s’est beaucoup servi dans les grands compositeurs pour trouver des mélodies, qu’il n’a pas composées alors que Béart est un mélodiste exceptionnel « qui trouve des mélodies qu’on a l’impression d’avoir toujours connues » (Souchon).

Ce qui conduira aussi Gainsbourg à revendiquer pour son art mineur, tous ses emprunts à la musique classique, avant qu’on ne lui en fasse le reproche.

On remarquera que l’un et l’autre ont laissé des chansons aux mélodies ancrées dans les mémoires, la différence est que l’un les a empruntées, l’autre les a composées. Et les deux ont fréquenté de grands auteurs qui ont bien nourri leur talent.

Mais encore avant, bien avant, fin des années 60, il y a l’affaire de « Je m’aime » A l’époque ils sont assez amis, et Béart propose à Jane une chanson délicieusement érotique qui plaît beaucoup à miss Birkin. Mais Serge met un veto absolu, pas question que « sa » Jane lui fasse une infidélité avec un collègue. Premier point de friction. Mais surtout il y a celle de l’emprunt-plagiat à un compositeur africain, que Béart lui a reproché, et que Gainsbourg n’a jamais voulu réparer . Au retour d’une tournée en Afrique en 1964, Béart y était, Gainsbourg s’intéresse à un artiste local, à qui il emprunte sans complexe, et sans créditer.. Il s’agit de pièces prises telles quelles de l’album « Drums of Passion  » du percussionniste natif du Nigéria, Babatunde Olatunji.  Marabout est en fait Jin-go-lo-ba, Joanna contient Kiyakiya et New York U.S.A. n’est autre que Akiwowo.*

Le plagiat ne sera cependant pas passé inaperçu ; il faudra attendre jusqu’en 1986 pour qu’Olatunji soit crédité sur les chansons.

Il n’est pas impossible que la juxtaposition de ce plagiat reconnu, la même année que cet « Apostrophes » ait fait de Béart le mauvais témoin exécré … Qui n’a pas évoqué cette désagréable affaire.

et pour les autres inspirations http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.samples-en-talons.ch%2Fv2%2Findex.php%2FPop%2Fgainsbourg-genie-du-sample.html

Cette mise au point aujourd’hui est simplement dictée par le fait que nombre de médias, à la mort de Guy Béart, ont remis à la une cette altercation d’Apostrophes, sans chercher plus loin que le débat sur l’art pour mineures, comme dira Serge Gainsbourg dans un autre débat. Gainsbourg était capable du meilleur Gainsbarre du pire. Et dans cette séquence, c’était Gainsbarre pas au mieux de sa forme.

Norbert Gabriel

*(Sources:Bertrand DICALE Les Miscellanées de la chanson française. Lonrai : Éditions Fetjaine, )

Autre source pour le plagiat et ses conséquences dans le commentaire de Fred Hidalgo (voir dans les commentaires, ici : https://leblogdudoigtdansloeil.wordpress.com/)

Les tableaux sont de Patrick Clémence.

Et pour finir, un souvenir témoignage de Bernard Pivot :

L’animateur d’Apostrophes s’est exprimé au sujet de cette altercation dans une interview au Figaro. L’événement est encore intact dans sa mémoire : « J’en garde un très mauvais souvenir. Guy Béart avait été agressé par Serge Gainsbourg, donc il avait dû réagir et l’émission ne le mettait pas à son avantage. »

 


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93 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Rascar-Capac 21 septembre 2015 12:25

    Les « arts majeurs » ne sont que l’appellation politiquement correcte de l’académisme, c’est-à-dire les arts morts.


    • norbert gabriel norbert gabriel 21 septembre 2015 12:42

      @Rascar-Capac : Selon Gainsbourg, ce sont les arts qui demandent une initiation, mais sa démonstration est fumeuse, il affirme, ne démontre rien, et c’est tellement confus que les autres ne savent pas vraiment quoi répondre... Il a improvisé, et pas très bien au final... Alors que le coup du billet de 500 frs avait été minutieusement répété. Et il n’est pas sûr que ce soit un vrai billet qu’il ait brûlé... Un de ses amis m’a raconté, un vrai billet ne brûlerait pas comme ça, et ça passerait moins bien à l’image...


    • Fergus Fergus 21 septembre 2015 16:03

      Bonjour, Rascar-Capac

      Voilà, à mon avis, un bel aphorisme pour une idée fausse.

