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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Deux ou trois choses que je sais de lui : Jean-Luc Godard (1930-2022)

Deux ou trois choses que je sais de lui : Jean-Luc Godard (1930-2022)

Eh voilà, la dernière légende de la Nouvelle Vague, Godard, dont le nom est aussi connu que Picasso, s’est éteinte, mardi dernier, à l’âge de 91 ans. On finissait, les années filant, par le penser immortel. Mais non. Il est mort, a-t-on appris, par suicide assisté, à son domicile, entouré de ses proches, à Rolle, en Suisse, sur les rives du lac Léman, un proche de la famille précisant : « Il n’était pas malade, il était simplement épuisé. Il avait donc pris la décision d’en finir. C’était sa décision et c’était important pour lui que ça se sache. » Déjà, de son vivant (c’était en 2014, en marge du Festival de Cannes), l’artiste, avec ses fameuses lunettes de myope à grosse monture et son éternel cigare aux lèvres, avait dit à un journaliste de la Radio télévision suisse (RTS) l’interrogeant sur son rapport à la mort : « Je ne suis pas anxieux de poursuivre à toute force. Si je suis trop malade, je n’ai aucune envie d’être traîné dans une brouette… Pas du tout.  »

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Jean-Luc Godard, le 30 novembre 2010, à Zurich, Suisse, lors de la Cérémonie des Grands prix du design. Photo Gaetan Bally / AP.

Info tombée le même jour que la mort de Godard : le comité d’éthique en France ouvre la voie à l’euthanasie, à savoir au suicide assisté, qui est légal en Suisse, autrement dit la légalisation de l’euthanasie est en marche, ce qui ouvre la voie à une aide active à mourir, avec à venir une nouvelle loi possible pour accompagner la fin de vie, ce projet étant suivi de près par le président Emmanuel Macron. Le Comité d'éthique juge une application de l'euthanasie possible « à certaines conditions strictes » : « Il existe une voie pour une application éthique d'une aide active à mourir, à certaines conditions strictes avec lesquelles il apparaît inacceptable de transiger  », dixit lors d'une conférence de presse Alain Claeys, l'un des rapporteurs d'un avis rendu mardi par l'institution. Au moment où cette question était sérieusement posée en France (à préciser que des débats seront également organisés dès octobre prochain à travers l’Hexagone « afin d'aller vers tous les citoyens »), on apprenait que, mardi 13 septembre 2022, le père de la Nouvelle Vague, le Franco-Suisse légendaire Jean-Luc Godard (JLG), retiré à Rolle depuis un bon moment, et ne donnant de ses nouvelles qu’avec une grande parcimonie, s’est aidé… du suicide assisté. « Jean-Luc Godard (...) a eu recours à l'assistance au suicide, a confirmé le conseiller de sa famille à l'AFP : « M. Godard a eu recours à l'assistance légale en Suisse d'un départ volontaire, suite à de multiples pathologies invalidantes. » On le sait, ces dernières années, les suicides assistés ont augmenté en Suisse, passant de 187 cas par an en 2003 à 965 en 2015. Maintenant, pour 2022, dans le décompte des morts suicidés par assistance, on peut y ajouter donc un mort célèbre : Jean-Luc Godard (3 décembre 1930, Paris - 13 septembre 2022, Rolle).

On compte des films ô combien iconiques dans l’ample et éclectique filmographie du cinéaste qui vient de disparaître, connu dans le monde entier, via des objets filmiques résolument novateurs et iconoclastes, tels À bout de souffle, Le Mépris et autres Pierrot le fou. On se souvient encore d’un tout jeune Belmondo, de dos, mettant du temps à mourir, alors que la police lui a tiré dessus, dans À bout de souffle (1960, 2,2 millions d’entrées au cinoche), finissant sa course de mourant en disant que c’est « dégueulasse ». Puis de sa réplique tout aussi culte : « Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, si vous n’aimez pas la ville. Allez vous faire foutre ! » Ce film, à la trame toute simple (le jeune malfrat Michel Poiccard (Belmondo) tombe amoureux de Patricia Franchini (Jean Seberg), une étudiante américaine résidant à Paris, mais bientôt les flics sont à ses trousses), révélait tant un jeune cinéaste qu’un comédien à la « coolitude » des plus étonnantes ; on se rappelle de Belmondo toujours, en Ferdinand inoubliable bardé de dynamite avec le visage peinturluré de bleu dans le génial road-movie Pierrot le Fou (1965, son dernier grand succès pour Godard cinéaste, 1,3 millions de spectateurs), film pop d’une beauté renversante, citant tant Renoir et le bleu Klein que Picasso et Nicolas de Staël (c’est aussi un film de peintre, au lâcher prise révolutionnaire et rimbaldien, même Raymond Devos est de la partie !), accompagné aussi par la complainte culte d’Anna Karina, alors la compagne du réalisateur (même s’ils étaient pendant le tournage sur le point de se séparer, Godard s’apprêtant à la quitter), sur une plage, répétant en boucle « Qu'est-ce que je peux faire ? Je sais pas quoi faire ? » ou encore du début du film Le Mépris (1963, 1,6 millions de Français dans les salles), film méditatif autoréflexif sur le cinéma, dévoilant, via quelques plans inoubliables à la lumière changeante et sur une musique superbe de Georges Delerue, le corps sublime de Brigitte Bardot nue sur un lit, susurrant à Michel Piccoli : « Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? »

