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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Breizh Touch : la déferlante bretonne

Breizh Touch : la déferlante bretonne

Du 20 au 23 septembre, la Bretagne débarque à Paris pour une grande opération de charme inédite. Dimanche, la Breizh Parade constituera le point d’orgue de cette manifestation bretonne à travers la capitale, avec le défilé de 3 000 musiciens et danseurs sur les Champs-Elysées.

Les Bretons en rêvaient et c’est à nouveau Jean-Pierre Pichard qui l’a fait ! L’homme du Festival interceltique de Lorient, de Celtica et des grands concerts de Bercy et du Stade de France a une nouvelle fois décidé de relever un pari fou, en faisant défiler sur les Champs-Elysées, 3 000 sonneurs et danseurs de Bretagne, d’Ecosse, d’Irlande, de Galice ou du Pays de Galles. Retransmise dès 12 heures le dimanche 23 septembre en direct sur TF1, cette marche de la convivialité bretonne servira de point d’orgue aux quatre jours de la Breizh Touch. L’ambition affichée de cette manifestation inédite, organisée par la région et joyeusement relayée par les associations bretonnes d’Île-de-France est de montrer une nouvelle image de la Bretagne, tout à la fois enracinée, mais aussi résolument moderne et branchée.

« Nous voulons donner un véritable coup de projecteur sur le dynamisme breton pour mettre en valeur l’ensemble de notre territoire, faire connaître des secteurs innovants et créatifs et capitaliser sur les secteurs emblématiques de la Bretagne », précise Jean-Yves Le Drian, le président socialiste de la région Bretagne qui a investi 1,5 million d’euros sur les 2,5 millions de l’opération.

La Breizh Touch ou « Esprit Bretagne » selon la traduction de ses instigateurs, s’adresse à tous les Français, Bretons de Paris et d’ailleurs, ainsi qu’aux visiteurs étrangers. Elle sera divisée en cinq temps forts et prendra ses quartiers de fin d’été en divers points de la capitale. Un rendez-vous qui promet d’ores et déjà de marquer date puisque « pour la première fois, les cinq départements de la Bretagne historique - Loire-Atlantique comprise - se retrouvent dans une opération commune de grande envergure » notait dernièrement Jean-Yves le Drian.

LA BRETAGNE ENTRE EN SEINE

Du 20 au 23 septembre, Breizh sur Seine fera souffler un vent de Bretagne sur le quai Saint-Bernard et le jardin Tino Rossi dans le 5e arrondissement. Sur plus de 1 km, le public aura le loisir de s’immerger dans le bouillonnant bain breton. Au programme de cette manifestation en plein air et en accès libre : la haute technologie au service de la pêche et du nautisme, l’observation des fonds abyssaux avec les spécialistes d’Océanopolis et de l’Ifremer, le tourisme et la gastronomie avec des ateliers de démonstrations culinaires animées par des grands chefs, des spectacles d’artistes confirmés ou à découvrir comme Soïg Siberil et Nolwen Korbell, Cecile Corbel, Wig a Wag, Yann Fañch Kemener ou Patrick Ewen. Le tout ponctué par la présence des associations bretonnes d’Île-de-France, la venue de trois chalutiers dernière génération qui seront amarrés le long du quai de Seine, ou encore l’exposition des photos de Philip et Guillaume Plisson sur la construction du Queen Mary 2.

De son côté, l’Arvest festival investit cinq salles bien connues des noctambules parisiens, la Cigale, le Rex Club, la Maroquinerie, la Flèche d’or et le Cabaret sauvage. Né de la réunion de huit festivals bretons, Art Rock, les Tombées de la nuit, les Vieilles charrues, Astropolis, le Bout du monde, la Route du rock, Atlantique jazz festival et les Trans Musicales, l’Arvest festival a choisi de décliner une programmation résolument tendance. L’événement présente sur trois jours des artistes de styles et d’inspirations très différents, qui ne sont pas forcément bretons, mais qui ont tous reçu la faveur du public cet été en Bretagne.

CYBER FEST NOZ AU ZENITH

A la toute nouvelle maison de la Bretagne désormais située 8 rue de l’Arrivée dans le 14e arrondissement à quelques encablures de la tour Montparnasse, se déroule pendant toute la période l’exposition Breizh Numérique. Pour l’occasion, l’Espace des Sciences de Rennes propose une sélection de projets novateurs développés au sein du pôle de compétitivité mondial Images & Réseaux. C’est à ce dernier que l’on doit notamment les magnifiques images du départ de la dernière Route du rhum tournées et diffusées en haute définition.

Le 21 septembre de 16 heures à 1 heure du matin, la Bretagne donne rendez-vous à tous les amateurs de danse traditionnelle au Zenith pour le Cyber Fest Noz. Traditionnellement organisé par le site An Tour Tan tous les ans en Bretagne, ce fest noz géant sera retransmis en haute définition sur internet et les téléphones mobiles. Il a l’ambition de rassembler autour du Bagad Keriz de Clichy, Carré Manchot, Hamon Martin Quintet, David Paquet Group ou Louise Ebrel, plusieurs milliers de personnes. Autre particularité, des duplex avec d’autres fest noz seront également organisés aux quatre coins de la planète, Bretagne (Briec de l’Odet), Etats-Unis (New York), Pologne et Australie.

Enfin, comme tout bon festival qui se respecte, le « off de la Breizh Touch » rassemblera dans sept lieux de la capitale, dont la Fnac, la Java, l’OPA ou la chapelle de Notre-Dame-de-Bon-Secours, de nombreuses figures de la scène celtique comme Gilles Servat, Franck Darcel et Yann Rivallain, Tornaod, Miss Blue ou les incontournables Alan Stivell et Dan Ar Braz.

