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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Ben non, « Nope » n’est pas si bien que ça…

Ben non, « Nope » n’est pas si bien que ça…

Sous le ciel de Californie, dans la Santa Clarita Valley, à une cinquantaine de kilomètres de Los Angeles, des phénomènes inexpliqués, ovni ?, ont lieu dans un ranch isolé, tenu par OJ et Emerald Haywood, frère et sœur ayant hérité celui-ci de leur père défunt, légendaire dresseur de chevaux pour le cinéma et la télévision. Au fait, attention aux nuages ! La menace fantôme viendrait de là…

L'une des affiches promotionnelles pour « Nope » (2022), un film de Jordan Peele.

Que dire de ce film ? Annoncé à grand renfort publicitaire et presse comme THE blockbuster de l’été. Ma foi, Nope, c’est pas mal, du 3 sur 5 pour moi. Mais ça ne décolle pas vraiment. À la fin, une musique morriconienne en diable (les sifflements, la ritournelle, les chœurs saccadés, les cloches) viserait une envolée lyrique, un certain goût pour les héros d’autrefois, cowboys solitaires (apparition fantôme dans le lointain, à la Eastwood), pourquoi pas, mais pour dire quoi ? Nous emmener où ? Je ne vois pas trop, Peele n’étant pas trop dans la geste référentielle, voire citationnelle, comme Tarantino.

Alors, bien sûr, on saura gré à Jordan Peele, cinéaste afro-américain déjà repéré avec son très malin Get Out (2017, qui dénonçait habilement le racisme ordinaire larvé aux États-Unis), d’écrire un scénario original, de faire - ouf, on respire - un objet filmique qui ne soit pas un énième prequel d’une saga existante ou bien allant paresseusement lorgner vers les films de super-héros pyrotechniques qui sont des plus rasoirs à force de se ressembler tous. Et, franchement, en termes visuels (l’affiche promotionnelle du long métrage tenant à nous préciser qu’il a été filmé avec des caméras IMAX, en gros images grande taille à haute résolution), son western SF, mâtinant horreur (les scènes périphériques bien flippantes avec le chimpanzé Gordy tueur, vedette de l’émision - cet incident a-t-il réellement existé ? Se demande-t-on sans cesse) et pop (les tee-shirts vintage portés par ses personnages arborant des noms de groupes rock des années 80), a de la gueule : les images sont belles. Les chevaux, les nuits et les ciels, d’où naît une menace sourde (une sorte de vortex surnaturel à tissus ondulants aspirant tout sur son passage à l’exception des objets métalliques et des artefacts), sont bien filmés.

Bien sûr, aussi, les exégètes pourront saluer, avec ce film jouant sur le regard (regarder avec insistance au risque de perdre la vie) et l’enregistrement du réel par une caméra mécanique qui, dans la captation audiovisuelle, va plus loin que le numérique lisse, un désir de remonter aux origines du cinéma, à sa source : il nous est bien montré que le petit film documentaire à finalité scientifique réalisé par Eadweard Muybridge captant le mouvement d'un cheval au galop monté par un jockey… noir, hélas resté anonyme dans l’histoire du 7e art, a participé à l’avènement du cinéma, art du temps et du mouvement, au même titre que les recherches contemporaines des frères Lumière ; ce Plate 626, ou Animal Locomotion, peut être décrit comme « le premier assemblage de photographies utilisé pour créer un film ». On est de plain-pied dans la mise en abyme, autrement dit le cinéma parlant de cinéma (tournages à Hollywood et plateaux TV montrés itou itou), et pour les cinéphiles, assurément, c’est bien souvent l’occasion de se perdre délicieusement dans moult interprétations possibles, au risque parfois de faire dire au film des choses qui n’y sont pas forcément ou de se faire carrément son propre film (et pourquoi pas d’ailleurs !). C’est aussi le jeu de la critique d’extrapoler et de s’emparer dans tous les sens de l’objet-film en question pour en tirer la substantifique moelle possible.

Et ce film Nope, qu’on peut traduire par Nan (du genre Non c’est pas possible, on ne me la fait pas, sorti à raison sous le titre Ben non au Québec !), se penchant, pour sa trame principale, sur des éleveurs de chevaux afro-américains travaillant dans le milieu du cinéma et du divertissement (les parcs d’attractions) au fin fond d’une vallée perdue de la Californie est aussi là pour redonner une place (bienvenue) à une communauté noire aux Etats-Unis qu’on n’associe pas forcément - heureusement, avec le temps, les choses ont largement évolué ! - au monde culturel et à l’univers western ; pour autant, on n’oubliera pas, question westerns, des précédents, tels Le Sergent noir (1960) de John Ford campé par Woody Strode, la présence forte, ce qu’on appelle le charisme, de celui-ci dans la séquence inaugurale magistrale dans la gare d’Il était une fois dans l’Ouest (1968) du dynamiteur du genre, un certain Sergio Leone (petit Italien de Rome ayant revisité la mythologie américaine en lui mettant un caillou dans sa botte à éperon), ou encore le rôle phare offert à Morgan Freeman dans le superbement crépusculaire Impitoyable (1992) de Clint Eastwood, film dédicacé à ses deux maîtres qu’étaient Leone et Don Siegel. Et maintenant, à cette lignée, on peut lui associer ce Nope et c’est tant mieux.

