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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Délicates dédicaces

Délicates dédicaces

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L’étalage ne fait pas recette.

La vie de l’auteur anonyme est fort difficile, voire même impossible. Il éprouve mille contrariétés pour rompre l’indifférence et tenter de séduire l’éventuel lecteur : espèce qui se dérobe sans cesse à ses œillades maladroites. Ne bénéficiant d’aucune renommée, il ne doit pas espérer le coup de pouce de la presse locale : celle qui aime à célébrer les vedettes de la télévision et du monde médiatique tout en négligeant souverainement le quidam, plumitif de l’ombre.

Il s’aventure pourtant à de longues et interminables séances de patience, faisant bonne figure à des clients de passage qui ignorent tout de ce pauvre personnage dont ils n’ont jamais entendu parler. Le sourire aux lèvres, l’auteur, espère sur sa bonne mine, les convaincre de la nécessité d'acheter sa production . Mais comment diable attirer l’attention du consommateur pressé ou du lecteur désargenté ?

Là est mission bien délicate. Certains ont un talent plus remarquable que d’autres pour parvenir à susciter la curiosité, créer le lien ou bien emporter la mise. D’autres usent de stratagèmes, promettent un petit cadeau pour l’achat de l’ouvrage. Quelques-uns, je le sais par expérience, choisissent leur emplacement avec un pendule et quelques secrètes magies.

Pour tous les autres, c’est la longue attente désespérante derrière une pile de bouquins bien trop grande pour faire illusion. Le nombre ne fait rien à l’étroitesse de la recette. Au bout de l’interminable attente, trois ou quatre livres partiront dans le meilleur des cas quand, bien souvent, le pauvre auteur restera bredouille et le cœur meurtri.

Car voyez-vous, ce n’est pas un produit ordinaire qu’il propose ainsi à la vente. Il a mis tout son cœur dans l’ouvrage que cent fois il a remis sur le clavier. Il y a souvent beaucoup de lui, des aveux et des messages qui lui ont demandé bien des impudeurs. Et c’est cette bouteille à la mer qui reste là, sans trouver preneur, sans même susciter le moindre intérêt.

Je suis particulièrement mauvais dans cet exercice. J’ai le sentiment d’être bête curieuse, dame de petite vertu dans une vitrine, tentant d’aguicher le passant, pot de fleur tout juste décoratif pour servir de caution culturelle à une manifestation quelconque. Je ne crois pas en la force du message, je devine l’échec et mon éditrice prétend que je le provoque malgré moi. Que puis-je y faire ?

Je suis un homme de l’oral, un bonimenteur que le silence des salons désole. Et si d’aventure, on me laisse la possibilité de déblatérer tout à ma guise mes sornettes, les visiteurs s’en amusent avant que de partir les mains vides ; la crise et le manque d’argent pour la culture étant passés par là. Mes Bonimenteries restent à quai pour mon plus grand dépit.

Pourtant, quand par inadvertance, un client aventureux m’offre le bonheur merveilleux d’un achat, je me délecte de lui trousser dédicace à ma manière : un compliment personnalisé qui a fait l’objet d’une confession intime. J’aime ce moment dont je ne profite que trop rarement et j’aime plus encore le bonheur du lecteur à venir devant ce petit paraphe si charmant.

Plus loin, ceux qui n’ont que leur réputation pour unique appel d’offre, dédicacent à tout-va des phrases toutes faites, des formules creuses, rédigées avec une écriture illisible pour se donner l’air de leur importance. Je ne serai jamais de ceux-là et je ronge mon frein et mon ennui lors de ces foires à la notoriété littéraire dont je sors toujours perdant.

