• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Deux sur la balançoire » Les ex « Chouchou et Loulou » au Théâtre (...)

« Deux sur la balançoire » Les ex « Chouchou et Loulou » au Théâtre Edouard VII

Qu’un « Un gars et une fille » se mettent à « Deux sur la balançoire », c’est implicitement pour le couple passer sans discontinuité du niveau élémentaire à la « cour des grands » !...

C’est aussi à la suite de son plébiscite, décider d’emmener le téléspectateur sur des pentes à risques avec l’intention de faire évoluer le concept d’identification basique vers une appréciation relative du talent dramatique.

De la « sitcom at home » aux planches d’un théâtre prestigieux doit en effet s’opérer le grand écart induisant chez le spectateur la reconnaissance objective de l’autre à partir de la reconnaissance virtuelle de soi.

Objectif ambitieux que Bernard Murat va opportunément saisir avec la pièce de William Gibson en confiant à Jean Dujardin et Alexandra Lamy, le soin de situer leurs rôles de Clara et Jerry à distance respectable de Loulou et Chouchou.

Pour Jean, la méthode devra consister à rester en deçà de toute posture extravertie ; pour Alex, l’enjeu sera plus complexe parce que, sans modification radicale d’image, les réminiscences stéréotypées vont être aménagées sous forme de tics récurrents censés habiter son personnage emporté par la passion.

Sur la scène du Théâtre Edouard VII, si la cohérence comportementale de Jerry Ryan, tiraillé par des conflits internes, apparaît suffisamment ancrée dans le rapport de forces en présence, la crédibilité de Clara Mosca sera moins convaincante car étayée par des phases caricaturalement contradictoires se jouant en sketchs quasi hétérogènes.

Ce parti pris de direction d’acteurs, et c’en est un puisque « THEORBE » mis en scène par Didier Long a fait preuve au Petit Théâtre de Paris en 2003 du talent intimiste d’Alexandra Lamy, devra être compris comme une concession à la satisfaction immédiate de la jauge, celle du remplissage établi en vue du succès garanti.

Ceci dit, rien n’est contrarié sur le fond ; l’histoire de cet avocat en ruptures sabbatiques tant affective que professionnelle, se liant avec une artiste new-yorkaise mal dans ses baskets demeure incontestablement poignante pour faire goûter aux plaisirs secrets du théâtre un vaste public qui y trouvera judicieusement son compte.

Le décor de Didier Sire n’est pas le moindre des paramètres de cette réussite, car il établit une perspective spatiale entre deux plans imaginaires où il est facultatif de projeter à bon escient celui de la réflexion existentielle en surimpression de la médiatisation exacerbée.

DEUX SUR LA BALANCOIRE - ** Theothea.com - de William Gibson - mise en scène : Bernard Murat - avec Jean Dujardin et Alexandra Lamy - Théâtre Edouard VII -


Moyenne des avis sur cet article :  2.71/5   (14 votes)




Réagissez à l'article

1 réactions à cet article    


  • didier (---.---.98.92) 9 mars 2006 18:25

    N’y voyant pas, en reconstituant ce « célèbre » duo télévisuel, une opération mercantile... Non, ce serait vraiment avoir l’esprit mal tourné. Il ne s’agit que d’art, n’est ce pas Brice ?

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires