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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Comedy of errors ; ce serait une erreur de passer à côté

Comedy of errors ; ce serait une erreur de passer à côté

En ce printemps 2013 la planète progressive vient de s’enrichir d’une nouvelle œuvre fort bien exécutée et composée par les membre d’un groupe formé à Glasgow en 1984, en pleine renaissance de la musique progressive sous l’égide de quelques pointures du genre comme IQ, Pendragon, Marillion ou Pallas. Ce courant musical fut baptisé néo-prog et connaît maintenant un succès mérité. Après, c’est une question de goût. Les puristes préféreront le prog ancestral des seventies avec ses instruments vintage. Des cinq membres formant la line-up d’origine de Comedy of errors, trois sont encore présents. Le chanteur Joe Carney, le guitariste et bassiste Mark Spalding et le claviériste Jim Johnston. Ce groupe a connu une histoire très peu conventionnelle. En 1989, le chanteur a été remplacé et le groupe a pris une orientation plus standardisée, se produisant occasionnellement avant de disparaître complètement des radars. De cette seconde époque, il ne reste que peu de traces enregistrées. Quant à la formation originale, elle a signé une démo et un mini-album qui n’ont pas marqué l’histoire du prog. On croyait cette formation définitivement sortie de la scène prog et quelle ne fut pas la surprise lorsqu’en 2011, Comedy of errors annonça sa reformation, avec cette fois le chanteur d’origine, un site web pour la promo et un CD autoproduit qui reçut un bon accueil de la critique.

En 2013, Comedy of errors nouvelle formule sort un second CD, lui aussi autoproduit et livré dans une présentation très soignée avec digipack cartonné et livret à l’intérieur : « Fanfare & Fantasy  ». Neuf compositions sont offertes pour une durée totale de 66 minutes. Ce sont donc des morceaux de moyen format, permettant au groupe d’exprimer toutes ses subtilités en échappant à l’écueil des standards radiophoniques. L’orientation est résolument symphoniste. On ne sera pas étonné puisque les compositions sont signées par Johnston exécutant des parties de claviers plus que généreuses qui en fait, dominent mais sans écraser les autres instruments ni les parties vocales. Les textes font penser inévitablement à un concept album dans le genre existentiel. Un classique pour ainsi dire, depuis le Wall du Floyd. La rock culture se plait à labourer le thème de l’existence inauthentique, l’impasse, les artifices, les égarements, les comédies de la vie, les erreurs occasionnées par les œillères que la société inculque aux individus pour les insérer dans un moule productiviste et consumériste.

Mais les textes ne font pas tout et le principal ingrédient du prog, c’est la composition et le style. Fluidité, calme, atmosphérique, mélodieux, inventif, c’est ce qu’on peut dire de cette musique propulsant un chanteur à la voix légèrement nasillarde et charmeuse, rappelant le chanteur d’IQ et même Tim Blake. Très british comme teinte et une musique qui, pour donner une vague idée, se rapproche du dernier Pendragon lorsqu’on écoute la première composition. Le second morceau monte en complexité, avec des intentions plus progressives et inventives et des superpositions de clavier conférant à la structure musicale une densité certaine, avec des ruptures et des subtils jeux où les instruments et la voix jouent de concert pour occuper les devants. L’esprit jazz n’est pas très loin et parfois, quelques souvenirs de UK, autre groupe légendaire de la scène et lui aussi très british. L’ensemble des compositions est de la même veine, avec des teintes résolument progressive et un côté assez intimiste conférant à l’écoute une teinte propice au recueillement. Des parties classiques de piano et des effluves d’orgue entrelacées avec une guitare efficace qui ne cherche pas la démonstration technique mais se veut mélodique et bien appliquée, en parfait équilibre avec l’ensemble. Le style est résolument néo-prog mais s’il rappelle parfois des références classiques comme Yes, Arena, Camel et même Gyphon (comme sur le septième morceau aux consonances héritées du 16ème siècle et dédié au compositeur Tallis), l’écoute donne le sentiment d’un style personnalisé derrière lequel on imagine aisément le soin apporté et le temps passé à l’élaboration de ces compositions complexes qui s’écoutent comme un quatuor d’art contemporain avec vocaux entrelacés.

Sous l’apparence de la simplicité et de la facilité se dessinent complexité et subtilité. Voilà pourquoi ne faut pas rater ce CD qui se découvre à chaque écoute. Et puis c’est une bonne chose que d’apporter une oreille attentive à des artistes qui ont persévéré et qui se produisent en dehors du système.

 

Line-up

 

Joe Cairney / vocals

Jim Johnston / keyboards and backing vocals

Bruce Levick / drums

Mark Spalding / guitars, bass and backing vocals

John Fitzgerald / backing vocals

 


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4 réactions à cet article    


  • Deneb Deneb 18 avril 2013 09:18

    Bof, une pale copie des Genesis des années 70, musiquette commerciale pré-internet qui a pris beaucoup de rides depuis 40 ans. Contrairement à Genesis, aucune audace dans l’harmonie, ni dans le rythme, bref, de la FM aseptisée et sans saveur.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 avril 2013 14:42

      Le progressif mérite mieux qu’une écoute approximative et paresseuse, comme quoi votre remarque est en parfait accord avec le propos sur la nécessité de plusieurs écoutes et pas sur les enceintes casseroles d’un PC


    • Deneb Deneb 18 avril 2013 19:06

      Allons, allons, il vous faut plusieurs écoutes pour saisir une suite de 3 accords ? Genesis, King Crimson, Pink Floyd voir Yes à la rigueur, ils avaient au moins un esprit audacieux, à la recherche d’une originalité, mais c’était il y a 40 ans. Pour plusieurs écoutes, il y a Bach, le « clavecin bien tempéré », en trois siècles il n’a pas pris une seule ride, même si l’on l’écoute en boucle. Votre « progressif » (depuis 40 ans c’est toujours progressif, mais il ne progresse pas des masses), je l’écoute une fois et je vous écris la partition en même temps, avec la main gauche !


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 18 avril 2013 19:35

      L’intempérance ,Deneb ,étant le comma indivisible de ton harmonie personnelle ,il serait bon pour toi de repasser ton Bach ,pour y parler au clavier bien tempéré.

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