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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Don Quichotte aujourd’hui, hier, de toute éternité

Don Quichotte aujourd’hui, hier, de toute éternité

Qu'il était étrange hier de sortir de la salle de cinéma où je suis allé voir, partagé entre l'émerveillement et l'envie de sombrer dans le désespoir ensuite, « l'Homme qui tua Don Quichotte » de Terry Gilliam, de retrouver la triste société qui est la nôtre après un film exaltant les belles idées, l'abnégation, la grandeur d'âme, la faculté de rêver, de croire à autre chose que l'argent et ses plaisirs frelatés, J'en suis sorti comme l'enfant que j'ai été, clignant des yeux, tout surpris de retrouver la lumière du homme après avoir voyagé en imagination...

 

Dans ce monde illuminé par des soleils trompeurs les jeunes filles ne croient plus au prince charmant, attendent que les hommes se comportent virilement mais savent bien que ce n'est plus possible. Les princes eux-mêmes sont fatigués, servant le maître qu'il convient pour continuer de bien vivre et profiter de l'existence terne et de l'égotisme étriqué de ces temps troublés.

 

Un égotisme calculateur, un égotisme de comptable aigri...

 

Gilliam a mis vingt-cinq ans à tourner ce film. Il y retrouve toute la force de « Brazil » ou du « Baron de Münchausen ». On pourrait croire que sa vision du monde y est désespérée mais il n'en est rien, demeure toujours une part d'espérance, toute petite mais elle est bien présente. Les belles âmes ne sont pas nombreuses mais il en existe quelques unes que l'on peut choisir ou non d'imiter à l'image d'un des personnages à la fin du film. C'est aussi une œuvre plus ou moins testamentaire dans laquelle on retrouve de nombreuses références à son passé d'artiste, dans laquelle il met tout ce qu'il est, ce qu'il ressent de ce monde :

 

l'Inquisition espagnole intervenant n'importe où comme dans les films et sketchs des Pythons, le goût pour le grotesque et les physiques hors normes, cette appétence pour l'esthétisme aussi, Jonathan Pryce lui-même l'interprète du héros de « Brazil » incarnant ici Don Quichotte...

 

C'est aussi une œuvre ayant du cœur, beaucoup, énormément, un cœur écorché vif, révolté, ce qui manque à la plupart des cinéastes actuels nous offrant des messages, des sujets de réflexion tellement profonds, des personnages modèles, reflets d'eux-mêmes et de leurs vanités. Cela demeure encore de l'épate-bourgeois, de la prétention pour faire de l'argent.

 

Le film raconte l'histoire de Toby, jeune réalisateur ambitieux s'occupant dorénavant surtout de publicité. Cynique, ne croyant plus en grand chose, entouré de larbins, lui-même larbin de son patron, et ayant renoncé à tout désir de véritable création, il se contente de donner ce que les investisseurs demandent. Au début il tourne une pub en Espagne non loin des lieux-mêmes où quelques années auparavant il réalisa son travail de fin d'études inspiré de « Don Quichotte » justement. Il avait alors utilisé comme acteurs des villageois faisant vivre tout le village au rythme du livre de Cervantès.

 

Leurs vies ont été bouleversées, et pas toujours pour leur bien. Le vieux cordonnier qui jouait Don Quichotte est persuadé de l'être vraiment tandis que la jeune fille qui était peut-être une des figures de Dulcinée est allée à Madrid tenter sa chance.

 

Elle y a découvert la vraie dureté de l'industrie du rêve et se vend littéralement au pus offrant. Elle comprend qui sont les vrais maîtres dont cet oligarque russe riche à millions qui justement veut tourner un film sur sa vodka dans son château tout près. Toby retrouver Javier, le vieux cordonnier, dans une roulotte où sa folie douce est exploité par une vieille femme. Par un concours de circonstances, il s'échappe avec Toby qu'il prend pour son « Sancho ». Ils vont vivre des aventures burlesques et dramatiques, découvrir la réalité derrière les apparences.

 

Tant qu'il y aura des chevaliers errants à la triste figure et des rêveurs pour les suivre, ce monde ne sera pas totalement perdu...

 

Sic Transit Gloria Mundi Amen

Amaury – Grandgil

illustration « Don Quichotte » par Gustave Doré

 

Ci-dessous la bande annonce


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12 réactions à cet article    


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 26 mai 17:20

    Bonjour Amaury. Guilliam aux manettes...évidemment ça donne envie. Dommage que notre Jean Rochefort n’ai pu finir de le tourner il y a pas mal d’années.