      D’une part, sauf à être pédant, il est impossible à quiconque de définir ce qu’est un art majeur vs un art mineur, et cela d’autant plus que ce qui a pu paraître majeur hier sera mineur demain, et vice-versa.

      D’autre part, toutes les formes d’art sont évolutives, et par conséquent ne peuvent être accusées d’« académisme » : seules des œuvres peuvent être considérées comme académiques, pas la forme d’’art qui les a engendrées.


    • Gasty Gasty 22 septembre 2015 11:35

      S’il devait y avoir une hiérarchie dans l’art ( mineur à majeur), quelle tristesse.

      il y a des talents en différents domaines de l’art. Et à côté de ça, des spéculateurs sans talents.


    • soi même 21 septembre 2015 12:48

      Comme il était bourré en permanence et il a chuté de haut , il est vrai que son discourt en apparence est vraiment décalé.

      Sur un autre aspect , ce qu’il dit, il a raison, encore il faut bien comprendre aussi que cela a tellement dégénéré par cette appropriation bourgeoise des arts, à l’heure aujourd’hui cela n’est plus être comprit dans son sens premier .

      Quand à Béat sur le coût , il est aussi con que Geisbarre !


      • norbert gabriel norbert gabriel 21 septembre 2015 12:57

        @soi même : c’est pas vraiment ce qu’il dit, il parle d’initiation pour les arts dits majeurs, sans expliquer vraiment ce qu’est cette initiation, savante ? Naturelle ? comme Django Reinhardt qui n’avait pas appris la musique au Conservatoire, mais qui avait l’oreille absolue, et pouvait jouer toutes les musiques. Mais selon Gainsbourg, la musique n’est pas un art majeur, et Mozart un « amateur »... 
        Béart n’a pas bien réagi, mais qu’est-ce qu’on peut faire devant un type bourré qui dérape ? Personne sur le plateau ne sait quoi faire. Et montrer cet extrait sans le resituer est désinformateur,


      • soi même 21 septembre 2015 13:27

        @norbert gabriel, pourtant cela est toujours vrai, pratiqué un art d’un haut niveau , est une initiation, un chemin, en même temps cela est très délicat en parlé de cela car la compréhension de tous cela est en train de se perde .

        A part être un génie virtuose et avoir une oreille absolue, toute la musique celle que l’on qualifie de classique ne peut être jouer sans un apprentissage rigoureux, pareil pour le chant, et cela à été aussi le cas pour la peinture et la sculpture et aussi sous une autre forme ce que l’on à appelé les arts populaires .

        Il faut bien comprendre, actuellement ce que l’on écoute, voie, et se que lie qui est en lien avec la spontanéité peut être intéressant sur un point de vue artistique et devenue un art mineur dans un certain sens, une initiation négative par rapport à ce que l’Art a peut produire dans le passé.

        L’art est un cheminement spirituel, il faut encore comprendre ce que cela veut dire, et surtout accepter de le vivre sans cette exaltation vaniteuse de devenir célèbre.


      • norbert gabriel norbert gabriel 21 septembre 2015 13:39

        @soi même. Mais je suis bien d’accord, d’autant plus que dans le cas des deux artistes en cause dans cette discussion est exemplaire, Béart était ingénieur, il en vivait quand il a choisi la chanson par goût, alors que l’ami Gainsbourg a toujours revendiqué qu’il avait choisi la chanson pour être connu et gagner beaucoup d’argent... Vu sous cet angle, la chanson par opportunisme commercial est en effet loin d’être un art majeur... C’est un art populaire, le plus populaire, dans lequel on trouve de tout, la peinture aussi d’ailleurs, seuls les génies créateurs restent dans l’histoire, la plupart du temps après leur mort.


      • soi même 21 septembre 2015 13:48

        @norbert gabriel, je vous êtes compris.

        Connaissez vous Odilon Redon , son journal - a soi même - est une véritable perle .


      • ZenZoe ZenZoe 21 septembre 2015 14:26

        L’excellent mais imprudent Béart a eu tort d’intervenir. Déjà on ne lui demandait rien, et surtout on ne discute pas avec un alcoolique bourré. D’ailleurs, Pivot aurait du annuler carrément l’interview. Gainsbourg y est minable, méprisant et méprisable. Une vraie loque.
        Quant à la polémique sur les arts mineurs ou majeurs (ou plus exactement populaires ou élitistes), on s’en fout. Si certains aiment se pâmer devant une oeuvre qu’ils font semblant d’apprécier parce qu’ils veulent avoir l’air « initiés » et être supérieurs aux autres, grand bien leur fasse. S’ils ont besoin de ça pour se sentir mieux, c’est leur problème.


        • norbert gabriel norbert gabriel 21 septembre 2015 14:47

          @ZenZoe. Pivot ne pouvait pas annuler, c’ était en direct, seul l’enregistrement de la chanson avait été magnétoscopé au préalable.
          Chédid aussi intervient pour essayer de calmer le jeu, mais c’était impossible. Parce que Gainsbourg bourré. Ensuite il a digressé sur cette histoire d’art mineur en art pour mineures, comme s’il avait voulu transformer ça en galéjade mal contrôlée.


        • bakerstreet bakerstreet 22 septembre 2015 00:08

          @ZenZoe

          « In vina verita ». Si tu veux connaitre un homme, comme disaient les anciens, fait lui boire un coup ! L’alcool a cette capacité d’exagérer les états émotionnels, et de supprimer certaines barrières mentales, ce no man’s land derrière laquelle on se tient caché, et sans laquelle la vie ne serait qu’apostrophes, et catastrophes. Surtout pour certains. 
           Ca, tout le monde le sait, et sans doute Gainsbourg plus que tout autre. Mais pas Gainsbarre, ce gars un peu pervers, un peu coupé en deux. Béart, bien sûr, c’est pas du même tonneau. Un gars sans doute plus sain qu’aimait l’eau vive, et qui n’avait peut être pas l’habitude de plonger en eau trouble, sans scaphandre autonome, à l’arrache.
           Bien sûr comme vous dites, les arts mineurs ou majeurs, qui n’offre aucun intérêt dans ses limites tracées ainsi par le vocabulaire et les conventions, ils s’en foutaient. « Mineurs, remarquez, je croyais que c’était interdit pas la loi », comme aurait pu dire Gainsbourg, pour casser le truc, au lieu de s’enferrer dans des explications de comptoir. La vérité c’est que voilà le plus vieux spectacle du monde. Pas celle des esthètes mais de vieux coqs prêts à s’emparer de n’importe quel prétexte pour s’arracher les plumes. 

        • Danièle63 21 septembre 2015 14:45

          Voilà qui éclaire les propos de l’un et de l’autre . Je suis tout à fait du côté de Guy Beart , car il a dit que même la cuisine était un art majeur ! Et là, je peux dire que je pratique au moins un art majeur ! 


          • alinea alinea 21 septembre 2015 15:30

            Bien aimé ce retour au passé ; ce qui est flagrant, c’est que rien n’est formaté, on laisse le temps de divaguer. Bon, Gainsbourg déteste Béart, et même bourré, il ne l’a pas oublié !!
            Peut-être l’art majeur est un art où l’artiste se surpasse chaque jour et surtout ne plante pas son ego dans son oeuvre ! En cela, je suis d’accord avec Gainsbourg !
            Tolérerait-on des Gainsbourg, des Brigitte Fontaine, des NIna Haagen, aujourd’hui sur les plateaux télé, vastes, lumineux et proprets ?
            Merci pour ce moment ! smiley


            • norbert gabriel norbert gabriel 21 septembre 2015 15:42

              @alinea « ...l’art majeur est un art où l’artiste se surpasse chaque jour et surtout ne plante pas son ego dans son oeuvre .. »

              ça peut se discuter, d’autant que dans cet extrait, l’ego de Gainsbourg ne semble pas faire dans la discrétion et la modestie .... smiley


            • alinea alinea 21 septembre 2015 15:51

              @norbert gabriel
              Mais il ne fait pas de l’art majeur !! c’est en cela que c’est assez juste ; il est lucide et très intelligent, mais il ne fait pas de l’art majeur.
              C’est vrai qu’au fond, cela n’a pas beaucoup d’importance, néanmoins, la définition de l’artiste est medium, celui qui lie le monde des hommes au divin, l’ego, là, n’a pas de place !


