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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Claude Rich, quel acteur !

Claude Rich, quel acteur !

« Je ne suis pas un très bon chrétien. Je n’étudie pas beaucoup ma religion, mais je crois en l’amour de Dieu. De la même façon que l’on ne sait pas toujours pourquoi on aime une personne, j’aime Dieu. Je le fréquente tous les dimanches. Lorsqu’il m’arrive de confier à quelqu’un mon intention d’aller à la messe le dimanche et que mon interlocuteur me fait part de son étonnement, je lui dis que c’est moi qui suis étonné qu’il n’aille pas à l’église. (…) [Mais] mon métier est en contradiction avec la générosité qu’un chrétien devrait avoir. Un acteur est, malgré tout, tourné vers lui-même. Ne me transformez pas en comédien catholique. Je veux rester un acteur qui puisse jouer tour à tour un sal@ud ou un saint. » ("La Croix" le 15 avril 2006).

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Le grand acteur français du cinéma et du théâtre Claude Rich a tiré sa révérence ce jeudi 21 juillet 2017 à l’âge de 88 ans, dans sa résidence d’Orgeval. Comme si c’était autorisé d’abandonner tous ceux qui l’ont adoré !… C’est la conséquence secondaire du cinéma : les acteurs, on va les voir (dans les salles), ou même, ils s’invitent chez soi, à la télévision, en dvd et autre écran interposé. Ils sont présents, familiers, parfois complices, certains, on les aime, d’autres, on préfère les éviter sans les haïr (comment peut-on détester ceux qu’on ne connaît pas vraiment ?), mais ils font partie en quelques sortes du paysage personnel, d’une grande famille.

Claude Rich, ce serait le grand-oncle. Farceur, toujours le mot pour rire, imposant, impressionnant et bienveillant. Il aurait pu faire de la politique et avec sa voix si agréable, si caractéristique, si rassurante, avec son sourire si communicateur, avec ses yeux si pétillants, je ne doute pas qu’il aurait fait un malheur électoral. Mais il n’était qu’un joueur, un joueur de comédie.

Simple employé de banque, il a réussi le concours du Conservatoire national d’art dramatique de Paris, sorti en 1953 avec le second prix. Même promo que ses futurs compères Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Bruno Cremer… : « Au théâtre, la fidélité du public est touchante. En comparaison, le cinéma apparaît mécanique. On regarde un écran. ». École des stars, il y a appris paradoxalement l’humilité et la discrétion.

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Il a joué dans environ quatre-vingts films de cinéma (de 1955 à 2014) et dans une cinquantaine de pièces de théâtre (de 1951 à 2011), dont certaines qu’il a écrites lui-même, sans compter des dizaines de téléfilms (dont le "remake" des "Rois maudits", celui de Josée Dayan diffusé du 7 au 28 novembre 2005 sur France 2). Ce qui trouble, c’est le changement et la continuité dans une vie. C’est sûr qu’un acteur qui vieillit, tout le monde peut s’en apercevoir, à quatre-vingts ans versus à vingt ans, c’est toujours très impressionnant, comme lorsqu’on regarde des vieilles photos de famille. Une, deux, trois générations sont déjà passées.

Claude Rich, il avait le don extraordinaire d’être le gendre idéal des années 1960, un peu intello sur les bords, probablement bobo avant l’heure, parfois fils du vice-président des Fonds monétaires internationaux. Né le 8 février 1929 (à Strasbourg), il avait une trentaine d’années à l’époque. On le retrouve ainsi dans "Les Tontons flingueurs" (1963) aimant la nièce de Lino Ventura ou encore dans "Oscar" (1967), une grande farce, aimant la fille de Louis de Funès. Il avait déjà sa voix extraordinaire, si intelligible, si frappante, si pénétrante.

En fait, Claude Rich était doué surtout pour les personnages complexes et difficiles, et lorsque les rides sont venues, Claude Rich devenait souvent un notable, un ministre même, ou un juge, ou un membre du Conseil d’État, etc.



Au début, il a rarement eu les premiers rôles mais au contraire de nombreux seconds rôles succulents, Claude Rich a largement été récompensé par la "profession" de son vivant (je précise "de son vivant", car combien d’acteurs peu reconnus vivants le sont-ils devenus à titre posthume, avec le regret des jurys ?) : s’il n’a jamais obtenu de Molière malgré cinq nominations, il fut deux fois récompensés par un César, le César du meilleur acteur pour "Le souper" (1993) où il est Talleyrand face à Fouché joué par Claude Brasseur (le film tiré de la pièce mise en scène par Jean-Pierre Miquel en 1989), et (de quoi effrayer le lauréat qui peut se croire déjà enterré), le César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, en 2002 (pourtant, sa carrière n’était pas encore achevée à cette date).

