• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Birdy Nam Nam + Bumcello en concert : de la dynamite !

Birdy Nam Nam + Bumcello en concert : de la dynamite !

Après le show flamboyant des Daft Punk à Bercy et la débandade, hélas, d’Air à Versailles (pluie battante annulant la prestation du duo), je me suis fait hier au Cabaret sauvage (mardi 4 juillet, 20 h) un autre concert "electro" avec les Birdy Nam Nam + Bumcello + Chin Chin. Rappelons, avant de parler du live et pour la petite histoire, que leur nom - les Birdy Nam Nam - est tiré du film The Party, avec Peter Sellers, où ce dernier interprète un figurant indien. Il est invité dans une soirée, dans laquelle il voit un oiseau et en le voyant, il dit "hihi nice birdy, birdy nam nam", ce passage du film est d’ailleurs intégré au titre Ready for War, Ready for Whut ?

J’ai envie de vous faire partager ici ma joie suite au concert borderline donné par Birdy Nam Nam + Bumcello..., au fameux Cabaret sauvage, porte de la Villette, Paris. Une salle pleine, surchauffée. Un son sourd, répétitif, métallique, par moments transe (du genre électro germanique), puis soudainement plus aérien. Quant apparaissent sur scène nos quatre allumés des platines de BNN que sont Denis (DJ Need), Mike (Little Mike), Nico (Crazy B) et Thomas (DJ Pone), eh bien ce sont des cris comme pour accueillir des rock stars ou Joey Starr (gros succès en particulier pour le look rock garage et la mèche rebelle de Mike) ! A l’avant-scène, devant nos quatre rois de la galette qui vont allumer le feu, on a deux autres « metteurs en son » bien barrés eux aussi, à savoir le brillant duo Bumcello : Cyril Atef (alias Bum pour « vagabond »), un batteur-chanteur-percussionniste foutraque, et l’axe corde (violoncelle électrique + basse et guitare) avec Vincent Ségal, alias Cello - précisons que ces deux-là, oiseaux de nuit pétaradants, on les a déjà vus pour des concerts avec le chanteur M. Ce soir-là, confusion des genres passionnante entre ces deux (ou trois...) groupes, drôle d’ambiance mâtinée de sons feutrés ou au contraire « bruts de décoffrage », en fait un curieux mix (improbable ? que nenni !) entre musiques du monde, jazz, électro, rock, funk, hip-hop et Drum’n’Bass...

 

 

Sous nos yeux (moi je suis au balcon !) - pendant qu’en bas, dans la fosse, ça pogote sec ! -, le Cabaret sauvage se transforme en une factory très inspirée, en un work in progress musical carrément à l’Ouest, bref en un lieu d’expérimentations sonores explosives, loin de la musique conventionnelle, formatée et reformatée pour la FM. Bon sang, que ça fait du bien de voir des p’tits frenchies loin des autoroutes de la musique (pris) unique ! Derrière les platines, côte à côte, nos quatre show-men de BNN, adeptes de la culture de la performance (ils se sont rencontrés lors de compets), assurent grave. Les corps des prodiges du vinyle sont en rythme (ils "dansent" !) avec leurs scratchs, leurs toops et leurs cuts endiablés, distillant une musique de « créateurs sonores », bourrée de sonorités et d’influences diverses qui font planer le public, façon Lost Highway. On décapite les trompettes par-ci. On taillade les pianos par-là. Et on en redemande par Toutatis ! Il y aura des rappels. On peut parler d’une vraie interaction avec un public chaud bouillant. Et, surprise sur prise, on apprend à la fin que ça tend vers... l’impro totale. D’où cette impression que rien n’est calibré sur scène, tout peut arriver, des choses apparaissent, il n’y a pas vraiment - semble-t-il - d’ordre de morceaux préétabli. Nous, public, on suit leurs errances dans le son, d’où l’effet trip, confinant par moments au surréalisme, grâce notamment à nos deux compères d’avant-scène (Bumcello) qui, visuellement (il faut bien le dire), piquent quelque peu la vedette aux quatre DJs professionnels du scratch, plus en retrait. Cello, qui triture et programme devant nous ses instruments bizarroïdes en live et non pas dans les coulisses, a un côté musicien-bricoleur à la Mac Gyver ou Rémy Bricka : un vrai homme-orchestre à lui tout seul ! Et à côté, Bum, masqué façon SF cheap, torse nu à la Joe l’Indien, balançant même à un moment en rythme une bonbonne à eau vidée, n’est pas en reste non plus. Zoulous, papous, décraqués ou minimalistes à souhait, les membres très complices de BNN et les loufoques Bum & Cello ont vraiment assuré l’autre soir. Chapeau pour ce concert unique abracadabrantesque à souhait. Mon impression in fine ? Un cocktail sonore vraiment tripant pour une rencontre musicale du 3e type hors norme. Le pied, quoi, j’achète !

 

 


Moyenne des avis sur cet article :  4.76/5   (33 votes)




Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON









Palmarès



Partenaires