            • norbert gabriel norbert gabriel 21 septembre 2015 16:02

              @alinea : dans une autre discussion sur ce sujet, un commentateur relève ; "(Pivot) Alors Serge Gainsbourg, vos chansons, vous considérez que ce sont des choses mineures ?", et Gainsbourg distingue certaines de ses chansons qui seraient majeures. Il reconnaît donc implicitement ses torts. Mais ce que je trouve le plus intéressant, si l’on fait abstraction du sujet de la chanson, c’est qu’il découle de sa théorie que ce qui est produit par l’éducation serait « supérieur » à ce qui est inné. Cela me paraît tout à fait discutable."

              Je trouve aussi que Gainsbourg n’est pas cohérent dans sa démonstration improvisée, et pour l’exemple Piano-Guitare, il est carrément hors sujet.


            • alinea alinea 21 septembre 2015 16:33

              @norbert gabriel
              je suis d’accord !! il ne faut pas trop le prendre trop au sérieux ici !!
              Non, je me permettais juste un écart sur la définition de l’artiste, qui a changé au cours des époques.
              Ceci dit, je n’ai pas bien compris de quelles chansons il parlait qui flirtaient avec l’art majeur !
              je me demande s’il n’avait pas conscience d’être resté dans « sa » facilité !! car c’est un peu ça quand même, exploiter son talent, presser le citron mais sans grande remise en question !
              on peut peut-être dire aussi que l’art majeur ne se démode pas tandis que mineur il fleure bon son temps mais ne se transpose pas, ailleurs, plus tard ?


            • norbert gabriel norbert gabriel 21 septembre 2015 16:56

              @alinea
              Si la musique est un art mineur, quid de Mozart, Bach, et quelques autres ? Pas transposable Bach ?
              Ce qu’ont fait Django et Grappelli, et quelques autres jazzmen montre que sa musique ne s’est pas démodée... Tout dépend du sens qu’on donne à ce mot.. L’architecture, art majeur selon Gainsbourg, a bien changé depuis les pyramides et les cathédrales gothiques, dont la mode est passée depuis longtemps..
              Je sens qu’on va débattre longtemps sur ces variations artistiques...
              Le débat aurait pu être passionnant si Gainsbourg n’avait pas été bourré, et s’il n’avait eu ce contentieux avec Béart... Qui a eu l’élégance de ne pas rappeler les fâcheux plagiats d’un musicien contemporain.. 


            • alinea alinea 21 septembre 2015 17:36

              @norbert gabriel
              Ah ! pardon, je n’y étais pas !!
              Tout art est majeur ou mineur, tel que je l’ai compris, mais tel que je le conçois aussi !
              Reinhardt et Grapelli, majeur par leurs racines, eux, ne sont qu’au service de cette musique ; Bach aussi, majeur, puisqu’il disparaît derrière ses notes.
              Avec Mozart, on aborde le Classique, et le classique amène l’ego ; c’est la grande différence entre la musique baroque et la musique classique ; pas seulement parce que la baroque était religieuse, le plus souvent, mais peut-être que faire de la musique religieuse à leur époque était le medium du divin au profane.
              si j’osais, c’est la différence aussi que je donnerais entre un Brel et un Brassens.. mais vous avez raison, on pinaille !!


            • Fergus Fergus 21 septembre 2015 17:58

              Bonjour, alinea

              La musique baroque comporte au moins autant d’œuvres profanes que religieuses, et même plus chez des compositeurs comme Telemann et Vivaldi.

              Et si la musique de la période classiques est allée vers plus de profane, elle a encore été très prolifique en musique sacrée.

              Petite question : en quoi Bach disparait-il plus derrière ses notes que Piazolla ou Brassens  ?


            • alinea alinea 21 septembre 2015 18:12

              @Fergus
              Justement, Piazzola et Brassens disparaissent derrière leurs notes !!


            • bakerstreet bakerstreet 21 septembre 2015 23:24

              @alinea

              A l’époque du baroque, les artistes ne se la « pêtaient pas » comme on dit, maintenant. Les peintres et les sculpteurs, tout comme les musiciens les plus reconnus, avaient juste de quoi bien vivre, à l’abri et à l’ombre d’un prince à qui ils devaient plaire. Doit-on rappeler le motif de la symphonie des adieux de Haydn pour ceux qui l’ignorent, et qui est révélatrice de la sujétiondes artistes, à l’époque : 
              « Elle fut écrite pour le patron de Haydn, le Prince Nikolaus Esterházy, lors de son séjour au palais d’été d’Eszterháza, accompagné par Haydn et l’orchestre de la cour. Ce séjour dut être un peu plus long que prévu, et la plupart des musiciens avait été longtemps absents de leur foyer à Eisenstadt. Ainsi, au cours du dernier mouvement de la symphonie, Haydn suggéra subtilement à son patron qu’il pourrait peut-être manifester le désir de permettre aux musiciens de rentrer à la maison : lors de l’adagio, chaque musicien, l’un après l’autre, s’arrêta de jouer, souffla la chandelle de son pupitre et quitta la salle. À la fin du mouvement, deux violons muets restaient sur scène (tenu par Haydn lui-même et le maître de concert,Alois Luigi Tomasini). Esterházy semble avoir compris le message : la cour retourna à Eisenstadt le lendemain1 ! »( source wilkipédia.
              Vivaldi, « le prêtre roux » s’arrêtait parfois au cours de ses offices pour écrire une partition...Je me souviens d’un courrier d’un long courrier de Bach pour remercier son bienfaiteur de l’envoi d’un tonneau de vin. 
              L’époque était dure : C’était la guerre de sept ans, et les troupes de mercenaires ravageaient le pays. En plus de son épouse, au moins la moitié des enfants de Bach, une grande famille, moururent de maladie.
               Ca ne l’empêcha pas d’écrire une des musiques les plus lumineuses qui soit, dont les thèmes sont toujours repris, d’un bout du monde à l’autre, comme pour Mozart. . 
              Tous disparaissent en fait derrière leur ouvrage. Montaigne lui même se fait ermite dans son pigeonnier, écrit écrit, alors que le pays est à feu et à sang, traversé par les guerres religieuses, tout à sa quète. Dieu c’est vrai est la grande affaire, et tout le présent n’a qu’un sens : Approcher le divin, le pardon, en se mettant sur la table, en tachant de rester un homme honnête, et préparer l’après,.

              Mais il n’y a plus d’après, à saint germain d’après.
               Plus que du présent, où ils se disent tous « Moi »

            • krapom.deviantart.com krapom.deviantart.com 21 septembre 2015 16:48

              Le copyright n’est pas un art, c’est une escroquerie internationale.


              • sarcastelle sarcastelle 21 septembre 2015 16:58
                L’auteur a écrit : 

                selon ses diktats le douanier Rousseau est un peintre mineur 

                Je ne vois pas l’utilité des trois premiers mots. 



                • norbert gabriel norbert gabriel 21 septembre 2015 18:45

                  @sarcastelle
                  C’est toute la question des arts « naïfs » ... 


                • bakerstreet bakerstreet 22 septembre 2015 00:12

                  @norbert gabriel

                  je n’aime pas trop cette notion d’art naïf. 
                  Une catégorie inventée par certains intellectuels pour faire croire que certains sont intelligents par mégarde et atteignent le sublime sans le faire exprès. 

                • norbert gabriel norbert gabriel 22 septembre 2015 00:34

                  @bakerstreet

                  J’ai mis des guillemets pour relativiser, sous entendu, ces « naïfs » n’ont pas été initiés, ou éduqués selon les critères habituels. Je pense aux musiciens de jazz des origines, qui n’avaient pas les bases de l’instruction musicale classique et qui ont inventé leur musique, en traitant, ou maltraitant les instruments pour en tirer le son qu’ils voulaient, et pas celui enseigné dans des écoles dont ils étaient exclus. Il n’empêche que les musiciens tziganes-gitans-manouches naissent dans la musique, ils en sont imprégnés dès la naissance.. Et certains atteignent le sublime. Peut-être que Django Reinhardt n’a pas été « éduqué » mais quel génie naturtel ...


                • bakerstreet bakerstreet 22 septembre 2015 00:39

                  @norbert gabriel
                  Complètement d’accord avec vous. Pour ne pas parler des chanteurs et des musiciens de blues, ni des africains, bidouillant sur des instrument bricolés, et en tirant bien plus de vie, que certains sur leur Steinway. 


