• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Britannicus » Néron se dédouble au Festival de la Luzège

« Britannicus » Néron se dédouble au Festival de la Luzège

Pour la première création du Collectif Renfield, trois représentations de leur « Britannicus » étaient programmées à la mi-août, dans le cadre du Festival de La Luzège au Roc du Gour Noir (Saint- Pantaléon-de-Lapleau / Corrèze) dont la dernière a dû être déplacée dans la salle des fêtes de Soursac en raison d’intempéries.

JPEG - 45.1 ko
BRITANNICUS
© Emile Zeizig

Ce repli inopiné a nécessité de repenser la mise en scène dans l’urgence et, en l’occurrence, d’abandonner le système scénographique originel de six panneaux plus ou moins opaques graduant des caches virtuels pour écouter la partie adverse à son insu.

Cette représentation, rendue exceptionnelle par les circonstances, a donc trouvé ses marques en s’installant dans la diagonale de l’un des angles de la salle de remplacement dont quatre doubles portes-fenêtres étaient résolument ouvertes sur un parc permettant le va-et-vient différencié des huit comédiens entre intériorité et extériorité.

JPEG - 83.5 ko
BRITANNICUS
© Emile Zeizig

Ce dispositif improvisé substituait ainsi l’écoute dissimulée derrière des panneaux par celle impliquant de multiples attentes en pleine visibilité dans le parc selon une distanciation et une esthétique intuitives.

La nuit tombant peu à peu, quelques éclairages tamisés dans la verdure arborée complétaient cette perspective du plus bel effet ésotérique.

De surcroît, cette nouvelle adaptation semblait ne pas prendre au dépourvu le jeu des comédiens qui, bien au contraire, investissaient leurs rôles avec aplomb et confiance en chacun des partenaires.

JPEG - 81.7 ko
BRITANNICUS
© Emile Zeizig

En pratique, la présente direction d’acteurs module les emplois des personnages en fonction d’une ambition prioritaire à la mise en scène de Romane Ponty Bésanger, celle d’objectiver la schizophrénie identitaire de Néron.

Clément Lefebvre (Narcisse) et Bérengère Sigoure (Agrippine) nous ont paru exceller à rendre crédible cette bipolarité de l’empereur emporté peu à peu par l’abus de pouvoir alors que la passion développée par celui-ci à l’égard de Junie (Laurène Mazaudier) progresse nécessairement en parallèle vers l’impasse absolue. 

JPEG - 87.9 ko
BRITANNICUS
© Theothea.com

 

Cependant s’appuyer sur les proches du Tyran pour en illustrer la stratégie maléfique ne suffisait pas à la présente démonstration.

En effet, celle-ci souhaitait aller jusqu’aux conséquences ultimes du caractère double de Néron en le faisant interpréter concomitamment par un comédien (Pierre Dumond) et une comédienne (Coralie Leblan) qui se partagent ainsi l’ambivalence du personnage dans une dialectique aux répliques effectivement contradictoires.  

JPEG - 76.5 ko
BRITANNICUS
© Theothea.com

  

Si cette perception psychologique du personnage est en soi intéressante dans sa complexité intrinsèquement duelle, elle comporte néanmoins un écueil sur scène, celle de ne point faire endosser l’entière responsabilité de ce rôle puissant selon l’ensemble de ses paramètres spécifiques.

De fait, l’une et l’autre incarnant en même temps Néron, le risque serait alors de rendre « Le Monstre » inexistant en une sorte de vacuité subdivisée.

Mais laissons à chaque spectateur son ressenti face à cette dualité en abyme remettant implicitement en question la notion du libre arbitre face à la destinée. 

JPEG - 96.8 ko
BRITANNICUS
© Theothea.com

 

En tout cas, puisque ce parti pris original de mise en scène induit une identité visuellement dédoublée en genre, cela est en soi porteur de nouveaux questionnements destinés à devenir bénéfiques aux protagonistes raciniens.

C’est ainsi qu'à partir d'enregistrements sonores de planètes réalisés par La Nasa, la création musicale sidérale (Nicolas de Gélis) dédiée qui accompagne ce voyage au tréfonds de l’âme humaine en pleine scission lui permettrait paradoxalement de s’élever jusqu’au cosmos pour en sonder les mystères dans un geste ô combien théâtral !

  

photos 1 à 3 © Emile Zeizig 
photos 4 à 7 © Theothea.com

  

BRITANNICUS - **.. Theothea.com - de Jean Racine - mise en scène Romane Ponty Bésanger - Collectif Renfield avec Léo Bianchi, Pierre Dumond, Pauline Laurendeau, Coralie Leblan, Clément Lefebvre, Laurène Mazaudier, Marin Moreau & Bérengère Sigoure - Festival de La Luzège / Roc du Gour Noir Saint-Pantaléon-de-Lapleau & Soursac - Reprise déjà programmée : Espace 44 à Lyon du 14 au 19 mai 2019

JPEG - 108.1 ko
BRITANNICUS
© Theothea.com

Moyenne des avis sur cet article :  3.67/5   (6 votes)




Réagissez à l'article

1 réactions à cet article    


  • Areole 31 août 21:55

    « la création musicale sidérale dédiée qui accompagne ce voyage au tréfonds de l’âme humaine en pleine scission lui permettrait paradoxalement de s’élever jusqu’au cosmos pour en sonder les mystères... »

     C’est peu dire...
    Les précieuses LGBT ne sont jamais ridicules, juste égales à elles mêmes.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès