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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Des castagnettes de bois d’ébène...

Des castagnettes de bois d’ébène...

Pour que vivent la musique, la danse, la culture, la fraternité, la liberté, la beauté....

 

"Une des jeunes femmes commence à jouer sur la guitare l'air de la danse étrangère. La fille de don Rodrigue ôte son voile et attache à ses mains blanches des castagnettes de bois d'ébène. Ses cheveux noirs tombent en boucles sur son cou d'albâtre ; sa bouche et ses yeux sourient de concert ; son teint est animé par le mouvement de son coeur. Tout à coup elle fait retentir le bruyant ébène, frappe trois fois la mesure, entonne le chant de la Zambra et, mêlant sa voix au son de la guitare, elle part comme un éclair.

Quelle variété dans ses pas ! quelle élégance dans ses attitudes ! Tantôt elle lève ses bras avec vivacité, tantôt elle les laisse retomber avec mollesse. Quelquefois elle s'élance comme enivrée de plaisir et se retire comme accablée de douleur. Elle tourne la tête, semble appeler quelqu'un d'invisible, tend modestement une joue vermeille au baiser d'un nouvel époux, fuit honteuse, revient brillante et consolée, marche d'un pas noble et presque guerrier, puis voltige de nouveau sur le gazon. L'harmonie de ses pas, de ses chants et des sons de sa guitare était parfaite. La voix de Blanca, légèrement voilée, avait cette sorte d'accent qui remue les passions jusqu'au fond de l'âme. La musique espagnole, composée de soupirs et de mouvements vifs, de refrains tristes, de chants subitement arrêtés, offre un singulier mélange de gaieté et de mélancolie. Cette musique et cette danse fixèrent sans retour le destin du dernier Abencerage : elles auraient suffi pour troubler un coeur moins malade que le sien."

 

Dans cet extrait de la nouvelle intitulée Le dernier Abencérage, Chateaubriand nous montre son héros complètement subjugué par la danse de Blanca, une jeune espagnole, aux cheveux noirs, au teint d'albâtre... une danse rythmée par le son d'une guitare et de castagnettes.

Amour, musique, joie de vivre sont associés dans ce texte : les mouvements de Blanca, sa voix, sa beauté séduisent tous les spectateurs et tous les lecteurs.

"Castagnette !" Il suffit de prononcer ce nom pour voir surgir toute l'Espagne, ses danseuses, aux robes couleur de pourpre, ses musiques andalouses, ses flamencos rythmés par ces petits instruments de bois...

Des tenues soyeuses, des châles ondoyants, des basquines légères se dessinent...

Un spectacle haut en couleurs, des rythmes entraînants, une musique qui donne envie de danser...

 

Le mot lui-même claque, de sa gutturale initiale, de sa sifflante "s", de ses dentales "t" redondantes... Le mot chante l'Espagne, avec sa voyelle "a" réitérée, le mot chante la gaieté, l'insouciance, avec son suffixe de diminutif "ette".

La "castagnette" suggère bien ce petit instrument tenu entre les doigts, qu'on entrevoit, à peine, sous les mains des danseuses.

Le mot venu du latin "castana", la châtaigne, a des origines lointaines. La castagnette, "la petite châtaigne", nous fait entendre sa jolie musique cliquetante...

 

Elle nous fait voir des envolées de robes longues, aux couleurs éclatantes et chatoyantes, des danses espagnoles, fandangos, séguédilles, paso doble, sardanes, des airs de guitare, aux échos sonores pleins de charmes.

Des danseuses, aux lourds cheveux bruns, au tempérament de feu, virevoltent et enflamment le public...

Carmen, femme fatale, exécute une danse envoûtante et sensuelle... Elle subjugue tous les spectateurs, de ses grands yeux sombres, de sa silhouette altière.

Son jupon virevolte, la soie du vêtement accompagne, de frémissements, ses arabesques ondoyantes...

Les bras s'enroulent, se déroulent pendant que la danseuse tourne lentement.

Les castagnettes rythment ses mouvements, tantôt très lents, tantôt, pleins d'élans, de feu, et de vivacité...

Sombre, puis éclatante, la danse fait voler les jupons aux teintes de flammes !

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2015/11/des-castagnettes-de-bois-d-ebene.html

 

Vidéo :


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19 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 3 août 09:45

    En 1990, Carole Bouquet a eu le césar de la meilleure actrice, alors que Lætitia Casta niet.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 3 août 09:50

      @Séraphin Lampion

      Vous vous souvenez de la chanson de Carlos :
      Carlos chante : 

      « touche mes castagnettes, moi je touche tes ananas.
      Un coup en l’air, un coup en bas » 

      un grand moment de pure poésie !


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 3 août 09:52

      Vous vous souvenez de la chanson de Carlos :

       « touche mes castagnettes, moi je touche tes ananas.

      Un coup en l’air, un coup en bas »

      Un grand moment de pure poésie, délicate et légère…


      • rosemar rosemar 3 août 11:52

        @Séraphin Lampion

        Bis repetita placent...


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 3 août 15:42

        @rosemar

        mon PC a le hoquet


      • arthes arthes 3 août 20:17

        @Séraphin Lampion

        Cher confrère avec qui nous partageons les même pratiques au déduit !!!
        Réjouissons nous car : 
        Encore plus sexy que Carlo et surtout que les machins zikos soporifiques plus bas (dans les posts, c’est trop chiant)

        Don’t touch my coconuts :

        https://youtu.be/iNwFCRAo3ko

        Et youppie !!!


      • rosemar rosemar 3 août 21:40

        @Séraphin Lampion

        Bien sûr...


      • Attila Attila 3 août 09:52

        Castagner ! Il suffit de prononcer ce nom pour voir surgir toute la France, ses danseuses aux robes couleur de jaune, ses flics en rang par douze, ses charges rythmées par ces petits instruments de cailloutechouque . . .

        .


        • Attila Attila 3 août 10:23

          Bonjour Rosemar,

          Ces petits instruments de percussion sont tous plus étonnants les uns que les autres. Je vous en propose deux venant du Pérou :

          La cajita

          .

          La quijada de burro (mâchoire d’âne)

          .


          • Clocel Clocel 3 août 11:01

            @Attila

            Les idiophones


          • rosemar rosemar 3 août 11:44

            @Attila

            Eh oui ! On peut faire de la musique, même avec une boîte en bois... et c’est très rythmé...

            Je connais la mâchoire d’âne, car j’ai assisté récemment à un concert mexicain...

            MERCI


          • rosemar rosemar 3 août 21:59

            @Attila

            Et bientôt, un compte-rendu de ce concert...


          • Attila Attila 3 août 22:53

            @rosemar
            J’ai découvert la musique et la culture latino-américaine grâce à une série de concerts auxquels j’avais modestement participé.
            J’ai découvert un véritable continent musical fait d’un assemblage de musiques européennes, indiennes et africaines par les descendants d’esclaves.
            J’en suis encore tout émerveillé.

            .


          • rosemar rosemar 5 août 09:18

            @Attila

            De belles découvertes, en effet... par exemple :

            https://youtu.be/BWpuHARenQM


          • Attila Attila 5 août 21:40

            @rosemar
            J’échange contre ça :
            Son de madera

            .


          • rosemar rosemar 6 août 13:13

            @Attila

            MERCI : très sympa...


          • Clocel Clocel 3 août 10:58

            Chez les castagnettes, il y a de mâles et des femelles, mais pas de tafioles ! smiley

            https://www.youtube.com/watch?v=RD6khYNpnS4

            https://www.youtube.com/watch?v=gWmX0ZSUW9Q

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