• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Chez Ruquier, un taliban dynamite les monuments de la pensée (...)

Chez Ruquier, un taliban dynamite les monuments de la pensée philosophique

 

 

Rassurez-vous, je ne suis pas un aficionado de l’émission de Ruquier mais il m’arrive de zapper. Bien m’en a pris ce soir où deux figures représentatives de la philosophie française étaient invitées ce lundi 11 juin 2007. Le premier, Pascal Bruckner, auteur confirmé, le second, Charles Pépin, jeune pousse, professeur de philosophie, médiatiquement connu depuis ses prestations chez Guillaume Durand, plus stylé que son rival Raphaël Enthoven, avec sa chevelure sauvage, ses boucles et ses ondulations témoignant d’un esprit façonné à la hussarde, genre franc-tireur que le discours hélas trahit, et, à part les jeunes filles impubères, on se demande qui peut être séduit par ce philosophe cultivé dans les serres médiatiques. Bref, comme dirait un autre Pépin, la brève intervention de ce fruit de la convenance médiatique fut du coup assez édifiante, révélant les mœurs indélicates d’une société en délicatesse avec les valeurs, l’Histoire, le passé.

 

 

 

 

 

Le lecteur se demandera quel est le motif de cet intérêt soudain pour cette anodine prestation médiatique présentée avec le style d’un riff à la Hendrix ou du Zarathoustra de Strauss. Laissez-moi vous expliquer. Il était question des sujets philosophiques au bac et pour notre philosophe pour jeunes filles en fleur, de vendre son dernier livre paru il y a six mois où quelques thèmes philosophiques sont examinés en vue d’aider les futurs prétendants au bac à décliner une honnête dissertation. Tout en éclairant les citoyens sur sept questions concrètes et essentielles de la vie. Un livre parfait pour prendre le métro. Et notre philosophe de se démarquer de Luc Ferry et d’afficher son incroyable nouveauté démocratique. Monsieur Pépin ne décline pas les pensées selon les principes de l’Histoire, avec les anciens, les médiévaux, les classiques, les modernes, les contemporains, les post-modernes. Non, cette partition est du grand art mais ce n’est pas démocratique. Et donc, est démocratique ce qui relève du temps présent, de la simultanéité. Et la connaissance des âges passés n’est pas démocratique. Ainsi pense Pépin. Il n’est pas le seul.

Bon, c’est du baril de lessive décliné en produit culturel, dira-t-on. Le public connaisseur prendra un bon livre qu’il étudiera le soir, tranquille, mais zappera cette émission de bas étiage culturel. Pourtant, la critique se doit de ne pas laisser passer quelques perles surtout celle qui a été constatée par votre serviteur. Ruquier, jovial et canaille, questionne son invité en forme de quiz où il faut répondre en une minute à un sujet proposé au bac. Et là, un pépin. Un sujet pas évident. Peut-on opposer le travail manuel et le travail intellectuel ? Notre maître queue de la cuisine philosophique de répondre que le plat est assez indigeste, difficile et que, de plus, il renvoie à un vieux système, le dualisme, opposant pensée et corps, maintenant devenu obsolète. Oui, le dualisme est obsolète et c’est là que j’ai percuté et me suis dit qu’une telle connerie ne peut pas passer.

Le dualisme serait obsolète et périmé, comme le furent les épicycles de Ptolémée face aux orbes de Kepler et Copernic, ou la mécanique de Newton face à la cosmologie d’Einstein. Voilà le summum de la stupidité moderniste qui met sur le même plan philosophie, théologie et science. Et qui pour peu, jugerait Mozart et Debussy obsolètes face à Pascal Obispo. Ce n’est pas le lieu de déployer un cours de métaphysique mais juste un exemple. John Eccles, Nobel de médecine pour ses travaux en neuroscience et Karl Popper, éminent philosophe des sciences, ont plaidé il y a peu pour un dualisme revisité, notamment à la lumières des sciences du cerveau et de la mécanique quantique. Leur doctrine étant le dualisme interactionniste. Roger Penrose, l’un des plus brillants physiciens de notre époque, pense aussi à un monde dual, en bon platonicien. Et notre philosophe de bistrot médiatique de lancer à la cantonade lovée sur les canapés que le dualisme est périmé ! Et les gens de croire ces paroles.

Mon jugement est sévère mais, quelque part, je décèle dans cette négligence, cette désinvolture médiatique, cette prestation approximative, une sorte d’œuvre en douceur de dévaluation des œuvres philosophiques élaborées comme des monuments de la pensée qu’un jeune taliban philosophe épris de pragmatisme (il lui manque la tenue de jogging), de concret, se plaît à remiser au rang de produits obsolètes, qu’on ne comprend plus, telles des clés USB qui ne sont plus reconnues par les systèmes d’exploitation anciens. Pourtant, les plus grands édifices philosophiques furent dualistes ou même plus complexes (pour ma part, je fonctionne avec une doctrine incluant quatre hypostases). Platon, Plotin, Descartes, Leibniz, Hegel, Heidegger et tant d’autres ont été dualistes.

Le mot de la fin, sur l’opposition entre le travail intellectuel et manuel. Monsieur Pépin, on ne doit pas opposer le travail intellectuel et le travail manuel. Je dirais même plus qu’ils sont complémentaires. Unis dans une fin partagée, ils participent d’une œuvre de civilisation. La main construit les temples de Delphes, le Colisée, la pensée lègue ses œuvres à travers les dialogues de Platon, le système d’Aristote, les écrits de Sénèque. Au Moyen Age, saint Thomas écrit la somme théologique, alors que d’autres hommes, maçons divinement inspirés, façonnent de leur mains les cathédrales. Les travaux manuels et intellectuels sont donc complémentaires. Ils sont au service des grandes œuvres de civilisation. Parfois, quand les hommes s’égarent, ces modes de travail se complètent. La main peut détruire à Kaboul les statues de Bouddha, témoignage du génie humain et des grandes aspirations d’un autre temps, comme le sont nos cathédrales. La pensée peut aussi détruire les cathédrales d’idées, mais d’une autre manière, plus anodine, invisible, inodore, silencieuse. Il suffit juste, en une pirouette sur un plateau télé, de les juger périmées. Ce n’est pas grave, certes, car les savants et les connaisseurs, tels de doctes vestales, entretiennent la flamme de la connaissance. Mais sur le plan d’une société, on ne peut que déplorer ce « talibanisme ambiant » qui fonctionne de pair avec les paroles politiques qu’on a entendues récemment et spécialement, cette défiguration de l’Histoire dans certains discours. En Afghanistan, les Talibans ont détruit les figures du Bouddha. En France, nous sommes plus civilisés. On ne détruit pas les figures de la pensée philosophique, on les défigure, comme le fait Pépin un soir chez Ruquier, prenant le sillon du maître défigurant qu’est notre Michel Onfray national.

