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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Comment sauver les langues africaines ?

Comment sauver les langues africaines ?

A l’occasion de la semaine de l’Afrique, organisée par l’Unesco, le programme Sorosoro, pour la préservation des langues en danger, présente les vidéos de son dernier tournage au Sénégal.


Nombreux sont les Africains polyglottes, et la semaine de l’Afrique est bien l’occasion de mettre en valeur la grande richesse linguistique de ce continent.

Sorosoro est un projet de sauvegarde des langues menacées, lancé en 2008 par la Fondation Chirac. Grâce à de nombreuses vidéos mises en ligne, les langues en danger sont arrachées à l’oubli. Le site permet à tous, de manière ludique, de s’essayer à quelques mots en punu ou en akélé (langues du Gabon)…des couleurs aux insultes, il y en a pour tous les goûts ! Il offre aussi aux Africains du monde entier la possibilité de renouer avec la langue de leurs racines.

Dernièrement, c’est vers le Sénégal que l’équipe de Sorosoro s’est envolée, en collaboration avec Sénélangues, un projet du CNRS. Et c’est pour cette semaine consacrée à la culture africaine que les premières vidéos ont été mises en lignes ! Ne manquez pas ces images aux couleurs chatoyantes et surtout les sons mélodieux de la langue baynunk !

www.sorosoro.org
 

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17 réactions à cet article    


  • Georges Yang 26 mai 2010 11:08

    C’est un peu bref, j’aurais aimé voir développé les raisons pour lesquelles certaines langues disparaissent ou s’appauvrissent surtout en milieu urbain, non pas en faveur du français et de l’anglais mais des langue véhiculaire comme l’arabe, le lingala, le swahili entre autres 


    • Laurie Lefèvre 26 mai 2010 17:45

      Le français et l’anglais sont des langues qui s’imposent par le biais de l’école en Afrique.
      Toutefois, pour pouvoir communiquer avec d’autres Africains, n’appartenant pas à la même ethnie, il est fréquent d’utiliser une langue « véhiculaire », qui est parlée par un plus grand nombre, et qui circule davantage.
      J’espère avoir répondu à votre question. Vous trouverez plus de détails sur le site de l’association Sorosoro, mentionné dans l’article.


    • Krokodilo Krokodilo 26 mai 2010 12:13

      Avant de se demander comment sauver toutes les langues, il faut se demander s’il faut vraiment toutes les sauver, car l’existence de très nombreuses langues dans un pays pose de nombreux problèmes structurels, en premier lieu celui de l’éducation : si recevoir une éducation dans sa langue maternelle commence à être considéré comme un droit, en pratique c’est rarement possible.
      Ensuite, on peut se demander s’il est réellement possible de sauver les centaines de langues en danger sur les 7000 estimées dans le monde, car elles ne peuvent survivre que si un minimum de locuteurs les pratiquent réellement au quotidien, 100.000 personnes dit-on.
      Nous n’arrivons même pas à sauver les enfants des massacres et de l’embrigadement, ni fournir l’accès à l’eau potable à tout le monde, ça m’étonnerait qu’on arrive à sauver ces langues en danger, surtout dans les pays dont les dirigeants se contrefichent de leur population.


      • stephanemot stephanemot 26 mai 2010 13:51

        Le langage est l’invention humaine la plus aboutie et la plus fragile a la fois.
        Au-dela de la survie physique, evidemment prioritaire, il s’agit de la survie culturelle, essentielle.

        L’UNESCO tient en ligne un Atlas tres complet sur les langues en danger :
        http://www.unesco.org/culture/en/endangeredlanguages/atlas

        Je m’en etais servi pour en savoir plus sur une langue en Indonesie qui n’a pas d’ecriture et teste l’alphabet Coreen.


      • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 26 mai 2010 15:39

        Les langues qui n’ont pas d’écriture sont-elles vraiment des langues ??


      • Cipango 26 mai 2010 17:26

        Oui, le système d’écriture n’a rien à voir avec le langage.


      • Cipango 26 mai 2010 17:46

        « Le langage est l’invention humaine la plus aboutie et la plus fragile a la fois.
        Au-dela de la survie physique, evidemment prioritaire, il s’agit de la survie culturelle, essentielle. »

        Bonjour,
        Pourquoi une langue est elle fragile ? Désolé mais je ne comprends pas vraiment. Sauf bien sûr si vous considérez la langue comme un outil figé. Mais une langue n’est jamais figée sinon, on l’appelle langue morte. La vie d’une langue consiste à muter, d’évoluer, pas de se figer. Aussi, elle n’est pas du tout « fragile » mais adaptable.

        Pour la langue « aboutie », là encore, je ne comprends pas trop. Mais mon intuition me dit que vous voulez entendre parfaite dans sa construction pour répondre à un besoin de communication. malheureusement, c’est une vision quelque peu naive. La parole est complétée par d’autres phénomènes (visage, contexte, odeurs etc.)

        Et enfin, la relation langue / culture est appréciée par de nombreuses personnes bien que la relation ne soit pas évidente. Possible que la culture influence la langue, mais pas évident dans le sens contraire.

        Dans le cas présent, on parle de sauver une langue, mais ne confondons nous pas justement langue et culture ? Ne faut il pas sauver un mode de vie , une culture ?


