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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Christian Olivier : la tronche des « Têtes raides », le gueulard de (...)

Christian Olivier : la tronche des « Têtes raides », le gueulard de maux

 Christian Olivier, le leader de feu les « Tétes raides », est un pierrot semi-lunaire, vague cousin venu de la famille du cirque, en équilibre sur un fil entre les 80.000 personnes agglomérées sur les prairies gadouilleuses de Carhaix, au Festival des « Vieilles charrues » en 2001, et les salles plus intimistes. Un gueulard de mots, masqué sous la tristesse calme et nostalgique d’un accordéon diachronique. 

Quand d’autres soulignent à grands coups de Stabilo fluo leurs maigres mots, revenus comme des renvois gastriques, lui fait dans les nuances de gris. Il est depuis longtemps marié au noir et blanc, au demi-dit, aux demi-mots, sans rechercher trop ostensiblement nos ondées lacrymales. 

Lui, c’est une autre boutique derrière laquelle il est assis. Un vague cousin d’Antonin Artaud, de Jean Genet. Un clown noir, avec sa gestuelle saccadée de mime. Des hymnes à la nuit. De la légèreté dans la noirceur. Il dit les choses en passant, pour mémoire. Pas pour changer le monde, qui n’en a rien à faire de lui comme de moi. Quand ça commence à devenir trop lourd, trop pesant, il tourne sur lui-même avec son accordéon, et semble nous dire : « moi, j’ai dit ça ? Ça m’étonnerait. C’était pour rire. ». 

Les « Têtes raides », pour ceux qui sortiraient de 25 ans de prison, auraient moins de 20 ans, ou au contraire en seraient restés à Brassens ou Sardou, c’était ce groupe atypique vêtu de noir, libertaire à défaut d’être libertin, qui jouait du contraste entre la noirceur des textes et le coté délibérément entrainant des musiques accordéonesques, dans le genre désuet des guinguettes des bords de Seine.

Des anars intelligents, capables d’ouvrir leur scène à une violoncelliste classique multi-primée ( Anne-Gaëlle Bisquay) : cela durera presque 25 ans…

Des gens tout de même capables de jeter 80.000 personnes dans les champs des « Vieilles charrues », un après-midi de juillet 2001, avec les paraboles de « Ginette  » (l’éternelle Ginette a fêté ses 30 ans l’an dernier . Une mer humaine (j’y étais), avec ses vagues, cette fille qui pleure à côté de moi, à qui je demande pourquoi lors d’un court intermède, et qui me répond « mais tu ne comprends donc pas que c’est une chanson triste ? ». Si, ma belle (en fait, elle n’était pas très belle), j’avais compris depuis longtemps…

Et aussi, bien sûr, l’invention scénique géniale de la lampe à incandescence, devenue l’enseigne ou le point des ralliements des concerts des Têtes raides ou, aujourd’hui encore, de son ex. leader Christian Olivier. Une madeleine visuelle autant que sonore, celle qui reste quand les cheveux et les illusions sont partis (ca part ensemble, en général).

Et aussi « Gino », l’oiseau acheté par le veuve du marin pour « se consolater »(sic), mais qui mourra aussi, car elle ne savait pas que « l’amour, ça tue les oiseaux ».

Mais tout passe, tout lasse, tout casse, et sans se séparer vraiment, le groupe se met en « pause » en 2016 et Christian Olivier se la joue solo (ce n’est pas une mauvaise idée).

Après les tueries du 13 novembre, il sort un morceau contre la bien-pensance coupable des « plus rien ne sera comme avant », bras dessus bras dessous dans un bel élan dans les cérémonies « je suis Charly », alors que tout continue, surtout dans sa famille initiale de pensée, mais qui depuis fait dans l’islamo-gauchisme électoral :

Mais surtout il se dirige vers une plus grande pureté des textes et l’élégance (des mots comme des musiques) comme ici dans ce beau morceau lucide sur « les villes de grande solitude », (comme aurait dit l’autre), ou il reste plus rien à faire d’autre que chanter (« je chante »)

 ou sur la déliquescence des choses et des relations, sous le parapluie des merdes de la vie, quand il faut savoir "laisser la place" :

Sur le couple et ses non-dits, il sait bien que « les années passent sans merci, si on se frôle, c’est déjà ça, chacun son rôle, pas plus que ça », en duo avec Olivia Ruiz.

