• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Dol-de-Bretagne : l’étonnant puits double de la cathédrale

Dol-de-Bretagne : l’étonnant puits double de la cathédrale

Si l’on en croit les habitants de Dol, ce type d’ouvrage est « unique au monde », et c’est sans doute vrai. Quoi qu’il en soit, le double puits de la cathédrale est surprenant à plus d’un titre. Quant à la visite que l’on peut en faire, après s’être équipé d’un casque, d’un harnais et d’une corde d’assurance, elle a toutes les chances de rester gravée dans la mémoire des chanceux qui ont vécu cette expérience unique...

L’histoire de Dol-de-Bretagne est indissociable de celle du saint breton d’origine galloise Samson, un moine venu d’Irlande au 6e siècle pour évangéliser l’Armorique. Initialement établi dans le Trégor où il fonde l’abbaye de Lanmeur, Samson se déplace vers l’est et se fixe sur un espace où l’on raconte dans les textes anciens qu’existait un puits « tout couvert de ronces et de broussailles ». Le moine bâtisseur décide de fonder sur ce site une nouvelle abbaye. Autour de celle-ci se développe une ville nommée Dol*. Judual, roi de Bretagne, décide en 555 d’en faire un évêché dont la crosse est confiée à Samson. Après le sacre de Nominoë à Dol en 848, une première cathédrale est construite à l’emplacement de l’église initiale, et Dol élevée au rang d’archevêché. Détruite par les Vikings en 1014, cette première cathédrale est remplacée, toujours sur le même site, par un édifice de style roman qui, à son tour, est incendié en 1203 par le roi d’Angleterre Jean sans Terre. Soucieux du salut de son âme, le monarque participe financièrement à la reconstruction d’une nouvelle cathédrale de style gothique normand. Les travaux s’échelonnent sur des décennies au cours du 13e siècle pour la nef, le transept et les chapelles adventives. Mais quid du puits de Samson  ?

Novembre 1996. Les membres de l’A.R.C.A.D. (une association doloise de recherches sur l’histoire et l’architecture de la cathédrale) décident de s’intéresser de plus près à un puits qui jouxte le mur sud du monument. L’investigation est d’autant plus excitante que des aïeux affirment avoir entendu leurs propres aïeux mentionner l’existence d’un « double puits », hypothèse étayée par les écrits d’un historien-archéologue du 19e siècle, Toussaint Gautier. Qui plus est, les anciens registres de la cathédrale Saint-Samson font état d’un « sacellum putei », autrement dit d’une « chapelle du puits » correspondant à l’actuelle chapelle du Crucifix. Or, ladite chapelle est située dans la cathédrale juste de l’autre côté du mur relativement au puits extérieur. Une proximité qui attise tout naturellement la curiosité des Dolois.

Le problème est que, durant le 19e siècle, le puits extérieur, abandonné, a été transformé en lieu de décharge et rempli de détritus. Il faut donc le déblayer, ce qui est fait après plusieurs interventions étalées jusqu’en janvier 1997. Dès lors, l’on peut descendre dans le puits pour en étudier l’appareillage. Et c’est ainsi qu’entre 9 mètres et 11 mètres de profondeur l’on découvre l’amorce d’une galerie d’un peu moins de deux mètres de hauteur qui s’enfonce vers le nord, et donc... sous la cathédrale. On imagine aisément l’excitation des membres de l’A.R.C.A.D. Et le fait est qu’il y a de quoi : longue d’environ 2,80 mètres, il s’avère après déblaiement que cette galerie, couverte de dalles de granite, débouche sur un deuxième puits de facture beaucoup plus ancienne.

Une source pour deux puits

Ce deuxième puits s’élève vers l’intérieur de la cathédrale pour déboucher à l’évidence dans cette fameuse chapelle du Crucifix dont on comprend pour quelle raison elle s’est appelée antérieurement « chapelle du puits ». Identifier la dalle de pierre qui masque ce puits dans la chapelle du Crucifix ne présente pas de difficulté. Selon toute vraisemblance, on a retrouvé le puits de Samson, intégré dans la cathédrale gothique lors de sa construction au 13e siècle. Mais ne le clamez pas trop fort : aucun expert n’a encore validé le fait qu’il puisse s’agir là du fameux puits autrefois « tout couvert de ronces et de broussailles ». Surtout pas les éminentes sommités de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles). Après de longs atermoiements de ces personnalités, ce n’est d’ailleurs qu’en... juillet 2009 que la dalle du puits intérieur (en réalité une petite dalle encastrée dans une plus grande dalle) est enlevée après avoir été mise en place par le clergé quelques siècles plus tôt sans que quiconque en connaisse la raison.

