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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Combat de la ferme du Bois-de-Seuil

Combat de la ferme du Bois-de-Seuil

En ces derniers temps de troubles, il est bon de nous rappeler à quel point nos anciens firent preuve de courage et d’héroïsme pour défendre le pays. Rappelons nous aussi que ce même courage coule encore dans nos veines...

35e REGIMENT D'INFANTERIE

 

COMBAT DE LA FERME DU BOIS DE SEUIL.

 

(30 et 31 Mai 1940)

 

 

" Le 30 mai nos troupes tiennent la ligne de l'Aisne. On décide qu'une reconnaissance sera effectuée en direction du village d'Amagne. Elle sera couverte sur son flanc droit par une section de la 3e compagnie du 35e régiment d'infanterie commandée par le lieutenant Gehin. A cet effet la section Gehin doit occuper, de l'autre coté de la rivière, une ferme isolée, composée de trois bâtiments se dressant au bord d'une plaine : la ferme du Bois-de-Seuil.

 

Il a été convenu que la reconnaissance sur Amagne une fois effectuée, la section Gehin au lieu de regagner l'Aisne resterait dans la ferme en embuscade. On espère que l'ennemi croira tous nos éléments repliés et enverra reconnaître la ferme. Il sera possible alors de lui faire des prisonniers.

 

Le début du programme s'exécute à la lettre. Le 30 mai, à 17h, la section Gehin occupe la ferme. La reconnaissance sur Amagne exécutée par d'autres éléments prend fin à 22h30. Puis ces éléments regagnent l'Aisne. La section Gehun reste en embuscade dans la ferme du Bois-de-Seuil. Elle profite de la nuit pour s'y organiser.

 

Vers 23h, puis a 24h30 un copieux bombardement est déclenché par l'ennemi sur tout ce secteur du front de l'Aisne. Plusieurs obus tombent sur les bâtiments de la ferme. Sur le front tenu par un bataillon du 35e d'infanterie, deux ou trois compagnies allemandes, dotées de très nombreuses armes automatiques, mitraillent nos petits postes.

 

La section Gehin placée à la ferme du Bois-de-Seuil pour une simple embuscade va se trouver entrainée par le hasard dans une opération beaucoup plus importante.

Vers 3h15 du matin, un guetteur signal une compagnie ennemie qui progresse dans la plaine vers la ferme, se préparant à l'aborder.

 

Le lieutenant Gehin fait évacuer un des bâtiments et la section, par les fenêtres du premier étage des autres bâtiments, ouvre le feu sur l'ennemi qui continu a s'approcher, utilisant les couverts et les défilements du terrain.

Bientôt le premier bâtiment est en flammes. Utilisant la fumée qui s'e dégage comme un écran, un groupe ennemi atteint le second bâtiment, une grange, et y met le feu . Tous les ennemis sont abattus par les défenseurs de la grange mais celle-ci, dévorée par l'incendie, devient intenable.

 

Les défenseurs ne peuvent se replier vers le derniers bâtiment, seul intact, car la cour est balayée par une mitrailleuse allemande. Un agent de liaison qui risque le passage est tué net. Par gestes, le lieutenant Gehin qui se tient dans le bâtiment intact avec 15 hommes, fait signe aux défenseurs de la grange de se replier vers l'Aisne. Aidée par l'obscurité la manœuvre réussit. Les défenseurs de la grange regagnent nos lignes vers 4h30.

 

A présent le dernier bâtiment est complètement encerclé. L'ennemi dirige un feu nourri sur les ouvertures et donne l'assaut, tentant de franchir les fenêtres. Il est repoussé avec de grosses pertes. L'officier qui commande l'attaque est tué. Les Allemands se replient dans les buissons à peu de distance de la ferme.

 

Mais aussitôt une deuxième compagnie entre en ligne. Elle débouche en bon ordre et se rue à l'assaut. Les fusils mitrailleurs lui causent des pertes et l’arrêtent. Un nouvel assaut ne réussit pas davantage. Les défenseurs de la ferme ne sont plus que onze hommes valides. L'un d'eux, le soldat Corre, a abattu successivement au fusil 12 ennemis. On compte étendus sur le terrain une trentaine de morts.

A 7h45 du matin une contre attaque menée par une section du 35e d'infanterie tente de dégager les défenseurs de la ferme. Elle débouche du pont d'Ailly, parvient à 200 mètres des bâtiments. Elle est arrêtée par un feu nourri d'armes automatiques et doit se replier.

 

Décidés à en finir les Allemands ouvrent sur la ferme un tir de mortier. Le premier étage est démoli. Deux tireurs du fusil-mitrailleur sont blessés. L'ennemi donne une fois de plus l'assaut. Une fois de plus il est repoussé.

 

L'ennemi pointe alors à courte distance un canon de 47 et ouvre le feu sur ce qui reste du bâtiment où tiennent depuis la veille le lieutenant Gehin et sa petite garnison qui comprend plus que 9 hommes et 4 blessés. Le tir du 47 ne produit que peu d'effet et ne blesse personne. Il est 13 heures.

 

Brusquement, à 13h10, une contre-attaque française, préparée dans la matinée se déclenche. Elle est menée par le sous-lieutenant Chalons et efficacement appuyée par l'artillerie dont les tirs encagent la ferme. Vivement menée l'attaque déborde les résistances ennemies et à 15 heures atteint la ferme où elle opère la liaison avec la section Gehin.

 

Plus de 70 cadavres ennemis jonchaient les abords de la ferme et des pertes sévères avaient été infligées à l'ennemi par le tir de l'artillerie. La section Gehin avait tenu en échec pendant 22 heures deux compagnies. Elle ramenait ses blessés et toutes ses armes en même temps que de nombreuses armes ennemies."

 

Extrait tiré du livre "Mémorial de France", faits d'armes recueillis par André-Paul Antoine. (14 Décembre 1940).


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12 réactions à cet article    


  • math math 4 janvier 10:20

    Une poignée résiste, alors que par centaine de milliers les autres se rendent et partiront travailler dans des usines en Allemagne… !


    • julien julien 4 janvier 11:25

      @math
      Peut être ...peut être pas ... Ce livre relate des faits d’armes fait par les soldats Français. Et puis cela n’empêche pas, malgré la défaite, de saluer le courage de certains d’entre eux. ^^


    • math math 4 janvier 12:22

      @julien....c’est ce que je dis pour une poignée...bonne journée !


    • JulietFox 4 janvier 17:43

      ca change de la « 7eme Compagnie au clair de lune », qui voudrait nous faire avaler, que l’Armée Française ne s’est pas battue et s’est rendue sans un coup de feu.


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 4 janvier 17:57

        @JulietFox

        Mon grand père qui a été fait prisonnier dans la nasse de Dunkerque adorait cette série de films ...Pour ce qui est de ce qu’il a subit, il n’en parlait jamais.


      • Raymond75 4 janvier 17:48

        Et pourtant ’la plus grande armée du monde’ s’est fait battre en trois semaines ; la puissante marine française s’est fait canonnée à Mers el Kébir par refus de poursuivre le combat avec les Britanniques, et ce qu’il restait de cette marine s’est sabordée sans combattre à Toulon.

        Quand à la très glorieuse armée d’armistice, ceux qui ont rejoint Londres sont très très très rares !

        L’histoire est connue, les souvenirs sélectifs sont superflus.


        • titi 4 janvier 19:45

          @Raymond75

          La défaite de la France c’est avant tout une défaite morale…. entre ceux qui ne voulaient pas se battre pour les industriels, ceux qui ne voulait pas se battre pour la gueuse, ceux qui ne voulaient pas se battre pour les anglais, ceux qui ne voulaient pas du blochévisme, ceux qui ne voulaient pas ci, ceux qui ne voulaient pas ça, au final bah y’avait personne pour se battre.

