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Détour. Architecture et design le long de dix-huit routes touristiques norvégiennes

Modestie ou gesticulation en architecture ? Les Norvégiens nous répondent et s’amusent.

© Hugo Fagermo, Statens Vegvesen

Modestie ou gesticulation en architecture ? Les Norvégiens nous répondent et s’amusent.
Dans cette nouvelle exposition, la Galerie d’architecture nous présente ici des aménagements paysagers certes très petits, mais tous incroyablement différents, avec des idées à chaque instant. Le béton coule dans la pente, les fers longent, se tordent et enveloppent les arbres. Et ces beaux bois blancs si norvégiens qui s’argentent si tendrement avec le temps ! Tout a l’air d’avoir été fait sur place, tant chaque élément colle si bien au terrain. En Norvège, la nature n’est pas un idéal. Pour les Norvégiens c’est vraiment leur milieu. Et quand nous parlons de la nature, c’est la vraie, pas la campagne construite par les hommes. Les constructions ne cherchent pas seulement à bien installer les gens dans le panorama pour qu’ils puissent voir la splendeur des points de vue, mais à leur donner en plus l’expérience du monde qui les entoure par la mise des corps en vertige. L’audace des constructions sur les à-pic impressionne, et l’exposition, par de belles maquettes et de grandes vidéos, en rend bien compte. Surtout les concepteurs portent le plus légèrement du monde leur connaissance la plus lourde des matériaux : les formes s’amusent follement sans aucun maniérisme dans les paysages les plus violents. Chaque élément de construction est conçu pour des conditions de climat extrême, et est, malgré cela, l’occasion pour eux d’un plaisir. Les matériaux sont rudes et les ouvrages malgré tout, légers ; signe évident d’une grande maîtrise technique, bien que la technique n’apparaisse jamais. On ne voit pas les efforts. Rien ne semble porté, tout a l’air PEINT dans la nature. Si en France on se déchire encore stupidement entre modestie et gesticulation, ces architectes norvégiens nous mouchent : leurs architectures sont modestes ET joyeuses. Belle leçon ! On rêve de voir la même chose chez nous. Nous en sommes loin, suivez mon regard.

à la Galerie d’architecture de Paris
Exposition du 26 janvier au 21 février 2008
Du mardi au samedi de 11H à 19H
11, rue des blancs manteaux.
75004 Paris
http://www.galerie-architecture.fr


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8 réactions à cet article    


  • Manuel Atreide Manuel Atreide 1er février 2008 10:58

    @ l’auteur ...

    Joli papier en forme de teasing. Je ne connaissais pas la galerie de l’architecture, je sens que je vais en devenir un habitué. Bref, votre papier m’a donné envie, et c’était son but je crois.

    Un petit détail me chiffonne. Vous dites en fin d’article que l’architecture française balance trop souvent encore entre modestie et gesticulation. Je suis plutot d’accord avec vous mais pourquoi finissez vous par un "suivez mon regard" ? Dites nous donc qui vous englobez dans cette critique  ! Il n’est pas honteux d’être critiqué dans son travail, pour peu que cette critique soit constructive.

    Par exemple, j’ai tendance à penser que Jean Nouvel, malgré les qualités évidentes de son cabinet d’architecte, donne trop souvent dans les "coups architecturaux" sans toujours se soucier du contexte urbanistique. Le projet qu’il avait présenté pour la rénovation des halles en était un exemple frappant. Sa piscine en terrasse était aussi esthétique que couteuse et inutilisable en fin de compte ...

    Le coté spectaculaire de l’architecture n’est pas prêt à disparaitre. La rage de construction des tours immenses en est un symptôme net. Je n’ai rien contre ces bâtiments exceptionnels, j’en aime certains depuis l’adolescence, mais je n’ai jamais pensé que la hauteur pour la hauteur avait un intérêt quelconque. La conception, le style, la fonctionnalité sont tout aussi importants. Voyez ces deux exemples ; Le Chrysler et l’Empire State à NYC : dépassés depuis longtemps en terme de hauteur pure, ces deux bâtiments sont entrés dans le mythe car ce n’est pas seulement vers le haut qu’il projettent le regard, c’est aussi dans un certain monde qu’ils sculptent par leurs lignes, leur luxe, leur lumière.