 

 


Moyenne des avis sur cet article :  4.09/5   (53 votes)




Réagissez à l'article

97 réactions à cet article    


  • NPM 12 juin 2007 10:14

    Pourriez vous cesser d’écrire « Histoire », avec un H ? L’Histoire n’existe pas plus que Zeus ou Apolon !


    • Emile Red Emile Red 12 juin 2007 14:30

      Vous préfereriez l’écrire avec un H aspiré ?


    • Tab Tab 12 juin 2007 15:31

      Il veut parler d’un grand « H », bien que ceci soit un autre débat. Sinon, Apollon a deux ailes (subtile) smiley


    • Emile Mourey Emile Mourey 12 juin 2007 10:19

      Bien dit.

      E. Mourey


      • Icks PEY Icks PEY 12 juin 2007 16:06

        @ Emile le romancier

        Avec vos articles fantaisistes, vous faites bien plus de tort à l’histoire que ceux qui lui accordent une majuscule.

        Icks PEY


      • Odal GOLD Odal GOLD 12 juin 2007 10:26

        La comparaison est intéressante entre ceux qui font table rase du passé et des évidences - à coups de dynamites et de têtes coupées - et ceux qui pratiquent le même exercice sur les plateaux télé soft. Les Talibans et les simples en esprit ont une vision du monde qu’ils veulent changer à leur image pieuse et simple.

        Près de la moitié des américains sont des fondamentalistes et « ne croient pas » à la théorie Darwinienne. Pourtant ils n’ont pas l’excuse (non plus) d’un manque de culture, ils savent tous lire et écrire. Alors qu’est-ce qui ne va pas chez les gens (souvent) ?

        Odal GOLD www.odalgold.com


        • NPM 12 juin 2007 10:43

          N’oublions pas que les gens de gauche sont des fanatique de la destruction du passé. D’ou d’ailleur l’immigration, pour détruire le peuple français, l’absence de réel cours d’histoire à l’école, sauf Algérienne (pour les immigrés, justement), le repentance permanente pour des choses que nous referons bien entendu à l’occasion, le refus de reconnaitre l’existence de l’ethnie française, sa culture, sa catholicité, etc, voir même la nation, et les délires sur l’universalité prétendu de l’idéologie française..

          En ce sens, les Révolutionnaire étaient un peu de gauche, même si bien sur la gauche n’a rien à voir avec la Révolution de 89.


        • Emile Red Emile Red 12 juin 2007 14:40

          Je ne sais pas qui ii détruit le passé par son fanatisme :

          « le refus de reconnaitre l’existence de l’ethnie française, sa culture, sa catholicité »

          Il y aurait donc une ethnie Française, une culture Française, une catholicité Française... Les Corses, Basques, Bretons, etc., apprécieront.

          Quant aux Français cathares, protestant et plus récemment juifs sont donc d’une lignée parfaitement catholique et ont été victimes d’un fanatisme de gauche...

          Pauvre NPM quand les oeillères sont fermées, inutile de tenter voir. La bétise inculte vous sied à merveille.


        • Tab Tab 12 juin 2007 17:25

          Evitez d’aborder le cas des cathares comme des protestants à la legere.

          Deux raisons à cela : parler de droite ou de gauche est anachronique.

          Par ailleurs, les cathares n’étaient pas des petits saints, et leur doctrine était dangereuse pour l’humanité (ce qui n’excuse pas les massacres, nous sommes d’accord).

          Egalement, dans le cas des protestants, l’histoire est restée objective puisqu’elle parle de « guerre » de religion. Le terme n’est pas anodin, pour faire la guerre, il faut être deux...

          Enfin, dans le cas des juifs, vous avez raison, mais cependant je fais deux rappels : les communistes étaient favorables à l’occupant allemand, et ce jusqu’à la rupture du pacte germano-soviétique en 1941.

          Les premiers à résister furent des royalistes (je ne parle pas de la frange maurras).

          Allez, sans rancune ?


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 12 juin 2007 11:13

          Bonjour,

          Effectivement, je n’ai pas épargné l’intéressé. Ce qui peut plaire aux uns et déplaire aux autres. Mais je me suis dit, ce n’est pas souvent que je chronique ce genre d’émission alors autant y aller franco et tant pis si la critique est surdimensionnée. J’ai juste pris un séquence comme illustration d’une situation de la philo qui ne date pas d’hier.

          Quant à Onfray, son cas mériterait un billet. Il est certainement au dessus du VRP venu causer chez Ruquier mais son attaque de Platon relève à mon sens du talibanisme culturel régnant


        • Emile Red Emile Red 12 juin 2007 14:43

          C’est un peu réduire la pensée d’Onfray que de comparer son attaque de Platon à du talibanisme, il s’explique clairement et ses thèses ne sont pas dénuées d’intérêts.


        • docdory docdory 12 juin 2007 11:57

          @ l’auteur

          Effectivement , et contrairement à ce que vous pensez , le dualisme qui consiste à séparer la pensée du corps me paraît singulièrement obsolète , et totalement contraire aux données acquises actuelles de la médecine et de la physiologie . Le cerveau , organe de la pensée , est profondément intriqué , et pas seulement relié , par un système nerveux , sensoriel et endocrinien complexe avec le reste du corps .

          Si l’on prend le cas de l’oeil , par exemple , c’est une véritable annexe du cerveau , en effet , la rétine effectue un traitement très complexe de l’information visuelle brute , d’une certaine façon la rétine « pense » déjà avant d’envoyer ses données pré-traitées au reste du cerveau .

          Une déficience physique peut éventuellement être à l’origine de dysfonctionnements cérébraux sévères ( le cas le plus caricatural est le douloureux « syndrôme du membre fantôme » des amputés ) . Une douleur à l’épaule peut entraîner quelques semaines après un dysfonctionnement important de la main homolatérale , avec altérations vasculaires et osseuses ( dans une maladie qui s’appelle l’algodystrophie ) . Il y a évidemment des milliers d’autres exemples mais je ne voudrais pas lasser le lecteur ! Tous ces exemples concourrent à combattre le dualisme ( séparation artificielle de la pensée et du corps ) , et plaident au contraire en faveur de l’unicité fonctionelle de l’organisme dans son ensemble .


