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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Calacas » de Bartabas en son Théâtre équestre Zingaro

« Calacas » de Bartabas en son Théâtre équestre Zingaro

Si la joyeuse danse des macchabées de Bartabas se présentait comme un western au Fort d’ Aubervilliers, nous y rencontrerions probablement, au coin du saloon, Lucky Luke et sa bande de bras cassés, les frères Daltons.

A l’instar d’une farce manichéenne, les bons et les méchants y tireraient les ficelles du destin pour y singer la mort aux trousses d’un imaginaire en bandes dessinées.

Mine de rien à Zingaro village, la tribu des squelettes « Calacas », en piste sur deux niveaux de perspective, voire même à contresens, pourrait y tourner des images cinétiques apparentées, à cheval sur le mythe de la faucheuse provocante, tout en brocardant l’ensemble des rituels morts-vivants.

Ainsi, une armée de fringants feux follets planant entre ciel et terre, viendrait ricaner sous le nez de spectateurs médusés, pendant qu’au-delà des nuages, de vaillants coursiers élégants se lanceraient dans une course, si peu macabre, à la poursuite d’improbables chariots de survie folklorique.

En effet, à l’instar d’un praxinoscope à taille circassienne, Bartabas a inventé une scénographie époustouflante où tous les stéréotypes de la mort en vacances, inspirés par le dessinateur et satiriste mexicain José Guadalupe Posada, viendraient jerker, en ronde centripète, tels des pantins désarticulés et, littéralement, soulevés par les chevaux de bois d’un manège désuet, sous apesanteur.

Quant aux destriers à fière allure, ils foncent, en derviches tourneurs à l’étage supérieur, au rythme d’écuyers zébrés par les railleries d’outre-tombe, vers de circulaires conquêtes d’éternité, emportées sur un train fantôme, au délire bien calibré et parfaitement cadencé par les fameux chinchineros originaires du Chili accompagnés en contrepoint d’une musique lancinante d’orgue de barbarie.

Certes, « Calacas » n’est pas un western sous le soleil exaltant d’un Cirque éponyme, cependant, de toutes évidences, l’unique Bartabas fait incursion fort réussie, par le biais de légendes populaires universelles, au royaume du surréalisme, à cheval sur un humour dévastateur, ô combien revigorant.

photo © Agathe Poupeney

CALACAS - ***. Theothea.com - de & mise en scène : Bartabas - avec Laurence Dirou, Michael Gilbert, Noureddine Khalid, Mathias Lyon, Gaëlle Pollantru, Etienne Regnier, Alice Seghier, Messaoud Zeggane & les musiciens Sébastien Clément, François Marillier (percussionnistes), Pepa et Luis Toledo (chinchineros) - Théâtre Zingaro 


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1 réactions à cet article    


  • breizhnana 24 décembre 2011 20:04

    Oui je l’ai vu. Il y a en effet des moments épiques et époustouflants. Mais je mets 2 bémols, des longueurs certaines dans plusieurs numéros, qui donnent l’air de tourner en boucle pour passer le temps, même si parfois je suppose que c’est mieux nous donner le tournis, et je m’attendais à 2 ou 3 trucs un peu plus spectaculaires au niveau des chevaux, et globalement des animaux. Comme le truc avec le dalmatien, pourquoi ne pas lui avoir ajouté un rôle un peu marquant, un petit truc drolatique en + et non statique, dommage...

    Vu le niveau de Bartabas, sur ce coup là je me suis dit « peut encore mieux faire »....

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