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« Débats 1974 - 1981 », Weber/Giscard face à Balmer/Mitterrand au Théâtre de La Madeleine

Depuis 1983, Jacques Weber songeait à mettre sur scène les deux débats télévisés qui virent s’affronter Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand, lors du second tour des élections présidentielles de 1974 et de 1981 :

En 1974, pour la première fois de l’histoire républicaine, deux candidats à la présidence s’affrontaient en direct devant les caméras dans un face-à-face d’ une heure et quarante minutes.

En 1981, les deux mêmes personnalités charismatiques se retrouvaient en situation similaire pour une sorte de match revanche où la joute oratoire dura deux heures et vingt minutes.

Si du côté de F. Mitterrand, l’autorisation des droits de faire aboutir cette reconstitution dialectique fût obtenue rapidement, ce n’est que très récemment que V.G.E. donna son feu vert, alors que ce projet théâtral revenait d’actualité à l’occasion de la campagne présidentielle 2007.

Conçu avec l’ambition d’une démarche pédagogique, ce dialogue restructuré en deux parties d’une heure chacune, n’en demeure pas moins une étrangeté du spectacle vivant qui interroge les constantes de l’argumentaire politique confrontées à la théâtralisation et à la distanciation qu’une telle création artistique présuppose.

Dans un décor réduit à des éléments basiques tels que tables, chaises, micros et autres verres d’eau à parité, la fonction de l’arbitre en retrait évoluera d’une présence silencieuse en 74 à une amorce d’interactivité en 81.

Seul le contraste entre les montures des paires de lunettes pourrait focaliser l’attention si la présence discrète d’une servante (éclairage de vigilance sur la scène d’un théâtre) à hauteur du journaliste témoin (Vincent Debost) ne venait induire une problématique demeurant symboliquement ouverte.

Cette mise en place récurrente servira ainsi de cadre à un exercice rhétorique où les deux candidats vont exceller à tenter de démontrer les faiblesses de l’adversaire afin de se pousser réciproquement à la faute ou à l’erreur de stratégie.

De la phrase choc " Monsieur Mitterrand, vous n’avez pas le monopole du coeur " va correspondre 7 années plus tard la réplique décisive " Monsieur Giscard d’Estaing, à force de me dénoncer comme l’homme du passé, il est ennuyeux que soyez devenu l’homme du passif ".

Ainsi de l’une à l’autre de ces élections présidentielles françaises qui aboutiront à l’alternance institutionnelle de gauche à droite de l’échiquier politique, la démocratie s’ouvrait à la confrontation publique des idées en inaugurant l’utilisation du support audiovisuel.

Sur la scène du Théâtre de La Madeleine, sous la vigilance artistique de Jean-Marie Duprez, Jacques Weber et son partenaire Jean-François Balmer ne cherchent pas tant à incarner les figures initiales de cet enjeu historique que de restituer la force du discours oral lorsqu’il se mesure à son altérité.

Bien entendu pour ceux qui ont vécu cette période, les souvenirs affluent dans le désordre affectif des affinités électives mais pour les plus jeunes d’entre nous, cette leçon de morale politique aura valeur de témoignage civique, si tant est qu’en 2007 la culture du web n’aurait déjà su supplanter le besoin de "Forum citoyen" par les blogs numériques.

Photo © Dunn Meas

DEBATS 1974 - 1981 - ** Theothea.com - Valery Giscard d’Estaing / François Mitterrand - Mise en scène : Jacques Weber - avec Jacques Weber & Jean-François Balmer - Théâtre de La Madeleine -


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5 réactions à cet article    


  • Icks PEY (---.---.232.221) 1er mars 2007 11:48

    Excusez moi de ne pas avoir fait hypokâgne, mais des paragraphes comme ces deux là suffisent pour rendre votre propose illisibles et très emm... à lire pour le commun des mortels :

    « Conçu avec l’ambition d’une démarche pédagogique, ce dialogue restructuré en deux parties d’une heure chacune, n’en demeure pas moins une étrangeté du spectacle vivant qui interroge les constantes de l’argumentaire politique confrontées à la théâtralisation et à la distanciation qu’une telle création artistique présuppose. »

    « Seul le contraste entre les montures des paires de lunettes pourrait focaliser l’attention si la présence discrète d’une servante (éclairage de vigilance sur la scène d’un théâtre) à hauteur du journaliste témoin (Vincent Debost) ne venait induire une problématique demeurant symboliquement ouverte. »

    Ne pourriez pas vulgariser un peu votre propos pour le rendre plus accessible ??

    Bien cordialement,

    Icks PEY


    • Jojo2 (---.---.158.64) 1er mars 2007 12:08

      C’est beau comme du DW.


    • gem gem 1er mars 2007 12:59

      quel est l’intéret de la chose, par rapport aux originaux disponibles à l’INA ? http://www.ina.fr/elections/index.php

      C’est ce que votre article devrait dire, et ne dit pas !

      Et ce n’est pas le xylolingual « Jacques Weber et son partenaire Jean-François Balmer ne cherchent pas tant à incarner les figures initiales de cet enjeu historique que de restituer la force du discours oral lorsqu’il se mesure à son altérité. » qui nous éclaire...

      Conclusion indirecte : quelque soit la valeur technique du projet et de sa réalisation, il vaut mieux aller voir autre chose...


      • Theothea.com Theothea.com 1er mars 2007 14:31

        Pour satisfaire un besoin d’appréciation concrète exprimé dans les messages ci-dessus, voici quelques sentiments personnels supplémentaires mais non exhaustifs à l’égard de ce spectacle :

        Cette reconstitution du débat est de fait décalée, grâce ou à cause de son interprétation. Les enjeux socio-politiques restent d’actualité mais apparaissent paradoxalement d’un autre temps.

        La force pédagogique du projet réside dans le recours à l’argumentaire et à sa contre-argumentation systématique.

        La découverte en temps réel de cette possibilité de dialoguer en direct sous le regard public pour la première fois à ce niveau présidentiable forçait en effet les deux partenaires à s’appliquer à l’excellence de la répartie.

        Cela ressemble à une joute oratoire policée mettant en scène des comédiens qui joueraient sérieusement à être des Hommes politiques alors que ceux-ci avaient dévoilé en ces deux occasions exceptionnelles, leur part assumée d’« acteurs ».

        Une vision en abîme en quelque sorte dont les flèches cinglantes « monopole du coeur » et « homme du passif » sont sorties tour à tour gagnantes.

        La leçon de rhétorique est sur la scène du Théâtre de La Madeleine ; à chacun d’en faire ou non son miel pour l’avenir !...


        • Nicolas (---.---.79.46) 16 avril 2007 13:09

          L’oeuvre de 2 très gds Chefs !

          Un régal, de la cuisine de hte tenue en C temps de tambouille électorale.

          Ca relève le goût et les douleurs et de la + éminente salubrité.

          http://leplateaudtoros.blogspot.com/2007/04/dbats-1974-1981-de-valry-giscard.html

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