Les surprises ne s’arrêtent pas là : après expertise, il apparaît que le puits intérieur, de structure rectangulaire, date de l’époque gallo-romaine, ce qui semble conforté par l’existence d’autres puits romains présentant les mêmes caractéristiques. Le puits était donc bien fonctionnel à l’arrivée de Samson au 6e siècle. Quant à son appareillage, il est totalement différent de celui du puits extérieur, de section ronde et manifestement d’époque médiévale. L’absence de mortier de chaux, et donc de carbone, dans les différents ouvrages, ne permet toutefois pas de les dater avec précision. Les experts n’en concluent pas moins que le puits extérieur et la galerie** ont probablement été construits au 13e siècle, en même temps que la cathédrale, afin de permettre aux habitants du quartier de pouvoir continuer d’avoir accès à l’eau malgré l’intégration du puits gallo-romain dans l’église archiépiscopale. Et cela grâce à la galerie dont le sol est immergé suffisamment bas pour que le puits extérieur bénéficie de l’eau de source qui alimentait auparavant le seul puits gallo-romain. Une disposition unique en France, et peut-être dans le monde comme aiment à le croire les Dolois.

JPEG - 691.5 ko
Le puits gallo-romain, vu de la chapelle du Crucifix

À ce jour, des questions se posent encore : Le puits intérieur a-t-il pu être l’objet de rites païens avant d’être « christianisé » par son intégration dans la cathédrale ? A-t-il eu, par la suite, une fonction religieuse autre que la possible alimentation des fonts baptismaux ? A-t-il été conservé pour faciliter le travail des maçons des 13e, 15e et 16e siècles ? Pour quelle raison le clergé a-t-il décidé de fermer ce puits, et à quelle date ? Peut-être aurons-nous un jour une réponse à ces questions. Nul doute, à cet égard, que les membres de l’A.R.C.A.D., et tout particulièrement le très actif président de l’association, Patrick Amiot***, s’y emploient avec détermination.

Un dernier mot : on sait avec certitude qu’il existe des puits dans une quarantaine d’autres églises et cathédrales de France. Parmi ces dernières, les cathédrales de Chartres, de Coutances, de Nantes, de Sées et de Strasbourg. Des puits simples qui sont eux-mêmes l’objet de questionnements de la part des historiens. Mais nulle part ailleurs qu’à Dol-de-Bretagne la configuration n’est aussi passionnante et mystérieuse. Et chacun peut, s’il le souhaite, prendre la mesure de l’ouvrage en descendant au fond du puits extérieur et en accédant par la galerie jusqu’au puits gallo-romain. Il suffit pour cela de se trouver à Dol lors des Journées du Patrimoine. Rendez-vous, peut-être, en septembre 2019 au bord de la margelle...

Deux thèses (au moins) s’affrontent sur l’origine du nom Dol. Pour certains, il proviendrait de la proximité – le mont Dol est à moins de 3 km au nord – d’un mont au sommet plat, donc en forme de table, mot qui se dit « Dol » en breton (dolmen = table de pierre). Pour d’autres, l’origine du nom serait à chercher dans la langue celte, « Dolus » désignant un marais : or, l’espace situé entre la ville et le mont était autrefois un marais (assez largement asséché depuis). 

** À noter que le plafond de cette galerie est constitué de dalles de granite juxtaposées dont chacune pèse au bas mot 150 kg.

*** Patrick Amiot est également Conseiller au Patrimoine de la Ville de Dol-de-Bretagne. Il a publié plusieurs ouvrages, pirncipalement consacrés à l’histoire locale et à ses monuments.