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 12 juin 2007 12:02

            Effectivement , et contrairement à ce que vous pensez , le dualisme qui consiste à séparer la pensée du corps me paraît singulièrement obsolète , et totalement contraire aux données acquises actuelles de la médecine et de la physiologie .

            @Docdory, la science n’accède pas à la pensée, mais aux mécanismes permettant l’expression de la pensée. Le dualisme à la Descartes est dépassé, sans doute mais pas celui qui arrive avec les résultats de la mécanique quantique. On peut même revisiter le dualisme de Plotin sur les deux matières. L’une sensible, l’autre intelligible. La science ne peut pas invalider la théologie, pas plus qu’elle ne peut réfuter les doctrines métaphysiques qui la dépassent et d’ici peu, vont l’inclure. Mais tout ceci dépasse encore plus le contexte d’un plateau de télévision


          • finael finael 12 juin 2007 13:05

            Je suis entièrement d’accord et d’ailleurs je demande à voir un travail « manuel » qui ne soit pas aussi « intellectuel », ce que l’on a tendance à oublier.

            Toute action demande un minimum de réflexion, même si parfois on peut parler de « réflexe », c’est bien le système nerveux central qui en est le moteur.

            Il serait particulièrement instructif d’interroger des roboticiens qui tentent désespéremment de faire effectuer à des machines des tâches qui nous paraîssent élémentaires.


          • docdory docdory 12 juin 2007 13:36

            @ Bernard Dugué

            « La science n’accède pas à la pensée mais aux mécanismes permettant l’expression de la pensée » , déclarez-vous .

            Selon votre raisonnement , l’apprenti mécanicien qui démonte un moteur « n’accède pas à l’automobile mais aux mécanismes permettant le fonctionnement de l’automobile » .

            Je réfute votre thèse selon laquelle la pensée serait une sorte d’ectoplasme indépendant des mécanismes qui sont à son origine . La encore , je vais me permettre de vous ennuyer avec des exemples neurologiques .

            Dans la cécité corticale , maladie dans lequel le lobe occipital du cerveau est brusquement détruit , non seulement les malades deviennent brusquement aveugles , mais encore ne sont pas au courant du fait qu’ils sont aveugles , ce qui fait que pendant plusieurs semaines , ils vont se cogner partout sans comprendre qu’ils sont devenus aveugles . Ce phénomène s’appelle l’anosognosie ( absence de connaissance de sa maladie par le malade ) En effet , l’aire visuelle occipitale , responsable du fait que l’on voit , est également celle qui est au courant du fait que l’on voit ou que l’on ne voit pas !

            Dans l’aphasie de Wernicke , une lésion d’une zone particulière du cerveau transforme le langage du malade en un baragouin incompréhensible . Dans cette maladie , il y a également anosognosie . Ces malades sont persuadés de parler normalement et s’emportent contre leur entourage qui ne comprend évidemment rien ! ( A noter que dans le cas des langues tonales d’Asie , cette aphasie fait disparaître les tons , le résultat étant le même quant à l’intelligibilité du locuteur ) .

            Enfin , dans les lésions de l’hémisphère droit ( dit « mineur » ) , on peut avoir une hémiasomatognosie , c’est à dire que le patient n’est plus conscient du fait que le côté gauche de son corps lui appartient , on voit donc ces pauvres malades alités se plaindre d’être à deux dans le lit et tenter de d’expulser de leur lit leur côté gauche , d’ou nombreuses chutes , voire fractures . ( Dans leur cas , il y a presque une forme de dualisme ! )

            On peut , par des techniques IRM voir quelles structures cérébrales fonctionnent quand on pense à quelque chose de précis .

            Plus on comprend les mécanismes de la pensée , plus on comprend ce qu’est la pensée .

            Faisons une expérience de pensée . Le cerveau de l’homme est globalement inchangé depuis l’homme de Cro-Magnon . Imaginons qu’on envoie un ordinateur dans le passé , sans son générateur de courant , et qu’on le dépose dans une tribu de Cro-Magnons . Ceux-ci verront bien qu’il s’agit d’un objet artificiel , seront incapable d’imaginer que des êtres humains puissent créer une pareille chose , et l’attribueront probablement « aux dieux » .

            Transférons ce même objet au Moyen-âge . Les clercs de cette époque s’apercevront qu’il s’agit d’une « machine » , probablement à écrire et à compter au vu du clavier ( resté très mystérieux pour l’homme de Cro-Magnon qui ignore ce qu’est l’écriture ) , ne comprendront évidemment rien à son fonctionnement ni à sa fabrication , même en regardant l’intérieur , et certains d’entre eux iront même jusqu’à attribuer la chose « au diable » !

            Transférons maintenant cet objet sur le bureau d’Edison , par exemple . Il comprendra qu’il s’agit d’un objet fonctionnant à l’éléctricité , servant à écrire et à calculer , regardera les microcircuits au microscope ( disponible à son époque ) , tentera peut-être de fabriquer un générateur pour faire marcher l’objet , en essayant plusieurs voltages de courant ...

            Nous comprenons donc que , malgré des mécanismes cérébraux similaires , les pensées de ces différents hommes soient très différentes , en raison du contexte culturel , mais les mécanismes cérébraux de ces pensées différentes sont essentiellement les mêmes , et ce sont ces mécanismes qui nous intéressent en tant que scientifiques . Si on faisait faire des études d’ingénieur électronique à un enfant de Cro- Magnon transféré à notre époque , il n’aurait pas plus de raisons de ne rien comprendre que nos contemporains .


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 12 juin 2007 13:44

            «  »« Selon votre raisonnement , l’apprenti mécanicien qui démonte un moteur » n’accède pas à l’automobile mais aux mécanismes permettant le fonctionnement de l’automobile « . »«  »

            @ Docdory, la sagesse de Confucius énonce qu’il faut partir de bonne prémices pour que le raisonnement soit correct. Je n’ai pas parlé d’automobile mais de la pensée humaine. La métaphore que vous utilisez n’est pas mienne. Et je crois, comme Confucius, que vous vous égarez. Mais votre commentaire est fort intéressant et illustre parfaitement le propos de mon billet.