Le sablier, c’est aussi ce qui a dû pousser Jeanne Moreau à pousser la porte du « clown noir » pour un testament audio en noir et blanc. A quelques mois de rendre sa copie au pion de service, c’est Christian Olivier qu’elle a choisi pour un beau duo et une salade de mots, plutôt que de cracher ses poumons dans un HEPAD privé coté au CAC 40.

Pendant ce temps-là, au café de la marine, y’a un Capt’ain qui navigue sur des océans de bière, y’a du temps qui passe, et partout ça cause à la mort. Et Emily, elle, boit du whisky. 

« Au café d'la marine
Y a un captain
Le sang Pilsen noire
D'un bateau qui se perd
Dans la bière au comptoir
Au café d'la marine
Emily, elle, boit du whisky

Au café d'la marine
On raconte des vies
C'est du temps qui passe
Des vides insaisissables
Attentes meurtrières
Au café d'la marine
Emily is crying her little dog

Au café d'la marine
Le captain y r'Pilsen
Noire encore brûlé
Comme l'encre sur le papier
Il ne sait pas, lui, comprendre ça
Au café
Emily dort

Au café d'la marine
On parle à la mort 
Violente femme
Pleure ton amant au comptoir
Déchirure de ton corps
Au café d'la marine
Emily se meurt

Au café d'la marine
Le captain, y repartira .. »

 

(« Emily, elle », par « Têtes raides »)

 

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Crédit photo :

 - vignette : Christophe Beaussart

 - Bas page : Richard Dumas


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33 réactions à cet article    


  • wagos wagos 5 février 12:01

    On n’est pas obligé de porter un chapeau pour faire l’anar....c’est curieux cette mode d’aspect crado et négligé pour jouer un personnage....

    Brassens n’était pas affublé d’un couvre chef ridicule ! 


    • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 5 février 16:01

      @wagos
      Je ne vois pas le rapport entre porter un chapeau noir et faire anar.

      Dans les décennies que vous m’avez tout l’air d’avoir fréquenté ( les 40/50 et même.. les années 30, désolé ! ..) c’était plutôt le contraire. Pour jouer les « messieurs », politicailleurs ou autres, il fallait un chapeau pour faire sérieux...
      C’est ceux qui allaient nu-tête qui étaient jugés « saltimbanques ».
      Quand à l’aspect « crado », il est possible que le moindre de ses costumes vous paieraient de quoi acheter 10 pull pour ramasser les champignons en forêt de Fontainebleau.
      Vu ???
      Christian Olivier, je l’ai croisé brièvement 2 fois, et il m’avait l’air lavé et ne sentait pas sous les bras...Donc «  crado, négligé ».. 
      Comprends pas, mon gars.
      Alors que Brassens, faudrait peut être relire la littérature de l’époque. Les « anars » de l’époque ( et je pense que Brassens n’en a jamais été un, c’était un p’tit gars bien installé dans la chansonnette de l’époque) ça sentait un peu le gamin qui se néglige. ( « un poète, ça pue des pieds », disait Léo Ferré).
      Les filles aussi, parait-il, d’où la fameuse blague de l’aveugle passant devant une poissonnerie et soulevant son chapeau (tiens, un chapeau...) en disant « bonjour les filles ».
      Bref, j’avais senti venir le coup sur ce site (qui devrait de plus en plus s’appeler « PapyVox ») quand j’écrivais au tout début de l’article : "pour ceux qui sortiraient de 25 ans de prison, auraient moins de 20 ans, ou au contraire en seraient restés à Brassens ou Sardou

      ".
      Eh ben Bingo, en voilà un qui se dévoue....

      PS : Dis mon gars, pourquoi t’écrirais pas un article sur tes idoles, Tino Rossi, Pauline Carton, etc.. Hein ??


    • wagos wagos 6 février 19:07

      @Sandro Ferretti

      Primo, on ne se tutoie pas...Secundo, bien que d’un certain âge, non merci pour Tino Rossi ni Pauline Carton....