ORDRE DE MARCHE

Depuis le début de l’aventure la Breizh Touch est activement soutenue par une trentaine de personnalités bretonnes de cœur ou de naissance parmi lesquelles : Alan Stivell, Jane Birkin, Patrick Poivre d’Arvor, Erik Orsenna, Irène Frain, François Pinault, Vincent Bolloré, Olivier Roellinger, Roland Jourdain, Jean-Loup Chrétien...
Le 9 septembre dernier, le général en chef Jean-Pierre Pichard avait décidé de passer une dernière fois en revue ses troupes pour une répétition générale sur l’aéroclub de Guiscriff, à la frontière entre le Morbihan et le Finistère. Par blocs de 250, alignés sur treize rangs, les sonneurs et danseurs se sont mis en ordre de marche sur la piste d’envol, sous la direction des chorégraphes. « Tout simplement impressionnant » ont commenté à l’unisson les premiers spectateurs venus spécialement admirer près du tarmac, un ballet qui n’avait pourtant rien d’aérien.

David RAYNAL

La Breizh Touch en résumé

Breizh sur Seine

Du 20 au 23 septembre 2007

Jardin Tino Rossi/Quai Saint-Bernard/ Paris 5e

Accès libre

Arvest Festival

Les 20, 21, et 22 septembre 2007 de 20 heures à 5 heures

La Cigale - La Maroquinerie - Le Cabaret Sauvage - La Flèche d’Or - Le Rex Club

8 à 18 euros

Breizh Numérique

Du 20 au 22 septembre 2007/Maison de la Bretagne

8 rue de l’Arrivée paris 15e

Accès libre

Cyber Fest Noz

Vendredi 21 septembre 2007 de 16 heures à 1 heure

Zenith/Paris 19e

25/15 euros

Breizh Parade

Dimanche 23 septembre à 12 heures/Champs-Elysées

Accès libre

Pour plus d’informations :

www.breizhtouch.com

http://www.antourtan.org


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47 réactions à cet article    


  • Ridenow 20 septembre 2007 17:44

    le problème de la Breizh touch, c’est des millions de dépensés sans savoir a quoi ca peut bien servir pour led éveloppement de la Bretagne. un article (de l’association d’élus Askol) qui résume bien le problème ici : http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=7981&title=La%20Breizh%20Touch,%20une%20belle%20initiative%20mais%20pour%20quels%20objectifs%20et%20quels%20r%E9sultats ?


    • La Taverne des Poètes 20 septembre 2007 21:31

      Ce sera sans doute un superbe défilé dimanche, au moins aussi magnifique celui de Lorient. Je ne manquerai pas ça !

      La fierté celte, c’est aussi cela.


      • Ridenow 21 septembre 2007 11:00

        la fierté celte, je ne sais pas, mais l’intelligence ca aurait été de faire ca à londres ou Berlin pour attier un nouveau public, de nouveaux investisseurs. dans l’hexagone nous sommes déja connu, à l’extérieur nous souffrons d’un très large déficit d’image.


      • walrus 21 septembre 2007 07:39

        Pourquoi TF1 ? pourquoi tous les « amis » de Sarko ? Décidément, c’est une vraie pollution ce mec...Dommage. Kénavo !


        • La Taverne des Poètes 21 septembre 2007 09:43

          Est-ce l’effet de la Breizh Touch ou quoi : François Fillon aurait donné son accord, selon le député finistérien Christian Ménard, pour que la ministre de l’économie étudie la possibilité d’accorder la terminaison en « .bzh » de sites internet bretons. Espérons que cela aboutisse comme pour la Catalogne ! Parce que l’identité nationale d’accord, mais les identités régionales aussi sont à sauvegarder.

          La Breizh Touch pour que la Bretagne ne reste pas sur la touche (surtout en cette période sportive) !

          Peut-être fallait-il aussi appuyer sur la Touche sensible pour rattraper la petite phrase malheureuse du candidat Sarkozy à l’égard des bretons.


          • jason 21 septembre 2007 11:35

            un autre point de vue sur ce lien :

            http://www.liberation.fr/rebonds/279894.FR.php


            • Marsupilami Marsupilami 21 septembre 2007 11:53

              Vu que les liens vers Libé sont vite caduques, je fais un copier-coller de cet article pour info contradictoire :

              Breizh Touch au grisbi

              Le défilé de trois mille musiciens bretons, dimanche sur les Champs-Elysées (et sur TF1), dissimule une opération de marketing identitaire.

              Par Françoise Morvan essayiste.

              QUOTIDIEN : vendredi 21 septembre 2007

              Depuis quelques semaines, les Bretons se sont découverts nantis d’un avantage en nature et, pour certains, en espèces, dénommé Breizh Touch.

              La Breizh Touch, présentée par la presse sur le mode exalté, a d’abord laissé ceux qui l’évoquaient légèrement perplexes : fallait-il dire braisetouche, breill’z’touch’, braÿztoutch, brézteutch, breÿc’htaoutch, brèysstatch, brèzteuch ? Breizh, autrement dit Bretagne en breton surunifié, désormais devenu officiel. En effet, en 1941, sur ordre du dignitaire nazi en charge des affaires bretonnes, l’orthographe du breton, déjà unifiée à l’exception de celle du dialecte vannetais, a été surunifiée, le mot Breizh étant le symbole même de cette surunification, le « zh » signifiant que l’on prononce Breih en vannetais et Breiz ailleurs.

              Pour les bretonnants de naissance, le mot Breizh, accolé au mot touch, du verbe touchañ, conduire les bestiaux, était énigmatique, mais au diable les hésitations : une fois compris que le mot Bretagne, sous la forme Breizh, uni à un vocable anglo-américain, se change en label commercialisable, tout devient clair.