            La question du dualisme n’est pas derrière nous mais devant nous, contrairement à l’évacuation lapidaire pratiquée par cet animateur culturel qui se fait passer pour un philosophe. Je crois qu’un billet sur le dualisme s’impose. Je vais y réfléchir


          • NPM 12 juin 2007 13:45

            picaso est un peintre, donc un manuel (surtoit, un espagnol).


          • Sigefroid 12 juin 2007 14:05

            « Oratre et Labore » dit la bien vieille Règle de Saint-Benoit. Travailler à la chaîne dans des bureaux, dans fastfood ou bien à l’usine dans un cadre dévalorisant, sous pression et pour quelques sous souvent reprochés n’a aucun rapport avec le travail des mains et de la pensée (l’homme n’est pas dual, il est un !) qui contribue à l’oeuvre divine évoquée au moyen-âge et complètement occultée par l’utilitarisme contemporain ... Pourquoi planter des arbres dans son jardin ou bien faire un potager (voyez le chiffre d’affaires du secteur) après tout si ce n’est « archaïquement » - outre grignoter quelques légumes - vouloir contribuer à l’ordre du monde (ou de la création ou de ce qu’on veut !)... La démarche est et manuelle et mentale ... à longuement développer ... mais je n’ai pas trop le temps.


          • docdory docdory 12 juin 2007 14:18

            @ Bernard Dugué

            Concernant la philosophie , le sens de mes propos précédents est de réfuter l’idée selon laquelle la philosophie pourrait s’affranchir des connaissances scientifiques actuelles . Quelque intéressante que puisse être la philosophie de Plotin , entre autres , son intérêt actuel est nécessairement limité par les connaissances scientifiques de son époque .

            Une dissertation philosophique sur le déterminisme par exemple , n’a strictement aucun sens si l’on a pas préalablement une compréhension suffisante de ce qu’est la physique quantique . Dans un autre domaine , Bergson s’est a postériori ridiculisé avec ses considérations sur la relativité , qui témoignaient d’une incompréhension profonde de la physique sous-jacente . Concernant la dissertation du baccalauréat sur la séparation travail manuel et intellectuel , à la lumière de la paléontologie , on comprend que la bipédie , ayant libéré l’usage des mains , a permis un usage , et donc un fonctionnement plus performant du cerveau .

            Au vu des connaissances actuelles en médecine et en physiologie , le dualisme corps - esprit n’a , à mon humble avis , pratiquement aucun sens !


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 12 juin 2007 14:37

            «  »« Au vu des connaissances actuelles en médecine et en physiologie , le dualisme corps - esprit n’a , à mon humble avis , pratiquement aucun sens ! »«  »

            C’est le contraire pour Eccles et Popper qui ont proposé le dualisme interactionniste

            dans un autre contexte, Penrose et Connes sont dualismes à la manière de Platon, notamment sur l’origine des mathématiques.

            Quant à la mécanique quantique, elle ouvre la voie à un dualisme plus complexe, un trialisme, avec trois interactions, électomagnétique, faible, forte, aux règles et contraires spécifiques.


          • Michel Maugis Michel Maugis 12 juin 2007 19:18

            Michel Maugis @ Bernard Dugué

            Ce que vous dites est du matérialisme dialectique appliqué à l’entendement de l’évolution de l’homme face à la Nature et à lui même.

            Cependant je voudrais corriger une erreur.

            la sagesse de Confucius énonce qu’il faut partir de bonne prémisses pour que le raisonnement soit correct.

            Non, un raisonnement peut être correct même avec des prémisses fausses.

            Un raisonnement s’applique sur des prémisses et en est donc indépendant.

            La différence est dans la véracité de la conclusion auquel aboutit le raisonnement.

            Un raisonnement correct (juste) sur des prémisses vraies donne toujours un résultat vrai. Si le résultat est faux, alors c’est que le raisonnement est incorrect ou qu’une des prémisses est fausse. C’est même un principe utilisé dans les démonstrations par l’absurde. Dans celles-ci on émet une hypothèse comme prémisse auquel on applique un raisonnement correct qui abouti à un résultat manifestement faux, pour en déduire que l’hypothèse ne pouvait être que fausse.

            Un raisonnement incorrect (faux) sur des prémisses fausses ou vraies peut donner n’importe quoi et donc même un résultat juste ( par hasard).

            Un raisonnement correct (juste) sur des prémisses fausses peut aussi donner n’importe quoi.


          • Robert TINCHON 12 juin 2007 22:03

            Condillac,le moine athée du siècle des lumières, écrivit :"la philosophie est un océan et les philosophes, des pilotes montrant par leurs naufrages les écueils que nous devons éviter... Quel est le philosophe dont l’oeuvre a permis l’évolution des conditions d’existence de l’humanité ???

            Quelqu’un, dont à ma grande honte, j’ai oublié le nom, a dit :"si seulement les philosophes étaient jardiniers...


          • Iren-Nao 13 juin 2007 04:10

            Decidemment Finael, j’en ai ma claque d’etre d’accord avec vous.

            Iren-Nao

            Un metro de retard.


          • elateolibre 28 juin 2007 18:43

            A Bernard Dugué

            La science ne peut pas invalider la théologie, pas plus qu’elle ne peut réfuter les doctrines métaphysiques qui la dépassent et d’ici peu, vont l’inclure

            Oh que si.

            car la science en soi EST la invalidation de toute théologie.

            Celle ci est basée sur l’ignorance crasse du début de l’humanité.

            L’absence de connaissance impose à l’homme l’obligation de croire comme point de départ de tout raisonnement.

            Croire, dans le sens général, pas seulement en Dieu, est la capacité basique de l’esprit humain. Même nos plus grands scientifiques sont guidés par la croyance, la foi, que la théorie qu’ils essaient de construire est vraie, sinon ils n’essaieraient pas si ils avaient la foi du contraire. Cela n’a absolument rien à voir avec la théologie qui ne repose que sur des dogmes faux et archi faux, en des croyances jamais avérées.

            La théologie ne mérite même pas d’être réfutée car elle n’a pas le minimum de rationalité pour se hausser au niveau de ce qui peut être réfutable.

            C’est son impuissance millénaire à démontrer quoi que ce soi qui la réfute. Elle se réfute par elle même.

            Les théologues de toutes sortes ne servent que les mensonges, les calomnies et les crimes d’une classe possédante. Ils ne sont que les charlatans offrant aux peuples une alliénation religieuse en compensation à l’alliénation économique générée par la dichotomie classiste depuis des millénaires.