Autres articles consacrés à la Bretagne ou en rapport avec elle :

Bretagne : 50 bougies pour le GR® 34 (septembre 2018)

Voyage au cœur de la musique celtique (septembre 2018)

Dinan à l’heure de la Fête des Remparts (juillet 2018)

Moi, Hélène Jegado, cuisinière et tueuse en série (octobre 2017)

Baie de Lannion : la « timidité » de M. Hulot (septembre 2017)

Angélique Duchemin, sergent « Liberté » (janvier 2017)

Les « enclos paroissiaux » du Léon : des joyaux méconnus (novembre 2016)

Marion du Faouët : héroïne ou bandit en jupon ? (septembre 2016)

1386 : un « jugement de Dieu » emblématique (juillet 2016)

Surprenant : les maisons en « men zao » (juillet 2016)

Un duel légendaire : Du Guesclin contre Cantorbery (juillet 2015)

Rennes : le temps des nymphéas (juillet 2015)

Balades en Bretagne : Bréhat, l’« île aux fleurs » (juillet 2015)

Un affrontement mémorable : le Combat des Trente (juin 2015)

Balades en Bretagne : au pays du granit rose (juin 2015)

Les « pierres droites » de Monténeuf (mai 2015)

Balades en Bretagne : Arzon, entre océan et « petite mer » (octobre 2014)

Avez-vous connu le « zizi de Pépé » ? (juillet 2014)

Balades en Bretagne : circuit Camaret – Pen Hir (juillet 2014)

Balades en Bretagne : tour du Cap d’Erquy (juin 2014)

Une héroïne au pays des naufrages (janvier 2012)

Superbe et sauvage : l’île d’Ouessant (juin 2012)

Véronique Autret vs Carla Bruni (décembre 2011)

Keremma : un rêve de phalanstère (août 2009)

Hommage à Warhol : le Pop’ Art rural (mars 2009)

 

JPEG - 262.6 ko
Le puits médiéval extérieur (photo wikipedia)
JPEG - 804.1 ko
Schéma du puits double (ville de Dol)

Moyenne des avis sur cet article :  3.85/5   (20 votes)




Réagissez à l'article

57 réactions à cet article    


  • bob14 26 septembre 09:48
    Intéressant article sur les doubles puits..et « puit » on apprend quelque chose..et « puit » c’est tout…
    Merci.. smiley

    • Fergus Fergus 26 septembre 09:53

      Bonjour, bob14

      Merci à vous pour cette visite du double puits de Dol.


    • Le Panda Le Panda 26 septembre 10:37

      @Fergus

      Bonjour Fergus

      Faut-il en déduire que tu prends tes vacances en septembre et que tu explores ? As-tu eu la possibilité de descendre dans ce puit ? Mais l’article par lui-même et ta façon de le narrer mérite de te remercier.

      Cdt 


      • Fergus Fergus 26 septembre 11:56

        Bonjour, Le Panda

        Je n’ai pas eu besoin de prendre des vacances : Dol est à 26 km de chez moi. Qui plus est, je me sens toujours en vacances. J’ai d’ailleurs écrit à différentes reprises que « je suis un touriste de la vie ! »

        Oui, je suis descendu dans le puits, et j’ai trouvé cette expérience passionnante car elle m’a permis d’observer les appareillages des différents ouvrages. Mon seul regret : avoir oublié de me munir de mon appareil photo. Je serai donc contraint d’y retourner. smiley

        A noter que cette descente dans le puits peut être utilement complétée par d’autres visites dans la cathédrale, et notamment celle des combles de l’édifice et de coursives extérieures. Très spectaculaire !

        Merci pour ton commentaire !

        Cdlt


      • Radix Radix 26 septembre 12:03
        Bonjour Fergus

        Intéressant ce puits double a rapprocher de la chaire double de la chapelle templière du Guerno, une intérieure et une extérieure, communicant par une porte.

        Les puits dans les édifices religieux avaient une fonction pratique car comme c’était souvent le seul édifice en pierres, ils servaient de refuge en cas d’attaque et de siège.

        Radix

        • Fergus Fergus 26 septembre 13:08

          Bonjour, Radix

          Je ne connais pas cette chapelle du Guerno et son étonnante chaire extérieure. Mis à part La Roche Bernard et le sentier côtier, je connais d’ailleurs très mal cette partie du Morbihan. Mais, grâce à vous, je ne manquerai pas de m’y rendre lorsque je retournerai dans ce secteur. 

          « ils servaient de refuge en cas d’attaque et de siège »

          C’est ce qui a été avancé comme explication dans quelques cas. Mais cela n’est pas convaincant. D’une part - hors abbayes où les puits avaient une fonction alimentaire - l’on ne trouve des puits intérieurs que dans une quarantaine d’édifices de culte, et cela alors que l’on dénombre en France environ 40 000 églises et plus de 300 cathédrales et basiliques. D’autre part, vu la configuration des lieux, il était facile de récupérer les eaux de pluie, et même de les stocker dans des citernes.


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 26 septembre 13:22

          @Fergus

          Peut être que la première abbaye s’est élevée sur un ancien lieu de culte, où les sources étaient parfois vénérées. Classique.


        • Fergus Fergus 26 septembre 13:49

          Bonjour, Aita Pea Pea

          C’est en effet un schéma classique, nombre d’anciens lieux de cultes païens ayant été christianisés de cette manière.

          A Lanmeur (j’ai habité à 10 km de là) où Samson s’était établi dans un premier temps, l’on continue d’ailleurs d’affirmer que la source de la vieille - et superbe - crypte de l’église Saint-Mélar était consacrée à des rites druidiques.


        • Radix Radix 26 septembre 13:49

          @Fergus


          Il serait intéressant de faire une localisation des édifices religieux possédant un puits, car, s’ils se trouvent sur le littoral, ils répondaient peut-être aux danger des invasions vikings comme les tours sur le littoral anglais et irlandais.

          Radix

        • Fergus Fergus 26 septembre 15:04

          @ Radix

          On en trouve dans toutes les régions. Quelques exemples : Saint-Julien-le-Pauvre à Paris, Saint-Sulpice de Favières (91)), Pierrefonds (60), La Souterraine (23), Saint-Marceille (11), souvent en rapport avec d’anciens cultes comme l’a rappelé Aïta Pea Pea.


        • bébert 26 septembre 13:28

          Attention Fergus tu es en train de te Rakotoariser !!!


          • Fergus Fergus 26 septembre 13:50

            Bonjour, bébert

             ????


          • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 26 septembre 15:48

            @Fergus


            Merci pour cet article passionnant.
            Si j’ai bien compris la construction de l’ensemble : la galerie liant les 2 puits doit obligatoirement être inondée afin que l’un irrigue l’autre ou vice versa.
            Ce qui ne facilite pas son exploration je suppose.
            Y a-t-il encore de l’eau ou les puits sont-ils à sec ?
            Y a-t-il des traces de niveau d’eau sur les murs ?
            Le site se visite-t-il ?

            Merci pour vos réponses.
            Bien à vous

            • Fergus Fergus 26 septembre 16:41

              Bonjour, Michael Gulaputih

              Oui, le sol de la galerie est inondé en temps normal. Et oui, il y a encore de l’eau. Raisons pour lesquelles il est nécessaire d’en pomper un peu pour permettre les visites durant les Journées du Patrimoine. En dehors de ces Journées, pas de descente à ma connaissance, excepté lors des très rares visites d’experts. Pour ce qui est des traces, je n’ai pas de réponse, et j’imagine que le niveau évolue en fonction des saisons et du débit de la source.


            • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 26 septembre 16:50

              @Fergus

              Merci ! smiley

            • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 28 septembre 17:27

              @Michael Gulaputih

              Je lance un appel du style « que celui qui m’a volé mon portefeuille remette au moins les papiers dans une boîte aux lettres ».
              En effet un quidam a moinssé le merci que j’envoyais poliment à Fergus. Je suis vraiment, vraiment, vraiment désireux de comprendre les motivations de cette personne.
              J’avoue que je suis vraiment intrigué par le cheminement intellectuel qui l’a mené à cet action.

              Merci à cette personne de se manifester ! smiley Et pas la peine de moinsser ce message, je vous ai coupé l’herbe sous les pieds en me moinssant moi-même !


            • Fergus Fergus 28 septembre 17:36

              Bonjour, Michael Gulaputih

              Ne vous faites pas de souci, il y a sur le site quelques individus qui prennent plaisir à se livrer à des petites actions mesquines et discourtoises de ce type. C’est tout à fait puéril, mais sans importance.


            • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 28 septembre 17:53

              Bonjour, Fergus
               

              Ah que oui. Et le bougre est rapide à la détente : 2 moins (donc le mien plus le sien) . Je commence à cerner le personnage.
              Mais vous avez raison je vais passer à d’autres lectures.

            • Vía Campesina 26 septembre 18:06

              http://www.infobretagne.com/dol-fondation-cathedrale.htm


              Demat Fergus , félicitation pour ton article et ton amour de la Bretaigne , celle du pays gallo !