Pub grand format, à l'entrée du complexe UGC Ciné Cité les Halles, Paris, photo V. De., août 2022.

D’ailleurs, les observateurs attentifs noteront vers la fin du Peele qu’une affiche de western avec deux acteurs stars noirs, Harry Belafonte et Sidney Poitier, Buck et son complice (1972, réalisation : Sidney Poitier), se trouve sur un mur pendant que la petite équipée (les deux éleveurs, le filmeur psychopathe à la voix d’outre-tombe et le technicien de la vidéosurveillance trop curieux) imagine un stratagème pour se faire l’ovni (soucoupe volante ?), ou en tout cas le filmer comme preuve pouvant leur assurer la gloire s’il finit montré chez Oprah - ouvertement citée, d’ailleurs que par son prénom tellement elle est connue en tant qu’animatrice et productrice de télé - Winfrey ! Au passage, le sensationnaliste TMZ, au voyeurisme exacerbé pour dénicher le scoop à tout prix (on s’en souvient, cette entreprise de médias appartenant à la Fox s’était faite mondialement remarquer en annonçant en juin 2009 la mort du King of Pop, Michael Jackson, avant tous ses concurrents), est également mentionné, comme critique de l’addiction, sans scrupule, de l’être humain pour le spectacle, ne pas oublier au passage que c’est un verset de la Bible, en l’occurrence Nahum 3:6, qui ouvre le film : « Je jetterai sur toi des impuretés, je t'avilirai, et je te donnerai en spectacle. »

Mais alors, malgré ces points positifs, d’où vient ma déception avec Nope ? Eh bien, du fait que Jordan Peele avance ses pions sans aller, selon moi, aussi loin qu’on l’aimerait. Son long métrage (un peu long, 2h10, notamment la traque finale), si l’on met de côté la belle photographie impressionnante signée du chef-op solide Hoyte van Hoytema ayant aussi bossé sur Dunkerque et Ad Astra (et son monstre, nommé « Jean Jacket » avec ses faux-airs de méduse volante Grand Avalou, est visuellement séduisant, sans atteindre selon moi néanmoins la beauté de la présence monstrueuse de l’Autre dans le ciel de District 9 (2010, Neill Blomkamp) et surtout la puissance de sidération du monstre à l’œuvre dans l’enthousiasmant The Host (2006) de Bong Joon-ho), c’est en fait, si l’on y regarde de près, une honnête série B se donnant un peu trop des airs de grand film, à force de vouloir jouer obstinément dans la cour des grands, ou qui aimerait déjà apparaître comme un classique - ce qu’il deviendra peut-être au fil du temps, je ne donne ici, après, tout que mon humble avis. Oui, je l’avoue, j’ai du mal à y voir autre chose qu’un film très habile, à cheval entre Spielberg (le goût du merveilleux, la pulsion scopique) et Shyamalan (le goût pour le twist, révélation inattendue, le jeu postmoderne avec les codes du genre, l’attrait pour les minorités et les marges, rarement filmées ou pas assez), et rien de plus.

Juste un exemple – attention spoiler –, le leurre des enfants, voisins farceurs, jouant aux extra-terrestres dans l’étable à chevaux du ranch, pour nous faire frissonner, on a déjà vu ça, et en mieux, dans Les Dents de la mer de Spielberg, grosse source d’inspiration du moment en salles puisqu’il vient aussi visiblement nourrir très largement L’Année du requin (2022) par Ludovic Boukherma et Zoran Boukherma. Alors, d’aucuns, en abordant Nope, citent Rencontres du troisième type (pour la prise de contact avec le monde extra-terrestre), E.T. (le poing contre poing du singe et du jeune enfant Jupe caché sous la table : entrer en communication avec l’Autre) et Jurassic Park (le cinéma de genre main dans la main avec le parc d’attractions ou à thème, les produits dérivés…), eh bien sûr qu’ils s’y trouvent, d’une façon ou d’une autre, mais selon moi, le film matriciel ayant servi de modèle (on met du temps à voir le monstre, puis la quête tout au long du film pour l’intercepter, le ciel remplaçant ici, en tant que territoire mystérieux et inquiétant, la mer), c’est Les Dents de la mer (Jaws, 1975) qui, soit dit en passant, est LE film ayant lancé la vogue des blockbusters en Amérique, pour le meilleur et pour le pire (annonçant, avec un certain Star Wars, la fin d’un certain cinéma aventureux et libertaire des seventies, qu’on appelle communément le Nouvel Hollywood).