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 26 mai 18:43

      @Aita Pea Pea

      Il aurait été sans doute moins expansif que Pryce lui même excellent comédien.


    • Jean Roque Jean Roque 26 mai 17:51

       
       

      Terry Gilliam a fait crever un cheval de faim
       
      (un cheval efflanqué ça rendait mieux)
       
      ce qui avait scandalisé Rochefort, et l’a poussé à ce barrer (en + de son hernie discale)
       
      Grand bobo gocho qui se croit génial et indispensable, donc au dessus des lois du populo, comme le juif violeur drogueur de gamines autre idole des gogochons... des connards.


      • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 26 mai 18:45

        @Jean Roque

        Il n’y a pas plus hors normes que Gilliam. Quant à l’histoire du cheval elle est fausse. Rochefort et lui avaient de si mauvaises relations que le comédien a eu un droit de regard sur son remplaçant.


      • Jean Roque Jean Roque 27 mai 18:15

         Jean Rochefort a rappelé comment le cheval apparaissant dans le documentaire « Lost in La Mancha », en 2000, avait été forcé à jeûner « durant quarante jours », avant de mourir
         
        Les bobo hollywoodien prétentieux qui sont « hors norme » en léchant à fond le cul du système, les actrice richissisme qui sucent pour faire carrière et minaudent ensuite...
         

        Bobo gocho Vincent Cassel tourne dans Black Swan (226 millions d’euros de recettes monde) pour 226 000 euros et dans Mesrine (22,6 millions d’euros de recettes monde) pour 1,5 million d’euros. Qu’il est bien brave ce contribuable... anti-raciste colonisé, bien-pensant sodomisé, veau gland remplacé à lait sur trayeuse mondaine cinématographique....
         
        http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2012/12/28/les-acteurs-francais-sont-trop-payes_1811151_3208.html
         


      • Jean Roque Jean Roque 27 mai 18:49

        Tout Hollywood a lèché le cul d’Hillary la pourrie de Goldman-Sachs
         
        Intouchable propagande mondialiste :
         
        « Drogue au volant, excès de vitesse, insulte à agents, 200km/h sur le périph à contre sens, trafic, vol de la sécu, tel est le héros. Clichés consuméristes en veux tu en voilà, salle de bains de Seigneur, Maserati, Art et Décoration à tous les plans, jet privé avec champagne à volonté, aucune critique sociale tolérée, que de la diarrhée bien pensante consumériste qui flatte le colon héros et son bobo rassuré. Vous n’ avez pas encore reconnu ? Un peu de bumga bunga à la Berlu avec les masseuses asiatiques... Grand film pour des sexes poussant des caddies en écoutant du rap, espérant la Maserati capitaliste et les putes de la Caste sur yacht ... démago pour lécheurs de culs du système et encenseur des abrutis dealers, forcément à grand succès au Boobatland des glands remplacés...
        Collusion classique, déjà dénoncée par Marx, entre le Capitalisme et le Lumpenprolétariat (le bon nègre du riche ... même pas en filigrane ...), le riche et l’ immigré contre le souchien présenté comme un débile aux entretiens d’ embauche ...ou un trouillard. Normal seul le souchien communiste ou nationaliste peut gêner le Seigneur Capitaliste, l’ immigré colon est son bon colon rappeur garde chiourme décérébré de la Fiance de Rothschild. La réalité crue en bobovision panégyrique. »

         
        Revue Cinéma et Empire

         


      • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 27 mai 19:42

        @Jean Roque
        ah d’accord cilisiouniss


      • izarn izarn 27 mai 16:06

        Quid du Don Quichote d’Orson Welles jaùmais terminé... ?
        On se rattrappe sur le MacDo du cinoche pourri canneux...


        • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 27 mai 16:34

          @izarn

          Le Quichotte de Welles existe dans un version de travail montre en salle. Quant à qualifier Gilliam de canneux c’est très à côté de la plaque...


        • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 27 mai 18:22

          @izarn

          Welles était largement plus mondain que Gilliam


        • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 27 mai 19:42

          les connards pour quoi Terry Gilliam et son cinéma cilisiouniss passent à côté de beaux films, tant pis pour eux sont trop cons

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