              Le lien plus haut est souvent une référence en terme d’histoire de la Bretagne . Le nom de Dol , sa probabilité la plus vraisemblable est celle décrivant un lieu par son aspect géographique , souvent le cas pour les lieux de Bretagne , dans ce cas plaine basse et fertile . 

              Curieuse histoire que celle de ce puit double . Un très ancien , devenu intérieur à la cathédrale et datant de l’époque gallo romaine, et l’autre , extérieur et de l’époque médiévale . Voilà pour les certitudes . 

              Un puit pour évacuation en cas d’attaque , ? non , je ne crois pas , pas si près l’un de l’autre et dans les villes assiégés , ce sont de multitudes de tunnels qui faisaient cet usage là. Les bretons peuvent aussi , parfois^^, avoir une logique , déroutante, mais quand même ^^

              Cette région là , le triangle St Malo . Mont St Michel . Rennes , c’est l’endroit choisit par mes ancêtres . Des nobles de clans bretons pour la plupart. Ce qui est intéressant parce que les registres sont nombreux , et on peut ainsi remonter très loin les ..longs fleuves pas si tranquilles historiques ! Les familles de cette zone , sont arrivés du Pays de Galles , par vagues migratoires successives entre le VI eme et VIII eme siècle . Plus vers le 8eme siecle et après pour mes ancêtres. On trouve beaucoup de documents , même internet , en faisant des recherches sur le Pays de Galles . En fait plus de sources historiques, que sur le continent pour cette époque . Avant cela , oui , ils venaient d’Irlande ..mais là je n’ai pu trouvé aucune source écrite . Mais toujours des chefs ou druides très importants et mentionnés .. 

              En fait , ces époques , d’après effondrement de l’empire romain , sont de continuels jeux de dominos , les pressions d’Europe de l’est poussant les uns et les autres aux migrations. J’ai par exemple pas mal de têtes couronnés d’Europe dans ma famille , venant de Saxe .. et en connection avec les premiers rois carolingiens francs . Les noms bretons , par exemple Allain , font réference à ces tribus migratoires , venus de l’ Est , nom d’appartenance à ces peuples là. 


              Depuis toujours on creuse les puits en des endroits précis . Pour éviter d’avoir à trop creuser profond en fait. Peut-êre la réponse a ce double puit est là ! Pour éviter de creuser plus profond le nouveau puit et pour trouver un débit suffisant , il fut plus facile de faire un pont souterrain entre les 2 puits , bénéficiant de la veine principale du puit gallo romain . Une logique bretonne ^^ 

              Juste une hypothèse , il faudrait que je fasse un chanelling familial pour espérer avoir une réponse ! (ou quelques tonneaux de chuchen ..peut-être ...mais pas si sûr ^^) 










              • Fergus Fergus 26 septembre 19:29

                Bonsoir, Vía Campesina

                Merci pour ce long et intéressant commentaire.

                La plupart des moines qui ont évangélisé l’Armorique venaient effectivement de Galles mais aussi d’Irlande, étant parfois, comme Samson, passé par ces deux pays gaéliques, sans oublier la Cornouailles. Les biographies - plus ou moins embellies par les légendes - des saints bretons sont à cet égard instructives sur leur parcours ; et nul n’est besoin d’être croyant pour s’y intéresser. smiley

                Les Allain - j’en ai connu deux - portent effectivement des noms en rapport avec l’invasion des Scythes venus d’Asie mineure. Certains n’en ont pas conscience.

                Assez d’accord avec l’explication sur le puits.

                Pour ce qui est du chouchen, je ne vous suivrais pas : je déteste cette boisson. Et je ne suis pas le seul ; la majorité des Bretons s’en est détournée. Par chance, il y a les touristes pour en acheter, quitte à,faire la grimace une fois de retour chez eux et après avoir débouché la bouteille !


              • Vía Campesina 26 septembre 21:59

                Le chuchen , c’est à cause d’une mauvaise traduction proto celtique , chouchen se traduirait donc , en débouche evier , ou fontaine ou puits ou ..^^ Un détail , parce que la norme du coin est plutôt galette de blé de sarrasin , et cidre bouché de pommes .. ^^



                Oui, les noms nous apprennent beaucoup sur les migrations , nos origines aussi , celles des peuples . 