              Et, pour ceux qui peineraient encore à comprendre, en tout petits caractères, au bas d’une affiche montrant une tour Eiffel saucissonnée de manière à ressembler à un phare breton (le célèbre phare du label « produit en Bretagne »), se trouve la traduction : Breizh Touch = esprit Bretagne.

              La Breizh Touch, brassant bagadou, cyber-fest-noz (au pluriel : cyberioù-festoù-noz), Breizh-en-Seine avec en prime océan-high-tech, expo-Breizh-numérique et Breizh-parade retransmise dimanche prochain par TF1 en direct des Champs-Elysées, va donc déferler : trois mille sonneurs sonnants défilant en bagadou comme les formations paramilitaires dont ils sont issus - « une panzerdivision, la musique en plus », pour reprendre les termes de Jean-Pierre Pichard, le président du Festival interceltique de Lorient (1).

              C’est lui qui a eu l’idée de cette manifestation paroxystique de la celte attitude unissant Bretons, Irlandais, Gallois et autres frères de race, tels que Galiciens et Acadiens du Nouveau-Brunswick (dont il est convenu de ne pas demander ce qu’ils ont de celte).

              La Breizh Touch est le complément de la celte attitude : le Breton qui ne l’a pas est un faux Breton, celui qui n’en veut pas est un mauvais Breton, et celui qui n’apprécie pas la Breizh Touch est un jacobin. Le jacobin est l’ennemi du Breton : il est français. Le Français n’a pas la Breizh Touch ; il a une identité faible, quoi qu’en dise Sarkozy, et n’a donc pas lieu d’en être fier. Le Breton, lui, a une identité forte ; il le prouve par la Breizh Touch qui la promeut ; voilà pourquoi il est fier d’être -breton.

              Le Breton qui n’est pas fier d’être breton n’est pas un bon Breton, et le Breton qui dit que cette bretonnerie labellisée le dégoûte est antibreton.

              L’antibreton, fort susceptible d’être aussi jacobin, vous expliquera que cette opération de business identitaire appuyée par les médias soutenus par des industriels est une opération politique.

              L’antibreton évoquera en termes malséants le label « produit en Bretagne » dont le phare sur fond bleu et jaune orne désormais pâtés, andouilles, livres et CD. Il dénoncera l’indispensable « yoghourtisation de la culture ». L’expression est de Reynald Secher, auteur d’une Histoire de la Bretagne en bande dessinée dénoncée en son temps dans les colonnes de Libération. « Il faut yoghourtiser la culture bretonne », aurait-il affirmé, d’après le Huchoer, journal indépendantiste breton.

              Bien que cela n’intéresse personne, l’antibreton ne manquera pas de rappeler que « produit en Bretagne » est une association émanant de l’Institut de Locarn. L’association « produit en Bretagne » a été déclarée en préfecture le 9 février 1995 avec pour siège l’Institut de Locarn (cultures et stratégies internationales).

              Le 14 mai 1993 avait été déclarée une première association Coudenhove-Kalergi-Aristide-Briand établissant les liens de l’Institut de Locarn avec l’Union paneuropéenne fondée par le comte de Coudenhove-Kalergi.

              Les principes de la pan-Europe sont simples : christianisme, anticommunisme, reconnaissance du droit des groupes ethniques à l’autodétermination. Rien d’étonnant donc si l’archiduc Otto de Habsbourg, son président d’honneur, connu pour ses liens avec l’Opus Dei, est venu en personne inaugurer l’Institut de Locarn.

              Produit en Bretagne est une association complémentaire, au service d’un projet politique : faire de la Bretagne un dragon celtique dans une Europe des ethnies enfin délivrée de l’esprit des Lumières.

              L’antibreton s’acharnera à démontrer que l’Institut de Locarn, rassemblant un club de patrons bretons pleins d’ardeur à servir leur région, nourrit un projet réactionnaire visant à en finir avec l’héritage de la Révolution française : privatisation, libéralisation, démantèlement des lois sociales, recours à l’identitaire pour inscrire la Bretagne dans une Europe des régions unissant les nations celtes en voie d’obtenir leur indépendance. Oui, pourquoi le nier, le pays de Galles, l’Irlande et l’Ecosse doivent servir de référence au modèle breton.

              Il faudra bien que le Français à l’identité faible accorde son autonomie au Breton, dont l’identité forte sera révélée sur les Champs-Elysées avec la force d’une panzerdivision par le biniou et, comme le dit Pichard, la musique en plus.

              Le vrai Breton est fier que Patrick Le Lay, un des fondateurs de l’Institut de Locarn, et Patrick Poivre d’Arvor s’associent aux patrons bretons pour célébrer son identité et la lui révéler : Le Lay, qui proclame haut et fort qu’il n’est pas français mais breton, nationaliste breton, a déjà fondé TV Breizh avec François Pinault, Rupert Murdoch et Silvio Berlusconi ; quoi de plus naturel qu’il soit associé à son ami Pinault pour célébrer la Breizh Touch ?

              L’antibreton, qui se proclame le plus souvent de gauche, ira jusqu’à s’étonner que ce soient des élus socialistes, le président du conseil régional de Bretagne, Jean-Yves Le Drian, et le maire de Paris, qui aient pris l’initiative de cette dérive identitaire brassant tous les vieux thèmes de Breiz Atao à l’ombre du drapeau breton. Rappelons que Breiz Atao est le nom d’un groupe autonomiste breton rendu célèbre par sa collaboration avec les nazis. L’un de ses fondateurs, Maurice, dit Morvan, Marchal, a dessiné en 1923 le drapeau breton à bandes noires et blanches, appelé gwenn-ha-du (« blanc et noir »).

