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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Charles Berling en reconquête de Pénelope sur « Ithaque »

Charles Berling en reconquête de Pénelope sur « Ithaque »

Il ne faudra pas moins de trois heures d’approche stratégique et vingt minutes d’entracte pour que le couple Ulysse - Pénélope puisse se reconstituer à la faveur d’un lien invisible entre antiquité et contemporanéité.

En l’occurrence, Charles Berling et Ronit Elkabetz vont devoir jouer à cache-cache avec la destinée qui, par défaut de vigilance, pourrait toujours être encline à faire subir un sort fatal, aux deux amants si proches de leurs retrouvailles.

Sous les oripeaux d’un mendiant accostant en terre natale, le héros de l’Odyssée se doit donc de jouer profil bas, car son royaume a pris des allures de lupanar et c’est peu de dire qu’il n’ y est pas le bienvenu, puisque vingt années plus tard son entreprise de conquête, Ithaque ne l’attend plus.

A l’exception de sa Reine, qui aura su ruser avec tous les prétendants qui n’attendent qu’un signe de la belle pour convoler en injustes noces, l’île est désormais soumise à la corruption et au despotisme d’une armée de jeunes loups prêts à s’entretuer par ivresse contagieuse du pouvoir.

Toutefois, les modalités du rapprochement progressif entre les deux personnages mythiques se tissent, en temps réel, selon des chausse-trappe qu’un suspens toujours renouvelé déjoue à la fois par des subtilités de rhétorique autant que par des performances d’endurance face à l’adversité.

Tel un Socrate, en quête de fustiger les sophismes éthiques, au fur et à mesure qu’ils se manifestent en des postures dévoyées à la cause de l’Etat et du citoyen, le pauvre hère se fait remarquer dans des diatribes de bon sens alors que ses interlocuteurs hésitent entre l’agression du parasite et la protection de ce phénomène venu d’ailleurs.

Jean-Louis Martinelli donne à l’œuvre de Botho Strauss les dimensions d’un péplum dont les effets spéciaux rivalisent d’inventivité scénographique.

Cependant l’accent naturel de Ronit Elkabetz tend à masquer la portée de sa voix, en projetant ses répliques davantage dans la sphère de l’intuition plutôt que de la compréhension.

Mais que diable chercher du rationalisme à la pensée et à l’action, là où ne se trame que le conflit vital entre les forces maléfiques et celles de la légitimité ?

Grâce à l’appui de quelques fidèles et sous les bons auspices d’Athéna, Charles Berling, tel le Don Quichotte de la cité antique, s’élance alors vaillamment dans l’arène, afin de pourfendre un à un, tous les alliés objectifs de l’imposture avérée.

Que dire du happy-end, si ce n’est qu’il pourrait bien être le leurre suprême ?

photo © Pascal Victor

ITHAQUE - **.. Theothea.com - de Botho Strauss - mise en scène : Jean-Louis Martinelli - avec Charles Berling, Ronit Elkabetz, Clément Clavel, Jean-Marie Winling, Grétel Delattre, Sylvie Milhaud, Xavier Boiffier, Dimitris Daskas, Pierre Lucat, Pierre-Marie Poirier, Nicolas Pirson, Alessandro Sampaoli, Guillaume Séverac-Schmitz, Nicolas Yalelis, Joachim Fosset, Caroline Breton, Ninon Fachard, Adrienne Winling & Anne Rebeschini - Théâtre des Amandiers - Nanterre

 


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1 réactions à cet article    


  • Montagnais Montagnais 24 janvier 2011 21:29

    « afin de pourfendre un à un, tous les alliés objectifs de l’imposture avérée. »


    Apothéose !

    Mais.. y pourrait pas quitter la scène tout court pour la scène politique ? Il aura de quoi déchaîner ses talents.

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