Le journal "La Croix" a consacré un portrait intéressant de Claude Rich le 15 avril 2006. Passionné par l’histoire, l’acteur a joué de nombreux personnages historiques, comme Léon Blum, Talleyrand, le cardinal Ottaviani, Voltaire, Jean XXII, Galilée, Louis Althusser, etc. (et même Panoramix !) : « Je ne sais où je trouve cette capacité à exprimer la noirceur de l’âme humaine. ».

Un de ses réalisateurs Bertrand Tavernier l’a décrit de cette façon : « Il est l’acteur dans ce qu’il a de plus imaginatif, généreux et ouvert sur tout ce qui entoure son rôle. Ensuite, j’aime ses angoisses et ses doutes, sa discrétion. Il se conduit de manière formidable, sans en tirer aucune gloriole. (…) On dirait que sur lui, les saletés de la vie n’ont aucune prise, qu’elles passent à côté : comme s’il était immunisé contres elles ! » (15 avril 2006).

Dans son métier, il a toujours gardé au creux du cœur ce conseil du maître Louis Jouvet : « N’oubliez jamais, lorsque vous serez au sommet, que le succès est éphémère et la mort au bout ! ».

Pour ne pas oublier avec lui, je vous propose quelques scènes qu’on peut voir sur Internet, et l’une des vidéos sur Youtube ("La bûche") est accompagnée de ce message en anglais qui montre que la malice et le génie du comédien Claude Rich avaient largement dépassé les frontières hexagonales : « The monologue is one of the reasons why Claude Rich is such a great actor. His gentle smile, serene face and tender voice… bring such warmth to a two-minute-monologue. ».


"Les Tontons flingueurs" (réalisé par Georges Lautner et sorti le 27 novembre 1963)














"Oscar" (réalisé par Édouard Molinaro et sorti le 11 octobre 1967)










"Le souper" (réalisé par Édouard Molinaro et sorti le 23 écembre 1992)






"La bûche" (réalisé par Danièle Thompson et sorti le 24 novembre 1999)






"Cherchez Hortense" (réalisé par Pascal Bonitzer et sorti le 5 septembre 2012)






"Bouquet final" (réalisé par Josée Dayan et diffusé le 21 juin 2011 sur France 3)






Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (21 juillet 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Claude Rich.
Francis Veber.
Mimie Mathy.
Victor Lanoux.
Robert Dalban.
Acting.
Disparition de Zsa Zsa Gabor, Michèle Morgan, Claude Gensac, Carrie Fisher et Debbie Reynolds (dessin).
Kirk Douglas.
Gisèle Casadesus.
Jean Gabin.
Michel Aumont.
Grace Kelly.
Alice Sapritch.
Thierry Le Luron
Pierre Dac.
Coluche.
Charles Trenet.
Georges Brassens.
Léo Ferré.
Christina Grimmie.
Abd Al Malik.
Daniel Balavoine.
Édith Piaf.
Jean Cocteau.
Yves Montand.
Gérard Depardieu.
Michel Galabru.
Bernard Blier.

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5 réactions à cet article    


  • amiaplacidus amiaplacidus 22 juillet 11:47

    Hier, en apprenant le décès de C. Rich, j’ai pensé : « on va encore avoir droit à un article de Rakotoarison », cela n’a pas manqué.
    .
    Je viens d’apprendre que J. Nahum vient de décéder, êtes-vous déjà en train de rassembler des bouts de textes sur internet pour pondre votre caca quotidien ?


    • gégène 22 juillet 15:35

      @amiaplacidus
      Vous préférez sans doute les petites merveilles de Rosemar.


    • La mouche du coche La mouche du coche 23 juillet 08:43

      amiaplacidus

      Vous râlez sans écrire d’article. Vous êtes une mouche du coche.

    • Richard Schneider Richard Schneider 22 juillet 20:07

      Bel hommage à un très bon comédien. Merci.


      • Balamou Balamou 23 juillet 10:19

        @ l’auteur....
        Pour que votre avis sur Claue Rich ait une quelconque valeur il eut fallut que vous accordassiez à l’immense Nabum les compliments qu’il mérite depuis si longtemps.......
        Comment avez vous pu ne pas être ébloui par son talent incandescent, par son invention poétique foudroyante et sa modestie incommensurable ?
        .
        Dans le monde de la Presse citoyenne il y a aussi des règles....Panda ne vous a donc rien appris. ?

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