          • Ozar21 12 juin 2007 13:07

            Bonjour,

            Je fais partie des gens qui continuent de croire au dualisme. Les exemples sont tellement nombreux qu’aucune personne ne peut d’un coup balayer le dualisme sans se confronter aux paradoxes de l’unification. Croire le contraire est une abérration que seul l’Esprit autorise !!

            Croire que le corps et l’esprit ne font qu’un, c’est croire que la matière composée d’électrons, de protons et de neutrons peuvent penser !! Hors beaucoup de scientifiques pensent que la matière est dit « INERTE ».

            Nombre d’atomes dans une cellule = environ 1 000 Miliards d’atomes

            Le corps humain = environ 10 000 milliards de cellules

            Vous croyez que cet assemblage d’atomes est du au hasard ou est le fruit d’une loi universelle à la manière de E=MC2 ?

            La matière ne pense pas, mais elle le permet ce qui est fort différent. La matière ne sait pas ce qui est lourd ou léger, ce qui est bien ou mal, ... Tous ces concepts que nous utilisons tous les jours sans même nous en rendre compte ne sont pas présents dans les atomes (ou alors qu’on me dise où ? (est-ce l’électron, le proton ou le neutron ? ))

            Je ne comprends pas vraiment pourquoi les gens restent enfermés dans cette pensée scientifique matérialiste rationnaliste.

            Lisez Merleau Ponty, il y a 60 ans que cet homme a révolutionné notre pensée par « Toute conscience est conscience perceptive ». Il a écrit aussi le « visible et l’invisible », mais tout le monde semble aujourd’hui avoir oublié LE PHILOSOPHE DU SIECLE DERNIER.

            Merleau Ponty Wikipedia ou encore Merleau Ponty philautarchie

            Enfin et même si je ne partage pas toute ses idées, lisez Paul Moyne


            • zets zets 12 juin 2007 14:17

              « La matière ne pense pas, mais elle le permet ce qui est fort différent. La matière ne sait pas ce qui est lourd ou léger, ce qui est bien ou mal, ... Tous ces concepts que nous utilisons tous les jours sans même nous en rendre compte ne sont pas présents dans les atomes (ou alors qu’on me dise où ? (est-ce l’électron, le proton ou le neutron ? )) »

              besoin d’éclaircissements ? il suffit de demander...

              Ces concepts sont ancrés dans la matière par les réseaux neuronaux et les interactions chimiques permanentes qui mettent ces neurones en communication. on arrive d’ailleurs plutot pas mal à faire fonctionner des réseaux de neurones artificiels, ce qui laisse augurer de beaux jours pour les machines « qui pensent », qui apprennent et qui pourront peut être un jour tenir une discussion philosophique, sur le dualisme par exemple...


            • docdory docdory 12 juin 2007 15:17

              @ zets

              Bien que n’y connaissant rien en robotique , je pense que le problème essentiel des roboticiens est de reproduire le phénomène des « réactions circulaires » chez le petit nourrisson . Je m’explique : Un nourrisson de quelques semaines voit dans son champ visuel une tache colorée , entend par moment un petit bruit amusant , et enfin ressent par moment un petit choc lorsque deux taches roses ( ses mains ) se mettent au contact avec la tache colorée ( le hochet ) . Il finit par faire une intégration cérébrale de ces différentes sensations , et conclure à l’existence d’une « chose » ayant trois propriétés ( la couleur , le bruit et le contact ) et qui est un hochet , que cette chose peut être touchée ou non touchée par d’autres choses ( les mains ) en fonction d’une troisième chose , la distance , et enfin que certaines choses font « partie de soi » ( les mains ) , et d’autres n’en font pas partie ( le hochet ) . C’est cette triple intégration sensori-motrice et cérébrale qui finit par faire prononcer à l’enfant , à la longue , le mot « je » , comme expression élémentaire de l’unicité de l’individu . C’est cette triple intégration qui pose de formidables problèmes aux roboticiens . Ce processus d’ acquisition de l’unicité de l’individu , qui est une unité sensorimotrice et cérébrale , prouve l’inanité du concept de « dualisme » .


            • Ozar21 12 juin 2007 15:36

              Comme vous le dites très bien, ces concepts sont ancrés mais vous ne dites pas où ^^ Les connexions neuronales et les réactions chimiques ne sont que des interactions entre des électrons, des neutrons et des protons.

              Qui est à l’origine de ces interactions ? Est-ce la matière elle-même qui s’auto stimule ? Dois-je en conclure que je ne suis pas maître de ma pensée ?

              D’autre part, les machines ne font que ce que leur « concepteur » leur autorise de faire, si on leur demande de penser, ce n’est qu’à travers le système de penser qui les a créé ce qui est fort différent.

              Néanmoins je veux bien accorder un peu de crédit à votre pensée en pensant au film « Blade Runner » et aux réplicants. Ce film nous montre qu’ils nous ressemblent sur beaucoup de points, mais qu’ils ne peuvent « s’extraire » du système qui les a créés (tout comme nous d’ailleurs ^^) et sont parfaitement « identifiables ».

              Pour finir, vous dites vous-même qu’ils finiront « peut-être » un jour par avoir une discussion philosophique. La probabilité a l’air plutôt faible non ?

              Encore une fois, la matière permet de produire la pensée, mais elle ne produit rien. Dire le contraire, c’est reconnaître que nous ne sommes pas maîtres de notre pensée et que c’est la matière qui est le maître.


            • Ozar21 12 juin 2007 16:30

              @ docdory

              Le « je » du bébé provient de l’expérience de séparation quand il se rend compte qu’il ne fait pas UN avec sa mère. L’expérience du hochet n’a rien avoir là dedans. Comment peux-tu parler d’inanité du dualisme alors que dans ton interprétation, tu t’y réfères tout le temps ?

              Exemple :
              -  Tâche colorée : je sais qu’elle est colorée car il existe des tâches non colorées (je fais la différence, et elle me permet de dire « tâche colorée » et « tache non colorée »
              -  Bruit amusant : même chose, ce bruit est amusant car il y a des bruits qui ne le sont pas
              -  Contact : toujours pareil, le sens du touché me permet de dire s’il y a contact ou non
              -  Distance : situation dans l’espace, celle-ci me permet de dire si je suis éloigné d’un objet ou non et si je peux l’attraper avec ma main

              Pour terminer, j’aimerais connaître les secrets de cette « intégration cérébrale » que fait le bébé ^^ L’amalgame de ces trois intéractions requiert à chaque fois une prise de position et un jugement. Dois-je en conclure que se sont mes électrons, mes protons et mes neutrons qui ont pris position et ont jugé la situation ?