              L’antibreton dénoncera le communautarisme de la droite du PS, son allégeance au patronat ultralibéral. Il rappellera que Jean-Yves Le Drian, président socialiste du conseil régional, est allé en juin 2006 présenter son programme à l’Institut de Locarn, jurant de faire de la Bretagne une nouvelle Irlande avec l’appui des autonomistes qu’il a fait entrer au conseil régional. Et il relèvera, bien sûr, le coût de la Breizh Touch : 2,5 millions d’euros dont 1,5 million sorti tout droit de la poche des Bretons, qui se prononcent majoritairement, quand on les consulte, contre la décentralisation, sans même parler de l’autonomie, à laquelle ils vont avoir droit, bien qu’ils soient moins de 3 % à la demander.

              L’antibreton acharné ira jusqu’à parcourir le site Internet de la Breizh Touch et railler les propos tenus par les grands auteurs invités pour la célébrer.

              Il vous citera en ricanant les déclarations d’Irène Frain sur la Breton pride, celles d’Alan Stivell expliquant qu’il a découvert son identité à l’âge de 9 ans, quand son père a inventé la harpe celtique (laquelle allait devenir, comme le drapeau et le bagad, mis au point peu avant, le symbole millénaire de l’identité bretonne) et celles d’Erik Orsenna assurant que, partout dans le monde, il trouve une bouteille de Coca-Cola et un Breton, et qu’il aime mieux le Breton.

              L’antibreton, qui ne comprend pas que l’important pour le Breton c’est de faire la fête, dénonce la cocacolisation du Breton après la yogourthisation de la culture, et voit dans la Breizh Touch une bécassinade à relents ethnistes. Une bécassinade ! Quand tant de personnes qui font la preuve de leur compétence dans le domaine qui est le leur participent à cette vaste opération... C’est le comble. (1) Ouest-France, 7 août 2007.

              Auteure du Monde comme si, nationalisme et dérive identitaire en Bretagne, paru chez Babel/Actes Sud en 2005.

              Je précise que je ne suis pas antibreton, bien au contraire. Cet été je faisais de la randonnée du côté du Raz et à Ouessan et j’adore la Bretagne où je vais très souvent.


            • La Taverne des Poètes 21 septembre 2007 12:27

              Je ne suis guère étonné que Libération exploite cette manifestation culturelle et de marketing pour l’intégrer dans son combat dépassé de lutte des classes et de gauchisme primaire. Cet article est tout simplement un tissu de manipulations sur le thème du nazisme, des SS, du capitalisme triomphant et d’une prétendue réaction contre-révolutionnaire qui se prévaudrait d’abolir les lumières et les Droits de l’Homme. Théorie du complot qui a sa place avec la peur irraisonnée du péril celte.

              J’ai le sentiment qu’Agoravox n’aurait pas accepté un tel torchon. Je ne sais si c’est plus nauséabond que grotesque. J’hésite.


            • Marsupilami Marsupilami 21 septembre 2007 12:34

              @ Taverne

              Ce papier n’est pas l’opinion « officielle » de Libération, il figure dans la rubrique Rebonds ou s’expriment diverses opinions. Je ne l’ai copié-collé qu’à titre d’information contradictoire. Il est évident qu’il est très partisan et excessif, mais va savoir ce qui se passera dans la future Europe des régions...


            • La Taverne des Poètes 21 septembre 2007 12:47

              Je crois qu’il serait difficile pour un journaliste de tomber plus bas. L’objectivité journalistique ça n’existe pas dans ce journal ?

              Faudra-t-il rappeler pour la énième fois le rôle des Bretons dans la Résistance, le peu de succès du FN en Bretagne (par contre qu’est-ce qu’il cartonne dans certaines régions très gauchistes ! Le point de jonction des extrêmes qui, quelque part, se ressemblent...) ? Non, je crois que ce genre de réaction ne mérite que le mépris pour toute réponse.

              Mais le mieux est encore pour chacun de se rendre compte par lui-même en allant aux animations proposées et, s’il ne peut s’y rendre, de regarder le défilé sur TF1 dimanche. On n’y verra pas des nazillons défiler mais des gens qui expriment un constant amour de leur région et veulent le partager par la fête ! Le spectateur sera tout bonnement enchanté et en ressortira heureux. Je tiens le pari.


            • La Taverne des Poètes 21 septembre 2007 12:52

              Je n’aime pas qu’on salisse la Blanche Hermine comme je n’accepte pas qu’on souille notre Marianne.

              Que l’on critique, soit, mais sans insulter ni humilier !


            • Marsupilami Marsupilami 21 septembre 2007 12:58

              @ Taverne

              Je te répète que je ne soutiens pas le point de vue de l’auteur de ce texte, mais que je l’ai copié-collé pour apporter une information contradictoire. Je n’ignore pas que les pêcheurs bretons, par exemple, furent les premiers à partir pour Londres rejoindre De Gaulle. J’ai visité au cours de mes randonnées pédestres de nombreux et émouvants Mémoriaux en l’honneur des résistants bretons. N’empêche qu’il existait aussi des collabos bretons alliés au nazisme pour cause de celtic-attitude décérébrée. L’histoire n’est ni toute noire ni toute blanche.

              Et je retournerai avec ma canne et mon sac à dos arpenter les sentiers côtiers de Bretagne et rencontrer les Bretons, que j’aime énormément tant ils sont accueillants et chaleureux (je vis en Bourgogne et je peux te dire que je ne dirais pas ça des Bourguignons...).


            • La Taverne des Poètes 21 septembre 2007 13:11

              Marsu, j’avais bien compris. Je m’en prends ici à l’auteure de l’article de libération. Insulter la Bretagne comme elle le fait c’est insulter la France. Je note qu’elle insulte aussi un peu l’Europe au passage.

              Défendre la Bretagne, c’est défendre la France. Défendre les régions aussi. C’est la même cause.