    Fin de la digression. En tout cas, une nouvelle fois, joli petit papier qui donne envie. Et, pour cela, ca mérite un merci.

    Manuel Atréide


    • David Orbach David Orbach 1er février 2008 17:12

      @ Manuel,

      Les termes "modestie et gesticulation" et "suivez mon regard" renvoient à un débat dans la profession des architectes. Cela se passe ici : http://moniblogs.lemoniteur-expert.com/equerre/

      Je trouve votre réflexion sur les tours très juste : Il ne suffit pas de construire une tour et qu’elle soit la plus haute. Encore faut-il la dessiner pour qu’elle apporte quelque chose par elle-même. Combien y en a-t-il en France ?

      Merci de votre intervention.

       


    • Manuel Atreide Manuel Atreide 2 février 2008 13:44

      Bonjour David ...

      Je suis en effet - de loin en loin - ces polémiques qui agitent parfois les milieux architectes. Je ne suis pas certain que tous les lecteurs soient au courant, d’ou ma demande ... Le lien que vous avez rajouté permettra donc aux interessés neophytes d’entrer plus avant dans le sujet.

      D’une manière générale, on peut se poser pas mal de questions sur l’architecture des grandes hauteurs en France. Ce qui s’est passé dans le Paris intra-muros des années 70 a durablement traumatisé le public : tours construites sans aucun style, plantées dans des quartiers plus anciens sans aucune réflexion urbanistique, aucun travail mené quand à la répartition des locaux entre habitations, commerces, bureaux. Le résultat est souvent froid et peu avenant, sans vie.

      Pourtant, nombre de ceux qui vivent dans ces bâtiments n’ont aucune envie d’en partir. Les logements sont souvents clairs, aérés, bien disposés, modernes. Et, pour peu qu’on grimpe dans les hauteurs, les vues sont souvent imprenables. Pour ma part, je suis un amateur du front de Seine comme de la Défense. J’aime ce coté un peu raide, un peu froid, j’ai même vécu à la Défense un moment. La vie y est calme le soir, pas de voiture au pied des immeubles, pas de vacarme de la circulation qui reste lointaine.

      Nous allons devoir sans aucun doute reprendre cette reflexion sur les tours dans nos grandes agglomérations. La hauteur pour la hauteur n’apporte pas grand chose. Mais, la hauteur est pourtant une réponse possible aux problèmes de densification nécessaire. Si elle est couplée avec un travail de fond sur l’urbanisme, sur l’utilisation des locaux construits, sur la couture avec les quartiers environnants, on peut obtenir un vrai succès.

      NYC est souvent citée comme une ville ou les grattes ciels poussent comme des champignons. C’est vrai, et même encore maintenant malgré le choc du 11 septembre. Et cette ville démesurée, gigantesque, pas belle mais pourtant dotée d’un charme indéfinissable et d’une séduction folle, ne possède pourtant pas que des quartiers de tours démesurées. Manhattan même alterne zones d’immeubles bas comme Harlem ou Chelsea et grands immeubles comme midtown. Et la ville est vivable, plaisante, invitant même à la promenade pietonne.

      Peut être y a-t-il là bas des idées, des manières de voir et de faire dont nous pourrions nous inspirer. Loin de moi l’idée de faire de Paris une autre New York, cela serait aussi ridicule que raté. Pourtant, ces deux villes sont parfois étrangement semblables, dans leur volonté d’absolu (Paris dans l’esthétisme, NYC dans la démesure), leur coté patchwork de villages urbains, leur unicité sur la scène internationale. Et n’oublions pas que le premier gratte ciel moderne est français. La tour Eiffel est, je le crois, le précurseur de toutes ces tours qui fleurissent partout sur la planète.