      Quant à vos saillies qui n’amusent que vous en voulant faire l’intéressant , J’ai de quoi m’offrir également une garde robe de marque,quant au fameux salut les filles en passant devant une poissonnerie , c’est archi-connu , mais si vous n’avez que ça dans votre répertoire , il faut savoir se contenter ce que l’on a ;.... 


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 février 19:33

      @wagos
      Garde robe ... Vu l’âge c’était toi le pote à Michou ?


    • wagos wagos 6 février 20:08

      @Aita Pea Pea

      C’est toujours la poule qu’a pondu qui chante ..tu en parles bien de Michou, tu devais être client !! 


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 février 20:12

      @wagos
      Va foutre de la vergeoise sur les crêpes blondin , alors que la cassonade existe.


    • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 5 février 12:25

      Correctif : « accordéon diatonique » et non pas « diachromique ».


      • voxa 5 février 12:31

        Bonnes musiques...

        Textes sublimes...

        .

        Ca nous change de la boite à rytmes des rapeux merdiques et de leurs cinquante mots de vocabulaires...

        ...


        • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 5 février 13:40

          @voxa
          Yep, c’est sûr.
          D’autant que Têtes raides ( et Christian Olivier en solo) auraient pu se contenter d’une image estampillée « Copyright Têtes raides », rester dans sa niche, aidés d’un charisme et d’un présence scénique incontestables, pour mener tranquillement leur barque, en s’appuyant sur un « parolier de l’ombre »., comme tant d’autres..( chut, pas de noms...)

          Mais oui, paroles et musiques sont de Christian Olivier depuis les débuts.

          C’est un mystère que ce type, le genre que la scène musicale réserve tous les 20/ 30 ans à quelques extra-terrestres (je ne parle pas de nombre de disques vendus, je parle de comment mettre 80.000 personnes sur un champs boueux dans le trou du cul de la Bretagne, quand on ne s’appelle pas Springsteen, Pink Floyd ou Mick Jaegger).
          Comment créer une telle marée humaine qui chante les paroles, hommes, femmes, jeunes et moins jeunes ?.
          Une alchimie.
          C’est pas le top-ten de la Sacem, c’est l’aristocratie des saltimbanques.


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 février 19:55

          Salut Sandro. Je sais pas , j’accroche pas , même avec une ex qui aimait. Mais bon ...etc


          • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 6 février 21:04

            @Aita Pea Pea
            Pas grave. Le mystère qui fait qu’on accroche ou pas , c’est comme le mystère des Tétes raides, leur fond de commerce c’est l’énigmatique.
            Quand même, 80.000 personnes qui tiennent debout dans la gadoue par la seule gestuelle d’automate et l’accordéon d’un mec, c’est pas banal. Qui n’a pas vu çà n’a pas vu.Epicetou.
            Si Sabine était passée, je lui aurais dédiée celle-là, une de ses plus belles, qui me fait un peu penser à nos rapports (« et ne me dis pas qu’il fait beau »...etc)
            https://www.youtube.com/watch?v=vhLNT7eC8xI

            Bon, bonne nuit, c’est le désert des Tartares, par ici. Le « K » de Buzzati.
            PS : ce soir, sur Arte ,dans 5 mn,une madeleine de 1993 avec Al Pacino : « Carlito days ».
            Un must du polar intelligent. Les 10 dernières minutes du travelling du brancard du Samu avec la perf. et Al Pacino qui va crever, mais qui se souvient.
            Souvent copié, jamais égalé .


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 février 21:18

            @Sandro Ferretti
            Salut...perso les enquêtes de Morse sur la 3 ...excellente série angloise comme d’habitude parce-que de véritables auteurs derrière...


          • S.B. S.B. 7 février 17:52

            @Sandro Ferretti
            On a regardé le même film hier soir. 
            Il n’aurait pas dû entrer dans ce bar au début. Ca se sentait. « Je cherche pas les emmerdes, elles me tombent dessus ». Si, un petit peu quand même (et quel enf... d’avocat).
            Entre Pacino et De Niro, j’ai toujours préféré le premier, doux et grave, au second, plat et brute.