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Jean-Paul Belmondo dans « Pierrot le fou », 1965, de Jean-Luc Godard

À bout de souffle, 1960 : ce fut pour Jean-Luc Godard son premier long métrage, alors qu’il avait fait ses armes en tant que critique sans concession aux Cahiers du cinéma : on y trouvait un jeu d’acteurs très libre, avec un jeune Belmondo très joueur, en roue libre, au charme canaille imprégné d’Humphrey Bogart, à l’aise dans ses improvisations devant la caméra, une nouvelle façon de tourner du genre « cinéma bricolé », sauvage et libre, en son direct notamment dans les rues de Paris (comment ne pas se souvenir de Jean Seberg, aux cheveux courts de garçonne émancipée et de son New York Herald Tribune vendu à la criée sur les Champs-Elysées ?), puis un montage tout particulier (Diao Yinan, cinéaste contemporain : « Le montage des images évoquait le tranchant d’une épée à la lame effilée, d’une force implacable »). Montage novateur favorisant les jump cuts, ellipses et autres faux-raccords. En 1987, au journaliste Olivier Péretié du Nouvel Obs lui proposant le jeu de l’abécédaire, le réalisateur donnera cette possible définition du montage : « Il y a un avant et un après, et entre les deux, il y a un support, c’est ça le cinéma. On voit un riche, on voit un pauvre et il y a un rapprochement et on dit : c’est pas juste. La justice vient d’un rapprochement. Et d’une balance, après. L’idée même de montage, c’est la balance de la justice. » Ici, en s’attardant sur cette notion de justice, on retrouve l’esprit de sa fameuse formule à propos de laquelle les exégètes et autres filmologues patentés s’interrogent encore, prononcée semble-t-il en 1976 lors du montage de son film Ici et Ailleurs où le réalisateur-monteur qu’il est hésitait sur un plan : devrait-il insérer l’interview d’un Palestinien dont il venait d’apprendre la mort au combat ? : « Ce n'est pas une image juste, c'est juste une image. »

Avec son coup de tonnerre qu’était À bout de souffle, jaillissant alors dans un milieu du cinéma français alors pas mal sclérosé et corseté par l’académisme. Godard, en artiste libre aimant casser son jouet (il sabordera de la même façon son expo-rétrospective Voyage(s) en utopie à Beaubourg en 2006 en virant son commissaire Dominique Païni, l’expo finissant par être un parcours foutraque et bricolé assez réjouissant avec un petit train électrique parcourant des salles lovées dans un décorum façon Leroy-Merlin en ruines, rejouant inlassablement l’enfance de l’art), élève avec panache et provocation la maladresse, la plume qui se casse, le tremblé et la syncope au rang d’œuvre d’art ; même un Jean-Pierre Melville, pourtant admirateur du classicisme à l’américaine façon âge d’or hollywoodien, est alors médusé par cette liberté de ton, cette vitalité à l’écran. Un auteur est né, manifestement, se servant du cinéma comme d’une nouvelle écriture en images, couplée aux mots, pour viser un art total percutant, marquant définitivement les esprits, bref coup d’essai coup de maître que cet À bout de souffle, petit film en noir et blanc inspiré et inspirant, encore aujourd’hui. La caméra tremblée, portée à l’épaule, étonne : c’est alors très loin des films de studio Qualité France (Claude Autant-Lara, Jean Delannoy, etc.) de cette période-là ! « À l’époque, disait Godard dans un passage TV sur Canal + le 8 mai 1987, on me critiquait pour ça, mais aujourd’hui, je pose ma caméra sur pied et aussitôt on me dit que c’est chiant car c’est fixe !  »

Année 1968 : Godard s’emporte contre le Festival de Cannes, lors des événements politiques et sociétaux de Mai 68, demandant son arrêt avec une autre de ses sorties célèbres, proclamée au sein d’un petit groupe de cinéastes engagés alors en pleine effervescence, dont le jeune loup Truffaut à ses côtés, son éternel rival de la Nouvelle Vague, puis Claude Lelouch, Louis Malle et Roman Polanski : « Je vous parle solidarité avec les étudiants et les ouvriers et vous me parlez travelling et gros plan ! Vous êtes des cons ! » Puis, cet homme-caméra, portant le Groupe Dziga Vertov, qui est un collectif cinématographique fondé en 1968 par Jean-Pierre Gorin et lui-même afin de produire des films militants d'orientation maoïste (actif de 1968 à 1972, et faisant ouvertement référence au réalisateur soviétique Dziga Vertov (1896-1954)), se lance dans les années 1970 dans un cinéma plus politique, plus engagé, plus militant, mais également plus hermétique, voire rasoir, pour le grand public.

Pendant les années 80, ce franc-tireur revient à un cinéma plus classique, avec notamment Détective (1984) comptant dans son casting Johnny Hallyday et Nathalie Baye, succès (relatif) en salles, tout en poursuivant ses expérimentations narratives en vidéo et ses créations pour le petit écran, même si la petite lucarne était loin d’avoir sa préférence, on se souvient également de son aphorisme le 7 mars 1987 prononcé aux côtés de Jean-Pierre Elkabach lors de la cérémonie des Césars du cinéma hexagonal : « Dans la salle de cinéma, on lève la tête. Quand on regarde la télévision, on la baisse. » Soit dit en passant, qu’aurait dit Godard de la désaffection actuelle du cinéma en salles suite à l’épidémie de Covid ayant entraîné une longue fermeture des salles obscures et devant depuis quelque temps faire face à la sérieuse concurrence et à la puissance des plateformes de streaming telle la Californienne Netflix ? Sur ce plan-là, on aurait encore aimé l’interroger.

