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Césars 2009

 Memento Films Metropolitan FilmExport

Une cérémonie présidée par une Charlotte Gainsbourg visiblement émue et impressionnée par ce rôle "à contre emploi" que l’Institut des Césars avait jugé bon de lui confier et dont elle s’acquit avec la voix nouée et des propos justes et, animée, par un Antoine de Caunes très à l’aise dans celui de Monsieur Royal, au point de nous faire quelques pas de danse sur la musique de Chantons sous la pluie sans craindre de se mouiller. La fête était lancée. Elle fut sympathique et détendue avec quelques temps forts dont l’hommage émouvant à Claude Berri et les longs applaudissements d’une salle debout. Salle comble et parterre prestigieux où figuraient, outre notre ministre de la Culture, Emma Thompson, Dustin Hoffman et Sean Penn, portant haut les couleurs du cinéma pour cette trente quatrième édition des Césars initiée en 1975 par Georges Cravenne.

Furent récompensés Elsa Zylberstein par le César de la meilleure actrice dans un second rôle qui trouva les mots, après quelques instants d’émotion, pour dire sa joie d’être reconnue et de ce fait encouragée à poursuivre une carrière qui doit tant au regard des autres, regard qui vous fait exister et progresser et éveille en continu le meilleur de vous-même ; Marc André Grondin pour celui du meilleur espoir masculin et Deborah François pour le meilleur espoir féminin, et, enfin Jean-Paul Roussillon pour celui du meilleur acteur dans un second rôle ( Un conte de Noël ). Ce César lui fut remis par Julie Depardieu qui eut des mots émouvants en citant son frère. Guillaume, parlant des rôles, disait qu’il n’y avait pas de premier ou de second rôle mais un personnage auquel donner existence au point " de faire craquer toutes les coutures".

Gaumont Buena Vista International (GBVI) Diaphana Films StudioCanal
 

Le film Le premier jour du reste de ta vie fut à l’honneur avec les Césars du meilleur montage et du meilleur espoir féminin, Entre les murs avec celui des meilleurs dialogues, tandis que Philippe Claudel recevait celui du meilleur premier film pour Il y a longtemps que je t’aime et Les miettes celui du meilleur court métrage.

Quant à Agnès Varda, émue comme une débutante, elle fut longuement applaudie pour son César du meilleur film documentaire grâce à Les plages d’Agnès, soulignant qu’elle avait pensé que cette récompense serait attribuée à Sandrine Bonnaire. A titre personnel, j’aurais préféré que ce César récompensât le film courageux que l’actrice a consacré à sa soeur autiste. Mais il en est ainsi. Et il faut reconnaître au film d’Agnès Varda beaucoup de charme.

Vint le tour du César du meilleur film étranger qui revint à Valse avec Bachir d’Ari Folman, César incontestable pour un film sensible et original qui connut un immense succès international. Puis le César d’honneur fut remis par la sublime Emma Thompson à une personnalité que j’adore - et je pense ne pas être la seule - Dustin Hoffman, l’acteur inoubliable d’un grand nombre de films. Emma nous conta avec humour sa première rencontre avec son futur partenaire. Chamboulée à l’intérieur d’être en présence d’un acteur qu’elle admirait depuis l’enfance, elle n’en montra rien à l’extérieur, gardant intacte sa dignité britannique. Elle nous amusa aussi en rappelant le souci de Dustin pour le moindre détail qu’il met un point d’honneur à vérifier par lui-même. Sans doute n’est-ce pas sans raison que l’on dit que tourner avec lui est un parcours du combattant...

Après cette présentation pleine de fantaisie d’une carrière hors norme, l’acteur monta sur scène pour remercier le public et le cinéma français de cet honneur.
Voyez-vous -  dit-il - c’est en étant un autre que je me sens le mieux moi-même, le mieux dans mon axe. Il y a un cadavre en chacun de nous, un cadavre que nous oublions tout simplement de faire vivre. Et c’est justement cela que l’acteur veut et doit faire car ce cadavre, c’est la personne que nous sommes, c’est l’essence de ce que nous devrions être et ne savons pas être ou n’osons pas être. J’ai tenté dans mes films de donner vie à ce cadavre. Et en recevant ce César, j’ai l’impression que j’ai encore beaucoup à faire.

Universal Pictures Gaumont Columbia Tristar Films DreamWorks Animation

C’est le film Séraphine, auquel on ne s’attendait pas, qui a raflé ensuite la plupart des Césars, à commencer par celui du meilleur long métrage auquel s’ajoutent ceux de la meilleure actrice, du meilleur décor, de la meilleur musique, du meilleur scénario, des meilleurs costumes, n’en jetait plus. Film surprise, émouvant et tendre, je suis contente que ce soit la vie d’une femme modeste et inspirée qui l’emporte. C’était une bouffée de fraîcheur et tant mieux que cette fraîcheur ait été à l’honneur hier soir. Bravo à son réalisateur Martin Provost.

Le film Mesrine se vit attribuer deux Césars : celui du meilleur réalisateur pour Jean-François Richet et celui du meilleur acteur pour Vincent Cassel, ce dernier César ne pouvait être contesté, tant Vincent Cassel est impressionnant dans le personnage tristement célèbre de Mesrine.

Et ce fut Yolande Moreau qui reçut, pour le rôle de Séraphine, le César de la meilleurs actrice. Elle n’était certes pas la plus belle, elle n’était pas la plus connue, la plus élégante, la plus enviée, la plus désirée, mais, comme la Séraphine de l’histoire, cette Cendrillon fut la plus touchante, la plus vraie, la plus sincère, la plus inspirée, la plus inoubliable et on s’en réjouit.

Ce cru 2009 des Césars a un solide goût de terroir. Vivement l’année prochaine ...


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8 réactions à cet article    


  • maxim maxim 28 février 2009 23:44

    j’irai certainement voir Sèraphine ,ne serait ce que pour Yolande Moreau ,cette comédienne de l’équipe des Deschiens .....

    j’ai pu voir quelques films dans lesquels elle jouait ,et c’est toujours émouvant ,souvent des rôles décalés qui vont bien avec le style de l’actrice ...

    et puis pour ce film dont j’ai entendu le plus grand bien ......

    Mesrine .....il parait que c’est bon ,mais je fais partie de la génération qui a vécu l’époque du vrai Mesrine ,et si bon soit ce film ,on a trop l’image du vrai Jacques Mesrine en tête pour accorder du crédit à un acteur ,même de talent ! on n’a forcément qu’une pâle imitation !


    • Fergus fergus 1er mars 2009 10:09

      Merci pour cet article consacré à des Césars qui remettent en lumière Séraphine de Senlis, l’une de ces femmes peintre oubliées auxquelles j’ai voulu rendre hommage dans mon récent article Artemisia où je mentionnais le superbe film qui vient d’être récompensé par l’Académie des Césars.

      J’ai vu Séraphine il y a plusieurs mois, et ce film a été celui que j’ai préféré cette année dans la production française devant Le premier du reste de ma vie et Conte de Noël. Je ne suis donc pas surpris par le résultat de cette soirée. Et moins encore par le César décerné à Yolande Moreau dont les prestations antérieures étaient déjà exceptionnelles, que ce soit dans Quand la mer monte ou Enfermé dehors.

      Je n’ai pas vu le Mesrine. Pour une raison simple : je déteste ces films qui, volontairement ou pas, font des héros de gangsters ou de mafieux. Je sais que cela a gêné Cassel. Il n’en a pas moins tourné ce film et sans doute a-t-il eu raison d’un point de vue professionnel.

      D’accord avec pour vous qualifier Emma Thomson de « sublime ». Cette femme a une classe folle et elle a illuminé cette soirée des Césars (dont je n’ai vu que le début et la fin) de sa présence et de son charme. Pas d’accord en revanche sur De caunes que j’ai trouvé médiocre et dont les plaisanteries tombaient souvent à plat. Enfin, Charlotte Gainsbourg a fait du Charlotte Gainsbourg dans l’un des registres qu’elle maîtrise le mieux, celui de la petite fille émue tout étonnée d’être là, avec celui de la petite gamine espiègle. A mon avis beaucoup moins d’émotion réelle que de professionnalisme, ce qui n’est pas un défaut dans ce milieu.


      • Armelle Barguillet Hauteloire Armelle Barguillet Hauteloire 1er mars 2009 10:25

        réponse à Fergus :

        D’accord avec vous au sujet de Mesrine. Cela me rassure que l’Académie des Césars ait choisi Séraphine, qui met en scène une femme modeste et inspirée, plutôt qu’ un voyou redoutable. Oui, Emma Thompson a une classe folle et a illuminé cette soirée. Il est vrai que De Caunes n’a pas brillé par son esprit, mais il était décontracté et à l’aise, avec une bonhommie qui, par moments, a détendu l’atmosphère. Une émotion perceptible lors de l’hommage à Claude Berri et des quelques mots émouvants prononcés par Julie Depardieu lorsqu’elle a remis à Jean-Paul Roussillon le prix du meilleur acteur dans un second rôle.


        • Fergus fergus 1er mars 2009 10:37

          Vous avez raison pour Julie Depardieu. C’est une fille formidable, tantôt un peu lunaire, tantôt espiègle, et qui a su rendre un sobre et émouvant hommage à son frère sans tomber dans le pathos.

          Du reste, j’avais énormément de respect pour son frère que j’avais découvert dans Les apprentis. Un superbe acteur et une personnalité attachante. 

          Pour être franc, j’ai beaucoup plus de réserves sur le père. 


        • Fergus fergus 1er mars 2009 10:40

          Tiens, nous avons été moinssés, Armelle. Par un courageux qui aurait pourtant gagné à expliquer en quoi il n’est pas d’accord avec nos propos. Les forums et les blogs servent précisément à cela, et toutes les opinions ont droit de cité. Pourquoi se priver de prendre la parole (ou plutôt la souris) ?


          • Armelle Barguillet Hauteloire Armelle Barguillet Hauteloire 1er mars 2009 10:51

            réponse à Fergus :

            Je pense également comme vous à propos du père et du fils Depardieu.


            • misol 1er mars 2009 10:56

              Merci pour cet article. Je pourrais reprendre les termes du post de fergus sur lesquels je suis en phase.
              Pour ma part je n’ai regardé cette soirée -très distraitement- que pour Yolande Moreau, sachant qu’elle y était. D’ailleurs on ne peut pas dire que les caméras étaient excessivement braquées sur elle. J’ai regardé les résultats après l’émission et sur beaucoup de site c était la photo de Vincent Cassel qui était publiée. Sûr que le budget de Mesrine est important mais en matière d’information, je pense tout de même que cette dernière était pour le moins un peu orientée vers ses préférences et incomplète.

              J’ai vu Séraphine, pour Yolande Moreau aussi. Quel bonheur pour moi aussi lorsqu’elle a reçu ce César. J’avais adoré "Quand la mer monte",
              Même si j’ai regretté quelques faiblesses dans le scénario de Séraphine, notamment la dernière partie et le peu de développement de la personnalité de son mécène, je suis entrée dans Séraphine, l’ai suivie, comprise, aimée, ai pleuré lorsque je l’ai sentie vulnérable, me suis réjouie lorsque tout allait bien.
              Grâce à Yolande Moreau. Bravo à elle. Elle était resplendissante et pleine d’humour sur la scène.Une vraie femme quoi. Pas un objet fabriquée. Merci.


              • souklaye 4 mars 2009 09:09

                 A posteriori, j’ai toujours du mal à choisir entre le remède et la maladie.
                Il serait malhonnête de créer des antagonismes entre des types de cinéma au moment où l’on va redécouper nos chères régions d’antan.
                Le nombre d’entrées pour un film détermine-t-il la nature du public ou est-ce l’inverse ?
                Séraphine versus Bienvenue chez les Ch’tis.
                Soyons sérieux, comment les employés d’une même entreprise pourraient s’entretuer, si ce n’est pour rentabiliser leurs cibles et décupler les bénéfices du conseil d’administration ?

                La suite ici : http://souklaye.wordpress.com/2009/02/28/ghost-post-cesar-regne/

                e


                César et Brutus
                Les frères Lumière doivent certainement chaque année protester muettement dans leur tombe ou leur musée.Franchement ne pas donner leur nom à la cérémonie de l’autosatisfaction en technicolor®, c’est à la limite du négationnisme. Peut-être que la science n’a pas sa place dans ce charlatanisme aléatoire qu’est devenu l’art.

                La différence entre un ouvrier quelconque et un intermittent du spectacle particulier, réside dans le fait que le second a un besoin maladif et exhibitionniste de partager son besoin de reconnaissance enfantine alors que le premier aime trop la procuration pour éteindre la télévision.La ritualisation à outrance engendre plus souvent la domestication trans-générationnelle et l’émotionnel prémédité que la désertion.
                la suite ici :

                http://souklaye.wordpress.com/2009/02/27/cesar-et-brutus/

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