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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Denis Robert, du réel à la fiction...

Denis Robert, du réel à la fiction...

De sa mise en examen dans le dossier Clearstream à son exposition parisienne « Dominations » (1), Denis Robert fait le lien entre sa réalité judiciaire et une nouvelle forme d’engagement artistique : le Kombart !

Après un dépôt de plainte émanant du Premier ministre français en juin 2006, le journaliste Denis Robert revient au coeur de l’actualité judiciaire avec une mise en examen dans l’affaire Clearstream. Cette chambre de compensation internationale bancaire basée au Luxembourg, en quelque sorte une gigantesque banque des banques à l’échelle internationale, a été éclaboussée par les multiples enquêtes de Denis Robert dévoilant des mécanismes occultes extrêmement troublants...

En effet, la mise en examen du journaliste-enquêteur pour « recel d’abus de confiance » concerne l’utilisation de documents transmis par Florian Bourges. Inculpé pour « vol et abus de confiance », cet ex-consultant chez Clearstream avait détecté, à l’occasion d’un audit pour société Arthur Andersen, des anomalies dans l’empire Clearstream. Clear(-)stream reposait pourtant à l’origine sur une idée limpide : celle de stocker les titres bancaires en un même lieu et de permettre leur transaction virtuelle ; ainsi les banques bénéficiaient d’un substantiel gain de temps et de sécurité. Pour D. Robert, il apparaissait au fil de l’enquête qu’une partie des clients Clearstream se révélaient être des sociétés parfois extrêmement troubles. De la même façon, les effacements de données informatiques liées à ces transactions cachées semblaient devenir l’outil privilégié pour blanchiment d’argent et autres délits de haute finance !

« Fusible » préféré de l’affaire Clearstream avec des dizaines de plaintes à son encontre, D. Robert voit dans sa mise en examen une diversion aux auditions des ministres de Villepin et Alliot-Marie. Une pétition apparue sur Internet, « Nous sommes tous des receleurs » (à l’adresse http://www.tousdesreceleurs.com et voir également http://lesoutien.blogspot.com ), lui témoigne un fort soutien des professionnels du journalisme comme du grand public.

Initiée par Frank Eskenazi (producteur) et Gilles Cayatte (réalisateur), l’action de soutien « Nous sommes tous des receleurs » ramène à une autre actualité passée au second plan du Lorrain Denis Robert : la sortie, courant octobre, d’un DVD réunissant quatre de ses films avec, en bonus, une « interview-vérité » réalisée par Pierre Siankowski.

Dans ce coffret, en plus de ses deux films sur l’affaire Clearstream (dont un en parallèle avec l’entreprise Daewoo-Lorraine), figurent deux autres films moins connus, Le cahier, galerie poignante de rencontres avec des SDF de Metz (en lien avec l’ouvrage Portrait de groupe avant démolition) et aussi son film sans doute le plus personnel : Histoire clandestine de ma région. Ce film coproduit et coréalisé par les initiateurs de la pétition constitue une œuvre d’art engagée et ironique, à la frontière entre reportage et film d’art et d’essai : une passerelle vers l’univers de l’artiste et sa relation au réel...

En effet, qui mieux que D. Robert peut créer d’authentiques « fictions du réel », reposant à la fois sur des enquêtes très rigoureuses et sur un détachement et une distance lui permettant une transition subtile entre ces deux univers... C’est le cas son roman paru en 2005, La domination du monde, où un journaliste menacé propose à un ami de mener à sa place une enquête sur une mystérieuse multinationale... Ce rapport entre fiction et réel s’exprime aussi pleinement cette fois dans la rupture avec Histoire clandestine de ma région, réalisé en caméra DV et mêlant des commentaires « voix off » de Denis Robert avec des faits et évènements réels de la région et de ses dirigeants...

Art de la transition entre réalité et fiction encore, dans son roman Le bonheur, (2002), un de ses plus grands succès commerciaux, traduit dans dix-sept pays, où l’auteur nous fait voyager, à travers un carnet croisé d’une histoire adultère, dans l’univers de l’expérimentation sexuelle et du lâcher prise...

Denis Robert expérimente aussi le domaine de la création graphique avec la parution du recueil Domination en octobre 2006, né d’une collaboration étroite avec le peintre Lorrain Philippe Pasquier, un mélange de textes et de visuels inspirés entre autres par une mise en perspective du fonctionnement de la haute finance internationale et de la détresse des dominés et autres démunis... L’ouvrage a précédé une exposition en janvier 2007 dans la galerie parisienne « la B.A.N.K » (1) et qui sera la première oeuvre d’un nouveau courant créé par les deux auteurs : le Kombart !

L’actualité très chargée de Denis Robert ramène autant à la parution d’un recueil d’articles, de chroniques et reportages intitulé : Au cœur de l’affaire Villemin, qu’à sa participation à un projet collectif de reprise du journal Libération où il exerça douze ans dans le service Société.

Si vous voulez savoir aujourd’hui comment s’occupe l’auteur prolixe, sachez qu’après la parution de pas moins de cinq ouvrages en 2006 et la préparation de son exposition, il travaille sur un nouveau roman à paraître début 2007 et aussi à l’écriture d’une série pour la télévision.

(1) Exposition « Dominations », Denis Robert et Philippe Pasquet, a eu lieu jusqu’au 27 janvier 2007dans la galerie la B.A.N.K 42, rue Volta - 75003 Paris. http://www.bankgalerie.com .

