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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Belmondo-Godard : « allez vous faire foutre ! »

Belmondo-Godard : « allez vous faire foutre ! »

Pour annoncer la diffusion prochaine (le 15 janvier) du film "A bout de souffle", la chaîne Arte ne recule devant aucune audace et nous a concocté une bande annonce spéciale Nouvel An sur la base du "allez vous faire foutre !" de Godard et Belmondo. Arte reprend cette formule pour présenter ses programmes de janvier 2014 en annonçant les films programmés par un "si vous n'aimez pas..., laissant à Belmondo le soin de conclure l'ensemble avec ses propres paroles par son cultissime "allez vous faire foutre  !"

"Si vous n'aimez pas le cinéma d'auteur (...), allez vous faire foutre  !", lance la chaîne Arte sans tomber dans le mauvais goût. Rappelons que la citation exacte du film est "Si vous n'aimez pas la mer, si vous n'aimez pas la montagne, si vous n'aimez pas la ville... allez vous faire foutre !"

Il a fallu un culot monstre et même suicidaire pour commencer un film de cinéma - en 1960 ! - par une réplique d'acteur qui s'adresse directement aux spectateurs et les invite à aller se faire voir.

Jean-Paul Belmondo, Jean-Luc Godard, deux adeptes du bras d'honneur radical étaient fatalement appelés à se rencontrer. L'un très physique, l'autre très cérébral, mais tout deux faits d'une nature entière et sans concession, les deux hommes ne pouvaient qu'être piqués par la curiosité l'un envers l'autre. Ces deux personnalités insolentes et rebelles étaient vouées à se compléter pour le meilleur du cinéma français.

En 1956, Jean-Paul Belmondo, envoyait paître la Comédie française d'un bras d'honneur retentissant à l'intention du jury dépité. Le bras d'honneur de Jean-Luc Godard au cinéma de papa, fut, disons, plus artistique. Mais le fait est là : Godard comme Belmondo assumaient leur atypisme et entendaient mener leur carrière selon leur volonté.

La collaboration entre ces deux gaillards amateurs de défis et de l'art de prendre les gens à rebrousse-poil aurait pu tourner court après le montage du court métrage "Charlotte et son Jules" (1958). D'abord, parce que la méthode était très risquée : pas de scénario écrit. Godard soufflait le texte aux acteurs. Mais surtout parce que Godard dut remplacer la voix de Belmondo, lequel ne s'était pas présenté pour la postsynchronisation (ou parti faire son service en Algérie ?).

Avec "A bout de souffle" et "Pierrot le fou", Godard et Belmondo vont tout bonnement créer un séisme dans le cinéma et produire deux chefs-d'oeuve inoubliables, et ce malgré les erreurs, la désinvolture et l'amateurisme du réalisateur. "A bout de souffle" et "Pierrot le fou", c'est la vague à l'intérieur même de la Nouvelle vague !

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A bout de souffle (1960), un bras d'honneur magistral

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L'association Jean-Luc Godard et Jean-Paul Belmondo frappe fort en collaborant autour d'un film en forme de coup de poing, ou plus exactement en forme de bras d'honneur. Un film radical et sans concession. L'un comme l'autre de ces deux énergumènes ne se prennent jamais au sérieux. Pourtant, c'est avec le plus grand sérieux que cette oeuvre inédite dans l'univers cinématographique sera analysée encore et encore par les critiques et cinéphiles du monde entier.

- Une révolution du point de vue technique

Deux risque-tout ont joué et gagné contre toute attente, contre leur propre attente. Le film est tourné en muet. Tout est reconstitué en studio : les sons (qui viennent parfois brouiller les dialogues) comme les voix.

Le film rompt avec la tradition du cinéma français avec ses faux raccords et ses plans séquences, entre autres. Godard fera son autocritique en particulier pour l'absence de toute dimension sociale du film. La plus fameuse scène du film a été mise en boîte par l'opérateur Raoul Coutard dans sa caisse roulante le 17 août 1959. Le cameraman était caché dans un triporteur emprunté aux PTT.

Le film fait penser d'emblée à un court-métrage. Le jump cut renforce ce côté amateur. Il s'agit de la juxtaposition de deux plans sans que la caméra ait notablement changé de position. Des sautes d'images interviennent dans la scène où le rédacteur en chef du New York Herald Tribune raconte son histoire drôle à Patricia. En 1959, le terme "jump cut" n'existe pas encore et c'est, dit-il, parce que son film est trop long que Godard décide de supprimer systématique le contrechamp sur Michel dans sa conversation avec Patricia dans la voiture qui les conduit au siège du New York Herald Tribune. Godard aurait pu suivre le conseil de Melville qui lui avait dit de supprimer les séquences qui ne servent pas à faire avancer l'action et exclure la séquence entière du montage. Les jump cut font se succéder des plans différemment éclairés sur la nuque de Patricia qui sont autant de coups d'éclat, de coups de projecteurs sur sa beauté.

- Scénario et personnages

Pour se prémunir d'un flop total, Godard a fait appel à François Truffaut et fait apparaître le nom de ce dernier en gros titre dans la bande annonce.

Cependant, le scénario n'est ici que prétexte au metteur en scène pour réaliser les plans qu'il veut faire. Ce qui compte, c'est d'interpeller le spectateur. D'ailleurs, dès le début du film Belmondo s'adresse directement à lui avec ces mots "Si vous n'aimez pas la mer, si vous n'aimez pas la montagne, si vous n'aimez pas la ville... allez vous faire foutre".

Le personnage de Michel Poiccard est inexistant. Godard n'a pas pris la peine de dresser son curriculum vitae ni de nous en résumer la vie. A vrai dire, l'existence du personnage ne compte pas plus que le scénario ; seul compte l'instant présent. Le personnage central est si peu travaillé qu'on trouve dans sa bouche des mots du cinéaste ou des expressions toutes faites qui se retrouvent aussi dans "Pierrot le fou" : les premiers mots prononcés par le personnage principal, "après tout, j'suis con", sont les mêmes à peu près que ses derniers mots dans Pierrot le fou ("après tout, je suis idiot"). Il a le même tic langagier à base de prénoms : "je fonce Alphonse", "tu parles Charles". Dans "Pierrot le fou", il répète souvent "allons-y Alonso".

Le casting, en revanche, est fait avec sérieux. Jean-Luc Godard ne se donne pas le rôle le plus sympathique : il incarne le "mouchard" ou, d'un point de vue neutre, le "citoyen témoin" qui reconnaît Michel et le signale à la police. Jean-Pierre Melville, cinéaste du genre policier et fan de polars américains, joue un rôle, celui de Parvulesco, l'écrivain interviewé à Orly.

Jeans Seberg est un emprunt à Preminger (qui l'a révélée) mais Belmondo est un acteur nouveau pour le cinéma même si Godard celui-ci l'a déjà fait tourner dans son court métrage "Charlotte et son Jules". Godard le bourgeois exprime au travers de Belmondo ses aspirations anarchisantes .

- Des clins d'oeil au cinéma policier américain

Le film est truffé de citations du cinéma américain. Par exemple, la scène où Poiccard assomme Jean Domarchi dans les toilettes est volée à "La femme à abattre de Walsh".

"Nos premiers films, disait Godard dans une interview dans Les cahiers du cinéma de décembre 1962, ont été purement des films de cinéphiles." "Je faisais certains plans par rapport à d'd'autres que je connaissais de Preminger, de Cukor". On peut aussi citer Samuel Fuller, Nicholas Ray.

- L'histoire en résumé

 1 - Michel rejoint Paris et Patricia. Michel Poiccard (Belmondo) roule vers Paris à bord d'une voiture volée à Marseille. Il a comme projet de retrouver Patricia à Paris et de récolter assez d'argent pour s'en aller avec en Italie. Pris en chasse par deux motards pour avoir franchi la ligne jaune, il parvient à semer l'un d'eux mais doit tuer le second motard (avec l'arme laissée par le propriétaire de la voiture) car il se retrouve coincé dans un chemin creux où la voiture refuse de redémarrer. Après quoi, il prend la fuite à travers champ et arrive à Paris en auto stop.

A Paris, après avoir dérobé 5 000 francs à une amie, il retrouve Patricia (Jeans Seberg), une étudiante américaine, avec laquelle il a une liaison amoureuse, qui, pour pouvoir étudier à la Sorbonne et, pour se faire un peu d'argent, vend le journal Herald Tribune sur les Champs-Élysées.

2 - La chambre d'hôtel. Michel, allongé dans le lit de Patricia attend celle-ci (il a pris la clé sur le tableau de la réception). Patricia lui révélera qu'elle est enceinte, probablement de lui. "Tu aurais pu faire attention !" réplique Michel, mécontent. Elle voudrait garder l'enfant (cela se voit à sa façon de regarder son ventre dans une vitrine). La police a identifié Michel comme étant l'assassin de la N7 et sa photo figure dans tous les journaux. Michel est donc pressé de quitter la France pour Rome. C'est pourquoi, il a repris contact avec des gens du milieu pour récupérer de l'argent qu'on lui doit. Antonio acceptera d'escompter le chèque d'un million trois (que Michel ne peut encaisser lui-même de peur de se rendre à la banque).

3 - Le dénouement. Michel et Patricia passent la nuit dans une planque sûre (chez la suédoise de Zumbar). Patricia vit sous la menace de se voir retirer son passeport si elle n'appelle pas l'inspecteur au moment où elle aura revu Michel. Au matin, en allant chercher France-Soir à la demande de Michel, et du lait, elle finit donc par le dénoncer en indiquant l'adresse où il se trouve.

Vital et des policiers armés arrivent alors. Avant de s'enfuir, Berrutti, qui avait donné rendez-vous à Michel devant l'immeuble,lance son révolver à Michel qui le ramasse. Michel reçoit alors une balle dans le dos et s'enfuit, titubant, vers Montparnasse. Patricia court à sa rencontre.

Michel est à terre, perdant son sang et Patricia, debout, le regarde. Il refait lentement les mêmes grimaces qu'il lui avait faites durant leur longue conversation. Il murmure "C'est vraiment dégueulasse" et meurt. Patricia demande au commissaire Vital ce qu'il a dit et celui-ci déforme les dernier mots de Michel : "Il a dit : vous êtes vraiment une dégueulasse". Patricia passe un doigt sur ses lèvres en hommage au gimmick de Michel inspiré par Bogart mais en le déformant faisant le tour de ses lèvres tout en s'interrogeant "Qu'est-ce que c'est dégueulasse ?". Puis elle tourne la tête.

Sur le sens du mot "dégueulasse"

La fameuse phrase "C'est vraiment dégueulasse", que prononce Michel en mourant, a suscité de la perplexité dans l'esprit des spectateurs. Que doit-on entendre ? Pour l'inspecteur de police, la réponse est simple : Michel traite Patricia de dégeulasse. A l'appui de cette thèse, on peut évoquer une autre scène du film, quand à bord d'une voiture volée, Michel dépose Patricia devant la Pergola, en haut des Champs-Elysées. Comme Patricia refuse qu'il l'attende, il l'insulte lui disant qu'il ne veut plus la revoir : "Fout le camp, dégueulasse !"

Mais ici Michel ne traite pas Patricia de dégueulasse. D'ailleurs, Patricia auparavant, découvrant dans France-soir que Michel est marié, déclare "C'est très mal d'avoir été dénoncés. "Non, ce n'est pas anormal, c'est normal", rétorque Michel. Surtout, après avoir dénoncé Michel à la police, Patricia rentre directement à la planque et l'avise de son geste. Elle ajoute : "puisque je suis méchante avec toi, c'est la preuve que je ne suis pas amoureuse de toi". En réalité, elle l'a dénoncé et elle le lui dit pour l'obliger à la quitter.

Cela dit, Michel est d'humeur très changeante et a pu changé de point de vue. On se rappellera du "après tout, j'suis con" du début et de la fin de son histoire où il balance entre se laisser aller à la mort "Oui, j'en ai marre, je suis fatigué, j'ai envie de dormir" (à son complice) ou à la prison (Michel dit à Patricia qu'il a envie d'aller en prison) ou bien réagir avec violence. Finalement, il y a revirement dans la violence puisqu'il se saisit de l'arme qu'on lui jette. Peut-être Michel est-il passé de la tolérance à intransigeance. N'a-t-il pas saisi maintes occasions de traiter Patricia de lâche quand elle ne le méritait pas ?

En fait, ce sont deux personnalités très différentes. Elle aime la littérature, Faulkner par exemple, lui non. Elle aime l'art. le mur est tapissé de reproductions d'art moderne. Elle se voit avec lui en Roméo et Juliette comme l'atteste le mouvement de caméra qui montre une reproduction des Amants de Picasso sur son mur. Elle voudrait habiter au Mexique où son père lui avait promis d'aller. Lui, en Italie pour s'y réfugier de la police et vivre la dolce vita. il se moque de ses choix à elle. Il est superstitieux : il lui achète le journal mais le lui rend quand il constate qu'il n'y a pas d'horoscope. Fataliste par moments.

Trois fins étaient possibles : le suicide dans la version initiale du scénario de Truffaut, la fuite en voiture qui aurait été un happy-end dans le scénario poposé par Godard, et celle finalement tournée où Michel est abattu après avoir été dénoncé.

Extraits vidéo de "A bout de souffle" :

Dans la chambre d'hôtel - YouTube
Michel dépose Patricia en voiture - YouTube
Michel en voiture "allez vous faire foutre !" - YouTube
Michel rejoint Patricia qui vend le Herald Tribune sur les Champs YouTube
Dans la chambre d'hôtel (l'étranglement)- Jean Seberg / Jean-Paul Belmondo - YouTube
Michel devant une affiche de Boggart - YouTube
Scène finale Godard - YouTube

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Une femme est une femme (1961)

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Entre "A bout de souffle" et "Pierrot le fou", Bébel vient ici partager le premier rôle masculin avec Jean-Claude Brialy. L'histoire : Angela (Anna Karina que Godard vient d'épouser) est une belle strip-teaseuse au Zodiac que son son mari, Emile (Brialy, habitué des courts métrages de Godard), néglige. Tout à sa passion de la bicyclette, il ne prend pas le temps de lui faire l'enfant qu'elle désire. De guerre lasse, Angela se tourne vers Alfred (Belmondo) qui rêve d'une aventure avec elle.Angela, qui aime Émile, et imagine de le rendre jaloux en lui faisant croire qu'elle a une histoire avec Alfred. Blessé dans son orgueil, Emile veut prendre son rival de vitesse et faire à Angela, tout de suite, l'enfant dont elle rêve. Au moment de passer à l'acte, Emile comprend qu'il a été pris au piège : " Angela tu es infâme " et celle-ci, victorieuse répond : "non, je suis une femme".
  
Il s'agit du premier film en couleurs de Godard. Le cinéaste découvre aussi le studio, le son direct et le Scope.

Extraits vidéo de "Une femme est une femme" :

▶ Charles Aznavour : "Tu t'laisses aller" - YouTube
Jean-Luc Godard's Une Femme est Une Femme, Tu m'emmerdes - YouTube
▶ Une femme est une femme - Karina & Belmondo - YouTube
▶ Angela et Alfred - YouTube
Une Femme est une femme - "Je vous pose une question" - YouTube

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Pierrot le fou (1965)

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Il y a du Michel Poiccard d'A bout de souffle" dans Ferdinand alias Pierrot. Un langage récurrent. On retrouve aussi le regard caméra et l'adresse au spectateur : dans une scène, Ferdinand dit à sa copine Marianne (Anna Karina) "je m'adresse au spectateur". Godard en tant que critique a écrit sur "Monika" de Bergman et déclaré que ce qui l'a frappé c'est le regard-caméra d'Harriet Andersson.

Pour faire court, on dira qu'un homme fuit la société gangrenée par la publicité. Dans sa fuite, il trouve un moment de repos sur une île paradisiaque. Un séjour que Marianne prise moins. Trop aliéné encore peut-être par le monde moderne qui exige de l'actitivté permanente, elle promène son ennuie en répétant "qu'est-ce que je vais faire ? J'sais pas quoi faire".

- Une société sclérosée où la publicité envahissante a gagné le langage même

Ferdinand Griffon (Belmondo), est marié à une richissime italienne. Tandis qu'il est féru de littérature, d'art et de poésie (lit à sa petite fille des pages d'Elie Faure consacrées à Velazquez), il n'entend autour de lui que des gens qui dialoguent à coups de slogans publicitaires. Sauf Samuel Fuller (dans son propre rôle) qui parle de cinéma. Ferdinand lui-même est atteint par le mal : "mettez-moi un tigre dans mon moteur " dira-t-il pendant son escapade au pompiste.

Il retrouve une jeune fille, Marianne, qu'il a jadis aimée, chez des amis où elle vient garder les enfants. Ferdinand décide alors d'effacer sa vie actuelle pleine d'ennui pour revenir avec Marianne et de tout quitter pour partir avec elle vers le Sud de la France.

- L'île est comme une oasis paradisiaque dans ce monde moderne

Ce moment du film est vécu comme une métaphore d'oasis, de paradis : une arche ? (des animaux très inattendus (un perroquet, un fennec se joigent au couple). Poursuivi par la police pour un crime que Marianne a commis, le couple vit quelques jours comme des naufragés sur une île déserte. Couleurs et chanson viennent alors égayer ce moment magique. Pour ce qui est des couleurs, le rouge et le bleu sont associés de manière récurrente dans les décors, ou sous forme de filtres colorant certaines scènes. Des objets tricolores (bleu, blanc, rouge) sont parfois aussi donnés à voir (un drapeau, une enseigne de cinéma apparaissant fugitivement entre deux scènes…). Coté chansons, Jean-Paul Belmondo et Anna Karina chantent "Jamais je ne t'ai dit que je t'aimerais toujours, ô mon amour" et "Ma ligne de chance" (deux chansons de Serge Rezvani, alias Cyrus Bassiak, que Godard omit de faire figurer au générique du film). Il y a du Monika d'Ingmar Bergman dans l'esprit du film : emprunts de scènes, insularité, isolement du couple.

- Un scénario improvisé et parfois absurde

De l'aveu de Godard, deux jours avant le tournage, il n'avait rien du tout et il était inquiet. Finalement, le choix se porte de façon naturelle sur une forme de road movie. Le reste est un peu fouillis et peu réaliste. Par exemple, Marianne met le feu à une voiture (pourquoi, one sait pas : par excitation ?). Pierrot y avait laissé volontairement la valise pleine de dollars (pourquoi ?). Pierrot précipite la voiture volée à la mer. Le couple en sort et nage jusqu'au rivage. Pourquoi cette scène (un emprunt à un film américain) ?

Les dialogues sont souvent répétés. Vers la fin du film, Raymond Devos fait un sketch dans le rôle de l'homme du port. En référence cinématographique, on voit Jean-Pierre Léaud en spectateur dans la salle de cinéma. L'histoire est entremêlée de citations littéraires, empruntées à Rimbaud (citations de "Une saison en enfer", « L'amour est à réinventer », « La vraie vie est ailleurs », etc., ainsi que la citation finale) et à Louis-Ferdinand Céline (citation cinématographique de ses deux romans : Guignol's Band et Le Pont de Londres). La fin du film est envoyé par u hold up suivi d'un crime de Ferdinand (il tue son rival que Marianne faisait passer pour son frère). Contrairement à "A bout de souffle", c'est lui-même qui téléphone à la police.

Avant de se suicider, il téléphone pour demander des nouvelles de ses enfants à la baby sitter. Il s'entoure la tête de bâtons de dynamite avec nonchalance et désinvolture.

Extraits vidéo de "Pierrot le fou" :

Pierrot le fou - l'adresse au spectateur - YouTube
▶ Qu'est-ce que je peux faire ? - YouTube
▶ Pierrot le fou : Samuel Fuller Cameo - YouTube
 

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8 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 4 janvier 2014 09:19

    Bonjour, Taverne.

    Tu écris « Avec »A bout de souffle« et »Pierrot le fou« , Godard et Belmondo vont tout bonnement créer un séisme dans le cinéma et produire deux chefs-d’oeuvre inoubliables ».

    Permets-moi d’être en total désaccord (nous avions d’ailleurs déjà échangé sur le sujet) : malgré quelques trop rares scènes intéressantes, ces deux films (comme pratiquement tous ceux de Godard) ont pris un terrible coup de vieux et dégagent un ennui mortel. De surcroît, ils sont assez mal réalisés et mettent en scène des acteurs globalement médiocres sur des dialogues souvent bâclés. Comment ai-je pu, naguère, apprécier ces films ? Sans doute la naïveté de la jeunesse et le manque d’esprit critique vis-à-vis d’un cinéma qui était avant tout l’expression d’une mode, voire d’un snobisme. 

    Infiniment plus puissant et n’ayant rien perdu de sa force est « Les tricheurs » de Carné, pourtant plus ancien. Auprès de ce film, les œuvres de Godard paraissent anémiques et sans saveur.

    Cela dit, tous les goûts existent, et c’est ce qui fait la force et l’intérêt des arts...

    Meilleurs vœux pour 2014 !


    • Taverne Taverne 4 janvier 2014 13:42

      Carné relève d’un tout autre genre, on ne peut donc absolument pas comparer. Quand on préfère le politiquement correct, on est peu sensible aux bras d’honneur artistiques, je comprends donc ton point de vue. Mais il y a pas que Carné et Renoir dans le cinéma français.


    • Fergus Fergus 4 janvier 2014 16:04

      @ Taverne.

      Après tout ce que l’on a vu depuis des décennies en matière de cinéma, il est difficile de trouver un intérêt quelconque dans une prétendue transgression artistique de Godard. Ce réalisateur est, à mes yeux, le symbole surfait d’un cinéma qui a depuis longtemps dépassé la date de péremption.

      J’ai pourtant apprécié les films de Godard lorsque j’étais jeune, peut-être parce qu’ils m’apparaissaient alors effectivement comme transgressifs, mais j’ai compris depuis longtemps que tout cela n’était au mieux qu’un malentendu, au pire un leurre. Et les avoir revus récemment m’a donné le coup de grâce avec, à la clé, une terrible envie de dormir.

      Rien de tel avec les films de Carné ou de Clouzot qui, eux, n’ont pas pris une ride et ne sombrent jamais dans le ridicule.

      Bonne journée. 


    • Taverne Taverne 4 janvier 2014 18:00

      Vous continuez à vouloir comparer des genres de films et des cinéastes totalement différents. Sans doute, par manque d’argument...

      Les films de Godard étaient très transgressifs à leur époque et même bien après. Aujourd’hui, ils le sont moins en effet. Si j’aime ces films des années 60, c’est pour les longs plans de Paris d’alors dans les rues, à l’hôtel. Tout cela fait partie du charme et Godard a su tirer profit de ce charme pour que ses films une fois banalisés gardent quelque chose de séduisant, de naïf aussi. La balade de l’adorable Jean Seberg sur les champs élysées...Les vieilles voitures, les vieilles affiches de cinéma, tout un décor qu’on ne voit plus. Et les sons que Godard travaille à merveille.


    • Fergus Fergus 4 janvier 2014 18:11

      @ Taverne.

      Je ne cherche pas à te convaincre, simplement à montrer que les films de Godard peuvent ne pas plaire à tout le monde, y compris à des personnes, comme moi, qui les ont pourtant appréciés autrefois, à une époque où ils n’avaient pas encore pris un terrible coup de vieux.

      D’accord sur Jean Seberg, elle contribue à apporter un rayon de soleil à un film dont la vacuité est assez impressionnante.

      Quant au Paris de Godard, il n’est pas mieux filmé que par d’autres cinéastes de ces années-là.

      J’ai beau chercher, je ne trouve pas de véritable intérêt aux films de Godard. Mais rassure-toi, cela n’empêchera pas la Cinémathèque de Paris de les rediffuser de temps à autre. Et le parc de Bercy, juste à côté, est superbe.


    • Taverne Taverne 4 janvier 2014 18:27

      Je ne cherche pas à te convaincre, juste à dire qu’il faut comparer ce qui est comparable. J’aime beaucoup Marcel Carné mais je ne cherche pas à comparer avec Godard.

      OK, on peut avoir aimé et ne plus aimer. Et l’inverse aussi. Je connais cela.

      Je tiens à préciser aussi que Godard lui-même a fait une critique rétrospective sévère de son film « ’A bout de souffle ». Lui aussi a le droit de changer d’avis. Ce film est loin d’être parfait. Cela dit s’il était si nul, pourquoi tant de gens l’on copié et ont réutilisé ses trouvailles techniques ?


    • Fergus Fergus 4 janvier 2014 19:09

      @ Taverne.

      Je ne cherche surtout pas à comparer Carné à Godard, mais à souligner qu’au niveau de la perception de leurs œuvres de nos jours, il n’y a pas photo.

      Quant aux idées innovantes de Godard, je ne nie pas qu’elles aient pu influencer nombre dé cinéastes. Mais au cinéma, mieux vaut un bon scénario que des idées techniques innovantes. C’est du moins ainsi que je le perçois.

      Bonne soirée.


    • claude-michel claude-michel 4 janvier 2014 10:38

       Godard...fait du cinéma...d’hauteur indéterminée.. !
      bof... ?

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