          C’est d’autant plus dommage que l’armée française, quand elle s’est battue, a connu des succès tactiques pendant cette guerre.
          Des batailles de chars ont eu lieu, à l’avantage de la France. 

          Si cela se reproduisait aujourd’hui, ce ne serait pas réglé en 3 semaines, mais en 3 jours.


        • titi 4 janvier 20:18

          @titi

          Et d’ailleurs si on y regarde bien c’était déjà ce qui était arrivé en 1870.

          Bazaine et Denfert Rochereau ont plus bougé une foi l’Empereur démis, affaiblissant l’armée de ses meilleurs éléments.
          Aureylle de Paladine (royaliste) a été limogé alors que c’était un des seuls généraux a avoir obtenu une victoire.
          L’Armée Bourbaki est passée péjorativement dans le langage commun alors que c’est la seule initiative stratégique intelligente après Sedan.

          Par contre Garibaldi à une rue dans chaque ville alors qu’il a pas fait grand chose, à part profiter des avancées de Bourbaki. Mais il a eu la bonne idée de se déclarer républicain.

          En 1914 l’objectif était clair : l’Alsace et la Lorraine. Qu’on soit bleu blanc ou rouge c’était clair, sans contestation possible.


        • Dudule 4 janvier 21:01

          @titi

          Citez moi un seul exemple de soldats en 1940 refusant d’obéir à un ordre.

          Je n’en connais qu’un, c’est le cas de vieux bombardiers dépassés Amiot 143 envoyés au casse pipe en plein jour et faisant demi tour. Le chef de formation c’est ensuite fait très mal recevoir par ses collègues scandalisés. L’ambiance n’était pas a la reculade et et la désertion chez les aviateurs comme chez la troupe.

          Il dut y en avoir d’autres, mais surement pas des masses. Les cas d’indisciplines lors de la débâcle proviennent toujours de troupes démoralisés ayant perdues leurs officiers (dont certains se sont enfuis en véhicule, laissant leurs unités sans commandement).

          La défaite en 1940, c’est celle des « élites », qui se sont ensuite précipité avec enthousiasme à Vichy.


        • titi 4 janvier 22:00

          @Dudule

          Les « masses » comme vous dites ont été abreuvée de discours pacifiste, les invitants à ne pas faire la guerre pour l’Angleterre, pour les industriels, pours les capitalistes…. ce qui forcément n’incite pas à l’excès de zèle.

          Voici la prose du PCF :

          https://pandor.u-bourgogne.fr/img-viewer/PAPRIKA/000517/000001/001910/viewer.html?ns=0517_0001_1910_0119.jpg

          D’après le PCF :
          La Pologne a été libérée (lol)…
          La guerre a été déclarée par l’Angleterre…

          Et le meilleur pour la fin :
          La guerre a été voulue par les « élites » coupables de vouloir continuer la guerre à tous prix…

          Alors que maintenant, des gens comme vous, le PCF, nous indiquent sans trembler que ce sont ces « élites » qui ont accéléré la défaite.

          Faudrait savoir… les Zélites, ils voulaient la guerre ou la paix ?


        • Dudule 4 janvier 21:03

          J’ai fait mon service militaire (j’étais dans les tous derniers pour qui c’était obligatoire) au 35ième régiment d’infanterie à Belfort. Le régiment de l’as de pique.

          Ce régiment a été dissous sous Sarko.


          • nono le simplet nono le simplet 5 janvier 04:20

            ces combats sont d’autant plus admirables que fin mai la bataille est pratiquement perdue ... le 20 les panzers ont atteint la mer, encerclant les corps expéditionnaires français et anglais en Belgique ... et le 28 le cordon est infranchissable, l’infanterie allemande ayant bouché le « trou » ... 3 jours ont été perdus par le remplacement de Gamelin par Weygand ...

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