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Bryanston Mews

Bryanston Mews

Anne Perry
2013

Bryanston Mews est le 28ème ouvrage de la série "Charlotte et Thomas Pitt", entamée par Anne Perry en 1979 et qui lui a apporté une immense notoriété dans le domaine du polar historique.

Angleterre victorienne, dernières décennies du XIXème siècle. Charlotte Ellison est une jeune fille de la bonne société londonienne quand un drame abominable lui fait croiser le chemin de l'inspecteur de police Thomas Pitt. Esprit frondeur à l'étroit dans les conventions sociales figées de son milieu, Charlotte renonce à une existence confortable mais ennuyeuse pour épouser Pitt. Et se trouve dès lors partie prenante de ses enquêtes. Au fil des volumes, Anne Perry nous plonge dans les contradictions et les secrets nauséabonds de la société victorienne, des beaux salons de la noblesse et de la gentry aux bas-fonds de l'extrême pauvreté londonienne, où les plus démunis paient quelques sous pour dormir à la corde. Elle évoque de nombreux lieux, de la France à l'Irlande, jusqu'aux contrées les plus éloignées d'un empire sur lequel prétendument le soleil ne se couche jamais. Et bien sûr, à mesure que passent les années, la vie personnelle et la situation sociale des Pitt se modifient. Dans des enquêtes haletantes explorant les aspects les plus sombres de l'âme humaine, le couple croise et recroise une multitude de personnages secondaires, extrêmement savoureux, auxquels on s'attache beaucoup.

A mon sens, Bryanston Mews est un policier très réussi qui renoue avec les meilleurs codes de la série. Pitt étant en effet désormais directeur de la Special Branch, un service de renseignements, les dernières aventures du couple avaient plutôt trait à l'espionnage, ce qui est nettement moins ma tasse de thé. Ce 28ème roman retrouve avec bonheur les enquêtes qui impliquent gentlemen policés et belles dames aux robes somptueuses. Charlotte et Thomas sont confrontés à de sordides affaires de viols et de meurtres dans la haute-société, qu'il leur faudra habillement démêler pour obtenir justice. Le livre se dévore !

J'ai commencé la série des "Charlotte et Thomas Pitt" près de la cheminée dans ma maison dans l'Yonne il y a bientôt dix ans sans savoir au début qu'Anne Perry avait elle-même tout d'un personnage de polar à part entière. Il faut remonter pour cela à l'année 1994 quand sortit le film de Peter JacksonCréatures célestes (Heavenly Creatures) qui révéla Kate Winslet. Le film s'inspire d'un fait divers de 1954, l'affaire Pauline Parker-Juliet Hulme, qui a profondément marqué la Nouvelle-Zélande : deux adolescentes de 15 et 16 ans avaient assassiné la mère de l'une d'elles à coups de brique. Le film raconte le lien très fort qui s'était développé entre ces deux jeunes filles douées, à l'imagination sans limite, mais finalement si seules et si isolées qu'elles avaient fini par s'enfermer dans leur univers fantasmatique. Quand les parents ont souhaité séparer les deux adolescentes qu'ils trouvaient trop fusionnelles, elles en ont tenu pour responsable l'une des mères dont elle ont planifié l'élimination. Suscitant l'intérêt des médias, la sortie du film a donné à quelques journalistes l'envie de retrouver les deux filles qui avaient été libérées en 1959 et vivaient depuis sous de nouvelles identités. Et l'enquête a montré que la jeune Juliet Hulme était devenue Anne Perry, l'auteur à succès.

De fait, quand j'ai croisé Anne Perry à la librairie Le Divan en mai 2012 à l'occasion d'une séance de dédicace, elle m'a semblé plutôt effrayante. Mais j'ai moi aussi parfois l'imagination assez fertile...


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