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Cinéma : vers le sud

Début des années 1980. Haïti vit sous la coupe du dictateur Baby Doc. Malgré tout, le pays est une destination très prisée des Nord-Américains. L’hôtel de La Petite Anse, installé sur une plage de la banlieue de Port-au-Prince, est un véritable Eden tropical autour duquel gravite une bande de jeunes garçons qui échangent leurs charmes et leur tendresse contre quelques faveurs, un bon repas, parfois quelques dollars... Et surtout, un peu d’affection et de calme.

Deux clientes américaines, âgées d’une cinquantaine d’années, voient leur vie bouleversée par la véritable passion amoureuse qu’elles éprouvent l’une et l’autre pour Legba, dix-huit ans tout au plus, et beau comme un dieu, qu’elles viennent retrouver là chaque année.

Critique,

Laurent Cantet nous renvoie trente ans en arrière. A une époque où, malgré la misère, la dictature, la souffrance, Haïti était encore un petit coin de paradis pour quelques touristes américains. De femmes en l’occurrence. Car, exceptionnellement, une fois n’est pas coutume, les rôles sont inversés. Il ne s’agit plus d’hommes quinquagénaires, en manque de chair fraîche, profitant de la misère sociale de belles Caraïbéennes, mais de femmes occidentales, en mal de tendresse et d’attention. Le sujet est une première. Son approche méritait sensibilité, finesse et subtilité. Laurent Cantet (L’emploi du temps, Ressources humaines) était sans doute l’homme de la situation. A partir d’une nouvelle de l’écrivain Dany Lafferière, il nous fait pénétrer dans la psychologie de ces femmes (aux caractères et aux attentes bien différents), sans tabou ni vulgarité. Contrairement à ce que certains auraient eu plaisir à faire, Cantet ne tombe jamais dans le glauque ni le manichéisme. Ici, pas question de victime ni de prédatrice. Le film s’attache plus à montrer l’une des nombreuses faces d’un pays en proie à la pauvreté. L’on ne retient alors que des regards tantôt perdus, tantôt gais, ou amers... Le regard perçant de Legba (Ménothy César), le regard dévorant de Ellen (somptueuse Charlotte Rampling), le regard effrayé de Brenda (Karen Youg)...

NOTE : N’ayant pas pu réaliser le tournage en Haïti (en raison des problémes politiques internes), Cantet et son équipe se sont exilés en République dominicaine. Une scène a cependant pu être tournée à Port-au-Prince (à vous de deviner laquelle).


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