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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Christian Clavier, acteur majeur

Christian Clavier, acteur majeur

« Les acteurs sont plus humbles et désintéressés qu’on veut bien les dépeindre. Nous connaissons nos limites et savons que nous ne sommes pas bons dans tout. Or, quand on se présente au public, il faut être au top. » (Christian Clavier, "Le Point" du 16 février 2018).

Comme l'ont fait récemment ses complices du Splendid, en particulier Gérard Jugnot et Michel Blanc, l’acteur Christian Clavier fête son 70e anniversaire ce vendredi 6 mai 2022. Soixante-dix ans et toujours des rides de fous rires… même si ceux-ci ne sont pas forcément toujours des plus subtils.

Au contraire de ses amis "bronzés" (Michel Blanc, Josiane Balakso, Gérard Jugnot), Christian Clavier n’a pas viré en réalisateur (sauf pour un film, lire plus loin) et est resté acteur de cinéma, surtout dans la comédie française qui s’exporte bien. Il a certes tourné dans certains films historiques ou dramatiques, comme "Napoléon" (diffusé à partir du 7 octobre 2002) d’Yves Simoneau, dans le rôle de l’empereur (avec John Malkovich en Talleyrand et Gérard Depardieu en Fouché), et "Les Misérables" (diffusé à partir du 4 septembre 2000), la version de Josée Dayan, dans le rôle de Thénardier (avec Gérard Depardieu en Jean Valjean, John Malkovich en Javert et Virginie Ledoyen en Cosette), ces deux productions pour la télévision, et encore "Sac de billes" (sorti le 18 janvier 2017) de Christian Duguay d’après le roman de Joseph Joffo, dans un rôle secondaire, mais la plupart de ses films sont des comédies populaires plus ou moins subtiles, parfois des navets mais aussi certaines de très grandes réussites.

Malgré ses grands succès populaires, Christian Clavier n’a pas été particulièrement récompensé par sa profession : un César anniversaire spécial et collectif du bout des lèvres pour le Splendid en 2021, et deux nominations en 1994 pour "Les Visiteurs", meilleur acteur et meilleur scénario original. C’est peu quand on regarde ce qu’il a tourné.

La fiche Wikipédia présente Christian Clavier ainsi : « Acteur très populaire, il est le seul, toutes générations et nationalités confondues, à être en tête d’affiche de quatre films ayant atteint plus de dix millions de spectateurs dans le box-office français, à savoir "Les Visiteurs" (1993), "Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre" (2002), "Les Bronzés 3" (2006) et "Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ?" (2014). ».

Et le site note également à propos du box-office français de tous les temps : « Parmi les acteurs français avec le plus de films dans ce top 100, on retrouve Christian Clavier (7), Louis de Funès (6), Gérard Depardieu et Michel Galabru (5), etc. ». Il est qestion du top 100 des films ayant eu le plus de spectateurs, et le 100e ("Les Trois Frères") ont eu 6,9 millions de spectateurs en salle (tous les autres sont donc au-dessus).

Et justement, je me demandais à quel(s) acteur(s) pouvait être comparé Christian Clavier, et il m’en est venu deux à l’esprit. Gérard Depardieu, car il est partout depuis presque cinquante ans, un grand nombre de films, des bons et des moins bons, avec une continuité dans la boulimie et même une transformation physique (relativement ordinaire chez les hommes qui ont réussi et ne font pas attention !). Et puis, il y a évidemment Louis de Funès, car Christian Clavier joue aussi avec ses mimiques, bien particulières, très claviériennes, et comme De Funès et comme Depardieu, Clavier joue du Clavier et c’est difficile d’avoir un autre personnage, même s’il peut être décliné en Napoléon, Thénardier, Astérix, etc.

Du reste, Christian Clavier aurait adoré joué avec Louis de Funès. Quelques semaines avant sa mort, Louis de Funès est venu assister à la pièce "Papy fait de la résistance" de Christian Clavier et Martin Lamotte (créée le 6 novembre 1981), en compagnie du producteur Christian Fechner. L’idée était de tourner l’adaptation de cette pièce au cinéma, avec Louis de Funès dans le rôle du Papy ou du demi-frère d’Hitler (rôles qui furent finalement donnés à Michel Galabru et Jacques Villeret, en raison de la mort du comique). Louis de Funès souhaitait tourner avec de jeunes talents, comme il l’avait fait dans "L’aile ou la cuisse" de Claude Zidi (sorti le 27 octobre 1976) avec Coluche.