                • lahalle 21 septembre 2015 17:24

                  « Lors de la répétition, il s’avère qu’il faut modifier la tonalité, et Gainsbourg, au piano, ne sait pas transposer, »
                  Que vous n’aimiez pas Serge Gainsbourg et que vous lui préfériez ce « blaireau » de Béart est votre droit le plus strict... Mais évitez tout de même d’ écrire des conneries comme ci-dessus (même si elles viennent du « génie de la musique » Louis Chedid...) .
                  C’est son père qui initia Gainsbourg au piano (il était lui-même professeur) et à 26 ans Gainsbourg gagnait sa vie comme pianiste de bar au Touquet et à Deauville... Et vous pensez sérieusement qu’un pianiste de bar ne sait pas transposer une mélodie....
                  Que le Serge en ait eu un coup dans les carreaux qui altère sa façon de jouer peut-être, mais qu’il ne sache pas transposer... Bullshit
                  Pour ce qui est de la composition, il est évident que Gainsbourg a raison. N’importe quel musicos qui pratique les deux (c’est mon cas) vous dira qu’on a beaucoup plus de facilité à trouver des accords altérés pour une composition au piano qu’à la guitare. C’est la démo que fait Gainsbourg à Béart... Peine perdue... Béart est mort sans savoir ce qu’était qu’un accord altéré...


                  • norbert gabriel norbert gabriel 21 septembre 2015 18:27

                    @lahalle Je vous renvoie au témoignage de Louis Chédid qui a expliqué que lors des répétitions Gainsbourg n’a pas su transposer dans un ton différent la chanson prévue, et que c’est lui, Louis Chédid qui s’est mis au piano. Vous en déduisez que je n’aime pas Gainsbourg en remettant les faits en perspective.
                    Un pianiste de bar joue pour faire une musique d’ambiance variée, il n’a pas à transposer comme le ferait un pianiste d’accompagnement.
                    Je ne me souviens pas quelle était la chanson prévue, une chanson du répertoire de la chanson française, probablement à 3 accords de base, comme « O gué vive la rose »... mais les faits sont là.
                    Et Gainsbourg a dit lui-même que l’initiation au piano pas son père ne l’avait pas passionné, et qu’il a voulu passer aux arts graphiques. D’ailleurs pour lui la musique est un art mineur.
                    Vous mettez des guillemets à « Génie de la musique » pour Chédid, personne n’a dit ça, simplement il a su faire au piano ce que Gainsbourg n’a pas su faire. Et il en parlé très longtemps sans aucun esprit polémique.
                    Votre démonstration sur les accords altérés, en quoi elle est pertinente ? Il faut forcément des accords altérés pour faire une bonne mélodie ?
                    En fait de blaireau, le mec qui plagie sciemment 3 chansons d’un musicien vivant, et qui est contraint par procès de restituer des droits mal acquis, c’est pas un vrai blaireau malfaisant ? Gainsbourg devenu Gainsbarre a été ce blaireau. Il a fait des albums d’anthologie, et aussi des actes pas très nets, disons ça comme ça.


                  • Norbert 21 septembre 2015 19:20

                    @lahalle

                    Je pense ça aussi.


                  • bakerstreet bakerstreet 21 septembre 2015 19:10

                    Intéressant votre article. Moi je préfère « le bal de la nuit » de Charles Trenet « au bal de ces egos, très petits et mesquins d’ailleurs. Ce n’est pas en vous lisant que je changerais d’avis sur ces infatués dont j’avais dés le début très piètre intérêt. 