            • Ridenow 21 septembre 2007 14:21

              n’empèche, le simple fait d’accepter dans ses colonnes un tel torchon qui donne du début à la fin dans le point Godwin - Breton=nazi, c’est déja une opinion. A ce sujet il existe une étude de Nathalie Dugalès (chercheuse à rennes 2 il me semble), parue dans un ouvrage de Ronan le Coadic, qui met en évidence le jacobinisme exacerbé de Libé et du Figaro, Le monde ayant une position un peu plus équilibrée. visiblement rien n’a changé depuis sa parution.


            • Marie-orange 22 septembre 2007 14:45

              Alors Jazon, le lien de libé merci bien, vers ce délire fortement anti-breton qui ressort des relents nazis de fort mauvais goûts, cet article lamentable est un ramassi de haine, de mépris et de méconnaissance totale du breton. Avoir envie de partager la fierté de la Bretagne, sa musique et son sens de la fête, moi je veux bien donner 1 ou 2 euros de + sur mes impôts. On n’a rien sans rien. Et il y a des bonheurs qui n’ont pas de prix. Montrer au pays entier le dynamisme technologique d’une Bretagne qui tire sa force d’avenir dans sa culture profonde, les pieds dans sa terre et la tête dans les projets, il le fallait peut-être. Et toute action d’envergure engendre des jalousies et des rancoeurs. L’identité très forte de la Bretagne ne laisse jamais indifférent, dans tous les sens. Et le non-formatage dérange toujours. Le Cyber fest noz par exemple, 9 ème du nom quand même, est un exemple de l’avancée technologique de la Bretagne et de son goût du partage. Ce vendredi soir, danser en même temps et avec les mêmes musiciens que Paris, la Pologne, Londres ou Sydney, et ça simplement grâce au web, c’est très fort en sensations et en fraternité. La Breizh Touch, c’est ça aussi : relier les peuples et les cultures, et permettre à toute une région de sortir de chez elle pour partager. Ca, c’est fort. Dimanche, ma télé va être exceptionnellemnt ouverte en journée : je serai avec les bretons pour vibrer à la musique de la grande parade. Des émotions comme ça, ça se partage comme un cadeau. A tous les bretons et bretonnants du monde, et à tous ceux qui ont envie d’un grand air de fête. C’est du soleil et des vacances avant l’hiver...


            • masuyer masuyer 23 septembre 2007 12:27

              A la Taverne et à Marsupilami,

              Françoise Morvan se livre ici à un brûlot. Tout n’est pas faux dans ce qu’elle évoque, mais elle se laisse aller à l’outrance. Je trouve qu’elle exagère.

              Pourtant, il faut comprendre que les positions de Françoise Morvan sont issues d’une histoire, très britto-bretonne et fort peu connu du grand public, et qui fait surtout tourner les têtes au sein de l’emsav et du département de celtique de l’Université de Rennes II (et par contre-coup du département celtique de l’UBO de Brest « ennemi héréditaire » de celui de Rennes II).

              Le conflit tourne autour d’un sujet fort politique dans « l’emsav » et qu’évoque d’ailleurs Françoise Morvan dans l’article cité par Marsu, l’orthographe.

              Sujet d’étripage pour le mouvement bretonnant, il existe 3 orthographes officielles en breton : « le skolveurieg » (breton universitaire, imaginé par chanoine Falc’hun et divisé en 2 orthographes, 1 pour le vannetais et une pour le KLT), le « peurunvan » (sur-unifié, le plus utilisé aujourd’hui et comme le dit Françoise Morvan inventé en 1941 afin de résoudre à l’écrit la différence phonologique entre Vannetais et le KLT) et « l’etrerannyehel » (interdialectacl) créé dans les années 70 par Fañch Morvannou de l’UBO qui pousse encore plus loin que le peurunvan la représentation graphique des différences dialectacles.

              Le choix de telle ou telle orthographe est de ce fait très idéologique. Les tenants du peurunvan étant accusés (à raison parfois) de vouloir imposer un breton standardisé (que les « bretonnants de naissance » qualifie avec ironie de « chimik »). Ce sujet serait d’ailleurs matière à article, mais j’ai peur qu’il intéresse bien peu de monde sur Avox.

              Pour en revenir à Françoise Morvan, cette dernière, étudiante à Rennes II a effectué une thèse sur Luzel, collecteur trégorrois du XIXème siècle. Elle a, comme il me semble c’est l’usage dans un travail universitaire, respecté la graphie de Luzel dans la transcription de ces collectages, s’attirant l’ire de Per Denez, directeur du département de celtique à l’époque, qui voulait lui faire utiliser le peurunvan. S’en est suivi une guerre très dure, comme savent en créer les universitaires, qui est allée jusqu’au procès, au dénigrement systématique de Françoise Morvan dans les journaux de « l’emsav » (journaux aux très faibles tirages). Tant et si bien que Françoise Morvan accuse ses détracteurs d’être des Nazis (ce qui est abusif, même si certains ont une attitude plus qu’ambigue sur la collusion d’une partie de l’emsav et de l’occupant allemand) et ses détracteurs en retour la considère comme une stalinienne vendue au jacobinisme (ce qui est également abusif).

              Il va de soit que Françoise Morvan, qui a de justes raisons de tomber dans l’outrance, est un régal pour les jacobins qui se hérissent à chaque évocation des langues régionales.

              J’ai d’ailleurs été plusieurs fois qualifié de « mignon Fransoaz Morvan » (ami de Françoise Morvan) quoique je n’ai pas le plaisir de la connaitre par des militants bretons pour qui c’était évidemment une insulte. On me reprochait alors d’être attaché aux dialectes, de jongler entre les différentes orthographes et de ne pas vouloir fermer les yeux sur les agissements de certains militants pendant la guerre. Pourtant, je n’ai jamais pratiqué l’amalgame militants bretons=nazis, puisque se serait oublier qu’une partie du mouvement breton se joignait alors à la résistance.