Voir des visuels de l’expo. à : http://www.melting-actu.com/article-5240523.html


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11 réactions à cet article    


  • herve33 (---.---.40.95) 23 février 2007 11:57

    Encore une condamnation de plus pour les amis de Denis Robert qui n’avait pas besoin de cela . Un de ces livres paru en 2001 " a fait l’objet d’une plainte à cause de la couverture qui n’a pas plu à Daniel Vaillant , ministre de l’Intérieur de l’époque qui est du parti Socialiste rappelons le ( le PS n’a rien à envier à L’UMP pour son déni de démocratie ) . Cette couverture avait été faite avec la collaboration du syndicat de la magistratude . La condamnation est de 500 et 800 euros d’amende . ( http://www.ladominationdumonde.blogspot.com/ )

    Décidemment , on préfère s’attaquer aux petits éditeurs , journalistes indépendants , voire bloggeur ( un bloggeur a eu des soucis après avoir publié sur son blog , les cahiers du Général Rondot qui ont fait la une du journal Le Monde ) . Bientôt cela sera vous et moi , pour avoir commenté ou publier un article sur Agoravox .

    Et pendant ce temps , tous les escrocs en col blancs courent toujours et ne sont même pas inquiétés ...


    • ZEN zen 23 février 2007 12:27

      Denis Robert est intervenu plusieurs fois comme rédacteur sur Avox. Son combat courageux est le nôtre.


      • Thierry (---.---.130.76) 23 février 2007 14:35

        Il y a quand même un gros problème avec cette notion de « fiction du réel ». Car il s’agit de croire que la vérité serait inaccessible au commun des mortels, juges et journalistes inclus, mais qu’elle serait accessible à un prophète (Denis Robert ou autre), par une procédé mystérieux qui se dispenserait de preuves, une forme moderne de gnose. Pardonnez-moi de lui préférer le journalisme traditionnel, qui amasse péniblement ses preuves et témoignages, et sait admettre le doute raisonnable qui subsiste.


        • Penestin (---.---.106.61) 23 février 2007 22:50

          @Thierry Journalisme trad du Figaro ? Ou celui du canard ? Cela vous ferait comprendre qu’il y a toujours quelqu’un proche de la vérité, mais ce quelqu’un ne va pas s’adresser à un journaliste du Figaro, n’est-ce pas ? Lisez le canard, vous comprendrez ce qu’est l’info... Et attaquez vous à ceux qui veulent bailloner la vérité, tous les sarkophages...


        • Thierry (---.---.79.127) 24 février 2007 17:16

          Penestin, vous avez mal lu mon billet. Vos références à tel ou tel journal vous appartiennent, ne me les attribuez pas. Et je ne m’attaque pas ici à des personnes (est-ce un tort ?), mais à un concept. D’où vient votre « vérité » bâillonnée ? Sur quels critères adoptez-vous une affirmation ? Parce qu’elle apparaît dans un journal dont vous partagez les opinions ? Parce que vous accordez foi à un auteur qui vous affirme que sa fiction n’en est pas vraiment une ? J’espère que vous voyez les dangers d’une telle approche. Sinon, lisez votre Pravda en paix (vous savez sans doute ce que veut dire pravda ?), mais ne me dites pas ce que je dois lire, ni qui je dois attaquer, je ne suis pas votre chien.


        • mclerc (---.---.58.17) 23 février 2007 15:14

          Je ne comprends rien à cette histoire sauf qu’elle sent la m... à plein nez. Où aller chercher réellement de quoi il s’agit ?


          • alberto (---.---.99.167) 23 février 2007 17:16

            Et pendant ce temps là...

            Les affaires continuent la blanchisseuse toune à plein régime, la campagne bat son plein, tout va bien !

            Comme Zen, continuons à soutenir DR, c’est le mieux que l’ont puisse faire pour l’instant !


            • ExSam (---.---.202.7) 23 février 2007 22:55

              Denis Robert n’est pas oublié, Denis Robert n’est pas ruiné, Dénis Robert n’est pas baillonné, Dénis Robert continue à vivre et à investiguer à sa manière plurielle. J’en suis très heureux et je continuerai à le soutenir.


              • (---.---.237.176) 24 février 2007 09:49

                Maintenant, nous en savons trop et pas assez sur le flux transparent !

                Merci la justice ! recherche des coupables et punition des innocents ? ce n’est pas nouveau !

                Et les victimes ? Les Français, et bien d’autres qui se lèvent tout les matins pour nourrir les mafieux !

                Les victimes n’ont que leurs yeux pour pleurer, et comme le malheur des uns fait le bonheur des autres, ce n’est pas demain la veille que nous verrons un changement...

                Continuer à me faire rire avec la dette en France...


                • Haina (---.---.22.156) 24 février 2007 11:36

                  L’art serait la machine a blanchir les verites illegales !

                  Vive le Kombart tant qu’il n’y a pas de violence...


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 24 février 2007 15:51

                    Il faut soutenir le mal nommé Clearstream jusqu’au bout : lui imposer la transparence dont il se réclame en le mettant sous mission de service public européen, avec obligation d’ouvrir ses comptes et archives. Le vrai scandale est non seulement dans les poursuites scandaleuses contre cet auteur, mais que rien ne soit fait par la commission européenne et le conseil de l’Europe pour permettre d’y voir plus clair par des audits publics réguliers.

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