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Dimanche chorale

Répétition avec le concert de fin d’année.

Tout juste rentré de mon périple, je n’ai pas eu le temps de récupérer, qu’il me fallait retrouver ma chère chorale dont j’ai la lourde responsabilité d’être président : un titre usurpé pour le plus piètre choriste de la bande. Durant ma longue absence, c’est le secrétaire qui a eu la charge de préparer l’essentiel du concert qui aura lieu samedi et dimanche prochains. Je ne pouvais faire mieux que de répondre présent en dépit d’un niveau de préparation des plus lamentables.

Qu’importe, j’ai retrouvé avec un réel bonheur les joyeux drilles de la croche, les reines du contrepoint, les virtuoses du soupir et les acrobates du trille. J’ai pu mesurer combien, en mon absence, ils se sont montrés efficaces, réalisant des prodiges pour maîtriser les chansons qui, depuis le début d’année, nous causaient bien des tracas. Il en reste quelques-unes qui demeurent réfractaires à la mise en bouche, ce qui fait que notre chef de chœur s’arrache encore les cheveux à une semaine du rendez-vous capital.

Le premier souci du matin est de prendre le café, rituel immuable quelle que soit la communauté humaine. Il faut s'offrir le temps de discuter, de s'installer tranquillement dans l’activité, de renouer le lien avec les amis qu’on ne voit habituellement qu’une fois par semaine. D’autres installent la grande salle que la ville met gracieusement à notre disposition. Certains préfèrent attendre le dernier moment pour surgir et venir nous rejoindre quand quelques-uns sont invariablement en retard : un rituel qui doit les rassurer.

Notre chef de chœur fait partie des retardataires chroniques. On peut même se dire que cela fait partie du personnage, qu’il a besoin de ce petit temps gagné sur la ponctualité pour mieux nous tancer ensuite sur nos largesses avec le tempo, notre irrespect du silence ou bien de la mesure. Nous nous en amusons : dans cette chorale, l’esprit est à la bonne humeur et à l’humour. La précision attendra des jours meilleurs ; la perfection s’interdit de nous importuner ; le chant est d’abord un plaisir.

L’échauffement est plus que nécessaire. La salle est glacée ; le froid des derniers jours et l’humidité mettent nos organismes à rude épreuve. Nous allons rester assis ou bien debout devant nos chaises durant six heures ; il va falloir trouver des ressources caloriques pour tenir le coup. Les vocalises montent dans la salle, notre chef agrémente nos phrases musicales de quelques notes frappées sur un piano électrique au son aigrelet.

Puis c’est la répétition proprement dite. Les plus doués conservent d'une fois à l’autre leur mélodie en mémoire et même le texte de la chanson. Je suis des indécrottables à qui il faut rappeler à chaque fois la mélodie, d’autant que mon pupitre n'est manifestement pas celui d'un expert. Quant aux paroles, je suis hermétique à tout ce qui n’est pas la langue à Rabelais : je ne parviens pas à retenir les chants en italien, espagnol et plus encore en anglais.

Je me réconforte à l’écoute du massacre linguistique que constitue notre interprétation de « America ». Bien peu d’entre nous maîtrisent les subtilités de l'américain, même quand celui-ci est censé être dit avec l’accent portoricain. Je m’amuse des facéties de notre meneur pour faire passer la pilule de nos imperfections qui seraient rédhibitoires dans un ensemble plus exigeant. La bonne humeur permet de ne pas se prendre au sérieux et c’est tant mieux.

Après une matinée de travail, le repas est vite pris. Le temps presse : il ne reste que deux répétitions avant les deux concerts et il y a tant à faire. Un pianiste vient à nous pour donner plus de confort aux choristes. Il nous permet ainsi de nous appuyer sur la mélodie pour mieux suivre les indications de notre inénarrable musicien gersois. Je devine qu’il apporte ainsi plus de solidité dans nos interprétations, à l’exception de la mienne, toujours aussi approximative et hésitante.

Le dimanche chorale s’achève. Il ne reste plus qu’à croiser les doigts, à compter sur la mansuétude du public, sur un miracle ou un changement radical de notre part. Mais tout ceci n’est pas très grave, samedi et dimanche, ce sont des amis qui viendront partager ce moment d’échange et de convivialité. Notre concert ne prétend pas à la perfection ; il se contentera d’être le point d’orgue d’une année de travail pour des chanteurs amateurs.

Si l’envie vous en prend de passer un bon moment, n'hésitez pas à venir nous écouter et, mieux encore, à prendre contact afin de vous joindre à nous l’année prochaine. La Chorale La Baraka est un ensemble vocal qui permet à chacun de trouver sa place : chanteurs confirmés, amateurs éclairés et béotiens malhabiles comme votre serviteur. Concert samedi 11 juin à 20 H 30 et dimanche 12 juin à 16 heures à Orléans dans la salle de la Cigogne. À bientôt !

Enchantement vôtre.

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Programme 2015-2016.jpg


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6 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 9 juin 2016 12:40

    Moi je pourrai pas : dimanche, j’ai piscine !


    • C'est Nabum C’est Nabum 9 juin 2016 13:59

      @Jeussey de Sourcesûre

      Au lieu de chanter sous la pluie, essayer au fond de l’eau


    • juluch juluch 9 juin 2016 12:53

      Vous ne m’avez jamais vu chanter, encore heureux pour vous et vos oreilles......  smiley


      • C'est Nabum C’est Nabum 9 juin 2016 13:59

        @juluch

        Voir n’est rien en la matière, c’est entendre qui est le plus difficile


      • Ebootis (---.---.39.115) 9 juin 2016 16:00

        Je me souviens d’une fable : La fourmi et la cigale.


          Vous avez bien ramé, eh bien chantez maintenant !

          En tout cas bravo pour votre exploit : a Vous la (G)Loire !

        • C'est Nabum C’est Nabum 10 juin 2016 12:46

          @Ebootis

          Merci

          Pour moi aucune gloire, pas une ligne dans le journal, pas une émission radio sur la radio qui se prétend bleue et de service public.

          Il faut laisser la place au super Ligérien, le roi des quais et de la gloriole

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