Entre coups d’éclat, voire de génie, et échecs répétés au box-office, ce cinéaste post-moderne - les histoires à raconter l’intéressent bien moins que la geste de trouver de nouvelles formes pour réinventer sans cesse le médium cinéma - a considérablement marqué, avec son audace et sa créativité, l’histoire du septième art, influençant bon nombre de réalisateurs à travers le monde, de Leos Carax à Quentin Tarantino (la maison de production Bande à Part de l’Américain reprend le titre du film éponyme de Godard sorti en 1964 : un hommage d’ailleurs que l’intéressé, vachard à souhait et connu pour ses remarques caustiques, avait assez peu apprécié, puisqu’il avait lâché sur France Inter en 2017 : « Tarantino a nommé sa société de production d'après un de mes films [Bande à part]. Il aurait mieux fait de me donner de l'argent ! »), en passant par Bernardo Bertolucci et Agnès Varda qui, dans leurs films respectifs de fin de carrière (The Dreamers, 2003, et Visages Villages, 2017) aimaient citer, non sans humour, la fameuse séquence de… Bande à part (1964) encore !, qui montrait en un temps record une visite express au musée du Louvre, ainsi que par le Chinois Diao Yinan, le Brésilien Kleber Mendhoça Filho, l’Américain Martin Scorsese (Taxi Driver, un gros plan serré hypnotique sur un verre d’aspirine rejoue un détail vu dans Deux ou trois choses que je sais d’elle, signé Godard, 1966, avec Marina Vlady et Anny Duperey), le Japonais Takeshi Kitano, se référant à Pierrot le fou dans son Jugatsu (1990, « Godard existe probablement en dehors de la compréhension », dixit Beat Takeshi) ou encore par le cinéaste de genre Brian de Palma, grand fan d’Hitchcock, qui, avec son méconnu Greetings (1968), montre Robert de Niro lisant face caméra un pamphlet politique, reprenant alors la posture de Jean-Pierre Léaud lisant le Petit Livre rouge de Mao dans La Chinoise de 1967.

Sans oublier bien sûr d’évoquer le Français Michel Hazanavicius, adepte tout comme Godard du jeu citationnel sans fin, qui, en 2017, avec son film Le Redoutable (surnom que JLG, qui avait pas mal le melon, aimait se donner), réalisait un film biographique, entre empathie et ironie, hommage et pastiche, sur le personnage de roman qu’est Jean-Luc Godard (incarné par Louis Garrel, estampillé très nouvelle vague actuelle…), centré sur la période 1967/1969, on le voit blessé à ce moment-là suite à une de ses interventions à la Sorbonne par un graffiti écrit à la va-vite le traitant comme « le plus con des suisse pro-chinois !  », ainsi que sur sa relation avec son épouse et actrice Anne Wiazemsky.

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Louis Garrel interprétant le jeune Godard rouge dans « Le Redoutable », 2017, de Michel Hazanavicius

Bref, il y aurait tant à dire sur Godard, il est tout en paradoxe : auteur de chefs-d’œuvre mais aussi de quelques navets ou en tout cas de films bien abscons (son fourvoiement dans la période Mao, on aurait pu s’en passer) ; se méfiant de l’industrie du cinéma et des puissances de l’argent, il le prend pour autant volontiers, façon hold-up (partir avec la caisse), pour faire ses films, Depardieu l’a même traité une fois d’escroc (sic), et l’on sait que le cinéaste, multipliant les inimitiés et les revirements brutaux, est connu pour ses entourloupes répétées aux producteurs. Critiquant très souvent durement la télévision, ce « robinet à images », il fut un moment où ce réalisateur allait volontiers, notamment dans les années 80, sur les plateaux TV pour jouer le trublion médiatique, pratiquant le pas de côté avec art, il avait aussi suffisamment d’humour pour prendre du recul sur lui-même : lorsque Noël Godin, facétieux artiste performer mettant les pieds dans le plat pour dénoncer la soupe médiatique servant les puissants, l’entarta tel un « pompeux cornichon » sur la Croisette en 1985, l’artiste déclara, lui l’érudit du cinéma féru des origines du cinéma, au temps notamment du muet, qu'il s'agissait de « la revanche du cinéma muet au cinéma parlant  ». Bien vu !

Ce fils de bonne famille (son père était médecin), a tout fait pour jouer au rebelle, mais a fini par s’installer en Suisse, bien connue pour sa neutralité (« C’est un pays qui s’enfonce et qui ravale, disait Godard. Mais comme on ne communique pas, les gens s’enfoncent, et tous les pays deviennent des Suisses. Et la Suisse va avoir un problème si tous les pays deviennent comme elle.  » Puis concernant sa volonté d’être hors du système marchand, via sa période révolutionnaire au début des années 70 (« (…) je vais faire politiquement des films politiques (…) Mais il ne suffit pas de prendre un drapeau, encore fallait-il le planter et marquer le territoire où nous étions et à partir duquel nous décidions de prendre l’offensive », in Le Monde du 27 avril 1972), il était conscient, vers la fin, d’avoir pas mal échoué à ce niveau-là, n’étant pas dupe de sa posture. Dans l’un de ses derniers et très rares entretiens accordés aux Cahiers du cinéma (octobre 2019), le cinéaste, alors âgé de 88 ans, se montrait tant placide que lucide : « Je suis pour la désobéissance, mais je reste dans le cinéma. J’ai cru à un moment pouvoir me mêler des affaires du monde. Quand Anne-Marie [Miéville, sa compagne et collaboratrice, une photographe, rencontrée en 1971] m’engueule, elle me dit : "Va dans le monde faire ta révolution, et puis pas de café aujourd’hui ! »