            • zets zets 12 juin 2007 16:44

              ce que tu décris, c’est précisément ce qu’on l’on cherche à faire faire par la machine.

              Au niveau actuel, il s’agit par exemple de donner en entrée à des réseaux de neurones artificiels des données brutes, sans acune tâche à accomplir, et de voir ce qu’il se passe. On peut distunguer différentes choses en fonctions des structures de ces réseaux : certains classifient, mémorisent, etc. En combinant ces réseaux, le chercheur peut obtenir des réseaux qui « font » des choses.

              Après il reste du travail... :)


            • Ozar21 12 juin 2007 17:15

              Merleau Ponty disait : « La phénoménologie, c’est d’abord le désaveu de la science » Il n’y a rien de péjoratif dans cette phrase.

              (copier coller de Wikipedia) Ainsi Merleau-Ponty précise que « si nous voulons penser la science elle-même avec rigueur, en apprécier exactement le sens et la portée, il nous faut réveiller d’abord cette expérience du monde dont elle est l’expression seconde. » (Phénoménologie de la perception, p. III).

              Voilà ce que font aujourd’hui les scientifiques, ils révèlent l’expression seconde mais n’étudient pas l’expression première.

              Dans ces conditions, les scientifiques courent droit à une impasse


            • docdory docdory 12 juin 2007 18:07

              @ ozar 21 , ce n’est pas une prise de position ou un jugement , c’est une configuration progressive de nouveaux réseaux neuronaux par essais et erreur .


            • zets zets 12 juin 2007 21:09

              @ ozar21

              « Comme vous le dites très bien, ces concepts sont ancrés mais vous ne dites pas où ^^ »

              ils sont dans tous les neurones, selon un principe d’« intelligence distribuée ». pouvez vous situer les « valeurs » d’une société ? à Bordeaux ou à toulouse ? le tout est plus que la somme des parties.

              « Dois-je en conclure que je ne suis pas maître de ma pensée ? » si vous voulez. Je vous conseillerais certaines expériences d’auto hypnose troublantes qui vous permettent de réaliser qu’il se passe beaucoup de choses dont vous n’avez pas conscience. on peut dès lors apprendre à « programmer son cerveau »... à creuser pour ceux que ca intéresse, mais moi je suis à fond dedans !!

              « D’autre part, les machines ne font que ce que leur « concepteur » leur autorise de faire, si on leur demande de penser, ce n’est qu’à travers le système de penser qui les a créé ce qui est fort différent. » justement, l’idée c’est de faire des machines qui apprennent toutes seules, par l’interaction avec leur environnement et d’autres êtres pensants, humains ou non. Le LORIA de nancy a fait de petits robots aux comportements troublants, qui se baladent dans les couloirs...

              « Pour finir, vous dites vous-même qu’ils finiront « peut-être » un jour par avoir une discussion philosophique. La probabilité a l’air plutôt faible non ? » comme celle de voler à la vitesse du son il y a cent ans, ou qu’un handicapé controle un ordinateur avec sa pensée il y a 20 ans... le futur s’accélère.

              « Encore une fois, la matière permet de produire la pensée, mais elle ne produit rien. Dire le contraire, c’est reconnaître que nous ne sommes pas maîtres de notre pensée et que c’est la matière qui est le maître. » voilà exactement ce que votre matière grise en interaction avec votre environnement produit : une explication plausible et rassurante du monde.


            • Michel Maugis Michel Maugis 13 juin 2007 07:53

              Michel Maugis @ Ozar21

              Je fais partie des gens qui continuent de croire au dualisme. Les exemples sont tellement nombreux qu’aucune personne ne peut d’un coup balayer le dualisme sans se confronter aux paradoxes de l’unification. Croire le contraire est une aberration que seul l’Esprit autorise !!

              Avez-vous un exemple ? Car beaucoup le font, sans confrontation.

              Croire que le corps et l’esprit ne font qu’un, c’est croire que la matière composée d’électrons, de protons et de neutrons peuvent penser !!

              Ah bon ! Où est votre démonstration ?

              C’est comme si vous disiez que croire qu’une usine peut construire des milliers de voitures c’est croire qu’un homme ou une femme peut créer des milliers de voitures. Où même que des électrons peuvent marcher, puisqu’un homme peut le faire.

              Si un arrangement de molécules permet la vie, puis la marche et bien d’autres fonctions du vivant, pourquoi douter sur la celle de créer des idées (penser). Cette dernière fonction est peut être plus simple que le mystère de la vie elle-même.

              Hors beaucoup de scientifiques pensent que la matière est dit « INERTE ».

              L’inerte s’oppose au vivant, et ce qui est vivant ne pense pas obligatoirement. La pensée est donc bien produit par la matière car s’il y a bien de la matière avec ou sans pensée, on n’a pas encore trouvé de pensée sans matière.

              Vous croyez que cet assemblage d’atomes est du au hasard ou est le fruit d’une loi universelle à la manière de E=MC2 ?

              C’est dû à quoi selon vous ? C’est les deux, au moins. De fait si la vie existe, et encore plus la vie humaine, c’est bien le fruit de circonstances exceptionnelles qui ne sont peut être plus possibles avant plusieurs milliards d’années.

              La matière ne pense pas, mais elle le permet ce qui est fort différent.

              Où est la différence ? C’est qui le penseur ? La matière ne pense pas, ne voit pas, ne mange pas, etc.. elle le permet.

              Je ne comprends pas vraiment pourquoi les gens restent enfermés dans cette pensée scientifique matérialiste rationaliste.

              Parce que ce n’est pas une pensée matérialiste rationaliste. C’est une pensée matérialiste et dialectique. Mais les idées, même si elles prennent naissance dans le cerveau, ne sont pas produites par lui à partir de sa structure à sa naissance. Il y a la confrontation de ce cerveau devant les réalités que ses prédécesseurs ont créés.


            • Ozar21 13 juin 2007 11:25

              @Michel Maugis

              « Avez-vous un exemple ? Car beaucoup le font, sans confrontation. »

              Exemple :

              Unifier le corps (matière) et l’Esprit (non visible et impalpable) : comment peut-on dire alors que la matière et l’esprit ne font qu’un si l’on ne peut déjà pas dire où se situe l’Esprit ?