                    L’âge n’arrange pas les choses, que ce soit pour nos gouvernants, nos écrivains et nos chanteurs. Mis à part Hugo qui prendra un peu de hauteur, en s’appuyant un peu beaucoup sur le dos des femmes, mais personne n’est parfait, rien que des misérables. Et Cosette dans tout ça ?....Serait elle devenu fan des sixties elle aussi ?...
                    Gainsbourg a énormément pompé ! Tout comme ses groupies.....Tellement qu’il devait sans doute changer sans cesse le joint d’aspiration- inspiration....Bach, Mozart, à plein tonneaux. C’est bien, c’est tombé dans le domaine public, une caverne d’Ali Baba, où y a même pas besoin de dire »Cézame ouvre toi !« pour se servir....Et personne n’y trouvera à redire qu’à une cendre de mégot.
                     Moins loin encore que l’Afrique. Le baroque c’est un continent inconnu, un vrai supermarché où y a pas de caisse enregistreuse.
                    Le personnage m’a toujours déplu. De timide bloqué dans ses godasses le voilà jouant le grand artiste maudit, brûlant un billet de 500 balles pour jouer au révolutionnaire en Rolls, le père semi-incestueux faisant des bulles de savon avec sa gamine. 
                    Mais tout le monde trouvait génial l’escroc, en redemandait, quand on aurait mis tout autre pépère pervers au cachot.
                     La notoriété vous permet sans doute de passer des lignes jaunes de vous foutre du vulgaire et des lois communes, mais la réalité vous rattrape par le colbart , tôt ou tard comme un flic de province qui connait la musique.. 
                    Gainsbarre gainsbourg ?...Il a fini par lui même ne plus savoir où il en était, rattrapé par mister Hyde !
                    A sa décharge sans doute qu’il eut une enfance moins gâtée que Chedid, et mille fois plus menacée, avec cette histoire d’étoile jaune qui a finit par imposer surement pour certains un sérieux désir de revanche. 
                    Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des professeurs de musique et un carnet d’adresses.
                    Mais pour continuer à parle de cette mauvaise étoile jaune, pour Jean Ferrat cela donnera cette drôle de carrière boudée par les modes et les médias !
                     Quand même il produira, au lieu du boudin gainsbourien, ce magnifique » nuit et brouillard" dédiée à son père qui finira dans un camp. J’allais dire, ce texte lumineux, pour parler de l’intangible et de la mort. Mais Ferrat avait cette qualité de résilience et une hauteur de vue à nulle autre pareille, comme j’aurais envie de le dire, à la façon d’Aragon.
                     Ferrat-Aragon, bien loin gainsbarre-gainsbourré ?
                     Il y a des gémellités psychotiques qui finissent par radoter sur eux mêmes
                    Enfin, c’est dommage que Bukowski n’était pas là, à cette fameuse soirée. 
                    Il aurait pissé dans un coin du plateau ou peut être allez savoir sur le piano, et ça les aurait peut être tous calmé. 
                    Attendu qu’il n’y a rein de mieux pour calmer un fou, qu’un autre pour placer encore la barre ou la note plus haut !

                    • norbert gabriel norbert gabriel 21 septembre 2015 20:09

                      @bakerstreet
                      Je partage ce que vous écrivez ( en particulier sur Ferrat) Celà dit, le personnage qu’est devenu Gainsbourg m’est antipathique, mais ça ne m’empêche pas d’écouter « L’homme à la tête de chou » avec le même plaisir chaque fois.


                    • lahalle 21 septembre 2015 19:25

                      Vous parlez de la vidéo d’apostrophe... Mais l’avez-vous seulement vue ? Si je parle de blaireau, c’est parce que Gainsbourg appelle ainsi l’oubliable compositeur de l’eau vive, ce que vous semblez ignorer...
                      Soyons sérieux, comment pouvez-vous imaginer qu’un pianiste de bar ne sache pas transposer, alors qu’il joue la plupart de ses morceaux à la demande et que c’est sa connaissance de l’harmonie et des gammes harmonisées qui fait sa force.
                      Quant aux explications de Chedid... A mon avis, le Serge était raide et il n’était pas en état de jouer point barre.... Mais peu importe,mon propos ne vise pas les déclarations de Chedid, mais vos écrits à savoir :

                      "Gainsbourg, au piano, ne sait pas transposer, car c’est un autodidacte de la musique, et s’il sait jouer de « son » piano, (comme Barbara) il ne sait pas faire de l’accompagnement tout terrain« 

                      Là, vous n’avez pas l’impression d’écrire une connerie ???? Et en plus vous vous enferrez :

                       »Un pianiste de bar joue pour faire une musique d’ambiance variée, il n’a pas à transposer comme le ferait un pianiste d’accompagnement« 

                      Donc, Gainsbourg aurait composé (ou sans doute lâchement pompé) des dizaines de chansons dans lesquelles il faut »monter ou descendre la marche« (ex : la javanaise +1ton au dernier couplet) et il ne saurait pas transposer .... Bizarre Bizarre..
                      Pour ce qui est de vous lien sur les plagiats de Gainsbourg sur la musique classique :
                      1- il ne l’a jamais nié
                      2- Je préfère écouter »lemon inceste« inspiré par Chopin que »l’eau vive" inspiré par... le klaxon des pompiers...

                       

                       


                      • norbert gabriel norbert gabriel 21 septembre 2015 20:05

                        @lahalle
                        J’ai même vu l’émission quand elle est passée, en 86, donc je crois que je sais de quoi il est question.
                        Et l’extrait, je l’ai bien revu plusieurs fois, si vous aviez bien lu ça me semble clair.
                        Votre idolâtrie gainsbourienne vous emmène dans des débordements avec des attaques contre Béart, alors que le sujet est la question de l’art mineur ou pas, avec une démonstration de Gainsbourg qui s’enferre, et se contredit. Revoyez votre copie sur ce point.
                        Je ne sais pas si vous avez lu les bios consacrées à Gainsbourg, mais il y a des faits que toute personne un peu informée, ne peut nier, tout en étant admirateur de son oeuvre, sans sectarisme. Dans une interview, il y a longtemps, Gainsbourg a évoqué lui-même ses limites au piano. Vous aurez peut-être escamoté que dans sa période accompagnateur de Michèle Arnaud, c’est pas au piano mais à la guitare qu’il l’accompagnait. La télé qui a filmé ces émissions avait les moyens de mettre un piano à sa disposition.
                        Que vous préfériez Lemon incest à l’eau vive, pourquoi pas ? Mais c’est pas le sujet.
                        Je vous rappelle, en passant, que certains faits sont avérés, d’autres m’ont été rapportés par un photographe très très proche de Gainsbourg, il est toujours en vie, a préparé plusieurs spectacles et films vidéos sur Gainsbourg, et toute admiration, mais en toute lucidité.


                      • norbert gabriel norbert gabriel 22 septembre 2015 10:52

                        @lahalle

                        Au sujet de la vidéo, que vous semblez avoir vue avec des lunettes très orientées, revoyez le moment où Gainsbourg part sur les arts majeurs demandant une initiation, il cherche un peu ses mots, démarre sur la peinture, ajoute l’architecture, puis la poésie, et soudain, il pense à la musique... classique... Parce que, quand même... Il a expliqué plus tard qu’il était parti en impro sans bien savoir où il allait, et c’est plus tard qu’il a dévié avec « son art pour mineures »... Sans trop défendre et argumenter sur sa conception des arts majeurs ou mineurs. 
                        Vous ergotez sur la transposition avec une démonstration sur « descendre une marche » mais c’est autre chose, qu’il sache jouer des morceaux complexes est une chose, bien sûr qu’il sait faire, en revanche changer de ton au piano c’est une autre affaire. Il n’y a pas de capodastre pour monter d’un ou deux tons.


                      • Antoine 21 septembre 2015 22:44

                           Sauf que Gainsbourg avait raison : la chansonnette est musicalement quasi toujours simplette, rendue ainsi accessible aux incultes de l’oreille, ce qui peut faire considérer qu’il s’agit bien d’un art mineur.


                        • norbert gabriel norbert gabriel 21 septembre 2015 23:24

                          @Antoine

                          Je suppose que Gainsbourg aurait été ravi d’apprendre qu’il a fait des chansons pour incultes de l’oreille... C’est sans doute pour ça qu’il est allé chercher ses thèmes chez d’autres amateurs de cet art mineur, la musique, comme Dvorak, Brahms Beethoven,  Katèlbey, Grieg...


                        • bakerstreet bakerstreet 22 septembre 2015 00:36

                          @Antoine
                          Je crois que vous confondez complication et profondeur. Une chose qu’on trouve aussi en littérature. Les haïkus de maîtres japonais n’ont que quelques mots de lumière, mais savent capter l’intangible mieux que de longs discours fumeux. Donc, c’est l’émotion, seule, qui reste à envisager. Rien à voir dans le discours de la méthode avec une appellation quelconque, majeur-mineur. Entendu même que le propos rentrerait en contradiction avec l’essence de l’art, qui est ineffable, le suggestif. On ne peut que se prendre les pieds d’une façon lamentable et ridicule quand on rentre dans ce genre de débat. Car la simplicité du motif, c’est justement ça, le grand art. Prenez les premières notes des variations Goldberg, cet aria si simple si limpide. Bach va le complexer mais c’est pourtant ces premières notes, qui font sens de l’oeuvre. A l’époque classique, il n’y a pas encore pas de religiosité bourgeoise autour de la musique dite classique, et les gens ont bien plus d’indépendance d’esprit que de nos jours, où les musiques sont hiérarchisées.La mondialisation fait écho d’un mixage maintenant de toutes les musiques du monde, mais là encore rien de nouveau ; Pedrini, un musicien italien travaillant à la cour de chine au dix septième siècle, faisant syncrétisme entre musique baroque italienne et une autre orientale. 

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