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Dernier Rappel de, par et avec Josiane Balasko, au Théâtre de La Renaissance

Là où Eric-Emmanuel Schmitt engrangeait 7 nominations en 2000 pour son Hôtel des deux mondes sans pour autant parvenir à les transformer en molières, Josiane Balasko auteur, metteur-en-scène et actrice ne décroche aucune distinction pour son Dernier rappel en 2006, alors que ces deux pièces développent un thème similaire concernant l’angoisse du passage entre la vie et la mort.

Si l’un traitait le sujet dans une perspective métaphysique, l’autre utilise la parodie et le burlesque pour décrire le stress éprouvé à flirter avec le précipice fatal ; mais tous les deux savent recourir à la métaphore pour illustrer le lieu et le moment de la transition.

En effet, chambres d’hôtel et d’hôpital alternent dans un contexte semblable pour un accueil en trompe-l’oeil qui se présente comme un sas de décompression.

Cependant chez Schmitt, c’est un ascenseur qui se charge de signifier les paliers intermédiaires entre le contingent et l’au-delà, pendant que chez Balasko, c’est la comédienne elle-même qui paye de sa personne puisqu’en tant qu’auteur elle se transforme en prostituée fellinienne, ayant le rôle ultime d’effectuer la passe fatidique.

Ainsi Alex Martini (Cartouche), star du show-bizz, sera-t-il manipulé par la grande faucheuse tout à la fois accompagnée d’une hétaïre virtuelle (Julie de Bona) plus affriolante que son double ainsi que d’un acolyte (George Aguilar) troquant avantageusement la panoplie d’infirmier en celui d’Indien des réserves ?

Pris au piège des vanités cumulées, le chanteur célèbre éprouvera quelques inhibitions à voir défiler sa vie en tentant de discerner les implications vitales en jeu, afin de saisir les opportunités du destin lorsqu’elles battent le rappel des résistances résiduelles.

Véritable course contre la montre dont les dés seraient pipés par la victime elle-même, Josiane Balasko réussit à tendre un miroir diabolique, dont seul le rire sarcastique va permettre une échappatoire salvatrice.

Dans une fonction taillée sur mesure, ce rôle de putain suprême poussé jusque dans la caricature jubilatoire autorise l’auteur à épouser la trinité créatrice que la metteure en scène et la comédienne mettent à profit pour tirer tous les marrons du feu.

Seuls ses pairs n’auront pas su aller jusqu’au bout de l’exercice en la privant d’une récompense que le public lui accorde au centuple.

DERNIER RAPPEL - *** Theothea.com - de Josiane Balasko - mise en scène : Josiane Balasko - avec Josiane Balasko, Cartouche, Bruno Moynot, Chantal Banlier, Julie de Bona,Mehdi Mangal, Jacky Nercessian - Théâtre de la Renaissance -


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3 réactions à cet article    


  • Basile (---.---.242.67) 21 avril 2006 09:19

    Sauf les pairs qui entourent Josiane Balasko sur la scène du théâtre de la Renaissance, si je puis me permettre.

    Basile


    • Theothea.com (---.---.37.178) 21 avril 2006 15:05

      Effectivement vous avez raison Basile, les comédiens qui entourent Josiane Balasko votent pour elles et réciproquement à chaque représentation !... Félicitations à tous !....


      • Vincent Cambier (---.---.62.6) 14 mai 2006 21:48

        C’est une critique bien faite, bien écrite.

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