Si sa deuxième partie de carrière (en gros, de Sauve qui peut (la vie), 1980, à Nouvelle Vague, 1990, truffé habilement de citations célèbres empruntées à des écrivains célèbres tels William Faulkner, Ernest Hemingway, Raymond Chandler ou Dostoïevski, au titre-signature rendant hommage au mouvement cinématographique auquel JLG avait participé en 1960 et qui fêtait là son trentième anniversaire, en passant par Passion (1982), hommage de Godard à la peinture via la reconstitution de tableaux célèbres signés Greco, Rembrandt, Watteau, Goya ou Delacroix, Prénom Carmen, 1983, et Je vous salue, Marie, 1985), est souvent bien moins connue du grand public, car elle s’est déroulée sans gros succès notoire au box-office, Godard fuyant avec le temps plus que jamais les sunlights de la célébrité, elle n’en est pas moins, souvent sur un mode mélancolique voire spectral, intéressante, surtout vers la fin. Son Film Socialisme en 2010, annonçant tel un chant du cygne, son adieu au cinéma et au socialisme, perçus comme (hélas) deux utopies (on y voit notamment sur un bateau de croisière Alain Badiou donner une conférence sur Husserl dans une salle quasi vide, comme si la tyrannie de l’immédiateté et la société du spectacle et du selfie l’avaient définitivement emporté sur le temps réflexif lent de l’art et de la pensée philosophique), vaut le détour. Et son Adieu au langage (2014), aux accents mystiques montrant un canidé sibyllin errant dans un paysage de bord de mer bleuté sublime (c’est sa chienne filmée près du lac Léman), s’interroge avec pertinence sur l'art du cinéma combinant image et verbe, via la captation d’un chien filmé en 3D qui parle à la place de ses maîtres, avec un couple d’humains à côté semblant avoir perdu tout langage commun.

À noter que Godard se paiera encore avec le temps, car il n’est pas à un paradoxe près, quelques stars dans ses films (Isabelle Huppert, Nathalie Baye, Delon, Depardieu, Jacques Dutronc…), calés entre auteur et hauteurs (on le perd par moments, ce cher JLG, car se montrant de plus en plus crypté dans sa solitude de Roi Lear peuplée par les fantômes du cinéma !). On croise par exemple Alain Delon dans Nouvelle Vague (1990, il y apparaît aussi égaré que Jack Palance dans Le Mépris  !) et Gérard Depardieu dans Hélas pour moi (1993) ; plus tard, en 2013, il déclarera, parlant des stars, que « c’est un peu ridicule de garder avec eux le côté « première fois ». Bien sûr avec Depardieu, Huppert, on se dit qu’on va essayer de faire qu’ils soient comme on ne les a jamais vus. Et puis on est fatigué. On ne peut plus. Ils ne peuvent plus eux-mêmes. Depardieu, il a fait un ou deux films. Delon en a un fait un avec Visconti, une moitié avec moi. C’est comme si vous disiez : on va faire un film d’amour où on mettrait Fabius en caleçon, et puis on essayera d’y faire croire. » Pas faux !

Ce « Monsieur Cinéma », incarnation de la Nouvelle Vague, adulé comme honni, aimait brouiller les pistes : à la fois cinéaste, critique (et critique de critiques à la dent dure), formaliste, dandy ironique, vieux savant fou perdu dans son antre (cf. son chez lui conçu comme un laboratoire de cinéma, s’entourant de plein de machines : « J’aime la technique que je ne différencie pas beaucoup de l’esthétique »), styliste, rhétoricien et essayiste (« Je me considère, tenait-il à préciser, comme un essayiste, je fais des essais en forme de romans. Simplement, je les filme au lieu de les écrire  »), cet homme-orchestre finissait par nous apparaître comme une sorte de vieil oncle visionnaire de Suisse (il résidait à Rolle) donnant, de temps à autre, de ses nouvelles tel un oracle helvète, par voie de presse (ce brillant orateur, maîtrisant parfaitement la joute oratoire, la polémique et la controverse, était bien connu, et attendu, pour ses aphorismes souvent meurtriers) ou par ses productions audiovisuelles de la fin.

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Godard dans son film « King Lear », 1987

Ainsi, son monumental essai-vidéo Histoire(s) du cinéma (1989-1999), projet pharaonique diffusé en huit épisodes sur Canal +, est, en se nourrissant de multiples extraits de films, tant de fiction que documentaires, un formidable film fleuve-thèse, mi-fantomatique mi-mortifère, pour venir interroger la puissance hypnotique du cinéma face aux fantômes de l’histoire, annonçant une probable mort du cinéma afin de le faire renaître sous un jour nouveau, plus ambitieux, croisant art, histoire et sciences, Godard précisant, avec son ton énigmatique habituel, qu’il « essaie de risquer la mort de ce que je sais faire comme la seule possibilité de survie. » C’est beau chez lui, ce côté kamikaze. Puis, avec toutes ses apparitions fantômes, sous forme de palimpsestes visuels, et de citations comme dites d’outre-tombe, cet essai-vidéo tissé d’histoires, hésitant entre épiphanies et disparitions, présences et absences, vérités et mensonges, répond parfaitement à la définition du cinéma selon Jacques Derrida : « L’art de faire revenir les fantômes. »

Enfin, contrairement à ce qu’on pourrait penser de prime abord, Godard comme cinéaste donc comme homme d’images, est aussi et surtout un as du verbe, un cinéaste-critique-écrivain doublé d’un formidable conteur. En 2014, alors qu’il remporte avec son Adieu au langage, le Prix du jury au Festival de Cannes, il dira au Monde, le 12 juin 2014, façon God… Art (il avait un côté prophétique) : « J’aime au cinéma non pas l’image contre le texte, mais ce quelque chose d’avant le texte, qui est la parole. Le langage, c’est pour employer le verbe "être", parole et l’âge. Non pas la parole, la voix ou la parole de Dieu, quelque chose d’autre qui ne peut pas vivre sans l’image. Dans l’image au cinéma. Il y a autre chose, une espèce de reproduction de la réalité, une première émotion. La caméra est un instrument comme, chez les scientifiques, le microscope ou le télescope. Vient ensuite l’analyse des données - on dit les données, mais elles sont données par qui ? (…) Le cinéma, ce n’est pas une reproduction de la réalité, c’est un oubli de la réalité. Mais si on enregistre cet oubli, on peut alors se souvenir et peut-être parvenir au réel. C’est Blanchot qui a dit : "Ce beau souvenir qu’est l’oubli." »

Dernier point, Godard n’était pas spécialement sympathique, et ne cherchait aucunement à l’être, se fâchant d’ailleurs avec beaucoup de personnes, dont Truffaut - leur brouille, maintenue jusqu’à la mort prématurée de ce dernier, des suites d’un cancer du cerveau, est célèbre. Ce rejeton de la haute bourgeoisie protestante franco-suisse, à la culture classique, à l’adolescence turbulente et au goût prononcé toute sa vie pour le sport et le journal L’Équipe, était certes un enfant de la bourgeoisie, mais pas un fils d’assistant, appartenant au sérail du cinéma, il ne connaissait pas les codes. D’où sûrement sa part farouche et les frottements, parfois fructueux, qu’il recherchait. Caroline Champetier, grande chef-op depuis plus de trente ans pour Rivette, Desplechin, Doillon, Barbet Schroeder, Carax ou Godard, avait précisé ceci sur celui-ci dans un magazine UGC Illimité de février 2016 (n°252), éclairant bien sa personnalité contrastée, oscillant entre ombres et lumières : « Un beau jour, il me passe un coup de fil en me disant : "Je cherche quelqu’un qui en sache un peu sur la lumière mais pas trop…" Immédiatement, je comprends là où il faut que je me place. C’est-à-dire un peu en retrait. Très vite, je me rends compte qu’on voit les choses de la même manière et je finis par réaliser que c’est notre myopie qui nous amène à regarder le monde de la même manière. Dans un décor, ce que nous voyons en premier, nous les myopes, ce sont les volumes, la lumière, pas les lignes. Vous remarquerez que les cadres de Godard sont centrés surtout sur l’énergie lumineuse, ce qui est quelque chose que je fais naturellement puisque c’est la lumière qui attrape en premier lieu mon regard. Je compose très peu, je ne décadre presque jamais car je ne vois pas les lignes. En tout cas, ça a été un tournage très heureux [Soigne ta droite, de Jean-Luc Godard, 1987]. Évidemment, Godard est quelqu’un d’irascible, mais on apprend quelque chose de ses colères… Il me laissait une liberté folle, il ne me demandait pas seulement de faire la lumière mais aussi de choisir certains décors. C’est avec lui que j’ai compris qu’il fallait que quelqu’un prenne en charge la direction artistique des films. C’est un poste qui n’existe plus en France depuis la Nouvelle Vague et c’est sans doute ce qui a manqué à Truffaut, un "art director" ou un "production designer"… appelez ça comme vous voulez. On a beaucoup à apprendre du cinéma anglo-saxon à ce sujet. »

Pour ma part, et sur fond d’anecdote : JLG humainement, perso, comment m’a-t-il semblé ? Eh bien, à dire vrai, tel un type solitaire pas commode (pas spécialement sympathique, vu qu’une fois, en chair et en os comme on dit, au cinéma L’Arlequin, rue de Rennes à Paris, fuyant photographes, journalistes, aficionados et quidams, c’était pour présenter brièvement un film co-réalisé avec sa compagne Anne-Marie Miéville, Après la réconciliation, 2000), bref on ne peut pas dire qu’humainement il était d’une chaleur extrême - c’est le moins que l’on puisse dire ! -, mais grand artiste de cinéma (comptant quelques pépites dans sa filmo, on l’a vu) et inventeur de formes, assurément, avec un sens de la formule imparable. Et, à mon avis, il faut revoir sa présence en creux (son aura d’Arlésienne ! Autrement dit, sa présence par l’absence) dans le très bon Visages Villages (2017) d’Agnès Varda et JR. Car, même pour ces personnalités-là, Godard n’ouvrait pas sa porte ! À Rolle, Suisse. La séquence est d’ailleurs assez drôle… Et ne l’oublions pas, pardi, Jean-Luc Godard était très blagueur, notamment sur lui-même.

Bref, adieu Godard, physiquement, donc. Mais vive God-Art ! Tant la pensée, tour à tour lumineuse et cryptée, de ce cinéaste majeur, à la fois plasticien et poète, génial expérimentateur du septième art (d’où des ratages et des réussites), est toujours active, et certains de ses films, émergeant d’une filmographie foisonnante mais inégale, encore irradiants.


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45 réactions à cet article    


  • Laconique Laconique 14 septembre 18:49

    Toujours, la plus grande tristesse est proche du plus grand bonheur.


    • Clocel Clocel 14 septembre 18:51

      @Laconique

      Très loin à l’Est c’est l’Ouest ! smiley


    • charlyposte charlyposte 15 septembre 11:42

      @Laconique
      Comme quoi être en Suisse n’est pas un hasard smiley


    • Fergus Fergus 14 septembre 20:55

      Bonsoir, Vincent

      Excellent article. Mais permettez-moi de ne pas partager l’admiration que vous portez à ce cinéaste. A côté de lui, Truffaut a été un grand monsieur !


      • Clocel Clocel 14 septembre 21:19

        @Fergus

        Pas assez philosémite !? smiley


      • Vincent Delaury Vincent Delaury 14 septembre 21:31

        @Fergus Merci Fergus. Alors nous ne rejouerons pas ici l’éternel débat autour de la rivalité Truffaut/Godard ! Quoique... smiley 


      • Aristide Aristide 15 septembre 08:22

        @Vincent Delaury

        Rivalité mais quels cinémas qui se la pète !!! Varga et Rohmer en tête de liste !!!

        De la nouvelle vague, seul Chabrol arrive à se dépêtrer de ce cinéma prétentieux, j’ai pas trouvé d’autre mot ...


      • mmbbb 15 septembre 19:35

        @Aristide Chabrol etait aussi rigolo et bon vivant .

        Le cinema italien , je l ai aime le cinema américain aussi le cinema francais depardieu est trop present , cinema d auteur souvent chiant
        mais heureusement quelques bons films

        Villeret dans le dîner de con et avec son air con joue pourtant un rôle de composition extraordinaire

        La vie est un long fleuve tranquille et d autres , a la vision de ces films on se poele

        Godard je trouve son cinema fort ennuyeux


      • mmbbb 16 septembre 09:32

        @Vincent Delaury joute d intellos ! 


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 septembre 21:35

        A bout de souffle ; Le Mépris ; Pierrot le fou. Après...


        • Aristide Aristide 15 septembre 08:12

          @Aita Pea Pea

          Bof ....


        • charlyposte charlyposte 15 septembre 11:33

          @Aita Pea Pea
          Si tu prends le temps d’analyser ses films...ce type est un pervers opportuniste qui n’a de talant qu’à travers les personnages qu’ils mets en scène smiley dans à bout de souffle une jolie nana qui capte tout et dans le mépris c’est Brigitte Bardot et ainsi de suite ....................... smiley


        • velosolex velosolex 15 septembre 12:12

          @Aita Pea Pea
          Godard, dans la temporalité personnelle, c’est plutôt d’abord Pierrot le fou, le mépris, avant qu’il ne soit à bout de souffle. 


        • mmbbb 15 septembre 12:30

          @charlyposte Le mépris , il a joue avec le cote sexy de BB .
           A l epoque , il est vrai que c etait ose 

          Le scenario est un peu facile 


        • charlyposte charlyposte 15 septembre 12:42

          @mmbbb
          Comme quoi un voyeur peut se faire du fric à condition d’associer le lambda à son délire maladif smiley


        • velosolex velosolex 15 septembre 12:54

          @charlyposte
          La scène des fesses de B.B lui a été imposé par la production, afin d’attirer le badot qui bade devant Bardot, comme devant une vitrine de patisserie... Le roman de Moravia est bien plus intéressant. Littérature et cinema, ce sont les italiens qui captent à l’époque la lumière. 
          Et Monica Vitti est incandescente dans les films d’Antonioni ! J’ai appris sa mort cette année, morte d’Alzeimer. Ca m’avait démoli pour la journée. Pas Monica tout de même !... Les films sont toujours là...« L’aventura »..La preuve de l’immortalité sur une pellicule. Et puis le choc des valeurs dans ce qu’on appelle alors le conflit des générations, qui s’éteindront peu à peu, à la vision des fesses d’Emmanuelle, qui semble réunir tout le monde, au milieu des seventies. On change insidieusement d’époque. 
          Et plus personne n’a le droit de tremper son cul à minuit dans la fontaine Trevise.
          Comme tant d’autres, j’ai voulu faire mon voyage en italie, après avoir vu les films de Dino Risi, de Visconti, de Pasolini.....La sieste l’après midi, le vespa sur sa béquille, et juste assez d’essence pour aller voir la mer....Des souvenirs qui ne tiennent pas en carte postale, qu’on ne trouve d’ailleurs plus. Les codes disparaissent avec les années, et arrive ce moment où un film est avant tout un regard sociologique sur une époque révolue. 
          Jean Seeberg ne vendra plus le « Herald Tribune », dans la grisaille de Paris, qu’’elle rélève de sa voix pleine de couleurs. Elle annonce aux passants que Godard est mort. Un suicide assisté qui a duré 90 ans et plus. . Je me souviens d’Agnès Varda dans une de ces dernières films « Village-village » partant à la recherche de son passé, et frappant à la porte de la maison de Godard. 
          « Ouvre, Jean Luc. Je sais que tu es là !...T’es con de ne pas répondre ! »
          Ca faisait un moment que Jean Luc se faisait rare et ne voulait plus voir personne. A partir d’un certain moment, votre ticket de train n’est plus valable, disait Romain Gary-Ajar, qui avait été le compagnon de Jean Seeberg.
          Encore elle ! L’égérie godarienne, avant Anna Karina, sous le soleil exactement. Elle ressemble un peu à Audrey Hepburn, à cause des cheveux courts, de sa délicatesse, et du Vespa. Qui n’a pas eu envie de visiter Rome sur le siège arrière du Vespa conduit Haudrey, comme dans "vacances Romaines ?..
          Inutile de rêver, pauvres cloches, de vous faire du cinema, vous êtes du mauvais coté de l’écran ! 
          Le corps de Jean Seeberg avait été retrouvé dans le coffre de sa voiture. Etait elle à bout de souffle ?....Un suicide que Gary n’avait jamais cru. Il accusait la CIA, en raison des amitiés de Jean avec les blacks panthers, leur accordant un soutien.
          Lui aussi s’est fait sauté le caisson.
          A un moment de l’histoire, nous passons dans un roman de John Le Carré, ou rien ne tourne plus rond.
          Et l’envie vous vient de mettre les bouts. So long, Jean Luc !


        • Vincent Delaury Vincent Delaury 15 septembre 13:16

          @velosolex Belle intervention, entre fiction et réel... smiley


        • charlyposte charlyposte 15 septembre 13:42

          @velosolex
          Et pourquoi pas * ORANGE MÉCANIQUE * comme une affirmation sociétale ostentatoire !!! smiley


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 15 septembre 14:01

          @charlyposte
          Lire d’Anthony Burgess « le testament de l’orange » ...


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 15 septembre 14:08

          @charlyposte
          Superbe scène sur injonction des diffuseurs ricains , érotique. Et la musique de Delerue dessus qui dessine que la beauté de Camille va bientôt disparaître avec sa vie , et que Piccoli ne voit que son corps , pas son âme.


        • charlyposte charlyposte 15 septembre 14:34

          @Aita Pea Pea
          Un scénario sans queue ni tête ! smiley


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 15 septembre 14:55

          @charlyposte
          Je n’ai pas lu le roman de Moravia. Mais il me semble que ça parle d’une très belle femme amoureuse d’un intellectuel , et qui lui ne la considère que pour sa plastique ,voir a l’utiliser pour ses fins .Elle se détache lorsqu’elle comprend et finit par le mépris er , comme lui la méprisait .


        • velosolex velosolex 15 septembre 23:35

          @Vincent Delaury
          Le cinema, auquel vous vous intéressez, permet de tirer des rallonges. Je viens d’une époque où beaucoup d’adolescents ont été déniaisé par le cine club de Claude Jean Philippe, et son intro légendaire. D’immenses cinéastes sont issus de l’après guerre, et ont eu une influence énorme sur le public. Ils ont été le reflet de la contradiction d’une époque où les générations des pères et des fils avaient des valeurs différentes, les derniers fuyant le formalisme et inventant une nouvelle façon de faire du cinéma, pendant que d’autres remettaient en question des valeurs qu’on pensait indépassables. Chacun se reconnaissant dans l’autre pour avancer. Il y eut une époque où l’on s’inspirait des américains, et une autre où certains américains s’inspirèrent de Godard. Plus qu’un film de lui, c’est son héritage qui est important. Cassavetes, Lynch, Wim Wenders....Tant ont porté en eux quelque chose de Godard, tenant à la liberté de ton, au risque. Ce que beaucoup prenait pour de la provocation.


        • mmbbb 16 septembre 12:46

          @velosolex un cineaste provocateur : Pasolini ! je le prefre a Godard ! 


        • charlyposte charlyposte 16 septembre 14:23

          @velosolex
          En quoi ce Godard fait rêver avec des films ternes qui ne profitent qu’au staff via la nouvelle vague ou pas du tout !!! il suffit de voir JOHNNY dans un de ses films pour mourir d’ennui  smiley


        • mmbbb 18 septembre 10:43

          @charlyposte le procédé a ete repris, il y a beaucoup de films ou le scénario est moyen et ne tient que par des seances de « cul » .

          Quant à Godard, un cinéma beaucoup trop imprégnée d une époque, sera oublie rapidement hormis par les « intellos » .

          Ne nous méprenons pas « la nouvelle vague » une figure de style pour écraser les anciens auteurs .
          .
          Je ne vais plus quasiment au ciné , et lorsque je veux visionné un fims , c est pour me detendre par exemple James BOND et je me tape des réflexions de Telerama

          Ratatouille film produit par PIXAR m avait enchante .

          En France , les acteurs ont souvent le gros melon , J avais vu un film de Luchini , un film un peu à la Godart avec des longs dialogues , un film de conquête amoureuse , tres chiant le bonhomme !


        • baliste 15 septembre 04:20

          Il est mort comme il a vécu , une déprime le bonhomme ....


          • charlyposte charlyposte 15 septembre 11:38

            @baliste
            Pour un pervers il a vécu selon moi bien plus que la moyenne ! smiley


          • LVOLC 15 septembre 11:24

            Il n’ ?tait pas malade, il ?tait seulement ?puis ?. Le courage lui aura manqu ? pour affronter le monde d’aujourd’hui. Si la vie est dure, faites comme Jen Luc Godard, suicidez-vous tous.


            • charlyposte charlyposte 15 septembre 11:35

              @LVOLC
              Il était * À BOUT DE SOUFFLE * ! smiley


            • Fanny 15 septembre 14:57

              Merci pour l’article.

              Godard, le seul cinéma qui est un art, celui d’un poète.

              Tout le reste dans le cinéma est connoté, pénible, lourd (au sens célinien).


              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 15 septembre 15:23

                @Fanny
                Vouais...lol


              • Ⓒⓐⓡⓝⓐⓖⓔ Cyrus 15 septembre 15:30

                Qui as bien pu pîquer la necro a rakoto ? il va etre vert ...


                • scorpion scorpion 17 septembre 18:29

                  @Cyrus
                  Excellent !!! Le vautour des cimetières doit être entrain de cirer quelques pompes et lécher quelques culs macronistes.. Ce qui explique sans doute son manque de réactivité devant le décès programmé du cinéaste déjanté...


                • agent ananas agent ananas 15 septembre 21:21

                  « A bout de souffle » résume bien la production cinématographique de Godard post 68. Un cinéma ennuyeux et bavard dans lequel Godard semble oublier que le cinéma est avant tout un art visuel.

                  A voir, le film biographique de Michel Hazanavicius « Le Redoutable », une adaptation du livre de Anne Wiazemsky centré sur la période entre 1967 à 1969 et de sa relation avec Godard alors son mari ...


                  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 15 septembre 21:30

                    @agent ananas
                    A bout de souffle...1960 ...pour le post ...


                  • agent ananas agent ananas 15 septembre 22:45

                    @Aita Pea Pea

                    Oui A Bout de Souffle est un film de 1960.
                    Dans mon post précédent, il fallait lire : ce sont tous les films de Godard après 68 qui sont à bout de souffle.
                    Bref un cinéma bavard, barbant, rébarbatif, ennuyeux ... et donc sans « souffle ».


                  • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 16 septembre 11:47

                    Dans ces films, il permet ce que la plupart des autres ne peuvent : porter le spectateur à la réflexion. C’est une poésie de la forme, de la déconstruction du récit, de la distance.

                    L’image et le son ne correspondent pas, l’histoire est ailleurs, des mots portés sur l’écran interrogent. On n’est pas avec le personnage, on est dans la distance, l’incompréhension, la beauté pure du regard, mais aussi l’incertitude d’une action qui n’est est pas.

                    Ses derniers films sont les beaux, car il va jusqu’au bout de ses idées, effrontément, contre un système de soumission du spectateur à une vision unique, manichéenne, racontant une histoire linéaire sans interrogation.

                    Ce fut un grand génie, et c’est très compréhensible qu’il ait fui la France, pays finalement très conventionnel.

                    Il est à la hauteur de Orson Welles, Fellini, Tarkovsky, Bergmann, Pasolini, Fritz Lang, Wim Wenders, Fassbinder, Greenaway. Un poète.


                    • Vincent Delaury Vincent Delaury 16 septembre 12:42

                      @Jean-Paul Foscarvel Merci pour ce retour. Godard, un poète, assurément. 


                    • charlyposte charlyposte 16 septembre 12:55

                      @Vincent Delaury
                      Sources ?


                    • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 16 septembre 12:57

                      @Jean-Paul Foscarvel

                      À cette liste, j’ajouterais Luis Buñuel, Alain Resnais, Satyajit Ray et Mizoguchi.

                      Le cinéma de l’imagination


                    • Vincent Delaury Vincent Delaury 16 septembre 13:22

                      @charlyposte La plupart indiquée dedans : « Le Monde », « Les Cahiers du cinéma », « UGC illimité » (le magazine), les différents passages TV avec dates, etc. Et, comme ouvrage, je conseillerais « Jean-Luc Godard », par Jacques Mandelbaum (critique de cinéma), éditions « Le Monde » + « Les Cahiers du cinéma », collection Grands Cinéastes, 2007.


                    • charlyposte charlyposte 16 septembre 14:06

                      @Vincent Delaury
                      Si j’ai bien compris on parle de fric et sûrement pas de poésie ou d’une quelconque philosophie peace and love smiley en fait d’une simple tendance via cette époque ou tout est possible pour plaire à la plèbe.... ni plus ni moins sans se casser la moindre neurone hormis celle du désir ostentatoire en utilisant les vedettes en herbes avides de se faire du blé avec ou sans scénario crédible ! hum smiley


                    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 septembre 12:06

                      Perso, c’est Robbe Grillet qui passait mal. Ce qui me dérange de cette époque, c’est le rejet de ceux qui n’étaient pas d’AVANT-GARDE, alors qu’ils le furent à leur époque. Comme Freud. Fini, Renoir, Turner, . Les impressionnistes ; RINGARDS..... C’est hélaas très français.... Et snob....


                      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 septembre 12:11

                        Désolé pour vous les français, mais je ne supportais pas Patrick Dewaere. Préférant de loin Giraudeau. Bon, on sent qu’une page se tourne. Rien de tel qu’une page blanche pour entamer un autre chapitre....

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