          • In Bruges In Bruges 7 février 19:31

            @S.B.
            Oui, Al Pacino, je l’ai découvert en 82, dans une petit salle d’art et d’essai ( j’étais trop jeune en 75, quand le film est sorti) dans ce bijou qu’est « un après-midi de chien », et sa prestation ahurissante ( largement improvisée), aux cotés du malheureux John Cazale ( le premier mari de Méryl Streep mort d’un cancer du poumon à 39 ans..)

            Il ne fallait pas être devin pour voir que ce mec-là croisait largement au dessus des autres, et qu’il allait « tout péter ».
            Ce qu’il a fait.
            Après, une fois starifié, il a évité de trop se caricaturer, ce qui n’est pas simple à faire (De Niro a raté cet exercice).


          • PhilVite PhilVite 6 février 23:03

            Bonjour M Sandro,

            Vous poursuivez inlassablement votre œuvre d’éducation des masses à la bonne chanson de chez nous et je trouve que vous avez bien du courage en ces temps d’effondrement civilisationnel caractérisé comme il se doit par la lutte duelle et sans nuance du bien et du mal.

            C.Olivier, combien de divisions ? Y a-t-il une vie hors du matraquage radio/tv (puisque, de notoriété publique, sans pognons, y’a pas d’ognon) ? Manifestement oui, mais où sont les fans (comme chantait Juvet ...ou à peu près) ? Lui, c’est comme le bon vin, il faut y revenir pour apprécier, prendre le temps. C’est à la réécoute que ça se décante, c’est pas du gros rouge de top 50. Son évolution ressemble à ça aussi, une décantation, virer le gras et gratter l’os. Ça épure, ça serre plus le sujet, comme une odeur d’urgence à dire, sans pour autant assommer le pèlerin. Et quoi qu’il arrive, définitivement les éboueurs zéboueront et les poètes poètiseront !

            Finalement, heureusement qu’on a pas assez d’essence pour faire la route dans l’autre sens...


            • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 6 février 23:30

              @PhilVite
              Merci d’être passé.
              Pas mieux.
              Si j’avais des trucs à vendre, vous seriez mon attaché de presse.
              Mais comme disait Manset : « cela ne sait peut point ».
              Faut que je vous laisse, faut que j’aille chercher Ginette, qui tourne en guinguette. Et comme « elle a toujours un verre d’avance », faut pas qu’elle traine seule le soir, même si son histoire, on s’en fout...


            • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 6 février 23:30

              « cela ne se peut point », sorry.


              • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 8 février 11:11

                Sans rapport avec les « têtes raides », une chanteuse de bon niveau, qui n’est pas que belle : discrète, élégante, « neuronée ». Un peu surannée.

                Ça se fait rare.

                https://www.france24.com/fr/%C3%A9missions/%C3%A0-l-affiche/20220207-alexia-gredy-un-hors-saison-dans-l-air-du-temps


                • L’abdéritain 9 février 22:58

                  Merci pour ce billet.
                  De mon côté, je serais beaucoup moins laudatif que vous : quelques belles chansons, bien sûr, mais certaines chansons « engagées »  comprendre : gauchistes et mièvres à souhait  m’en ont définitivement détourné depuis que j’ai ouvert mes mirettes, notamment sur une chanson comme L’Iditenté et son « Que Paris est beau quand chantent les oiseaux, que Paris est laid quand il se croit français », chanson pro-migrants bas du front (à l’heure où on les appelait encore sans-papiers) en duo avec l’inénarrable Bertrand « et quelques fascisants autour de 15% » Cantat. Je me permets d’ailleurs de faire figurer ici l’amusante critique de l’album Gratte Poil par Jean Levrain Jr, dans le regretté mensuel Chronic’art. Un autre ton que le vôtre, soyez bon joueur !

                  «  Voici trop longtemps que cette engeance néfaste prétend incarner le présent d’une chanson qu’elle empaille. Les Têtes Raides, comme leurs clones La Tordue, comme leurs épigones Casse-Pipe, comme leur variante américanophile Louise Attaque, comme encore les cent mille groupes franchouillards qui hantent les bars du canal Saint-Martin, sont en train de transformer la chanson française en contrefaçon régionaliste, à placer entre I Muvrini et Matmatah.

                  A peu près tout chez eux est insupportable : les voix viriles, la diction affectée rive gauche, la poétique ostentatoire des textes, la banalité des compositions, les prétentions antifascistes… Mais le pire est au fond ce qu’il y a de plus supportable : cet ascétisme affiché dans le parti pris de l’acoustique. Vrai que rien n’est plus beau que le timbre non altéré de l’hélicon, mais si c’est pour faire la pompe sur ces misérables couplets de Prévert au rabais, autant faire slapper Janick Top. Au moins, on verrait ses mitaines en cuir dans le clip. Ce cirque de l’authenticité, qui consiste à n’adopter aucune posture, aucune tournure, aucun instrument, aucun thème, aucun ton sur lesquels pèserait une présomption de frivolité, ce cirque donc nous fait vomir. Dans le hip-hop comme dans la chanson néo rive gauche. Cette rage à vouloir paraître authentique, poétique, et de gauche est la plus sûre marque de la fausseté et de l’étroitesse d’esprit.

                  La facilité avec laquelle cette espèce compose des chansons pour les sans-papiers (ici, L’Identité qui clame « que Paris est beau quand chantent les oiseaux / que Paris est laid quand il se croit français ») éclaire sans équivoque sa nature militante. Elle est en fait l’héritière de Jean Ferrat, non de Georges Brassens, qui n’a jamais prétendu parler au nom de qui que ce soit d’autre que lui-même. Je ne laisserai jamais personne parler en mon nom. »


                  • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 10 février 10:46

                    @L’abdéritain
                    Bonjour,
                    Vos remarques (et celles de ceux que vous appelez à votre secours pour les étayer) sont tout à fait « entendables » comme on dit aujourd’hui-.

                    Je ne suis pas fan du « en même temps » ( ni en politique, ni dans la vie), mais je peine à voir en quoi les critiques exprimées sont contradictoires avec ce que j’ai scribouillé dans ce modeste billet.
                    En particulier, vous aurez observé que je ne parle pas dans l’article de politique ni « d’engagement », modeux ou sincère, des Tetes raides,e t encore moins de Christian Olivier en carrière solo.
                    Vous aurez peut étre noté aussi qu’aucun titre annexé à l’article n’a de relent « politique » ( au sens large) ou donneur de leçons, mais traitent globalement de la vie intime, du temps qui passe, des séparations, etc..

                    Je vous rejoins sur le coté irritant des « artistes engagés », préférant les artistes « dégagés » de ce genre de figures imposées du moins ( Bashung, Manset, etc).
                    Du reste, et Têtes raides ne fait pas exception à la règle, les titres à connotations politicardes sont en général les moins bonnes des artistes qui ont par ailleurs des qualités :
                    C’est valable pour Lavilliers, par exemple, dont « 15 eme round » et « on the road again » ou « Sax’aphone » valent bien mieux que ses titres sur les métallo ( l’exception étant « la grande marée »).
                    Par ailleurs, bien que (ou plutôt parce que) j’en ai fréquenté pas mal professionnellement, vous aurez observé ( pour ceux qui me connaissent ici depuis 12 ans et quelques 60 articles) que j’évite de parler politicailleries.
                    Toutefois :
                    ce que vous dites me semble surtout caractéristique des premières années (et album) des Têtes raides, beaucoup moins après, et plus du tout de C. Olivier en solo
                    -les titres que j’ai choisi pour souligner l’originalité de T.R sur la scène musicale n’ont rien à voir avec la bienpensance convenue des 2 dernières décennies.

                    Et c’est là aussi que je ne suis d’accord avec tout ce qui est écrit dans le papier de Chronic’Art
                    d’abord, bien que parisien de naissance et y ayant passé en plusieurs fois quelques décennies, je ne connais pas la diction « rive gauche »
                    le caractère épuré du phrasé d’Olivier, sa gestuelle de mime et d’automate sont à mon sens sans équivalant sur la scène musicale actuelle.
                    a mon sens, l’ascèse a du bon, n’en déplaise à l’article que vous citez.
                    Et C. Olivier a en effet quelque chose d’un sacristain. Un sacristain laïcard, mais capable de faire chanter 80.000 personnes dans la gadoue et « middle of nowhere breton ».
                    Vous en connaissez d’autres ?
                    C’est ce qui fait précisément son originalité, et met du recul, de la distance dans des textes souvent noirs. On ne retrouve pas ça ( chez les vivants, du moins, parce que la faucheuse a bien déboisé la colline, ces derniers temps...) dans le reste de la « chansonnette franchouille ».

                    Bref, je ne vous donne pas rendez vous sur le pré demain à 6.00 avec votre témoin...
                    Merci de votre passage (pardon, de votre Thrace...)
                    En revanche, je vous suggère de créer un groupe qui chanterait «  Démocrite blue’s », j’admets que « ça le ferait », comme disent les djeunes.
                    A vous relire.


                  • L’abdéritain 10 février 15:39

                    @Sandro Ferretti

                    Il ne s’agissait pas tant de contradiction, au sens où mes affirmations n’avaient pas vocation à détruire les vôtres, que d’en faire apparaître le hors-champ ou, plus exactement et modestement, un contrechamp perso. Nos deux discours demeurent, en cela, juxtaposables (est-ce votre idée du « en même temps » ?) ; ou alors l’opposition nette et frontale s’avère peut-être nécessaire pour commenter ici ? De ce que j’ai pu lire depuis quelques années en loucedé, je ne le crois pourtant pas.

                    D’ailleurs, allons-y, une dernière remarque pour pinailler puisque je suis globalement en accord avec votre discours (Hallelujah !) quoique, contrairement à vous, j’ai quelques difficultés à trier aussi nettement le bon grain de l’ivraie dans leur discographie  d’autant plus si l’on appréhende comme moi les albums comme des touts, sans renfort du bouton « piste suivante ». Je les connais bien moins que vous, ceci explique aussi cela.
                    Vous reprenez ici, comme dans votre billet, l’idée selon laquelle les TR auraient été « capables de jeter 80.000 personnes dans les champs des « Vieilles charrues », un après-midi de juillet 2001, avec les paraboles de « Ginette  » ». Puisque vous y étiez (et moi aussi, ma première édition, qui je crois est restée dans la mémoire de bcp, à commencer par nous deux), vous connaissez sûrement les us des Vieilles Charrues et de ce genre de festival plus généralement. Je m’explique : si ma mémoire est bonne, les Têtes Raides étaient en début de soirée (plutôt 20h que fin d’aprèm il me semble, ce qui a son importance ici) sur la grande scène, juste avant Noir Désir, qui venait une heure après le « détour » par la scène d’en face. Or, ND était la tête d’affiche (les TR ont d’ailleurs fait une apparition lors de leur concert), et il est de coutume de trouver une bonne place pour le prochain « gros » groupe. Non pas que je veuille remette en cause le nombre et le plaisir des spectateurs devant les TR, mais ce genre de concours de circonstances est (était) tout de même assez commun aux Vieilles Charrues. Ainsi, pour répondre à votre question — qui se voulait rhétorique — « Vous en connaissez d’autres ? »  : aux Vieilles Charrues, oui, et c’est la règle davantage que l’exception, au moins depuis les années 2000.

                    Et pour en finir avec de l’humoristique acidulé : j’accepte n’importe quel type de duel ; je ne laisserai pas lettre morte comme Clint Eastwood a pu le faire avec Romain Gary.
                    Et, laissez donc tranquille mon pseudo, il date de l’adolescence et comme vous avec les TR, « il faut rester fidèle à la mémoire de ce qui nous a un jour transi » n’est-il pas ? Et ce serait « Democrite’s Blues » sans erreur grammatical, nah !

                    Salutations,
                    Y.


                  • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 10 février 18:38

                    @L’abdéritain
                    1/ Dites pas de mal de Clint, c’est presque un ami...
                    Depuis 10 ans, certains de mes proches me surnomment Clint, en raison d’une pseudo ressemblance physique qui ne m ’est jamais apparu très flagrante, mais bon...

                    2/ Je vois que vous renoncez prudemment aux « promesses de l’aube », en chemise blanche à jabot, avec pétoire sous le menton dans le petit matin clairet.. Ce que n’a pas fait Gary.
                    De toutes façon, sa Seberg en jeans, elle s’est barrée quand même.Na.

                    3/ Vous avez raison, je m’enflamme peut être un peu sur l’ambiance des vieilles Charrues 2001, ou du moins le souvenir que j’en ai. Sans doute lié à un coït furtif mais violent, backstage, au milieu des flight-case, avec une clarinettiste pas coincée du tout de l’ embouchure... Mais Garry Cooper (l’autre Gary) me dit que ça va être censuré si je continue à faire mon intéressant.

                    Donc je me retire (quelle élégance...), non sans :

                    -vous offrir ( puisque vous parlez d’Hallelujah) la très belle version de la non moins belle Elisa Toffoli ( je vous épargne l’original du canadien en noir et en chapeau, qui vous ferait trop penser à Christian Olivier.. et donc pourrait vous causer une éruption cutanée !.)
                    https://www.youtube.com/watch?v=Xl_UJKT2wZc

                    vous signaler ( mon coté taquin) qu’on écrit une « erreur grammaticale ».
                    Sans doute vous et moi, après l’enfance aux genoux cagneux, avons nous eu une jeunesse khâgneuse...Pour ma part, c’est sûr, mais c’est pas ce que j’ai fait de mieux. Au lieu de causer Spinoza et Althusser en fumant des Gitanes sans filtre, j’aurais dû commencer plus tôt à en coincer quelques unes dans les flight case des backstage. J’savais pas, alors...

                    Je vous laisse, je pars chercher Ginette, « qui tourne en guinguette et qui a toujours un verre d’avance, des fois qu’on fermerai la porte... »


                  • L’abdéritain 11 février 14:55

                    @Sandro Ferretti

                    Je comprends mieux votre (relatif !) aveuglement si vous étiez affairé en coulisse. Je n’ai pas joué du trombone à coulisse autrement que dans une tente personnellement.

                    Par ailleurs, je ne sais pas si je dois être impressionné par votre intuition d’une « jeunesse khâgneuse », ou meurtri à l’idée que ce genre de prose soit reconnaissable entre mille ; une petite cure de Céline et de forum 18-25 pour déglinguer ce conventionnalisme langagier ne fera pas de mal.



                    • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 10 février 22:57

                      @S.B.
                      Bonsoir,
                      Oui, j’étais à ce concert du 1er mars 2020 ( le dernier auquel j’ai assisté, car le Covid commençait vraiment à canarder en région parisienne du moins , et après, il y eu le confinement).
                      Le regret qu’elle n’ait pas chanté « sister heroine », le titre en mémoire de sa sœur.
                      Pour le reste, je ne suis pas très jazz (euphémisme) ni très porté sur les années folles ou les musiques des années 50.
                      Bonne route quand même.Regardez devant vous...


                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 10 février 23:29

                      Le premier commentaire de L’abderitain me convient bien. Il écrit mieux que ce que je pensais à l’époque.


                      • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 11 février 13:28

                        @sb :

                        « sister héroïne », si vous ne connaissez pas, c’est là. Ça le fait.

                        https://www.youtube.com/watch?v=uT7_ZPIAoC4

                        @ Aita : officiellement, (...) l’Abderitain est « un nouveau ».

                        Je ne crois pas trop aux nouveautés sur ce site sclérosé.

                        Pourtant, j’ai cru comprendre par certains intervenants que les nouvelles adhésions / création de comptes étaient impossibles depuis plusieurs mois, vu la multiplication des faux comptes.

                        Donc l’Abderitain, c’est qui ??? ( en tout cas, il sait écrire sujet/ verbe/complément, ce qui devient une rareté sur ce site de Bac moins 12....)


