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Dédicace

Une pensée sincère pour chacun.

Avec un nouveau livre, voici revenu le temps des dédicaces. Curieusement, moi qui n’ai jamais réclamé cette petite signature assortie le plus souvent d’un joyeux gribouillis qu’octroient dédaigneusement les vedettes de l’édition, je pensais que j’allais détester la chose, me sentir sous la contrainte d’une obligation et d’un enthousiasme feint. Je me trompais lourdement et pris de plus en plus plaisir à rédiger de longs messages personnalisés.

Il faut bien admettre que je ne suis pas surchargé de demandes, ce qui explique sans doute que compte tenu de la rareté de la chose, je prenne mon temps et un malin plaisir à démontrer que ma plume n’est pas vaine. Je laisse glisser le stylo sur la page blanche que j’aime à remplir d’une écriture pas toujours très lisible, sans doute à l’imitation des plus grands.

Un mot ne me suffit pas. Il me faut à chaque fois développer un argument, une évocation, une anecdote ou bien un rapprochement entre le livre et le réel, qui me place en symbiose avec celui ou celle qui se trouve en face de moi et qui vient de me faire l’immense honneur d’un achat. On peut qualifier cela d’orgueil ou bien de prétention, de pédantisme ou encore de logorrhée verbale, je n’en ai cure. Je laisse les malotrus à leurs sempiternelles railleries et goûte pleinement à ce merveilleux plaisir de ces quelques minutes secrètes.

L’acheteur est en face de vous. Il vous a fait le cadeau de réclamer votre livre. Un petit échange a eu lieu. Dans mon cas, souvent je lui demande sa relation à la Loire. Quelques mots suffisent pour trouver l’angle d’attaque. Puis le silence se fait, l’auteur glisse son stylo sur la page blanche. L’autre en face, regarde sans pouvoir déchiffrer ce qui prend forme devant lui. C’est toujours un peu long avec moi. Je n’aime pas les formules toutes faites, les mots creux et les simples remerciements. J’ai envie de toucher celui qui achète, de lui prouver à quel point il m’a honoré par ce geste essentiel.

Puis, la signature apposée, je m’efforce de ne point oublier la date sans laquelle un écrit, ne cesse de me répéter La Malice, n’a pas de valeur. Je tends le livre à son acquéreur. Certains se jettent immédiatement sur la dédicace, d’autres ferment en disant qu’ils la liront chez eux, dans le secret de l’intime. Ceux-là me privent sans le savoir d’un sourire et d’une réplique qui touche au cœur. Qu’importe puisque c’est d’abord pour eux que j’ai rédigé ces quelques lignes.

D’autres me réclament de lire à haute-voix le petit commentaire qui leur est destiné. C’est dans doute qu’ils veulent retrouver la voix du conteur, le rythme de son phrasé qui se confond parfois à celui de son écrit. C’est alors un bonheur renouvelé, une jubilation que de donner à entendre à ceux qui sont à proximité, cette offrande supplémentaire que je viens d’accorder.

Prétention, orgueil, fatuité du prosateur. Je veux bien toutes ces critiques et bien d’autres encore. J’ai au moins le mérite de la franchise sans me soucier de ces jugements à l’emporte-pièce qui proviennent de gens qui jamais n'achèteront un de mes ouvrages. Alors ils peuvent médire, je ne m’en soucie guère.

Je dédicace pour le bonheur du partage, pour que mon nouvel ami puisse pénétrer immédiatement dans mon univers, qu’il s’y sente chez lui. Le livre aura alors une toute autre signification pour lui, un parfum différent, un je ne sais quoi qui en fait un objet unique. Il ne peut en être autrement avec cet étrange don de soi que constitue un roman. D’autant que celui-ci a été écrit à quatre mains et que ma collègue viendra elle aussi donner un peu d’elle-même à cet acheteur qui nous a reconnus.

Si vous voulez nous faire plaisir, si vous aimez les paraphes originaux, n’hésitez pas un seul instant, commandez-nous notre Règlement de Conte sur la Loire. Nous nous ferons un malin plaisir à noircir une page blanche en début de roman pour que votre exemplaire devienne unique et magnifique.

Autographement vôtre.


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27 réactions à cet article    


  • juluch juluch 21 septembre 14:26

    merci pour le partage le bonimenteur !!  smiley


    • C'est Nabum C’est Nabum 25 septembre 21:54

      @juluch

      Je ne pense pas que les suivants vont me remercier


    • Aristide Aristide 21 septembre 19:45

      @Shawford


      Quand j’aurai quelques sous,...

      Ohhhh, l’excuse pourrie !!!

    • Aristide Aristide 21 septembre 20:24

      @Shawford

      Cela va être la fête le 1er, il est pas cher son bouquin ....

    • Henry Canant Henry Canant 21 septembre 21:39

      @Shawford
      J’ai subit le crabe. Soins intensifs.

      Je n’ai rien déboursé, pris en charge à 100%. J’avais même le taxi gratuit qui m’amenait aux soins et me ramenait. J’avais même droit à la bouffe gratuite en bouteille.

      Tu ne racontes que des conneries.

      Mais pour y bénéficier, il ne faut pas avoir vécu en parasite chez ta mére, qui excédée t’a finalement foutu dehors alors que s’approchaient tes 40 ans.

      De plus, si je me rappelle bien, à l’époque tu disais avoir une autre maladie.

      MYTHO !


    • Henry Canant Henry Canant 21 septembre 22:30

      @Shawford
      J’avoue que je t’ai confondu avec lui.

      Tu vois, je sais reconnaître mes erreurs.