Qu’importe les blessures et les humiliations ! demain je recommencerai, pensant bien naïvement que le vent va tourner, que les gens de ce nouvel ailleurs sont plus bienveillants que ceux des précédents naufrages. Je ferai à nouveau bonne figure avant de sombrer dans la morosité à en perdre même l’envie de conter. Ainsi va la vie de l’auteur de second ordre, de l’écrivaillon sans nom, de la plume locale qui se déplume bien vite. Pourtant, c’est certain, la postérité me rendra raison ! C’est du moins ainsi que je me remets sans cesse en marche, le stylo en main, pour tenter de séduire le lecteur en goguette.

 

Dédicacement vôtre.

Ne sachant pas me vendre, il est préférable de voir avec la maisons d'édition :

http://www.votreinfolocale.fr/editions-jeu-oie/index.html

Merci

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10 réactions à cet article    


  • Spartacus Spartacus 30 avril 2016 09:34

    Vendre est un métier. 


    Mais comme les autres il s’apprend.
    Le tout commence par se poser les bonnes questions.

    Qui peut être intéressé par mon livre ? 
    Ou puis je les trouver ? 
    Comment leur faire connaitre ma publication ? 

    Les premiers clients sont souvent source d’information pour y répondre...
    Leurs centres d’intérêts sont surement proche du groupe potentiels des autres acheteurs. 

    Peut être des chasseurs, des écolos, des nostalgiques ??Posez leur des questions
    Voire carrément leur demander s’ils connaissent une association, un lieu ? un moyen pour développer vos ventes.
     
    Cibler le potentiel permet de ne pas perdre du temps avec ceux qui de toute façon n’achèterons pas même s’ils sont sympathiques.

    • Pierre-Yves Martin 30 avril 2016 10:24

      Mais même ceux qui sont, comme moi, trop paresseux pour lire votre ouvrage l’apprécient à petites doses sur Internet.


      • juluch juluch 30 avril 2016 11:05

        Ben quoi vous savez vous vendre.......


        Un ami à moi mécano de métier a publié deux livres de nouvelles.....à petite dose....mais bon.

        Courage à vous et restez parmi nous. smiley

        • Prudencegayant (---.---.79.191) 30 avril 2016 16:34

          La Loire attire tant de touristes ! Que faut il changer à Nabum pour que soient attirés les amoureux de ce fleuve ? Un nouveau look ? Un joli sourire ? A part les inconditionnels du papier, les lecteurs à présent préfèrent lire sur un support qui ne demande plus de bibliothèque poussiéreuse.


          • Leprimitif (---.---.68.180) 30 avril 2016 16:44

            Olla Prudence je te croyais à l’hôpital ?????


            • Prudencegayant (---.---.79.191) 30 avril 2016 16:46

              @Leprimitif

              Qui est le primitif ?


            • Leprimitif (---.---.68.180) 30 avril 2016 16:55

              @Prudencegayant
              Alexandre Leprimitif Flamand pour vous servir


            • Prudencegayant (---.---.79.191) 30 avril 2016 17:01

              @Le primitif Pourquoi l hôpital svp ?


            • Leprimitif (---.---.68.180) 30 avril 2016 16:46

              25 Roros....
              Pas gonflé et pas prétentieux.....
              Tout ça est extrêmement citoyen en quelque sorte.


              • Joseph DELUZAIN Joseph DELUZAIN 30 avril 2016 19:04

                ça vaut ce que ça vaut mais mon « truc » lorsque je suis en dédicace c’est les femmes.

                Les 3/4 des ventes se font avec elles parce que même si elles n’achètent pas, elles s’intéressent à l’auteur derrière sa table/présentoir... c’est déjà un premier pas.
                Autre « truc » : je pose directement la question (avec les formes bien sûr) au chaland qui s’arrête devant ma table : quelles sont ses lectures ? Cela permet d’engager la discussion. 
                Et pour finir : j’ai vendu plus de livres en supermarché (hé oui !... quelle horreur hein !?) que lors de dédicaces super organisées en librairie/FNAC/ Cultura et autres. Alors ... !?!
                Bonne chance Nabum pour vos prochaines présentations. 

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