                        • L’abdéritain 11 février 15:39

                          @Sandro Ferretti

                          Il faut croire qu’ils ont fait une exception alors, puisqu’il est effectivement un nouveau ; nobody mais pas noob puisqu’il vous lit depuis plusieurs années, tout en appréciant la prose de certains, et les répliques savoureuses des autres en commentaire, quand bien même le billet d’origine serait-il affligeant (je ne parle pas des vôtres, Sandro, l’amateur de troussage de gourgandines en arrière-salle, sûrement à la verticale, mais de ceux d’un certain Rajamachin qui m’excusera pour son pseudonyme). 


                        • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 11 février 18:00

                          Bon, c’est pastoussa, ce soir « victoires de la Musique » ( NB:quel intitulé ridicule, devenu pathétique depuis l’édition 2009 où des cons et des voyeurs morbides ont tenu a montrer le Bash du bout du bout, grand fauve au souffle court, déjà couché dans les hautes herbes).

                          Comme je dois trainer pour diverses raisons dans les fichiers d’Universal de l’époque Nègre, les Nusse « boys » m’ont tamponné en début de semaine pour mon vote catégorie meilleur espoir masculin. J’ai voté « chien noir »( pas de majuscule à chien, il y tient), un p’tit jeune piano-voix tout à fait présentable qui chante des histoires vraies :

                          https://www.youtube.com/watch?v=fKKyS5b1rBc

                          J’en ai profité pour me plaindre qu’en « espoir féminin » ne figure toujours pas Alexia Gredy , et qu’à 30 ans passé, il faudrait peut être qu’ils y pensent.

                          https://www.youtube.com/watch?v=a3QEfcJ-81Q

                          Y m’ont dit : « Sandro, t’es namoureux ou quoi ? »

                          J’ai répondu qu’il suffisait en effet de presque rien, peut-être 10  20 années de moins , pour que je lui dise… une connerie… 

                          Bon, je verrai pas ce soir (parce que j’ai quand même un métier), mais je croise les doigts pour chien noir.


                          • S.B. S.B. 11 février 18:27

                             smiley

                            Il y aurait un lien entre Madeleine Peyroux et les années folles, et les musiques des années 50...

                            Heureusement qu’il y a aussi des gens qui savent murmurer aux oreilles des autres, et pas que des gueulardes et des gueulards.


                            • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 11 février 19:00

                              @S.B.
                              -Mode Ministre de l’intérieur « ON » :
                              « ne vous vexez pas, ça va bien se passer »...
                              -Mode Ministre de l’Intérieur OFF, mode Sandro ON :
                              Merde, j’aurais encore dit une con...ie ?
                              Donc, pour me faire pardonner avant même une potentielle offense, je tire une 2 eme cartouche de « chien noir » : c’est zen, il y a de la lumière bleue, c’est pas gueulard pour deux sous...

                              https://www.youtube.com/watch?v=j7det57k3Fc

                              PS : ce n’est pas pour « faire genre », je n’aime sincèrement pas le jazz et le « jazzy », ça évoque trop pour moi les pompes bicolores, les sulfateuses Thomson à camembert , les tractions avant et les feutres noirs.
                              Ou alors, en mode parodie OK, comme ici avec un mec doué , Alexis HK( et la présence de l’ami Jean Fauque dans le camp des pied-noirs).
                              https://www.youtube.com/watch?v=8IHxebKK-VQ
                              Faut pas m’en vouloir, chuis pas trop zallé aux zécoles, non plus...


                            • S.B. S.B. 11 février 19:50

                              Madeleine (pas « le » jazz ou « le » jazzy), Madeleine, ma Madeleine, évoque vraiment tous ces trucs ?
                              Vraiment vraiment ?
                              Bon, j’abandonne, je baisse les bras, je laisse tomber, je renonce, j’abdique, je laisse la place, je lâche l’affaire, je jette l’éponge.
                              Adieu monsieur Darmanin.
                              (et inutile de me proposer un appart dans votre belle ville de Roubaix)


                            • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 11 février 21:18

                              Je ne connais pas Roubaix, j’ai oublié Lionel Dumont et ses tristes clowns.

                              Mais ces deux là, quand ils s’y mettent à deux, ça le fait.

                              https://www.youtube.com/watch?v=y0m4B0kKfW4

                              Bon, j’y retourne.

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