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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Cameroun : Un musicien n’est jamais prophète chez soi

Cameroun : Un musicien n’est jamais prophète chez soi

Disparu le 5 novembre 2018, à l’âge de 57 ans, Hilaire Penda, bassiste virtuose, auteur-compositeur, créateur populaire et fondateur de l’association et du Festival Rares Talents, était également l’initiateur du Centre des Cultures d’Afrique. La ville de Montreuil l’a immortalisé.

Ce 14 septembre 2019, sous une embellie estivale, une foule gigantesque et hétéroclite est venue célébrer la vie. Celle d’un homme, qui leur a apporté de la joie. A travers sa musique. Son talent. Son génie. Ce musicien, bassiste de renommée internationale, a accompagné les plus grands musiciens africains : Manu Dibango, Mory Kanté, Angelique Kidjo, etc.

La météo n’a pas fait de caprices. Les dieux de la musique étaient avec nous, pour rendre un vibrant hommage à Hilaire Penda.

Il est 11h25 mn, quand le Maire de Montreuil, Patrice Bessac, accompagné de son adjointe et de quelques élus locaux, sont venus rehausser de leur présence, la cérémonie d’inauguration de la Place Hilaire Penda.

Les discours élogieux et dithyrambiques, n’ont pas tari pour peindre, ce maître dans l’art. C’est une fierté pour les Camerounais de savoir qu’une Place porte le nom d’un musicien camerounais. 

C’était l’artiste même, farouchement bohème et affectueusement secret. L’homme le plus jovial qui soit, doué pour la conversation la plus spontanée, d’un père de famille, d’un frère, d’un ami.

Il laisse une œuvre musicale et virtuose où l’enfermement de l’artiste délivre de tous les obstacles et de tout ennui. Musique indigène, moderne et polyphonique. Beaucoup d’artistes de sa ville qui ont émergé, se reconnaissent en lui.

Sans bruit, ni fureur, mais avec beaucoup de dièses et de bémols, il s’en est allé dans l’anonymat le plus total, et l’indifférence criarde des pouvoirs publics du Cameroun. C’était d’un triste mortuaire, que les autorités de son pays natal, n’aient pas daigné se faire représenter. C’était pitoyable, de ne voir que, quelques artistes de son pays, tels que : Ntoumba,Valdo Muntu, Christo Numpuby, Tonye Jackson, etc. Et pourtant, dieu seul sait la centaine de musiciens camerounais qui vivent en région parisienne. La plupart des artistes présents étaient de nationalités différentes de la sienne. Les journalistes sont venus de divers horizons. Deux journalistes camerounais seulement, ont tenu à lui rendre hommage.

Ce jour, et ce lieu, furent des occasions rêvées, non seulement pour vendre l’image du Cameroun, c’était aussi le moyen,pour les uns et autres de décrocher quelques contrats. Mais, quand un pays est mort, les hommes n’ont plus d’ambitions.

Sans m’abuser, c’est le premier musicien camerounais, qui rentre dans le patrimoine immatériel d’une ville française. Montreuil a redonné une vie, une âme et un esprit, à ce digne fils de maquisard, comme l’a si bien relevé, son aîné Dieudonné Helha Penda. 

Ô Cameroun, où sont passées ces neiges d’antan : Anne-Marie Ndzie, Francis Bébé, Eboa Lotin, etc. ? Ce pays qui profane tout, même la mémoire des morts. 

Hilaire Penda a donné à plus d’un titre de l’espoir à ceux que les pays natifs rejettent, et dont les talents sont reconnus et valorisés ailleurs. 

Tout l’après-midi, la ville croulait sous les décibels d’artistes qui sont venus fêter la musique. La musique ne meurt jamais, et les musiciens non plus.

 

Aimé Mathurin MOUSSY 


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1 réactions à cet article    


  • pemile pemile 16 septembre 13:41

    L’article manque de photos et sons !

    Une petite vidéo de 8mn avec Naissam Jalal et Fatoumata Diawara

    https://www.youtube.com/watch?v=CqySpJjAl9o

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