              Il ne faut pas confondre les genres, sans dualité, il nous est impossible de prendre position, notre liberté vient de la. Comment pourrions nous dire que cet acte est mauvais si le mal n’existe pas ? La dualité se retrouve même dans la physique avec la matière et l’anti matière.

              « Ah bon ! Où est votre démonstration ? »

              Je part du principe que si l’on dit que le corps et l’esprit ne font qu’un, cela signifie que la pensée doit elle aussi se trouver dans la matière. Hors jusqu’ à preuve du contraire, personne ne peut palper ou voir la pensée. Le MOI qui est en moi n’est pas visible, il se situe comme disait Merleau Ponty dans le monde invisible (donc pas dans la matière). Il faut bien comprendre que même si la pensée n’est pas visible, elle a besoin de la matière pour s’exprimer dans notre monde et ce jusqu’à preuve du contraire (je n’ai encore jamais vu d’Esprit sans corps parler comme je parle)

              « L’inerte s’oppose au vivant, et ce qui est vivant ne pense pas obligatoirement. La pensée est donc bien produit par la matière car s’il y a bien de la matière avec ou sans pensée, on n’a pas encore trouvé de pensée sans matière. »

              La pensée a besoin de la matière pour s’exprimer dans notre monde, voilà tout.

              « C’est dû à quoi selon vous ? C’est les deux, au moins. De fait si la vie existe, et encore plus la vie humaine, c’est bien le fruit de circonstances exceptionnelles qui ne sont peut être plus possibles avant plusieurs milliards d’années. »

              Les probabilités que la vie ait pu apparaître sans intervention sont tellement faibles qu’il faudrait des centaines de milliers de centaines de milliers de milliards d’années (Etude de Robert Shapiro (Origins : A Sceptics Guide to the Creation of Life on Earth , New York ) pour que l’on voie apparaître les premières prémices de la vie (15 milliards d’années sont largement insuffisant). La vie telle que nous la connaissons n’est pas non plus le fruit de lois universelles à la manière d’E=MC2.

              « Où est la différence ? C’est qui le penseur ? La matière ne pense pas, ne voit pas, ne mange pas, etc.. elle le permet. »

              La différence est énorme, cela veut dire que la matière a besoin de la pensée pour que la vie apparaissent et réciproquement, les deux sont indissociables. (et je vous rejoins dans une pensée d’unification sans nier la dualité comme vous le faites).

              « Parce que ce n’est pas une pensée matérialiste rationaliste. C’est une pensée matérialiste et dialectique. Mais les idées, même si elles prennent naissance dans le cerveau, ne sont pas produites par lui à partir de sa structure à sa naissance. Il y a la confrontation de ce cerveau devant les réalités que ses prédécesseurs ont créés. »

              Qui sont les prédécesseurs ? Qui est le créateur ? Cette pensée est dite « scientifique » car elle s’oppose aux études théoriques des théologiens ( je ne cherche pas à les défendre) , elle est matérialiste et rationnaliste car elle refuse de prendre en compte l’influence du monde invisible (sans elle pas de conscience possible).


            • Ozar21 13 juin 2007 11:35

              @ Docdory

              S’il y a essai et erreur, c’est qu’il y a prise de position et jugement. Est-ce la matière (des électrons, des protons et des neutrons) qui s’auto juge ? La matière est en bien incapable, elle ne réagit qu’aux lois universelles de notre univers.

              Il faut bien comprendre quand il y a jugement et prise de position, il y a traduction dans la matière => Les neurones se réordonnent mais ne le font pas de leur propre initiative. le MOI invisible qui a jugé et pris position fait que ma matière se réordonne. Ce n’est pas l’inverse qui ferait que parce que la matière se réordonne, je pense différemment.


            • Ozar21 13 juin 2007 12:11

              @ zets « ils sont dans tous les neurones, selon un principe d’« intelligence distribuée ». pouvez vous situer les « valeurs » d’une société ? à Bordeaux ou à toulouse ? le tout est plus que la somme des parties. »

              La matière est vecteur d’information, elle ne juge pas, elle ne fait que transiter l’information.

              « si vous voulez. Je vous conseillerais certaines expériences d’auto hypnose troublantes qui vous permettent de réaliser qu’il se passe beaucoup de choses dont vous n’avez pas conscience. on peut dès lors apprendre à « programmer son cerveau »... à creuser pour ceux que ca intéresse, mais moi je suis à fond dedans !! »

              Oui il se passe beaucoup de choses dont je n’ai pas conscience à commencer par toute la gestion de mon système immunitaire mais on ne programme rien, on ne fait qu’utiliser des outils (concepts) qui sont mis à notre disposition.

              Comme disait Sartre : « Je fais le mal car le bien est déjà fait, ... Moi j’invite » (Le Diable et le bon Dieu). Autrement dit, la seule invention que nous pouvons avoir, c’est faire le mal, le reste est déjà là.

              « justement, l’idée c’est de faire des machines qui apprennent toutes seules, par l’interaction avec leur environnement et d’autres êtres pensants, humains ou non. Le LORIA de nancy a fait de petits robots aux comportements troublants, qui se baladent dans les couloirs... »

              Les comportements de ces petits robots n’ont rien de troublant, il faut bien comprendre que la matière est en constante relation avec le monde invisible (les énergies qui animent les atomes permettent l’interaction entre le monde visible et invisible).

              « comme celle de voler à la vitesse du son il y a cent ans, ou qu’un handicapé controle un ordinateur avec sa pensée il y a 20 ans... le futur s’accélère. »

              La pensée se situe dans le monde invisible, nous ne pourrons jamais déroger à cette règle, croire le contraire est une absurdité. Si un jour les robots se mettaient à penser comme nous, ils feront comme nous procédons aujourd’hui.


            • Michel Maugis Michel Maugis 14 juin 2007 02:16

              Michel Maugis @ OZAR21

              comment peut-on dire alors que la matière et l’esprit ne font qu’un si l’on ne peut déjà pas dire où se situe l’Esprit ?

              Mais si on peut dire ou se situe l’esprit : dans le cerveau. Cela est amplement démontré par les opérations sur le cerveau, les actions des drogues sur le cerveau, les endoctrinements des enfants aux cerveaux non formés par les charlatans de toutes sortes, etc...

              Mais je vous retourne l’argumentation. Comment pouvez vous séparer l’unité matière et esprit si vous ne pouvez dire où se situe l’esprit ? Le problème est chez vous, l’idéaliste, pas chez moi qui suis matérialiste. Ne pas savoir où il se trouve ( selon vous) n’implique pas qu’il ne peut se trouver dans le cerveau.