              Désolé d’avoir été un peu long, sur un sujet qui est surement un peu trop local


            • La Taverne des Poètes 23 septembre 2007 14:40

              Masuyer, votre explication est très intéressante et dépassionnée. Je ne savais pas tout ça. Etant en-dehors du coup, de ces vaines disputes, je pense pouvoir dire de manière aussi neutre qu’il est dommage que cette journalste utilise la tribune de Libération pour régler ses comptes personnels et servir du même coup le jacobinisme. Cela discrédite complètement son propos. Si elle avit écrit sur Agoravox où les réactions sont très libres, des commentateurs n’auraient certainement pas manqué de le lui faire remarquer.


            • masuyer masuyer 23 septembre 2007 15:06

              La Taverne,

              je pense que Françoise Morvan n’est pas en train de régler des comptes personnels. Elle croit réellement qu’il y a un réel danger (et tout ce qui est dit dans ses textes n’est pas faux en soi).

              Les attaques qu’elle a subi ont été très violentes. Dans un microcosme, ce qui peut sembler une tempête dans un verre d’eau prend vite une grande ampleur. Je me souviens d’attaques dans ce genre qui avait visé un de mes enseignants de breton à l’UBO suite à des recherches qu’il avait faites sur le passé de Roparz Hemon sous l’occupation.

              Et dans le fonctionnement de ces institutions, il y a pas mal de trucs à dénoncer.

              Le problème c’est que les dénoncer fournis de la matière aux jacobins intransigeants qui ne veulent voir qu’une seule tête (à condition qu’elle leur ressemble) sous couvert de principes républicains de respect de l’individu (en niant à ce même individu toute possibilité de pouvoir subir des discriminations dues à l’appartenance à un groupe et d’en être lésé en tant qu’individu). Et ne pas les dénoncer fournis aussi des arguments.

              Le faible a toujours tort. Mais il a plus intérêt à l’honnêteté à mon avis.


            • La Taverne des Poètes 23 septembre 2007 15:17

              Dénoncer en insultant et en assimilant aux Nazis n’est pas honnête de la part d’une journaliste et c’est une odieuse manière de procéder. Je préfère les gens qui critiquent, sans diaboliser, sans tomber dans ces graves excès qui sont une forme de violence. Ici, la journaliste navre le lecteur honnête en usant de violence, de violence institutionnelle pourrait-on presque dire puisque Libération est subventionné et l’article sert ici les thèses étatiques dans ce qu’elles ont de plus farouchement opposées aux régionalismes.


            • masuyer masuyer 23 septembre 2007 15:28

              La Taverne,

              Françoise Morvan n’est pas journaliste, c’est la citoyenne qui s’exprime ici. En assimilant ses détracteurs à des nazis, elle opère un raccourci. Ils ne sont pas nazis mais se réfère dans leur conception de l’identité, de la culture et de la langue bretonne à des militants et des auteurs entachés par certains de leurs écrits ou de leurs actes (notamment lors de l’occupation). Pour moi cela ne fait pas automatiquement d’eux des nazis, mais je trouve tout de même qu’il n’est pas très sain de refuser de l’admettre. Pour le reste, elle a été victime de pratique fascisante inhérente à tout groupe de faible importance (on peut le retrouver dans le fonctionnement de partis politiques, pas seulement extrémistes, dans des grandes écoles, sous forme de bizutage, etc,etc....)


            • La Taverne des Poètes 23 septembre 2007 15:37

              Quand on commence par vous traiter de nazi, vous avez tendance à porter peu de crédit au propos qui suit ce mot injurieux ! Et ce n’est pas parce que l’on écirt Breizh avec « zh » à la fin que l’on est un fasciste, comme ce n’est pas parce qu’un Français apprécie les oeuvres de Céline qu’il est antisémite !

              En attendant, c’est bien l’Etat français qui s’accroche à un décret du Maréchal Pétain (le détachement de la Loire atlantique où se trouve pourtant le fief de la Bretagne historique) et qui se « fout des bretons ».


            • masuyer masuyer 23 septembre 2007 16:51

              La Taverne,

              je dirais que vu de l’extérieur l’attitude et les mots de Françoise Morvan peuvent sembler exagéré. Pourtant, pour avoir fréquenter un peu ce milieu, quand tu baignes dedans ça ne te semble pas aussi anodin. Maintenant que je suis revenu dans ma région d’origine, j’ai un regard plus dépassionné sur la question, mais à l’époque ma pensée ne différait guère de celle de Françoise Morvan.


            • Marsupilami Marsupilami 23 septembre 2007 17:04

              @ Masuyer

              Merci pour toutes ces intéressantes informations et précisions que j’ignorais.

              D’une manière plus générale, je crains que l’Europe des régions qui se profile à l’horizon ne fasse renaître tous ces dangereux fantômes de l’Histoire dans diverses régions titillées par le séparatisme. C’est la seule et unique raison qui m’a poussé à faire ce copier-coller de cet article de Morvan. Kenavo.


            • ISABER 22 septembre 2007 09:58

              Depuis maintenant 4 mois au Liban sud nous avons eu l’occasion de suivre l interceltique sur écran géant avec un après mlidi crèpes cidre et maintenant on continue de faire connaître notre belle région par ce festival qui va faire du bien à tous les bretons sur les théâtres du bout du monde. nanard


              • bernard29 candidat 007 22 septembre 2007 11:52

                Personnellement, je trouve déplacé et inadmissible que la Région finance cette opération. (1,5 ME sur 2,5 millions d’Euros).

