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Blue Jeans

Conception, scénographie et marionnettes : Yeung Faï
Assistant à la mise en scène : Yoann Pencolé
Dramaturge : Pauline Thimonnier
Jeu et manipulation : Yeung Faï, Yoann Pencolé, Inbal Yomtovian, Jean-Pierre Leguay
 

 
Le Montfort théâtre
Paris, 15ème arrondissement
Du 4 au 15 février 2014
 
 
Blue Jeans est une proposition théâtrale originale, mêlant marionnettes et comédiens, le tout dans un espace scénique très mobile, faisant la part belle à la vidéo.
 
L'action se déroule en Chine. Deux fillettes naissent chez un couple de paysans pauvres. Le père ne cesse d'actionner à la seule force de ses membres une meule de pierre, cercle stérile sans fin, symbole de son asservissement. Ne pouvant subvenir aux besoins de ces deux enfants, les parents en confie une contre quelques billets, sans doute pour qu'elle soit adoptée. Humblement, au fil des ans, la vie se poursuit à la ferme, sans grandes ressources mais dans une proximité simple avec la nature. Le temps qui passe est matérialisé sur les écrans par des images successives de végétaux au fil des quatre saisons, ce qui est assez attendu mais plutôt réussi, vraiment joli. Mais dès qu'elle devient suffisamment grande, la fillette doit partir pour travailler à la ville. Elle se retrouve alors dans un environnement démesuré, bruyant et hostile, à la merci des grands capitalistes chinois qui envoient leurs enfants en Amérique et des hommes d'affaires occidentaux qui traitent avec eux.
 
 
 
La petite paysanne commence alors à travailler dans une usine qui fabrique des jeans, à des cadences infernales, sans droits et sans perspectives aucunes. En Occident, on retrouve sa jumelle dans une autre ville, sorte de Sin City, où les jeux vidéo semblent être la toute première préoccupation. Là-bas, Chine rime avec kung-fu. Et on se réjouit de voir les jeans en promotion.
 
 
J'étais ravie d'aller voir un spectacle avec des marionnettes, ce n'est pas si souvent. Mais voilà, Blue Jeans n'est vraiment pas très réussi.
Le propos simpliste et manichéen lasse très vite et on ressent peu de compassion pour cette petite fille malgré tout ce qu'elle traverse. Yeung Faï joue beaucoup trop sur les oppositions là où des passerelles auraient été bien plus intéressantes. Ses villes cannibales maltraitent des campagnes évoluant au rythme de la nature. Son Orient fragile est dévoré par un Occident cynique et indifférent. Tout se teinte de noir et de blanc, et dans Blue Jeans, les perspectives sont minces : la petite fille est vouée à être écrasée et les Occidentaux abêtis méritent le bûcher pour avoir acheté un pantalon en solde. La condamnation plutôt que l'union qui ferait la force...
Et qui plus est, au niveau visuel, le spectacle souffre d'un vrai problème d'échelle. Dans un décor très vaste, structuré par de grands paravents et une multitude d'écrans, les marionnettes disparaissent. Le public est si loin qu'il ne les voit pas (les deux photos sont d'ailleurs très représentatives en la matière.) J'avais vraiment envie de contempler ces marionnettes que je devinais jolies, d'admirer les traits de leurs visages et la délicatesse de leurs costumes, mais ce n'était tout simplement pas possible.
Une vraie déception...

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