      Et si en fin de compte, la hauteur à Paris n’était qu’un retour aux sources ?

      Manul Atréide


    • David Orbach David Orbach 2 février 2008 15:54

      @ Manuel,

      Ouh là ! Je sens qu’il faut que je fasse un article sur les tours. Pour vous répondre de façon un peu synthétique :

      Vous avez raison de signaler que la grande hauteur n’est pas forcément synonyme de mal-vivre. Il y a beaucoup de gens qui aiment habiter en hauteur pour les raisons que vous avez évoqué. C’est un point important à noter parce que beaucoup de gens voient des tours dans les quartiers difficiles et se disent : "Supprimons-les et cela résoudra les problèmes". Ce n’est pas si facile.

      Pour autant je ne suis pas partisan des tours à Paris. Pour beaucoup de raisons dont la première est que je pense que le "charme" de Paris vient de ce que cette ville n’est pas comme les autres. Elle doit rester un grand village. Quel serait le sens de la faire ressembler à Singapour ? Plus il y a de tours ailleurs dans les autres capitales et plus Paris s’embellit apr comparaison de ne pas en avoir. Il faut conserver cette différenciation entre les capitales car si Paris essaye de ressembler à New York nous courrons à l’échec et au ridicule assurés.

      Je remarque aussi que les tours ne sont jamais belles. Je ne suis pas le seul à le penser. On ne voit jamais des cars de touristes venir visiter une tour. (j’excepte la Tour Eiffel qui n’est pas habitée. Elle est un monument comme l’Arc de Triomphe)

      Du reste, les tours ne sont même pas des réponses à la densité. Paradoxalement les quartiers de tours ne sont pas denses, parce que celles-ci doivent être très espacées. Les vieux quartiers bas de Paris ont des concentrations beaucoup plus fortes.

      Je sens qu’il faut que je fasse un article sur les tours.

      cordialement


    • David Orbach David Orbach 2 février 2008 15:56

      @ Manuel,

       

      • Ouh là ! Je sens qu’il faut que je fasse un article sur les tours. Pour vous répondre de façon un peu synthétique :
      •  
      • Vous avez raison de signaler que la grande hauteur n’est pas forcément synonyme de mal-vivre. Il y a beaucoup de gens qui aiment habiter en hauteur pour les raisons que vous avez évoqué. C’est un point important à noter parce que beaucoup de gens voient des tours dans les quartiers difficiles et se disent : "Supprimons-les et cela résoudra les problèmes". Ce n’est pas si facile.
      •  
      • Pour autant je ne suis pas partisan des tours à Paris. Pour beaucoup de raisons dont la première est que je pense que le "charme" de Paris vient de ce que cette ville n’est pas comme les autres. Elle doit rester un grand village. Quel serait le sens de la faire ressembler à Singapour ? Plus il y a de tours ailleurs dans les autres capitales et plus Paris s’embellit apr comparaison de ne pas en avoir. Il faut conserver cette différenciation entre les capitales car si Paris essaye de ressembler à New York nous courrons à l’échec et au ridicule assurés.
      •  
      • Je remarque aussi que les tours ne sont jamais belles. Je ne suis pas le seul à le penser. On ne voit jamais des cars de touristes venir visiter une tour. (j’excepte la Tour Eiffel qui n’est pas habitée. Elle est un monument comme l’Arc de Triomphe)
      •  
      • Du reste, les tours ne sont même pas des réponses à la densité. Paradoxalement les quartiers de tours ne sont pas denses, parce que celles-ci doivent être très espacées. Les vieux quartiers bas de Paris ont des concentrations beaucoup plus fortes.
      •  
      • Je sens qu’il faut que je fasse un article sur les tours.

       

      • cordialement

    • David Orbach David Orbach 2 février 2008 15:58

      Désolé pour le doublon mais la mise en page de mon premier commentaire a sauté.


    • Manuel Atreide Manuel Atreide 3 février 2008 11:30

      @ David ...

      Je suis d’accord avec vous sur un point : Paris n’a aucun intérêt à vouloir devenir une autre de ces villes qui se construisent à la verticale. Paris n’est pas New York ou Singapour ou Hong Kong. Ramené à la dimension de la métropole, nous n’avons pas le même problème de place que ces villes de bord de mer,

      Pour autant, je ne suis pas d’accord avec vous sur le fait que personne ne viste les tours. Même si je laisse de coté l’exemple un peu risible de la tour Montparnasse, à New York, l’Empire State Building draine des millions de touristes chaque année, tellement même qu’il est ouvert de 8h du matin à ... 2h du matin ! Ce n’est certes que pour monter à la terrasse découverte, ou au sommet de la fleche art déco (en intérieur cette fois ci) mais le parcours nous permet néanmoins de voir tout le style art-déco version US qui - à lui seul - vaut le détour. J’ai regretté de ne pouvoir le visiter plus avant afin d’en voir la disposition intérieure, de même que j’aurais adoré visiter cet autre monstre de l’art déco, le Chrysler Building dont je n’ai pu qu’apercevoir le hall. Bref, une tour peut aussi être un objet de visite architecturale quand cet objet est exceptionnel. Au même titre que le chateau de Versailles ou Fontainebleau, pour revenir en France.

      Je sais aussi que les quartiers des tours en France est moins dense que les quartiers traditionnels. On a peur de l’etouffement, peur de manquer de lumière, peur de l’entassement. Ce n’est pourtant pas le cas sur Manhattan. Comment font-ils, que ne faisons nous pas ? Je crois que c’est lié aussi à l’urbanisme. Pour ne citer qu’un exemple, la largeur des rues n’est pas exactement sur la même echelle ...

      Mais, je le redis, je ne veux pas voir Paris se transformer en une métropole planétaire lambda. Pas plus que je ne veux la voir devenir une ville musée, figée dans ses habits haussmanniens. Tout ceci mérite une profonde réflexion architecturale ET urbanistique. Les deux doivent être menées de front, en étroite coordination. Nous avons à apprendre de l’ailleurs, sans pour autant vouloir copier. Paris s’est souvent inspiré par le passé de ce qui se faisait ailleurs. L’Italie de la Renaissance, la Rome impériale, la Grèce antique, la période victorienne à Londres ont des rejetons français et parisiens.

      J’ai le sentiment qu’on a peut être un peu trop sacralisé Paris comme un objet urbain tellement beau qu’on n’ose plus y toucher vraiment. Hors, la vie avance, se developpe, mute. Et j’enrage de voir tant d’appartements conçus pour être des habitations se transformer en bureaux souvent mal organisés, parce que les entreprises n’ont pas assez de locaux adaptés à leur besoin. Doit-on être sur l’avenue de l’opéra quand on est cabinet d’avocat ? Ne pourrait-on pas être plus à l’aise dans un bâtiment moderne, conçu avec des gaines techniques ou passent les cables électriques et réseau informatique, avec des salles de réunions etc ? J’ai un peu mal au coeur, j’avoue, quand le soir apres 20h, je vois cette belle avenue dont les immeubles ne présentent que des fenêtres noires sans vie ...

      Bref, encore un long commentaire. Mais, vous l’aurez sans doute compris, le sujet me passionne. Et j’attends vos contributions futures avec impatience. Ne serait-ce que parce que le débat fait - de nouveau - désormais partie de la bataille politique pour Paris. Tours dans les zones de friches architecturales, Projet de "Paris Métropole" ou "Grand Paris", volonté du Président d’entamer un travail sur l’architecture et l’urbanisme dans ce cadre, nous y allons tout droit. Votre parole, votre point de vue de professionnel sur le sujet sera non seulement utile mais nécessaire.

      Au plaisir de vous lire !

      Manuel Atréide


    • Charles Ingalls Charles Ingalls 1er février 2008 11:42

      Comme Manuel !

      Je n’ai pas une culture trés approfondie en matière d’architecture mais votre article (et la photo qui l’accompagne) m’a donné envie.

      Merci.

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