Dans "Le Point" du 16 février 2018, Christian Clavier a raconté à Jérôme Béglé : « Dans le hall du Théâtre du Splendid, il nous campe en trois minutes sa version du Feldmarschall Ludwig von Apfelstrudel, complètement cauteleux et les pieds entravés. Je le revois avec son loden vert et ses yeux d’un bleu intense, j’étais fasciné. ». Christian Clavier et Martin Lamotte avaient écrit le rôle du Papy inspirés par l’épicier Jambier joué par Louis de Funès dans "La Traversée de Paris" (sorti le 26 octobre 1956) de Claude Autant-Lara.

S’il admire beaucoup Louis de Funès, Christian Clavier trouverait trop flatteur de se revendiquer son héritier : « Je serais incapable de jouer le personnage du "Corniaud". J’incarne des personnages à défauts, mais ce ne sont pas les mêmes défauts. Je ne joue pas les veules, les méchants qui rabaissent violemment leurs subordonnés ; j’aurais pu jouer à peu près tous les rôles de Fernandel, mais pas ceux de Louis. On a dit cela de moi parce que j’ai eu la chance de faire des films à succès qui m’ont apporté une grande notoriété (…). On me reproche aussi de ne pas suffisamment changer de genre, de personnage. ».

Et quand on a reproché à Louis de Funès de jouer toujours le même rôle, Christian Clavier s’emporte un peu : « La tarte à la crème du métier est de dire qu’il faut "prendre des risques". Le succès pose un tel problème qu’il faudrait soi-même le détruire pour se donner de la valeur artistique. Quelle ânerie ! On ne peut pas aller contre sa nature de jeu et de son emploi. Il savait exactement là où il était le meilleur. Il n’avait pas avec le public, un rapport de complaisance ou d’argent, mais de plaisir. ».

Christian Clavier interprète le succès populaire de Louis de Funès ainsi : « Louis de Funès laisse sortir la dimension enfantine que nous avons en chacun de nous. Les peurs, les énervements, les colères qu’il parvient à nous faire partager viennent de cette enfance. Et c’est parce qu’il fait appel à notre enfance, c’est-à-dire à ce qu’il y a de plus pur et de plus intangible en nous, qu’il touche les générations et que ses prestations sont indémodables. ».

Effectivement, quel est au juste ce personnage si amusant que Christian Clavier s’est façonné au fil du temps depuis "Les Bronzés" ? En fait, à peu près la même recette que Louis de Funès à la différence près que ce dernier est un dominateur et Christian Clavier plutôt un dominé. C’est une personnage plutôt négatif : lâche, maniaque, douillet, peureux, inapte au changement et au modernisme, ringard, obséquieux, coincé, un peu distrait, narcissique, rarement méchant mais souvent mesquin, radin… avec une situation sociale plutôt aisée mais d’un caractère faible. Le ressort comique vient justement qu’il est bien "établi" dans la vie et que les circonstances de l’histoire le bousculent. C’est donc un personnage récurrent quand Clavier fait du Clavier, mais cela ne l’empêche pas de jouer d’autres personnages, moins claviériens et plus historiques.

J’ai cité Napoléon et Astérix car c’est symptomatique, mais grand amateur de la bande dessinée des regrettés Goscinny et Uderzo, je n’ai pas trouvé pertinent le choix de Christian Clavier pour Astérix, j’aurais pris sans hésiter Jamel Debbouze (la taille et la hargne conviendraient), qui m’a confirmé dans cette idée dans "Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre" d’Alain Chabat, où le personnage de Numérobis l’architecte, joué par Jamel Debbouze, domine de loin le reste des personnages avec une pâle figure d’Astérix en retrait et très téléphoné (en revanche, Obélix en Gérard Depardieu est un excellent choix auquel je n’aurais jamais pensé si j’avais eu à y penser !). Cela dit, pour les bandes dessinées, le rôle du comte Pacôme de Champignac dévolu à Christian Clavier dans "Les aventures de Spirou et Fantasio" (sorti le 21 février 2018) d’Alexandre Coffre, paraît très judicieux (toutefois, le film a été un grand échec commercial).

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Parmi les très nombreux films, on doit évidemment citer, au-delà des premiers succès du Splendid, "Les Visiteurs" (sorti le 27 janvier 1993) de Jean-Marie Poiré, en complicité avec Jean Reno et Valérie Lemercier. Le premier opus est particulièrement intéressant (au contraire des suivants) car innovant et surprenant, même si les cris cultes de Christian Clavier (entre autres, le fameux "okaaaay !" et "qu’est-ce que c’est que ce binz ?" probablement répétés des millions de fois dans les cours de récréation) ont pu agacer. Il a participé au scénario et dialogues de plusieurs films dans lesquels il a joué et en particulier "Les Visiteurs".