      • Laurie Lefèvre 26 mai 2010 18:01

        Biensûr, certaines langues, parlées par quelques locuteurs seulement, sont appelées à disparaître. Le travail des linguistes est alors avant tout un outil de mémoire, au même titre que celui des archéologues.
        Je comprends votre interrogation. En la transposant au monde de l’archéologie, on peut aussi se demander s’il faut sauver tous les vestiges du passé. Mais peu de personnes à ma connaissance viendront contredire le fait qu’il est intéressant d’en préserver des traces...
        Pourquoi s’intéresser aux langues ?
        -Parce qu’elles font partie de notre patrimoine, immatériel certes, mais tout aussi important à mes yeux, mais aussi à ceux de l’Unesco, en terme de culture.
        -Une langue reflète une conception du monde, une culture. Quand une langue meurt, c’est une culture qui disparaît.
        -La langue fait partie de l’identité de ceux qui la parlent. Préserver une langue, c’est donc aussi préserver l’identité de ceux qui la parlent.


      • Krokodilo Krokodilo 26 mai 2010 19:34

        Je n’ai jamais dit qu’il n’était pas utile d’en garder la trace écrite et enregistrée, à des fins scientifiques et culturelles. Je pense simplemetn que les discussions sur le thème comment les sauver sont plutôt des voeux pieux.


      • Massaliote 26 mai 2010 13:42

        La fondation Chirac ferait mieux d’ essayer de sauver la langue française. En France, pour commencer. smiley


        • amilcar amilcar 27 mai 2010 09:31

          il est certes méritoire de « sauver » les traces de ce qui peut l’être, les langues rares et quasi disparues, mais il y a quand même quelque chose d’un peu misérabiliste dans ce billet, certaines langues africaines se portent parfaitement bien, et elles sont nombreuses, voulez-vous « sauver » le peul ou le ouolof ? le kinyarwanda ou le zulu ? il suffit d’aller dans n’importe quelle rue africaine pour voir que les langues africaines ont encore de beaux jours devant elles et cette même rue pourra donner à beaucoup d’occidentaux un exemple de plurilinguisme qu’ils feraient bien de copier. ceci dit il y a aussi en afrique des langues pus rares en voie d’extinction personne n’y pourra rien mais on doit effectivement sauver les traces de ce patrimoine culturel.


          • Georges Yang 27 mai 2010 10:09

            @Amilcar
            Si le kinyawarda se porte bien, c’est d’abord un signe de revanche (pour ne pas dire haine) vis à vis de la France suite au génocide(alors que le français était la langue du colon belge) et aussi parce que les tutsi négligent le swahili qu’ils considèrent comme une langue pour bantous qu’ils méprisent, d’ailleurs le Rwandaest entré au Commonwealth et l’anglais s’impose à Kigali
            Quant au zulu, cela vient du regain de nationalisme depuis la fin de l’apartheid, dirigé contre l’anglais, l’afrikaner et le xhosa
            Par contre dans les grandes métropoles, Nairobi, Kampala, les gens parlent souvent anglais ou swahili entre eux et les langues locales s ’appauvrissent Elles sont certes parlées et comprises, mais les jeunes ignorent les mots complexes et comme en ville beaucoup de gens sont de père et de mère de tribus différentes, cela accentue l’appauvrissement du vocabulaire
            Cala touche aussi les jeunes des villages (en particulier en RDC avec la suprématie lingala à l’ouest et swahili à l’est) qui parlent leur langue mais ont du mal à saisir les subtilités et nuances des vieux


          • amilcar amilcar 27 mai 2010 11:47

            je suis en partie d’accord avec vous si ce n’est qu’il y a beaucoup de langues encore très vivantes et dont personne en occident n’a entendu parler, je ne veux pas en faire une liste ici mais en côte d’ivoire, en ouganda, au sénégal, au mozambique, en afrique du sud de nombreuses langues se portent encore très bien et sont très bien maîtrisées par la jeunesse même dans les villes parce que la plupart des jeunes gardent un lien très fort avec leur village d’origine où ils retournent régulièrement, je ne veux pas me montrer particulièrement optimiste mais les africains sont pour la plupart polyglottes ce qui fait qu’ils utilisent dans leur vie quotidienne trois ou quatre langues voire plus sans que l’une n’étouffe les autres. je pense enfin qu’une langue n’est jamais un ennemi mais une richesse, il n’est pas mal de maîtriser le swahili ou le lingala, et les zulus comprennent le xhosa et vice versa sans parler des nombreuses autres qui peuvent coexister dans un multilinguisme apaisé d’autant plus apaisé que chacun commencera sa scolarité dans sa langue maternelle. personne ne pourra cependant fixer les systèmes linguistiques dans le passé.


          • Laurie Lefèvre 27 mai 2010 23:02

            Effectivement, l’objet de ce billet est la sauvegarde des langues africaines en danger.


          • Laurie Lefèvre 27 mai 2010 23:04

            Longue vie au wolof ! Cordialement.


          • Georges Yang 27 mai 2010 13:29

            Pour qu’une langue se maintienne il faut qu’il existe un sentiment national ethnique supérieur au sentiment national-ETAT
            Par exemple, le royaume baganda étant au centre des préoccupation identitaire des habitants de la région de Kampala, la langue reste vivante et les membres des ethnies minoritaires sont obligés de s’y mettre, au dépend du swahili, compris mais mal vu car langue des soldats des dictateurs du nord (Obote, Okelo, Amin Dada)
            Idem au Kenya avec l’opposition Luo et Kikuyu et sa résurgence pro et anti Obama
            Par contre au sud Soudan, les haines entre Nuers et Dinkas et la réticence des tribus du sud contre l’hégémonie Nuer Dinka font que l’arabe de Juba sert de langue véhiculaire


            • Krokodilo Krokodilo 27 mai 2010 15:56

              Un article récent en rapport avec le sujet, sur la difficulté pour certains de recevoir un enseignement dans leur propre langue.

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