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Daal, descente vers les ténèbres symphoniques

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 La scène progressive italienne se porte toujours aussi bien, 50 ans après ses premières explorations musicales, alors que les jeunes Américains s’enivraient à Woodstock. Daal est une formation associant le claviériste Alfio Costa et le percussionniste Davide Guidoni. Daal représente ainsi une face singulière de la musique progressive italienne. Une sorte de synthèse entre le symphonisme, le dark, le néo-prog romantique avec un zeste de krautrock. Leur nouvel album vient de sortir, il est présenté dans un digipack accompagné d’un livret proposant des montages photographiques dark, en phase avec la musique, ce qui en fait aussi un objet pour collectionneurs. « Decalogue of Darkness » propose une musique moins sombre que lors des précédents albums, à cheval entre le symphonisme et les recherches électroniques qu’on a connues dans les années 1970. On se situe dans un registre situé entre les premiers Heldon et le trio catalan Neuronium avec des claviers généreux et une dominante à base de mellotron.

 

 Dix morceaux se succèdent, offrant une atmosphère marquée par les inquiétudes de l’époque. La guitare et la basse sont assurées par deux musiciens invités et s’insèrent à la manière de contrepoints censés donner le change à l’épaisseur des claviers, parfois pesants et d’autres fois plus légers. Comme si cette descente vers les ténèbres était accompagnée d’une rédemption. Les lignes mélodiques donnent une direction à l’ensemble, ce qui évite l’égarement dans un style trop électronique, trop plat et monocorde. Les deux premiers morceaux démarrent lentement puis la musique semble prendre une ampleur accentuée par un tempo conférant à l’ensemble un style assez contemporain avec une guitare seventies s’envolant à la fin du morceau pour laisser place à des incantations exécutée au piano. La fin de ce second morceau ressemble parfois à Anekdoten, ce qui marque une distance parfaitement assumée face à la tentation de refaire du vintage seventies.

 

 Le troisième morceau alterne des séquences animées rappelant Anekdoten et des passages très intimistes laissant l’initiative au piano. Même intention pour le chapitre IV avec ce mellotron qui semble étirer la trame spatiotemporelle avec l’impression d’une succession de vagues. Comme si une scène était façonnée pour offrir au piano et à la guitare l’occasion de se donner en spectacle en jouant un étrange dialogue. Les compositions de Costa sont riches et mélodieuses. La réalisation est parfaitement maîtrisée avec une production sonore équilibrée, laissant une place pour chaque sonorité. Chacun des dix chapitres offre une teinte spéciale avec des formes stylistiques raffinées. On se situe plus près d’un quatuor classique que d’un groupe de rock. Et dix mouvements d’une densité appuyée, parfois hypnotisant, comme si le mellotron se mettait à pénétrer dans notre chair pour y implanter les autres instruments joués avec subtilité et inventivité. Rien à redire. Le progressif reste le grand art depuis les années 1970 et ne doit sa confidentialité qu’à l’acédie contemporaine poussant les individus vers les cultures mainstream.

 

 

Album teaser, Decalogue of Darkness

 

 


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1 réactions à cet article    


  • Pierre 7 mars 15:15

    Cette banalité devra rejoindre rapidement les poubelles de l’histoire de la musique, avec un petit « m ».

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