                Ce budget doit être défalqué des lignes de crédit régionales pour la Culture et la promotion touristique de la région. j’y reviendrai. (il y a beaucoup de choses à dire)

                Ce qui m’épate c’est le sempiternel besoin des provinciaux de conquérir la capitale. ( les jacobinistes ne sont pas ceux que l’on croit). D’ailleurs il est clair que le parti socialiste de bretagne et la majorité actuelle de la région sont des jacobins pur sucre. Cette opération de bretons qui veulent épater la galerie du microcosme politico-médiatique parisien me paraît bien futile pour coûter aussi cher.

                Et sur l’article de Libération, il est dit beaucoup de choses vraies en particulier sur l’Institut de Locarn.

                Nota bene ; je suis breton et « régionaliste » convaincu (que je comprends comme décentralisateur fervent).

                D’ailleurs, en ce qui concerne le terme « Breizh touch », je trouve cela nul aussi.


                • La Taverne des Poètes 22 septembre 2007 12:10

                  C’est vrai ça ! Pourquoi la région ne subventionne pas Johnny Halliday comme tout le monde ? « Allez hop hop hop ! » La Bretagne, elle, ne va pas se barrer en Suisse avec le pognon. A part cela, « french touch » ne choque personne mais « Breizh Touch » : ma doue beniget ! Pourtant l’anglais est la langue commune des peuples celtes dont plusieurs résident en Grande-Bretagne.


                • bernard29 candidat 007 22 septembre 2007 12:23

                  En ce qui concerne le financement de l’opération, il faut aussi voir combien ont financé les départements bretons en plus de la région.

                  Je vais vérifier cela pour le Finistère, si des bretons d’autres départements (Morbihan, Côtes d’Armor, Ille et Vilaine et pourquoi pas la Loire Atlantique) pouvaient se renseigner ce serait intéressant.

                  Merci de votre enquête de journaliste-citoyens.


                • bernard29 candidat 007 22 septembre 2007 12:28

                  à Taverne,

                  mais les villes bretonnes comme toutes les autres villes qui ont eu le douloureux plaisir d’accueillir la vedette ont aussi subventionné Johnny Halliday. je crois que c’est dans la ville de Bordeaux qu’il y a eu un problème vis a vis de la participation au spectacle de Johnny. C’est dailleurs à cette occasion que nous avons appris ces participations publiques aux spectacles de notre vedette franco-suisse.


                • bernard29 candidat 007 22 septembre 2007 13:41

                  à Taverne :

                  pourquoi vous défendez-vous par comparaison avec les idioties que les autres font. La « french-touch » est aussi débile.


                • Bourguignon 22 septembre 2007 23:23

                  Bien le bonjour Monsieur de la taverne, comme cela a l’air difficile, pour vous, d’accepter un autre point de vue que le votre sur l’histoire de la Bretagne.

                  Auriez-vous le courage et l’audace, voire la simple curiosité de lire, à tête reposée, l’ouvrage très bien documenté et très courageux de la citoyenne Françoise Morvan :

                  Le Monde comme si, nationalisme et dérive identitaire en Bretagne, paru chez Babel/Actes Sud en 2005.

                  Elle y parle de vos héros tel : Pichard et Per Denez et tutti quanti....entre autres choses( la fameuse gauche bretonne....)

                  Allez, courage et bonne lecture


                • masuyer masuyer 23 septembre 2007 13:44

                  Bourguignon,

                  je vous renvoie à mon post plus haut pour comprendre le pourquoi du livre de Françoise Morvan « Le Monde comme si »

                  Faire de Pichard et de Per Denez des représentants de la gauche bretonne est méconnaitre les réalités du fonctionnement de l’emsav, où des petits notables se partagent les subsides qu’accorde l’Etat français depuis la signature de la charte culturelle (http://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_culturelle_bretonne) et par la suite se Skol Uhel ar Vro (institut culturel de Bretagne, voir ce lien assez intéressant et qui évoque l’affaire Françoise Morvan http://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_culturel_de_Bretagne) et du Kuzul Sevenadurel Breizh (conseil culturel de Bretagne, http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_Culturel_de_Bretagne)

                  Cette charte culturelle et les organismes qui en découlent mériteraient effectivement un article. Ils sont un exemple flagrant de la gestion de « l’indigénat » par l’Etat français, où l’on utilise des « caciques » locaux en leur offrant titres ronflants et honneurs afin de maintenir toute revendication régionale dans des limites acceptables par l’idéologie jacobine. Très « Ancien Régime » en quelque sorte.


                • Marie-orange 22 septembre 2007 14:54

                  PS : Un autre lien vers un article de bien meilleure qualité que celui de Libé, paru dans le Monde. http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3246,36-957862@51-957130,0.html


                  • bernard29 candidat 007 22 septembre 2007 16:21

                    http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=7981&title=La%20Breizh%20Touch,%20une%20belle%20initiative%20mais%20pour%20quels%20objectifs%20et%20quels%20r%E9sultats ?

                    « Le Conseil régional de la Bretagne administrative et les conseils généraux bretons, dont la Loire-Atlantique, ont investi 2,4 millions € pour l’organisation de la « Breizh Touch » du 20 au 23 septembre à Paris. »

                    Donc sur une opération de 2,5 ME, il ya 2,4 ME de subventions, alors même qu’il s’agit de mettre en vedette les Bolléré, Pinault, Leclerc, Le lay, PPDA . Cette opération marketing est mal ciblée, dépensière et people.

                    C’est la « BZH Pride ». J’espère que nos fiers capitaines d’industrie bretons seront sur des chars. le petit peuple frisonnera au son de la bombarde et du biniou.

                    Vous savez comment on calcule les retombées économiques d’une manifestation, non pas en investissement économiques, mais en valorisant au prix fort les retombées médiatiques (passages télé, reprises dans les médias et bouche à oreille people...). Or ici il n’y a pas de risque , TF1 et PPDA s’en chargent. C’est un petit monde qui tourne sur lui même.

