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Clear side of the prog avec Psycho Praxis

Inutile de rappeler une fois de plus l’excellente vitalité de la scène prog italienne avec chaque année des formations nouvelles qui répètent, finissent par enregistrer quelques singles ou bien passent directement à la réalisation d’un album. Et contrairement à la France, pays centralisé, l’Italie n’a pas de centre culturel dominant et partout, de Naples à Gênes, de Florence à Turin, les musiciens du rock se rencontrent pour quelques agapes musicales avec des groupes inscrits dans la durée et d’autres qui évoluent au gré des arrivées et départs des protagonistes. C’est à Brescia, seconde ville de Lombardie et centre industriel notoire, que s’est formé le groupe Psycho Praxis qui signe son premier album chez Black Widow, label génois en plein essor, plus orienté vers le dark mais qui n’hésite pas à signer des artistes inscrits dans la mouvance symphonique et progressive, ce qui est le cas de Psycho Praxis dont les compositions n’ont rien de sombre et se proposent de décrire différentes atmosphères de l’existence. L’intention affichée par les musiciens étant de proposer un concept album qui raconte une histoire avec comme fil conducteur une corneille noire qui apparaît avec une tête humaine.

Psycho Praxis est une formation récente mais aussi une formation jeune, avec des musiciens déjà expérimentés puisque le groupe est né en 2004, avec à l’origine des prétentions plus heavy metal que progressives. La line up qui signe ce premier CD (intitulé Echoes from the deep) est toutefois très récente, formée en 2011. Les textes racontent en fait une sorte d’odyssée des profondeurs, une transformation de l’états psychologique (de l’état A à l’état B comme le confie le groupe), avec un schéma rappelant la divine comédie, qui commence par la noirceur infernale d’une âme tourmentée en partance pour un voyage, une sorte de purgatoire d’où sortira un être neuf. La stylistique dominante est résolument seventies et d’ailleurs, avec la tonalité des instruments, un blind test pourrait tromper les oreilles les plus averties tant cette musique semble datée avec précision, entre 1970 et 1972. Si l’on écoute le dernier morceau, on imagine un groupe formé de Jerry Garcia à la guitare, de Steve Winwood à l’orgue Hammond et de Ian Anderson à la flûte. En réalité, ce n’est pas un Hammond mais un Farfisa qui a été récupéré dans un garage, comme du reste la plupart des instruments utilisé par ces musiciens qui se disent « pauvres », ce qui ne les empêche pas d’exécuter une musique généreuse.

Cette musique est tourbillonnante, foisonnante, jouée tel un déluge de notes incessant, sans temps mort, avec une impression de fluidité qui rend l’écoute intéressante sans jamais lassé, avec des atmosphères évolutives, ce qui inscrit ce CD résolument dans le progressif le plus authentique. Le groupe a su éviter quelques lourdeurs stylistiques qu’on trouvait par exemple chez Uriah Heep ou bien leur cousins germaniques de Birth Control ou Hölderlin dont on se demande s’ils n’ont pas influencé les musiciens de Psych Praxis. Mais la vérité est ailleurs et les membres du groupe cachent bien leur jeu car leurs préférences musicales vont plutôt du côté du métal contemporain genre Opeth ou Tool, tandis que leur intention n’est aucunement passéiste, résolument orientée vers des compositions personnelles. Et c’est bien ce qui fait l’originalité de cette musique qui, bien que sonnant seventies, ne ressemble à aucune autre, témoignant en fait de l’incroyable plasticité du rock progressif et de la musique en général qui, bien plus que la peinture, se prête aux mélanges, aux amalgames et à l’expression des émotions. On capte bien l’évolution des teintes émotionnelles en écoutant les six morceaux qui composent l’album. A remarquer cette impression de fluidité qui se traduit par un constat édifiant. C’est la musique qui semble porter les instrumentistes et les entraîner dans ce mouvement tourbillonnaire où la flûte très fluide semble flotter et sans doute évoquer le vol de la corneille puis de l’aigle.

Le premier morceau illustre bien l’esprit de cette musique très complexe, raffinée, enjouée, rythmée, avec cet orgue très vintage qui, allié à une guitare résonnant parfois comme du Gilmour dans Echoes, ruse avec le temps sans tricher avec l’authentique. A noter également la flûte que l’on entend avec détails, ce qui montre aussi l’excellent travail de mastérisation signé Alessandro Siani. La seconde composition nous invite au recueillement et à la méditation. Belles parties mélodiques accompagnées par un entrelacs de touches musicales. Tout en finesse et subtilité, comme le reste de l’album que je situe comme indispensable pour tout amateur de prog souhaitant marquer l’année 2012.

 

TRACKS

PRIVILEGED STATION
P.S.M.
HOODLUMS
BLACK CROW
AWARENESS
NOON

Line-up

Drums : Matteo Tognazzi
Electric & 12 strings guitar : Paolo Vacchelli.
Electric bass, acoustic guitar : Matteo Marini.
Organ, piano, glockenspiel : Paolo Tognazzi.
Vocals and flute : Andrea Calzoni.


Moyenne des avis sur cet article :  3.29/5   (7 votes)




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3 réactions à cet article    


  • Pyrathome Pyrathome 28 décembre 2012 00:16

    Excellentissime ! merci, je ne connaissais pas...
    http://www.youtube.com/watch?v=73iLn4JhNho
    Par ex : un mélange d’influences Pink Floyd ( dark side the moon mais pas que...) King Krimson aussi Moody Blues ( threshold of a dream ).....


    • rouge sang 30 décembre 2012 22:36

      crimson (ça rime pourtant avec pyrathome)


    • rouge sang 30 décembre 2012 22:37

      ca sonne un peu daté prog italienne des années 70. effectivement un petit qque chose dans l’harmonie de time et great gig in the sky. c’est souvent le chant et la prod qui me convainc pas dans la prog italienne

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