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Delirium : le prog, ça ne finira jamais

Quarante ans après leurs premières prestations sur scène, les musiciens de Delirium sont encore opérationnels et de belle manière, comme le montre ce DVD produit par le label Black Widow, filmé lors d’un concert donné en 2008 à Gênes par ce groupe qui en Italie, est resté mythique parmi les fans du prog et notamment ceux de la première heure, alors ados ou étudiants au début des seventies. Delirium en Italie, c’est un peu comme Ange pour nous Français. Mais la comparaison s’arrête là, Delirium joue dans un registre assez différent, avec le claviériste Ettore Vigo et Martin Grice, élément central de ce groupe, sévissant aux sax et flûte tout en assurant des parties vocales. Le batteur Pino di Santo est le troisième rescapé de la formation initiale constituée dans le courant de l’année 1972. Ils ont été rejoints par Roberto Solinas à la guitare et Fabio Chighini à la basse.

Le coffret proposé par Black Widow est axé essentiellement sur le Politeama concert à Gênes, figurant sur un CD fourni en supplément du DVD permettant d’entendre et voir ces musiciens plus très jeunes se livrer à des exécutions musicales abouties. Le son est excellent et l’on peut voir un quatuor classique se joindre au groupe pour donner une tonalité plus symphonique à ces compositions jouées dans trois styles. Pop-rock progressif, folk agressif à la Jethro Tull ou bien jazz progressif un peu à la manière du mythique Zao ayant sévi début seventies sur les scènes françaises. Un style que l’on retrouve du reste sur les morceaux 4, 5 et 6 magnifiquement réinterprétés après avoir été édités sur le second album de Delirium. Ces fringuant sexagénaires n’ont rien perdu de leur verve et c’est un plaisir que de voir ces musiciens poursuivre leur longue histoire, comme du reste l’ont fait quelques autres formations. C’est le cas de Hawkwind, King Crimson ou Van der Graaf qui sévissent encore, et même Yes s’y est mis avec un album assez moyen sorti cette année. Ces gars là assurent comme on dit et on peut le constater en visionnant le DVD. Les connaisseurs reconnaîtront la divine surprise au tout début, une interprétation du Theme One de Van der Graaf, morceau uniquement sorti en single en 1972 et rejoué ici comme une sorte d’hymne de ralliement à l’universelle cause du rock progressif. Le choix de ce morceau n’est pas innocent. Certes, il y a une partie de sax mais surtout, Van der Graaf est avec Genesis l’un des deux groupes britanniques cultes que les Italiens prisaient au tout début du mouvement dans les seventies, n’hésitant pas à éditer chez eux le premier album du Graaf.

Le DVD dure en fait trois heures, bien plus que la retransmission du concert au Politeama et les deux bonus captés lors d’une autre prestation donnée en 2003. Ce DVD inclut des documents d’époque, filmés par la RAI de 1971 à 1975 et pour les âmes férues de nostalgie, ces séquences en noir et blanc sont toutes indiquées pour replonger dans cette période où notre Johnny national faisait le clown en chantant Jésus-Christ est un hippy tandis que la plupart des musiciens se produisaient avec la tenue de scène d’époque, cheveux long, foulards indiens, veste bariolée et l’indispensable pantalon aux patte d’eph décliné dans toutes les couleurs possibles et inimaginables. Mais ne vous attendez pas à voir les couleurs, c’est mon imagination qui a colorisé les scènes que la télé d’époque filmait en noir et blanc. Nous étions en 1972. Les pièces exécutées paraissent faciles. Elles reflètent fidèlement l’époque et un peu moins les compositions figurant sur les deux premiers albums de Delirium. A noter la présence du premier chanteur accueilli par le groupe, Ivano Fossati, flûtiste du reste et qu’on pourra voir exécuter quelques chansons devenues populaires comme Canto di Osanna, Dolce Aqua ou Jesahel. Rien que les titres donnent la teinte à cette époque très riche n’hésitant pas à amalgamer le patrimoine musical et culturel des siècles passés. Les cinéastes ne furent pas en reste avec les légendaires peplum racontant les héros grecs ou romain. Par la suite, Fossati a laissé la place à Grice dont on peut constater l’influence sur le second album Lo scemo e il villagio paru en 1972 et dont quelques extraits sont joués par un Grice qui n’a rien perdu de sa virtuosité. Comme l’indique le titre du DVD, le voyage continue et l’histoire se poursuit, de 1970 à 2010 et plus encore. Si quelque organisateur de concert veut les produire en France, qu’il n’hésite pas à me contacter, je le mettrai en contact avec le groupe.

On l’aura compris, Delirium offre un progressif facile d’accès mais assez raffiné, pas prise de tête comme un vieux Crimson ou un Van der Graaf. Une suave musique magnifiée par des parties de flûte, de sax. A servir lors d’un dîner romantique aux chandelles, toute la saveur de l’Italie, une musique qu’on accompagnera de pâtes au pesto et de tomates au basilic.


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2 réactions à cet article    


  • Bernard Pinon Bernard Pinon 22 octobre 2011 10:36

    Mr. Dugué, vous qui semblez bien informé de la scène prog italienne, avez vous des nouvelles d’un groupe que j’aimais beaucoup, Stormy Six, qui faisait partie du courant RIO ? 


    • Switcher 22 octobre 2011 20:19

      Attention à ne pas confondre ce groupe de prog’ avec l’autre Delirium, groupe canadien qui chasse à peu près sur toutes les terres du « beat » électro (de l’ambiant / sous-Enigma à la pop en passant par le sous-Peter Gabriel période « Passion »), coquille sans âme mais techniquement irréprochable.  smiley

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