                    Si tous nos investissements soi disant- Pride-culturels à Paris avaient des retombées positives , peut -être que la saison touristique aurait été meilleure.


                    • moebius 22 septembre 2007 21:52

                      Breizh touch l’alliance de la crepe et de coca cola...n’y allez pas résister contre la mondialisation


                      • bernard29 candidat 007 22 septembre 2007 22:33

                        De 500 à 700 pékins dansent la gavotte au Zénith. (information télés de ce soir. JT de TF1, et JT de FR3.

                        Comment c’était ? ben !! on avait de la place pour danser. Ils auraient pu faire cela sur la place du village de Landerneau ? Ca aurait fait plus de bruit.

                        2,4 M. Euros pour faire danser cinq cent personnes. Mais rien n’est trop cher quand on aime. Vive « la Breiz Touch ».


                        • moebius 22 septembre 2007 23:15

                          ...demain c’est les basques, apres demain les corses. Les alsaciens iront a berlin


                          • nos 23 septembre 2007 13:10

                            « La fierté celte » ... je ne vois pas quelle fierté il y a à avoir d’être né à un endroit plus qu’à un autre ...

                            je vous renvoie à « La ballade des gens qui sont nés quelque part » de Brassens ...


                            • La Taverne des Poètes 23 septembre 2007 15:48

                              Mission accomplie je crois. Comme dit l’auteur, il s’agissait de « montrer une nouvelle image de la Bretagne, tout à la fois enracinée, mais aussi résolument moderne et branchée. » Il y a bien une autre image que celle des clichés à défendre. La culture bretonne est en plein essor, elle s’internationalise, se mélange. Elle est de plus en plus représentée par les jeunes générations.

                              L’évènement a eu plus d’ampleur que prévu. Pour le défilé sur les Champs-Elysées. Il y aurait eu environ 300 000 spectateurs. Personnellement, j’ai préféré le défilé de Lorient car la musique était plus audible et le jeu très mobile des caméras proches des musiciens et danseurs donnait l’impression d’être mêlé aux groupes. La largeur des Champs-Elysées donnait ici une impression toute différente. Cette largeur ne peut se prêter qu’aux manifestations de très grande ampleur, comme c’est le cas de cette exhibition interceltique. Mais une autre région ne pourrait hélas pas rivaliser !


                              • europa 23 septembre 2007 19:35

                                Merci Masuyer de ces éclairages, en effet cela explique les côtés alarmistes et exagérés de l’article. Cependant je pense également qu’il y a du vrai dans ce qu’elle dit. Personnellement je suis allée au défilé, ai trouvé ça raisonnablement bien, quoique (forcément) beaucoup moins convainquant qu’une bonne vieille Nuit magique du festival de Lorient. Tout ça pour dire que j’apprécie vraiment la musique « celtique », enfin certaines choses parce que c’est quand même très varié, entre autres aspects de la Bretagne.

                                Mais je dois dire que, connaissant également bien l’Espagne, le « retour aux sources » des régionalismes actuels me fait un peu peur. En effet, aujourd’hui un fonctionnaire parlant le castillan ne peut quasiment aller que dans les régions n’ayant que cette langue comme langue officielle. Au Pays Basque, pas question d’être prof si on ne parle pas la langue locale ! S’en suivent tout un tas de problèmes de communication interrégionale et autres. Et cela, comme le craint Mme Morvan pour la Bretagne, a bien commencé (et s’est développé) comme un conglomérat d’industriels locaux qui ont vu leur intérêt à avoir plus de pouvoir au niveau régional et à négocier sur les impôts (ces fameux « fueros »...), et qui instrumentalisent une « identité régionale » pour faire pression sur le gouvernement central, qui craint de se faire traiter de fasciste ou de colonialiste ! Franchement, à l’heure où l’on construit l’Europe, n’est-il pas déraisonnable de se lancer dans des démonstrations d’un chauvinisme incroyable comme on en voit en Euskadi, alors même qu’on interdit la moitié de cela à l’Etat espagnol ?

                                D’accord, certaines régions et cultures locales ont souffert d’oppression en Europe, jusqu’à récemment parfois. Mais la solution serait peut-être un juste milieu, entre l’éducation et la langue uniques obligatoires au sein d’un même pays, et le « chacun pour soi » et les chamailleries locales qui n’en finissent pas ? Je me sens pas française, ni bretonne, ni murcienne ou andalouse, mais plutôt européenne, et citoyenne du monde tiens ! Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Oui aux cultures régionales, non au matraquage identitaire d’un autre âge ! smiley


                                • masuyer masuyer 23 septembre 2007 21:14

                                  Europa,

                                  je ne suis pas fan des grands-messes tel Lorient, ou toute ces « Breizh Pride » à la Pichard. Pour autant, je ne pense pas qu’il faille y voir une quelconque volonté d’affichage de revendication séparatiste mais plutôt de l’utilisation d’une image de marque sympathique à des fins mercantiles.

                                  On reste pour moi ici dans l’anecdotique, le folkore cul-cul, dans un aspect très superficiel.

                                  Pour ce qui est de l’Europe des régions, je crois qu’une fois de plus on joue un peu à se faire peur.

                                  Les revendications réellement séparatistes sont assez marginales, mais c’est un épouvantail qu’on aime bien agiter. Il faut dire que nous sommes parmi les Etats les plus centralisés d’Europe et que nous avons actuellement un problème avec l’Europe (nous ne sommes pas habitué à négocier, mais plutôt historiquement à imposer nos points de vue). Il s’agit ici de diaboliser l’Europe pour une France qui a peur de perdre sa place dans le nouveau « partage du monde ».

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