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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Design contre design »

« Design contre design »

Voilà deux siècles que le design a fait son entrée sur la scène artistique, proposant des objets aux formes attrayantes échappant à leur simple fonctionnalité et sortant de l’ordinaire. Le temps de la découverte est venu, la culture artistique arrive au seuil de votre porte, accueillez-la comme il se doit, en la flattant par vos regards et vos étonnements... En somme appréciez l’art du monde moderne à sa juste valeur.

Paris accueille depuis le mois d’octobre et ce jusqu’au 7 janvier une exposition consacrée au Design, Design contre Design accessible à tous... Certains découvrent, d’autres redécouvrent cet art contemporain, posant ainsi un regard faussement naïf sur les objets qui les entourent afin d’en savourer d’avantage leur apparence voire leur essence. Cette exposition exceptionnelle nous promet un voyage dans l’extraordinaire ordinaire. Les concepteurs de l’exposition ont décidé de confronter les meubles, chaises, fauteuils, lampes, objets en tout genre afin de proposer au public un florilège du design. Nous ne sommes pas spectateur d’une confrontation artistique, mais témoin d’un subtil patchwork de créations, le design est certes contre lui-même Design contre design, cependant aucun autre art est mis en évidence, c’est une auto-rencontre enchanteresse. Ces créations évoluent dans le cadre presque idyllique des Galeries du Grand Palais, ainsi ce lieu grandiose récemment rénové permet aux petits et grands de découvrir les plus grands designers du monde à travers leur création farfelues et fantastiques, pas moins de 200 pièces sont exposées mêlant l’utile à l’agréable.

Visite guidée

A l’entrée de l’exposition, nous sommes tout d’abord presque éblouit par la mise en lumière, chaque objet est mis en valeur, la lumière est mesurée, adaptée, évocatrice, et révèle les détails les plus impressionnants. Les objets ont leur place et remplissent leur espace par leur spécificité, leur couleur, leur forme, leur style. En somme, tout est regardable et analysable. Les objets sont placés selon la forme, que ce soit « la droite et la géométrie, la courbe, les formes inspirées de l’organique et enfin la négation de la forme qui peut aller jusqu’à l’informe », mais également par thèmes ordonnant la mise en scène de l’exposition « ... l’ornement ; les tatouages et piercings ; les animaux ; les végétaux ; le corps... ». On comprend alors que tous les mouvements de la terre, des eaux, des glaces et des êtres vivants sont source d’inspiration pour le designer... Durant la visite, on se surprend à s’imaginer sur la chaise du prince impérial, créée par Garouste (1985), à lire patiemment sur le fauteuil Tila (1923), ou encore à s’allonger avec son cher et tendre sur le sofa Bocca de B. Lavier (2006). On rêvasse devant le lampadaire Liane créé par Jean Royère, s’apparentant à un merveilleux arbre lumineux, puis on est émerveillé par l’originalité de la bibliothèque autoportante This Mortal coil de Ron Arad (1993) dont la forme ressemble étrangement à celle d’un escargot géant. On s’extasie devant l’impressionnant lustre Zénith de Philippe Starck (2003) en cristal noir, composé de plus de vingt lampes d’une beauté incontestable, on le transporterait presque dans notre salon si le prix était abordable... On ricane devant The womb House en fibre de verre de Lieshart (2004), représentant un utérus géant où l’on peut dormir (un lit y est intégré) où on peut également s’y restaurer, s’y laver, etc. Effectivement Tzara, Dali... en rêvaient et ce designer plus qu’original l’a fait. Ce serait une manière de surmonter le traumatisme de la naissance qui fascinait les surréalistes. Lieshart a alors imaginé une architecture intra-utérine s’écartant d’une architecture moderne sadique. Il a créé un univers vivable plus qu’extravagant pour le plaisir des grands et des petits. L’érotisme se retrouve également dans le siège de Dickies de Kleinepier (2004) qui prend l’apparence d’un sexe masculin. Ces objets de petites ou grandes tailles interpellent, marquent l’esprit du public, les designers osent, en rassemblant, assimilant, fusionnant des éléments, des idées, des fonctions. Cette exposition est un remède contre l’ennui pour les grands comme pour les petits ainsi les enfants peuvent aller jouer dans le Phantaisy landscape de Verner Panton (1970) une pièce faite de bois , de mousse en caoutchouc et en laine, pendant que les parents déambulent entre les créations issues de la récupération comme le fauteuil Rag Arm chair composé de vêtements usagés et de caoutchouc naturel (1972) ou la chaise Harry chair (2005) composé de papier déchiqueté à la machine car pour un designer « rien est indigne de l’œil créateur ».

L’ immortalité artistique

La vie des formes est indéfinie, peu importe le lieu, le temps, la matière... L’art est un renouvellement perpétuel. L’artiste s’accapare les objets, les façonne tel un Pygmalion. Le design est la preuve irréfutable que l’art contemporain est en plein essor, le design évolue depuis deux siècles, mais la fibre artistique est la même, les différences esthétiques sont très minces, les inspirations sont similaires... Le but principal étant de fabriquer à partir d’objets ordinaires de l’extraordinaire. Lorsqu’on observe le Fauteuil rose créé en Grande-Bretagne au XIXe siècle dont l’apparence est celle d’une rose rouge, on retrouve l’idée de reproduction du réel, de l’environnement qui nous entoure, cette idée se retrouve un siècle et demi après avec les suspensions lumineuses Icarus light (2005) dont l’apparence est celle d’ailes d’oiseau. Le temps passe, et n’altère pas le principe de reproduction de l’ordinaire, seul les objets évoluent quelque peu, ainsi il existe une réelle unité artistique dans le design. Les formes, les styles, l’environnement, l’architecture renvoient à des images et racontent des histoires. Que serait l’art contemporain sans le design ? Cette exposition marque un tournant réel dans la compréhension de cet art. Design contre design est un succès assuré permettant de percevoir les objets sous toutes les formes et toutes les couleurs « elles ne demandent qu’à parler, encore faut-il savoir les écouter ».

Design contre design, Galerie nationale du Grand Palais, 3 avenue du Général-Eisenhower, 75008 Paris (accessible par le métro Champs-Elysées Clémenceau, Franklin Roosevelt). Entrée jusqu’au 7 janvier : 10 euros (adulte) et 8 euros (13-25 ans), gratuit (enfants).


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EP

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