                Pour des puits , dont celui gallo romain ..(les romains en civilisation , c’est l’équivalent en amérique du sud , des incas .. des maitres de l’eau ! ) . L’endroit fut choisit ( probablement) , en fonction des énergies telluriques . Donc ce tunnel , aurait aussi la vertu de pomper l’energie du premier puits , vers le 2eme, du moyen âge . 

                 Le magique , c’est une question d’ énergie . Du taoïsme druidique ^^ . Les constructions , plus tardives , d’eglises cathédrales , sur des lieux de culte plus anciens , ne sont pas uniquement une marque d’impérialisme religieux .. mais une récupération de l’énergie du lieu. Idem des dieux du Dieu et de ses saints , des croyances adaptatives aux temps . Rien ne se perd et tout se transforme en cultures . Les feuilles de l’Histoire en artichaud ^^ . Plusieurs visions des choses , même dans les mêmes choses . 



                • Fergus Fergus 26 septembre 23:35

                  @ Vía Campesina

                  A propos de Chouchen, il existait à Paris (rue de Cluny) un restaurant nommé ainsi. Ou plutôt Chou Chen. Un restaurant... asiatique bien connu des habitués du Quartier Latin Il a hélas fermé ses portes au début des années 2000. smiley


                • crapaudineJuju 26 septembre 22:47

                  Merci. Passionnant.

                  Il est possible que certains sites (ex. Saint sulpice de F.) soient des sites paléo-chrétiens , utilisés pour le baptême. La facture romaine du vieux puits de Dol est un indice fort. Le puits de Saint Sulpice est médiéval, ça n’est pas incompatible avec une origine plus ancienne. le village de Saint Sulpice était romain jusqu’en 486. Encore un indice.


                  • Fergus Fergus 26 septembre 23:30

                    Bonsoir, crapaudineJuju

                    Merci à vous !

                    Je ne connais pas suffisamment l’histoire de l’église de Saint-Sulpice, mais vos hypothèses sont très plausibles.

                    Très belle élévation de la nef à Saint-Sulpice. Une église que j’ai découverte lors d’un rallye il y a bien longtemps.


                  • raymond 2 27 septembre 13:15
                    En Provence il y a de nombreuses « mines »que j’appelerai puits horizontaux j’en avais redécouvert une a mon travail dans une ferme du Luberon. Elle avait été construite par de moines avec une superbe voute en pierre.

                    • Fergus Fergus 27 septembre 19:09

                      Bonjour, raymond 2

                      Merci pour ce lien très intéressant. Je ne connaissais pas ces « mines d’eau », et votre commentaire m’a donné envie d’en savoir plus.


                    • xana 27 septembre 18:49
                      Merci Fergus pour cet article vraiment intéressant.
                      Ayant été un spéléologue « quasi-professionnel » il m’est arrivé plusieurs fois d’explorer de vieux puits retrouvés lors de travaux de terrassement ou autres. Pourriez-vous vous informer si une exploration scientifique de ce double puits a déjà été realisée et si les résultats en ont été publiés ?

                      Non pas que votre article soit insuffisant, bien au contraire, beaucoup de mes ex-confrères pourrait en prendre exemple. Mais comme l’a souligné un autre de vos commentateurs, de nombreuses questions semblent non résolues, or un examen méticuleux des lieux pourrait apporter quelques réponses...

                      Jean Xana

                      • Fergus Fergus 27 septembre 19:14

                        Bonsoir, xana

                        Merci pour votre commentaire.

                        Je ne dispose pas d’informations plus précises. Le mieux pour obtenir plus de détails à caractère scientifique serait que vous contactez directement l’ARCAD, et notamment son président Patrick Amiot. Si vous ne trouvez pas ses coordonnées sur le web, elles pourront vous être fournies par l’Office du Tourisme de Dol.


                      • Vía Campesina 27 septembre 20:12

                        Salut les amis à têtes chercheuses .

                         

                        Voilà ce que j’ai trouvé , je copie l’article, sinon il faut dérouler des pages et des pages ..