Son duo avec Jean Reno n’était pas nouveau, une équipe qui gagne dans "L’opération Corned-Beef" (sorti le 6 février 1991) de Jean-Marie Poiré, puis poursuivie avec "L’enquête corse" (sorti le 6 octobre 2004) d’Alain Berberian, une adaptation de la célèbre bande dessinée de Pétillon, et "On ne choisit pas sa famille" (sorti le 9 novembre 2011), le seul film que l’acteur a réalisé lui-même (après le refus de Jean-Marie Poiré) et qui fut un échec commercial (traitant de sujets pourtant sociétaux importants, comme l’adoption d’un enfant en Asie, l’homosexualité féminine, etc. mais il faut bien admettre que le film était plutôt décevant). Cet échec a sans doute dissuadé Christian Clavier de continuer comme réalisateur.

Malgré ses très gros succès qui font de lui l’acteur français le plus apprécié de tous les temps, Christian Clavier suscite aussi des passions négatives, peut-être en raison de sa proximité avec Nicolas Sarkozy qu’il a soutenu en 2007 et 2012 (il était au Fouquet’s invité avec son ancienne compagne pendant plus de trente ans, Marie-Anne Chazel). On lui a reproché aussi d’avoir fait mobiliser exagérément les forces de l’ordre pour protéger sa villa en Corse.

Contrairement à une rumeur, Christian Clavier n’était au lycée dans la même classe que Nicolas Sarkozy. Il l’a connu bien plus tard, en 1993, alors que le futur Président était déjà maire de Neuilly-sur-Seine et ils sont devenus de grands amis au point que cela lui fut reproché, si bien qu’il a préféré aller vivre à Londres pendant quelques temps pour couper court aux critiques et éviter cet harcèlement (et d’un point de vue fiscal, il a eu tout faux car il paie dans les deux pays). À l’origine de cette amitié, un malheur, la mort du père de Christian Clavier, un médecin ORL de Neuilly-sur-Seine qui avait disparu : « Christian a demandé de l’aide à la mairie. Peu de temps après, son père a été retrouvé dans son véhicule, mort d’une crise cardiaque. C’est ce drame qui a rapproché Christian de Sarkozy, et non ses opinions politiques. » (dixit Josiane Balasko).

En fait, c’est François Hollande qui aurait été son camarade de lycée, en terminale (Christian Clavier a eu son baccalauréat avec la mention très bien), et ils se sont retrouvés dans la même promo à l’IEP de Paris (Science Po) dont ils ont partagé la première année. Mais appelé à sa vocation de comédien, Christian Clavier a rapidement quitté son destin de futur ministre au profit de comédien, ce qui lui permettrait de jouer le rôle de ministre. Devenu Président de la République, François Hollande a expliqué en mai 2014 : « Christian Clavier a le talent du sarcasme, de l’ironie, de la moquerie, toujours drôle, sans jamais être blessant. Son film est une bonne nouvelle, la preuve que la France peut rire d’elle-même, de ses travers et qu’elle est capable de rassembler autour d’un rire de tolérance. ». Il parlait du film "Qu’est qu’on a fait au bon dieu ?" (sorti le 16 avril 2014) de Philippe de Chauveron, qui fut un énorme succès (12,4 millions d’entrées en salles).

Parmi ses derniers films, on peut en citer notamment deux, des comédies. Il y a "À bras ouvert" (sorti le 5 avril 2017) de Philippe de Chauveron, qui est une comédie bien menée qui se moque des intellos bobos qui demandent qu’on accueille des SDF ou des Roms chez soi (l’acteur joue un tel intellectuel qui a dû s’appliquer à lui-même cette générosité prônée, non sans difficultés, en particulier familiales), une histoire qui fait penser à celle du film du réalisateur Alexandre Leclère dans "Le grand partage" (sorti le 23 décembre 2015), dans sa version appartement au lieu de maison avec jardin, et sans l’aspect de la contrainte gouvernementale.

Il y a aussi "Momo" (sorti le 27 décembre 2017), réalisé par Vincent Lobelle et Sébastien Thiéry, une adaptation de la pièce de ce dernier qui joue aussi dans ce film, où Christian Clavier et Catherine Frot reprennent au cinéma les rôles de François Berléand et Muriel Robin au théâtre, un couple sans enfant qui découvre un invraisemblable enfant de lui. Plusieurs comédies récentes que Christian Clavier a jouées sont des adaptations de pièces de théâtre (c’est le cas aussi de "Une heure de tranquillité" de Patrice Leconte, sorti le 31 décembre 2014).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (05 mai 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Guy Marchand.
Christian Clavier.
Virginie Efira.
Jacques Perrin.
Michel Blanc.
Michel Bouquet.
Patrick Chesnais.
Jean Roucas.
Z.
Michel Sardou.
Michel Jonasz.
Jane Birkin.
Philippe Noiret.
Jean Amadou.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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17 réactions à cet article    


  • Gégène Gégène 6 mai 18:45

    -il est mort ?

    -Ah non, merde . . .


    • Joséphine Joséphine 6 mai 23:43

      @Gégène

      Il est mort ?

      Il va pas tarder. 



      • Joséphine Joséphine 6 mai 23:51

        @Gégène

        La protection de sa villa en Corse a coûté ...400.000 euros ? Nom de Dieu. Et moi je vois des français qui s’achètent du pain blanc mais qui n’ont rien à mettre dessus ! Quel monde de cinglés . 


      • Clocel Clocel 6 mai 19:39

        Majeur dans les rôles de pourri, on sent qu’il n’a pas trop à composer Jacouille.


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 mai 19:59

          @Clocel
          Toujours aimé De Funes ...


        • chat maigre chat maigre 6 mai 20:03

          non mais il va tous nous les faire !!!

          il me tarde qu’il fasse Depardieu le franco-russe smiley


          • Gégène Gégène 6 mai 20:09

            @chat maigre

            on est pas bien, là, à la fraîche, décontractés du gland ?


          • Albert123 6 mai 23:12

            @chat maigre
            mais il va tous nous les faire !!!

            ouais « un jour, un collabo, bienvenu chez rakoto »

            là c’est la session acteurs subventionnés après ça sera le tour des sportifs subventionnés


          • chat maigre chat maigre 6 mai 23:19

            @Albert123
            il est besogneux et il fait son boulot avec application smiley
            ça nous change un peu de la lèche LREM continuelle comme de toute façon il a chopé un double des clés d’avox smiley


          • Joséphine Joséphine 6 mai 23:47

            @chat maigre

            Après « l’authentique Virginie Efira », voici la pâle copie de Louis de Funes, toute bouffie de pognon et d’orgueil. Mouarf ! Clavier n’a ni l’humanité de Funes, ni son talent, mais c’est pas grave, les fronçais d’aujourd’hui se contentent de peu niveau cinéma, ça va faire 30 ans que notre cinéma suit une longue courbe de Gauss....

            Il parait que Clavier a une baignoire en or massif chez lui...


          • chat maigre chat maigre 6 mai 23:58

            @Joséphine
            tu généralises un peu vite smiley
            une partie des français voit les choses comme ça mais une grande partie des français a été bercé par de bons films, avec de belles histoires bien écrites, de bons dialogues millimétrés...
            c’est comme pour la lecture, il faut que chacun se prenne par la main et inculque ça à ses enfants smiley
            ma fille adore les vieux films et comme elle les a vu avec son papa chéri, elle y reviendra toujours, à bientôt 13ans son film comique préféré c’est « le dîner de cons », elle avait 9 ou 10 ans mais elle a rit à se faire pipi dessus smiley
            pour les dialogues et pour Villeret, j’ai même envie de dire, monsieur Villeret !!!!


          • Seth 7 mai 14:20

            Vu le titre, un panégyrique à la gloire d’un acteur moyen que le temps emportera mais de droite.

            Circulons, y’a rien à voir.


            • zygzornifle zygzornifle 7 mai 16:29

              Il a veauttttté Macron l’étron .....


              • Djam Djam 7 mai 22:41

                Clavier, que j’ai côtoyé à un moment de ma vie, est en réalité un type assez antipathique qui a une haute idée de lui-même. 

                Son problème c’est qu’il est convaincu d’être un acteur drôle. Assez infatué, il apprécie ses potes mais est assez désagréable avec les autres.

                Franchement, un cinéma français sans Clavier ça ne se remarquerait même pas.


                • baliste 8 mai 22:04

                  Le problème c’est qu’il a était tellement bon et naturel dans les visiteurs , qu’il ne fait pas crédible dans les films suivants .

                  Il est et restera la fripouille jusqu’à sa mort .

                  Monsieur -ouille .


                  • ETTORE ETTORE 9 mai 11:11

                    Rakotonanobis, le CLAVIER à multiples octaves.

                    De la léchouille de gland, grave, au plus aigu des cirages de pompes.

                    Toujours fidèle au grand écart, avec l’espoir que l’encensé le pénètre de sa bien vaillance molle !

                    Doit sérieusement « cramper » à force !

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