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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Diane Dufresne aux Bouffes du Nord avec « Effusions »

Diane Dufresne aux Bouffes du Nord avec « Effusions »

Du Châtelet aux Bouffes du Nord, cinq années sont passées où l’impétueuse égérie, loin de France, a chanté Kurt Weill et concocté Effusions, son nouvel album dont elle interprète quelques-unes des compositions dans un récital piano/voix que Gérard Daguerre accompagne en maestro, plébiscité depuis Barbara jusqu’à Charles Aznavour.

En l’occurrence, ce dernier au centre de la corbeille, honore de sa présence ce deuxième des neuf concerts parisiens où Diane Dufresne, telle une chasseresse du sentiment libidinal exacerbé, va se poster d’abord, face au public, en statue irradiante, pour ensuite émerger dans un rodéo à la conquête du temps et de l’espace, tout en arpentant les ombres irisées de l’architecture idéalement décatie.

A l’orchestre ce soir-là, Yves Duteil sera debout pour psalmodier les rappels qui ne parviendront pas à obtenir le bonus d’une vingtième chanson, laissant définitivement le dernier mot à celle de Jacques Brel, Les Cœurs tendres.

En effet durant quatre-vingt minutes, la diva québécoise aura distillé ce fameux univers baroque retrouvé par un coup de baguette en crinoline, ayant relevé subitement la jarretière afin de laisser apparaître jambières et autre french cancan, alors que des fleurs dans les cheveux pouvaient ravir leur chouchou en des subtilités mauve rougeâtre.

Sa voix écorchée, au plus fort de l’accent, montait en gamme par vagues récurrentes jusqu’à parfaire la coupole du théâtre d’une lumière acoustique d’où il serait vertigineux de redescendre après le dernier adieu.

Au fil des titres du récital, ce fut comme un leitmotiv qui enchaînait, pêle-mêle, leur libre association :

Il n’y a pas de hasard, Noire sœur, Le Dernier Aveu, Je t’aime plus que je t’aime, Psy quoi encore, Partager les anges, L’Eté n’aura qu’un jour et donc Oxygène !…

Aussi, Comme on fait son lit on se couche, La Fiancée du pirate, Partir pour la gloire et ainsi de suite pour un Hymne à la beauté du monde !...

A l’heure où Meryl Streep incarne l’autodérision du retour d’âge en s’exclamant Mamma Mia !, où Tina Turner reprend la route des arènes du rock revival avec une flamme de "crooneuse", Diane, elle, célèbre la soixantaine à travers la métaphore et le paradoxe créatifs, telle une fée de jouvence embrassant la géniale sorcière de toujours.
 
Photo © Caroline Laberge
 
DIANE DUFRESNE AVEC EFFUSIONS - Theothea.com - Piano : Gérard Daguerre - Théâtre des Bouffes du Nord -


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