                        http://dol-de-bretagne.fr/135/c-est-arrive

                        Des mesures électromagnétiques à la cathédrale Saint Samson

                         

                        Cela fait plus de 20 ans que l’association A.R.C.A.D. envisage et prépare cette campagne de mesures électromagnétique à l’intérieur et à l’extérieur de la cathédrale de Dol. Cette opération d’envergure, avec des moyens techniques de hautes performances, a pour but de mieux connaître les origines architecturales et historiques du monument. Elle va aussi permettre, par un système d’ondes envoyées dans le sous-sol (méthode non destructive) de réaliser un véritable scanne du sous-sol et ainsi, de repérer et répertorier les éléments des monuments antérieurs, telles les anciennes cathédrales romane et pré-romane. Ces analyses permettront aussi de repérer les points faibles du monument et d’agir plus précisément sur des points fragilisés, telles des fissures ou des affaissements. Cela veut dire que cette démarche intéresse autant l’ARCAD que la municipalité et les Bâtiments de France qui ont autorisé l’opération. Enfin, elles vont permettre de répondre à de nombreuses questions sur l’antériorité du monument et la réalité de la présence de structures anciennes et organisées, qu’elles soient ou non exploitables.

                        Pour Patrick Amiot, le président de l’ARCAD : « Cette opération est une nouvelle étape après la découverte du double puits. Elle est très importante et va permettre de répondre à de nombreuses questions, que se soit sur l’histoire complexe de ce monument, sur sa pérennité mais aussi sur son antériorité. La découverte de nombreuses structures anciennes pourra  nous aider à mieux comprendre l’histoire des monuments successifs de ce haut lieu de l’ancien évêché de Bretagne. Nous avons choisi de travailler avec la société Géocarta, de Paris, qui est à la pointe des technologies de cartographie et de détection de structures enfouies, par méthode géophysiques. Cette société à la particularité d’innover sur la façon de collecter les mesures et sur le traitement des données. Son matériel est en constante progression ».

                         

                         

                        Les résultats de cette étude sont attendus vers la fin de l’année. 

                         

                        A toi de jouer maître Fergus , quand on aura les résultats , et peut-être , je l’espère de bonnes surprises , comme les vestiges d’un camp romain , par exemple . Et s’il y a des choses dans le fond du puits ancien , pas fouillé , à ma connaissance .

                         


                        • Fergus Fergus 27 septembre 20:20

                          Bonsoir, Vía Campesina

                          Merci pour ces informations. Je vais suivre cela avec beaucoup d’intérêt.


                        • Vía Campesina 27 septembre 20:29

                          oui Fergus , surtout que je viens de voir la date de l’article > Octobre 2013 ! 

                          Donc , plus besoin d’attendre , à moins que ..^^ 

                          • Vía Campesina 27 septembre 20:50
                            Les résultats ont été donnés en juin 2014 .. !
                            Rien de trouver de plus, et aucune précision ...

                            Faudra joindre l’association ARCAD .. 

                            https://www.ouest-france.fr/bretagne/dol-de-bretagne-35120/la-decouverte-des-sous-sols-de-la-cathedrale-saint-samson-2616678

                            • Fergus Fergus 28 septembre 09:37

                              Bonjour, Vía Campesina

                              Merci pour ce lien. Nul doute que cette journée a dû rencontrer un beau succès auprès des Dolois passionnés par l’histoire de leur cathédrale.


                            • Vía Campesina 28 septembre 15:41

                               Salut Fergus , tes bonjours sont mes bonsoirs, et vice versa , puisque je vis depuis 12 ans en Colombie, loin de la mer , mais avec beaucoup d’eau , donc çà va ^^

                               

                              Entre l’époque romaine et l’époque médiévale , il y a eu pas mal de bouleversements écologiques dans ce coin , Jersey n’était pas une ile , on y allait à pied . Plusieurs tremblements de terre , raz de marée , submersions , ont noyé ce qui était appelé la forêt de Scissy , en bordure du littoral . Le mont St Michel , appelé le mont Tombe , était en terre ..


                               https://www.dielette.fr/2015/04/09/en-709-nait-la-legende-de-la-foret-de-scissy/


                               Autres turbulences , sociales et plus tardives , du rocher de St Malou , du nom de l’ermite Mac Low ou Maclou.. et sa  république proclamée en 1590 ! 