Histoire d’être bref et précis, au vu de la médiocrité du cinéma américain actuel, à quelques exceptions près (Mann, Tarantino, Burton, Gray, Katryn Bigelow, les Coen, Fincher…), sans parler du cinéma français actuel truffé de comédies poussives en veux-tu en voilà des plus navrantes, ce film Nope peut assurément, du fait de son ambition louable, apparaître comme… un grand film ! Mais, si on le replace, à titre comparatif, dans le cadre du cinéma américain des années 70/80 à grand spectacle ou de genre dans ce qu’il a de meilleur, signé par des Spielberg, Boorman, Eastwood, Kubrick, Mulligan, Friedkin, Romero, Carpenter, Cameron, Lynch et autres De Palma, eh bien il n’apparaît pas, toute compte fait, si grand, voire si bon, que ça !

In fine, j’aime beaucoup quand Jordan Peele filme les à-côtés : son film dans le film (le tournage de la sitcom aux rires préenregistrés Gordy et compagnie (1998) avec le chimpanzé violent via la scène de massacre et ses séquelles, tant physiques que psychologiques, puis la chaussure mystérieuse qui tient debout toute seule) est prenant, il mériterait à lui seul tout un long métrage !, et lorsqu’il filme les coulisses ou les bords du récit (le plateau de tournage TV en périphérie dévoilé en travelling avant avec la végétation artificielle comme sortie d’une installation brinquebalante de la plasticienne Laure Prouvost, genre Palais de Tokyo en friche, où le musée-mausolée à la gloire du chimpanzé sanguinaire Gordy lové dans l’annexe cachée du bureau du personnage me semble-t-il le plus intéressant de son film, à savoir le cowboy asiatique aux chemises de pacotille façon le Elvis Presley de Las Vegas, Ricky "Jupe" Park/Steven Yeun, boss au visage de cire, tel un androïde, du parc à thème), il est très habile pour nous extirper un temps de son récit linéaire, mais là, encore une fois, je trouve qu’il n’en fait pas grand-chose, Peele revenant vite se caler dans le credo de son film SF horrifique pop-corn. De même, sans se risquer à aller aussi loin politiquement que son compatriote engagé Spike Lee, au risque pour celui-ci d’être il est vrai un brin balourd parce que trop volontariste et démonstratif à force de défendre coûte que coûte la cause afro-américaine face à la communauté blanche, Jordan Peele se montre habile, efficace, « historien » même (cf. l’archive filmique du cavalier noir anonyme chez le photographe britannique Muybridge (1830-1904)), mais sans non plus creuser pleinement son sillon, ou mettre carrément les pieds dans le plat, c’est évocateur sans être ravageur ni disruptif, à l’inverse de son Get Out, bien plus retors selon moi.

L'acteur Steven Yeun, jouant Ricky « Jupe » Park, ersatz de cowboy, dans « Nope ».

Bref, j’ai assez aimé Nope (un film auquel on repense c’est toujours bon signe - tenez, on pense aussi parfois à Signes de Shyamalan, avec l’étrangeté cabalistique dans les champs ; ça veut dire qu’il en garde sous le pied par-delà son simple visionnage), mais je reste tout de même sur ma faim ! Le film, on le sait, cartonne sur le territoire américain, avec déjà plus de 50 millions de dollars engrangés. Cartonnera-t-il dans l’Hexagone ? À suivre…

NOPE (2022, 2h10). États-Unis, couleur. De Jordan Peele. Avec Keke Palmer, Daniel Kaluuya, Michael Wincott, Steven Yeun, Donna Mills, Barbie Ferreira. En salles en France depuis le 10 août dernier.

 


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10 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 16 août 07:35

    Nous on a Nupe ....


    • jjwaDal jjwaDal 16 août 09:25

      Scénario original, j’en doute. Ce que je lis me fait irrésistiblement penser à « Skywalker Ranch », qui est un ranch aux USA qui est passé de mains en mains (dans la réalité, pas la fiction), a appartenu à Bigelow plusieurs années et a fait l’objet d’études scientifiques pour l’étude des phénomènes inexpliqués qui s’y sont déroulés.
      Dans un monde où les amateurs de fantastique cherchent désespérément, fées, lutins, elfes, loups garous, anges, démons , fantômes, etc, un des rares phénomènes paranormaux peu discuté à se mettre sous la dent, c’est un des phénomènes enregistré sur « Skywalker ranch », à savoir les mutilations animales (des dizaines de milliers, rien qu’aux USA) et aucun suspect, aucun coupable, aucun début de piste classique. Vu l’étrangeté du phénomène, c’est un soucis. J’ignore si le film en parle, mais le lien apparent avec la présence étrangère sur notre planète, mérite réflexion.
      Serions-nous testés comme on teste l’intelligence de nos rongeurs de laboratoires ? Avons-nous dépeuplé une ressource vitale pour cette présence ?
      Je verrai ce film si je trouve le temps, mais comme disait « Mulder & Scully », la vérité est ailleurs...


      • Vincent Delaury Vincent Delaury 16 août 10:49

        @jjwaDal Bonjour, et merci infos. Mais, davantage qu’au « Skywalker Ranch », ranch-campus cinématographique appartenant au réalisateur et producteur George Lucas, je pense que vous vous référez plutôt au « Skinwalker Ranch », ranch de l’étrange aux États-Unis connu en effet pour ses phénomènes inexplicables, s’apparentant, selon la population locale, à des rencontres dites paranormales et exraterrestres, et indéniablement Peele, cinéaste américain, n’ignore pas l’existence de ce site...

        En même temps, avec le Skywalker Ranch, ranch... cinématographique, vous n’êtes pas à côté de la plaque puisque dans le « Nope » de Jordan Peele, qu’on peut aussi traduire aux dires de moult internautes par Not of Planet Earth (pas de la planète Terre), se loge, derrière sa façade SF et horrifique, une réflexion en puzzle sur le médium cinéma, ses pouvoirs, ses limites et ses mirages, entre vérités et mensonges, réalité et entertainement sous forme de train fantôme façon parc d’attractions... 


      • jjwaDal jjwaDal 16 août 11:58

        Oui, « Skinwalker Ranch », bien sûr. Ce qu’en dit George Knapp est que les phénomènes observés vont très au delà de la plaisanterie de gamins.
        Il faut considérer que des animaux de plusieurs tonnes ont été enlevés sans bruit ni traces apparentes d’engins de levage/transport, dépecés ailleurs et leur dépouille ramenée parfois sur le lieu de l’enlèvement, le tout des milliers de fois, sans aucun témoin, aucun coupable découvert. Des enquêtes du FBI sont restés sans suite.
        Oui, aussi je pense que « NOPE » est un acronyme pour « Not of Planet Earth » et dans ce cas « POPE » (Probably of Planet Earth) ou « HOPE » (Hopefully...)serait plus conforme à ce que je pense être la réalité.
        Je suis peu cinéphile, car la plupart du temps les scénarios sont très en deçà de ce que je serais capable d’imaginer, sans réelle profondeur, culture scientifique, épaisseur humaine. La course au rendement dans ce secteur aussi j’imagine.
        Mais quitte à verser dans le genre « science fiction » ou « fantastique », autant partir de ce qu’on sait de plus pointu sur le sujet abordé, à savoir que nous ne sommes pas l’espèce la plus évoluée et intelligente sur Terre et qu’il se passe des choses sous notre nez que nous refusons de considérer, un peu comme nos ancêtres ne voulaient pas reconnaître la possibilité que des pierres tombent du ciel.
        Analyser finement les raisons d’un déni autant individuel que collectif pourrait donner un bon film à digérer.


        • Vincent Delaury Vincent Delaury 16 août 13:11

          @jjwaDal En tout cas, Nope est pop ! smiley


        • LOST on Earth Louis 16 août 15:28

          Vu les articles totalement INSIPIDES d’aujourd’hui je me reporte sur celui-ci qui a droit à la tête de gondole

          Et ma foi je le visionnerai quand il sera disponible

          https://www.history.com/.image/t_share/MTY5ODEwMjg4NDExOTQ0MTM2/skinwalker-ranch-sitings.jpg


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 16 août 22:55

            Je ne connais plus personne qui va au cinoche... Pourquoi ...


            • Fergus Fergus 17 août 08:35

              Bonjour, Aita Pea Pea

              C’est bien dommage car il y a d’excellents films, y compris en cette période estivale. Un parmi d’autres, excellent : La Nuit du 12.


            • xana 17 août 11:00

              @Aita Pea Pea
              Pourquoi plus personne ne va au cinoche ?
              Parce que désormais toute notre vie se passe dans un « cinema », un monde en mode propagande où tout ce qu’on nous raconte est fiction.
              Les gens qui, comme moi, n’ont pas la télé et cultivent leur jardin ont sans doute encore une perception de la réalité ; mais l’immense majorité des habitants des villes vit au rythme de la propagande au jour le jour.


            • Vincent Delaury Vincent Delaury 17 août 15:29

              @Aita Pea Pea Netflix ?
              Mais bon, récemment, Tom Cruise a déplacé les foules... 

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