              Il ne faut pas confondre les genres, sans dualité, il nous est impossible de prendre position, notre liberté vient de la.

              Bien si, je peux prendre position, et cela n’implique pas la dualité et au contraire implique l’unité d’une chose et son contraire avec une lutte constante entre eux au point que l’un peut se convertir en l’autre.

              Comment pourrions nous dire que cet acte est mauvais si le mal n’existe pas ?

              Le principe d’unité en opposition à la dualité n’implique pas l’élimination du contraire. Bien au contraire. Le mal pour certain est vu comme le bien pour d’autres, et réciproquement. Ce qui démontre la fausseté de la dualité et la véracité de l’unité des contraires dans une lutte dialectique. Ce qui est vu comme le mal maintenant a été le bien en d’autres époques.

              La dualité se retrouve même dans la physique avec la matière et l’anti matière.

              Là aussi il en est comme pour le bien et le mal, unité de la lutte des contraires.

              Je parts du principe que si l’on dit que le corps et l’esprit ne font qu’un, cela signifie que la pensée doit elle aussi se trouver dans la matière.

              Pas forcément. L’esprit, le spirituel, est la fonction d’une matière hautement organisée, le résultat de la pratique matérielle, sociale et historique des hommes. Il es inséparable de cette matière située dans le cerveau sans que l’on puisse dire qu’il se trouve dans elle. Vous ne pouvez dire que « l’esprit » d’un ordinateur est dans les transistors, la matière qui forme l’unité centrale, compte tenu que ce qui forme le programme n’est pas son « esprit » mais aussi des éléments matériels interconnectés.

              Hors jusqu’ à preuve du contraire, personne ne peut palper ou voir la pensée. Le MOI qui est en moi n’est pas visible, Évidemment, mais il en est de l’esprit comme de la vision, de l’ouie. Pouvez vous toucher la vision ? On peut la détecter par les réactions devant celle-ci, comme on sait maintenant détecter l’exercice de la pensée dans le cerveau.

              il se situe comme disait Merleau Ponty dans le monde invisible (donc pas dans la matière).

              Il n’est pas dans la matière, mais produit des innombrables interconnexions et organisation de celle-ci dans le cerveau. La pensée n’existe pas sans la matière.

              Il faut bien comprendre que même si la pensée n’est pas visible, elle a besoin de la matière pour s’exprimer dans notre monde et ce jusqu’à preuve du contraire (je n’ai encore jamais vu d’Esprit sans corps parler comme je parle)

              D’accord, et alors ? c’est une remarque qui confirme ma position.

              La pensée a besoin de la matière pour s’exprimer dans notre monde, voilà tout.

              Vous voulez dire que la pensée existe indépendamment de la matière mais ne peut s’exprimer sans celle-ci. Non, c’est un dogme. La pensée ne s’exprime pas, c’est la matière qui s’exprime à travers la pensée. C’est l’homme, le cerveau qui exprime sa pensée.

              Je suis, donc je pense

              Les probabilités que la vie ait pu apparaître sans intervention sont tellement faibles qu’il faudrait des centaines de milliers de centaines de milliers de milliards d’années .

              C’est bien donc reconnaître que c’est ainsi qu’elle est apparue. Le temps qu’il faut ne joue pas. Il suffit d’attendre. Vu que la durée de l’univers est infini en une durée infinie d’univers successifs qui naissent et meurent. La matière est une donnée fixe, invariable et perpétuelle.

              La différence est énorme, cela veut dire que la matière a besoin de la pensée pour que la vie apparaissent et réciproquement, les deux sont indissociables.

              Absolument pas, la matière n’a pas eut besoin de la pensée pour créer la vie. Les protozoaires, les microbes, les amibes etc.. ne pensent pas.

              Qui sont les prédécesseurs ? Qui est le créateur ? Cette pensée est dite « scientifique » car elle s’oppose aux études théoriques des théologiens

              ( je ne cherche pas à les défendre) , elle est matérialiste et rationaliste car elle refuse de prendre en compte l’influence du monde invisible (sans elle pas de conscience possible).

              Quand j’évoquais les prédécesseurs je pensais à toute l’évolution de tout le règne animal jusqu’à l’apparition de la pensée chez l’homme. Pas besoin de créateur, vous l’avez reconnu, il suffit d’attendre suffisamment longtemps.

              Ce que vous appelez une pensée matérialiste et rationaliste est un matérialisme métaphysique qui s’oppose au matérialisme dialectique tel que découvert par Marx et Engels en « remettant sur les pieds la dialectique d’Hegel ». La science moderne confirme la justesse du matérialiste dialectique.


            • Tab Tab 12 juin 2007 16:01

              Je n’ai malheureusement pas les compétences pour vous répondre sur les plans philosophiques et scientifiques.

              Je peux essayer d’apporter un peu d’eau au moulin, en ouvrant une troisième voie d’exploration, qui se situerait à un niveau plutôt théologique.

              En religion, on ne parle pas de dualisme esprit-matière, mais, dans le cas de l’homme, de dualisme corp-âme, parties qui en formant un tout (l’etre humain), n’en reste pas moins à distinguer l’une de l’autre.

              L’esprit en tant que pensée serait lié à la matière, et on voit bien que les animaux pensent également, même si c’est à un degré différent de perception.

              Le dualisme ne jouerait donc pas à ce niveau, mais au niveau de l’âme (on parle du concept religieux), qu’on définirait comme le centre de ce qu’on a appellé « la conscience ». C’est à dire que pour le coup, la particularité de l’homme serait d’avoir une âme lui permettant de se poser les questions dites « métaphysiques » : le bien, le mal, le beau, le vrai, Dieu,...

              Une anecdote pour finir. Le professeur Lejeune était un scientifique croyant, découvreur avec d’autres de la trisomie 21.. Ce professeur donc, raconte qu’il avait l’habitude quand il arrivait dans une ville, de visiter deux lieux : l’université et le jardin zoologique. A l’université, dit-il, il voyait tout un tas d’universitaire se demander si l’homme n’était pas au tout début de sa vie une espèce d’animal. Il ajoutait alors qu’au zoo, il n’avait jamais vu les chimpanzés se demander si plus tard il ne pourrait pas être universitaire.

              Voilà l’histoire telle que je m’en rappelle...

              Que pensez-vous de ce nouveau dualisme que je vous propose ? smiley

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès



-->