                               « A partir du XIV ème siècle , la tour Solidor et la nouvelle cité fortifiée, qui la défend désormais, gardent le charme d’un lieu. L’action de l’évêque a été telle , qu’elle a conduit à élargir le droit d’asile , de la cathédrale à l’ensemble de la ville . D’où l’apport d’une population formée de renégats , voyous , marginaux ou proscrits , qui se reconnurent sous ( ou saouls^^) la devise » Ni Breton , ni Français , Malouin je suis , Malouin je reste ! «  

                              Ils firent de Saint Malo , une ville dynamique , car ils formèrent une population attachée au labeur de marins , des marchands et des artisans. Plus tard , les Malouins firent de Saint Malo , une république ! Elle ne durera que quatre ans . Ils marquèrent leur spécificité et témoignèrent leur caractère indépendant , le 11 mars 1590 , quand ils décrétèrent la république chez eux . Ainsi entendent-ils signifier leur refus d’admettre le roi de France , Henri de Navarre , qui s’est appuyé sur leurs adversaires , les Anglais » 



                              • Fergus Fergus 28 septembre 19:12

                                Bonsoir, Vía Campesina

                                Sauf erreur de ma part, c’est plutôt durant le néolithique que les îles anglo-normandes et les Minquiers ont été détachées du continent.

                                En revanche, c’est effectivement au cours des premiers siècles de notre ère que le Mont-Saint-Michel aurait été détaché des terres par la montée progressive des eaux. Quant à la forêt de Scissy, elle relève de la légende. Si elle avait existé, des traces importantes en subsisteraient dans la baie ; or, ce n’est pas le cas. 

                                Pour ce qui est de Saint-Malo, pas de surprise : l’histoire de cette ville est très bien connue et étayée par de multiples documents.


                              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 septembre 19:34

                                @Fergus Merde déjà montée des eaux et réchauffement... A l’époque z’avaient surement limité les boeufs et chevaux à 4km plutôt que 5.


                              • Fergus Fergus 28 septembre 20:40

                                Bonsoir, Aita Pea Pea

                                 smiley


                              • aimable 30 septembre 11:02

                                @Fergus

                                pour la forêt de scissy , mon père en parlait, la légende est connue chez moi , elle veut que cette forêt recouvrait une grande partie du département de la Manche, elle sert a justifié la remontée de troncs d’arbres dans ce que l’on appelle les marais puisque c’est le seul endroit ou l’eau les a conservés .
                                ces troncs d’arbres que nous appelons des chiens de marais .

                              • Fergus Fergus 30 septembre 22:24

                                Bonsoir, aimable

                                Beaucoup de gens dans la région ont effectivement des parents qui relaient l’histoire de la forêt de Scissy. Je connais même dans ma ville de Dinan une Malouine très convaincue de la réalité de son existence.

                                Je ne connaissais pas cette expression « chien de marais ». J’aime bien cette image.


                              • Vía Campesina 28 septembre 23:41

                                Ia Orana , Aíta Pea pea ( rien à foutre en maori tahitien ^^). Non pas de réchauffement , Al Gore n’ était même pas un embryon , et les experts du GIEC pas encore payés pour manipuler les datas  ! Quant aux chevaux , sans limite légale de vitesse ^^


                                Sujet polémique Fergus , l’an 709 est loin en plus . Sans compter les possibles implications politico nucléaires du jour , en cas de découvertes « encombrantes »..


                                Ce que l’on sait d’après cette date , jusqu à nos jours , la région est TRÈS sismique ..

                                Voir liste des tremblements de terre dans le lien .. et séismes en bordure de mer signifie toujours alerte possible aux raz de marée, submersions. 

                                https://www.dielette.fr/seismes-dans-la-manche-de-709-1959/

                                A noter , pour les nouveaux experts du nucléaire , les mêmes que ceux du GIEC du Co2 payés pour .. le 01 janvier 1700 , La Hague dans la Manche , un météore . Et dans le même thème , 13 juillet 1725 , raz de marée à Flamanville ..


                                Pour rester dans la région de Dol .

                                 En 1427 , toute la France a tremblé , ce séisme s’est fait ressentir depuis Montpellier jusqu’en Hollande . Treize village des environs de Dol furent engloutis , tandis qu’à l’Ouest , une partie de Nantes était détruite .

                                Beaucoup d’articles intéressants en perspective , peut-être .

                                Merci Fergus , pour cet article là , en tout cas.

                                Que des spéléologues creusent le puits ancien gallo romain , de la cathédrale de Dol , serait ma suggestion . ( à coût réduit en plus ..) Un de mes ancêtres y a perdu son dentier , alors .. raison de plus pour que le GIGN soit sur les dents ! 

                                 

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès