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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Comment et pourquoi publier sa thèse ?

Comment et pourquoi publier sa thèse ?

Vous aimeriez bien publier votre thèse sur « Le savoir et la connaissance dans “la Tentation de saint Antoine” et “Bouvard et Pécuchet” de Gustave Flaubert », sur les « Origines et actualités du Mouvement adventiste du septième jour en Roumanie » ou sur le thème « Négation et expressions négatives : des indéfinis jusqu’aux connecteurs exceptifs » ? Est-ce vraiment utile de la publier, si oui quelle est la marche à suivre ?

Toutes les thèses de doctorat ne sont pas publiées, faute d’éditeurs intéressés tant les sollicitations dont ils font l’objet sont importants et les sujets présentés trop pointus ou pas assez intéressants pour l’individu lambda.

Deux questions essentielles : pourquoi et pour qui ?

On peut s’interroger tout d’abord sur l’intérêt que l’on porte à éditer sa thèse sous forme d’un livre (tiré au moins à 300 exemplaires). La thèse est une formalité académique, où le sujet ne concerne que quelques personnes : les quelques lecteurs éventuels trouveront la thèse dans la bibliothèque de l’université. On peut aussi vouloir mettre le texte à disposition du plus grand nombre : il est possible de le déposer sur internet, sans frais pour l’auteur et les lecteurs, mais c’est, en principe, incompatible avec la collaboration avec un éditeur car c’est un frein à la publication. Si l’on veut faire publier la thèse chez un éditeur, un critère de choix peut être le lectorat envisagé ; Si l’on s’adresse à un lectorat plutôt « académique », le lectorat que l’on espère ou recherche est alors restreint au milieu universitaire, et l’objectif est la diffusion de ses idées dans le milieu et la reconnaissance de son travail dans le champ. On peut aussi rechercher un plus large public  : le lectorat que l’on espère atteindre déborde du milieu universitaire. L’objectif est de faire connaître le livre au plus grand nombre possible de lecteurs.

Chez qui éditer ?

C’est du choix du lectorat visé que découlent des choix d’éditeurs et de conception de la rédaction, du style d’écriture de la thèse. Le meilleur éditeur possible est bien entendu celui qui cumule les avantages des choix « académique » et « large public » : par exemple Gallimard, Minuit, Seuil, PUF. Mais il y a très peu de chances d’y parvenir, le milieu est assez fermé. Il y a d’autres éditeurs, plus généralistes, qui publient des textes universitaires, en France : Fayard, Albin Michel, La Découverte... Ces éditeurs-là peuvent avoir des exigences de forme plus éloignées de l’habitude académique : style, accessibilité, longueur, nombre de notes, d’annexes, de tableaux et de graphiques. Ils ont aussi parfois un projet éditorial précis, une couleur politique affirmée : il peut être utile de savoir où l’on va placer son livre...

Des aides à la publication sont également possibles et peuvent encourager un éditeur à vous soutenir : ministères, écoles spécialisées, associations de chercheurs, bourses.

De toute façon, il ne faut pas escompter un « retour financier sur investissement », vous risquez plutôt de dépenser beaucoup de temps et d’argent pour la seule gloire d’être publié.

Le boom des publications de thèses...

Quoi qu’il en soit, publier un livre fait toujours bien sur un CV. Aussi non seulement le nombre de thèses publiées n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui, notamment en histoire et en sociologie. Mais, si l’on en croit le catalogue du Sudoc, la proportion des thèses publiées par rapport aux thèses soutenues s’est maintenue, voire a augmenté. En histoire, par exemple, elle s’établit en 1999 à 21,6 %, contre 14,3 % en 1974, et à 21,1 % en sociologie, contre 14,7 % en 1974. Mais cette comparaison devient véritablement intéressante lorsqu’on croise ces données avec la répartition des thèses publiées par pôle éditorial - « spécialisé » (éditeurs « strictement » universitaires) et « intellectuel » (éditeurs dits de « littérature générale »). On observe très nettement (en particulier pour la sociologie) un investissement accru des éditeurs du « pôle intellectuel » dans la publication de thèses de sciences sociales jusqu’à la première moitié des années 1970 (en 1974, presque la moitié des thèses de sociologie publiées le sont par des éditeurs de littérature générale) qui décline au cours des années 1980, pour se stabiliser ensuite.

Publier sa thèse semble donc à la mode ; jamais il n’y a eu autant de textes disponibles en librairies. Mais attention, les exigences tant rédactionnelles qu’au niveau du sujet abordé ne doivent par influer sur le doctorant-chercheur ni dans sa réflexion ni dans la phase de rédaction de sa thèse...


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4 réactions à cet article    


  • snoopy86 30 novembre 2007 13:20

    Bouvard et Pécuchet

    La trés remarquable thése de Florentin Piffard dit « Pif » a été intégralement publiée sur agoravox et reste aujourd’hui trés commentée par les schtroumpfs dans les tavernes...

    http://agoravox.fr/article.php3?id_article=28185


    • meta-babar 30 novembre 2007 18:06

      et pourquoi pas ?


    • thomthom 3 décembre 2007 13:21

      mais une thèse devrait systématiquement être publiée... sur internet.

      Aucun intéret à une publication papier qui raportera des clopinettes à son auteur vu le faible volume de diffusion

      Par contre, une pulication sur Internet ne coute quasiment rien et me semble indispensable... les quelques personnnes susceptibles d’être intéressées par le sujet d’ne thèse pouvant être n’importe où dans le monde

      De plus, si je n em’abuse, les thésards sont souvent payés lorsqu’ils font réalisent leur thèse non ? souvent avec des fonds publics ? non ? Donc il me parrait inacceptable que le fruit de leur travail payé avec de l’argent public ne soit pas gracieusement mis à la dispoisiotn du public (via un licence creative commons ou creative science par exemple)

      C’est halucinant le nombre de travaux de recherches qui restent au fond des tiroirs parce que personne n’y a accès ou n’en connait même l’existance ! un gaspillage monstrueux.


      • ambar 17 avril 2008 15:06

        Il est scandaleux de prétendre que "les thésards sont souvent payés lorsqu’ils réalisent leur thèse". S’il est vrai que quelques uns bénéficient durant trois ans "allocations de recherche" ou de "conventions CIFRE", la majorité des "thésards" sont en marge de ce système. Cela veut dire, qu’à défaut d’être l’engeance de la bourgeoisie française, il faut réaliser la thèse en marge d’un travail salarié. L’un étant impératif pour achever l’autre. Aussi, s’il est vrai qu’il est hallucinant qu’un nombre de travaux de recherches "reste au fond des tiroirs", il faut bien avouer que les "thésards" ne sont pas responsables de cette situation. Loin s’en faut. Aussi, ce serait faire preuve d’intelligence que les êtres vindicatifs qui sément leurs fumures sur internet revoient leurs sources, et surtout révisent...le bled !

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