      Donc je retire tout au sujet de ta mére, mais maintient tout le reste.

      J’ai connu des tas de gens qui l’ont eu, artisans, employés et qui ont repris leurs activités sans trop de soucis, d’autres qui en ont crevé mais je parle des vivants.

      Je conçois que pour certains cancers après certains traitements, on s’en sort chaouaté.
      Mais alors pourquoi tu en as parle ici, cela n’a rien à faire dans les interventions.

      Fais éventuellement un article, cela pourrait être intéressant pour certains si tu ne tombes pas dans ....




    • Aristide Aristide 22 septembre 07:45

      @Shawford


      Merci pour l’info, et surtout pour ta générosité...

      Générosité ? Allons, sur un forum un type qui annonce son solde de compte en banque et il faudrait faire preuve de générosité ? Putain, il y a de vrais ... escrocs ou idiots du village !!! 

    • C'est Nabum C’est Nabum 25 septembre 21:55

      @Shawford

      Pour lui un mot suffira


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 21 septembre 14:49

      Fainéant anagramme : d’« enfantai »comme le loir enfanta : La Loire et si pas trop Cher, bientôt sur mon étagère. Mais pour ce faire, il faudra trouver le bon canal (Lacan) pour me l’adresser.


      • C'est Nabum C’est Nabum 25 septembre 21:55

        @Mélusine7

        La poste fera l’affaire


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 21 septembre 14:51

        Edition originale ?


        • C'est Nabum C’est Nabum 25 septembre 21:56

          @Mélusine7

          Bien sûr


        • Henry Canant Henry Canant 21 septembre 16:02

          encore et toujours de l’autopromotion. 


          • C'est Nabum C’est Nabum 25 septembre 21:56

            @Henry Canant

            C’est un peu bateau !


          • Robert Lavigue Robert Lavigue 21 septembre 17:43

            Business as usual !

            Sur la photo, y’en a au moins quatre qui somnolent (z’ont débranché leurs sonotones ?) et une qui va se jeter dans la rivière (au second plan près du parapet, à droite du Phraseur) !


            • Aristide Aristide 21 septembre 19:48

              @Robert Lavigue


              On dirait en moins bien le plan serré sur Mélenchon, l’insoumis en classe affaire.

            • Henry Canant Henry Canant 21 septembre 20:03

              @Aristide
              Nabum a bassement trompé les gens en mettant des tables de bistrot.

              Ils attendent simplement le serveur.

            • C'est Nabum C’est Nabum 25 septembre 21:57

              @Robert Lavigue

              Auriez-vous des sifflements dans l’oreille droite ?


            • marmor 21 septembre 17:45

              Il paraîtrait que les articles promo-publicitaires sont bannis par les gentils modérateurs, comme l’avouait Fergus hier encore. Decidemment ce site n’est que passe droit. Ecoeurant !!!


              • Robert Lavigue Robert Lavigue 21 septembre 17:50

                @marmor

                Pasdamalgam. Les potes cépapareil !


              • Henry Canant Henry Canant 21 septembre 18:03

                @marmor
                Arrête également de le stigmatiser


              • C'est Nabum C’est Nabum 25 septembre 21:57

                @marmor

                Passe-gauche dans mon cas


              • bob14 bob14 22 septembre 06:34
                Nabum en plein délire qui se prend pour un « écriteur ».. ?

                • L'enfoiré L’enfoiré 22 septembre 19:31

                  @bob14

                  Il y a longtemps que j’ai poussé Nabum a écrire une fiction.
                  « La fiction est le meilleur moyen de parler du monde » disait un de mes auteurs Thomas Gunzig.dont j’ai déjà lu quelques livres.
                  Son nouveau « La vie sauvage »...
                  Découvrir le monde c’est vivre des expériences que tu ne vis pas au quotidien, te mettre dans la peau de quelqu’un d’autre et partager l’aventure humaine.

                   


                • C'est Nabum C’est Nabum 25 septembre 21:58

                  @bob14

                  Délire sans doute


                • L'enfoiré L’enfoiré 22 septembre 19:20

                  Un peu de pub

                  Ce Règlement de conte sur la Loire est, en fait, un thriller, une histoire d’amour et de rédemption. Ce n’est certes pas un récit qui respecte les principes moraux, mais la vie est si complexe qu’il ne nous appartient pas d’en juger. et il a été écrit par deux auteurs !
                  Écrire à quatre mains est en soi un exercice périlleux et complexe, sans doute encore plus quand il réunit une femme de radio et un conteur. Nadine Richardson et C’est Nabum forment donc ce couple improbable.
                  Elle est bretonne, lui ligérien, elle aime l’immédiateté, lui la lenteur.
                  Leurs deux mondes, apparemment irréconciliables, se mêlent pourtant pour ne produire qu’une seule et même musique, au rythme des contes.
                  Impossible de savoir de quelle main provient l’évidente féminité de l’écriture voluptueuse de ce polar...
                  Nadine Richardson a créé des personnages dont la noirceur et la profondeur sont à la hauteur de la majesté du fleuve (le Bonimenteur de Loire dirait la rivière).
                  Et l’intrigue fonctionne, nous bouscule... de l’amour à la mort.
                  Il y a de la poésie dans cette histoire.
                  Il y a de l’émotion, comme celle que l’on peut ressentir en découvrant le méandre de Guilly ou le pont de l’Europe à Orléans.

                   Mais c’est encore un parcours initiatique sur la Loire d’Orléans à Sully-sur-Loire pour qu’une bretonne puisse comprendre la passion ligérienne d’un gars de chez nous.

                  Donc, Nabum, vous signez aussi à quatre mains ?
                   smiley

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