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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Dovmont, Duc païen, Prince chrétien et terreur de l’Ordre (...)

Dovmont, Duc païen, Prince chrétien et terreur de l’Ordre Livonien

La Rus’ de Kiev n’était plus, brisée par l’incommensurable et impitoyable déferlante des hordes tataro-mongoles conduites par Batu Khan. Si ces dernières refluèrent d’Europe de l’Est, non sans avoir de nouveau démontré toute leur supériorité militaire en défaisant les armées Polonaises puis Hongroises, les Principautés Russes encore libres mais affaiblies par l’invasion demeuraient à la merci des appétits Scandinaves comme Germaniques. Les Novgorodiens, qui s’étaient détachés de l’influence de Kiev au XIIème siècle, avaient transformé leur cité en une République marchande qui ne dédaignait pas pour autant le métier des armes en sus des son appétence pour le commerce. Pour autant elle ne fut pas seule à faire pièce aux ambitions hégémoniques étrangères : une autre République se dressa fièrement et victorieusement face à l’envahisseur avec un personnage de légende à sa tête : Dovmont de Pskov (v.1240-1299).

 
Désunion et invasion
 
De l’extensive, raffinée et opulente Rus’ de Kiev sous Iaroslav (978 - 1054), deux siècles plus tard il n’en restait outre le lien linguistique qu’une vague attache historique entre les différentes principautés ayant profité du relâchement du pouvoir central pour bénéficier d’une indépendance de fait [1]. En 1216 la terrible et fratricide bataille de Lipitsa fauchant l’élite guerrière de la Rus’ de Kiev allait aboutir à laisser le territoire sans réelle défense et unité. Les efforts courageux mais désordonnés de seigneurs locaux furent bien peu face à l’efficace et rodée machine de guerre Mongole lorsqu’elle déferla une première fois en 1223, dite bataille de la Kalka (située actuellement dans l’oblast’ de Donetsk, Ukraine). De cette cinglante défaite, et en dépit de la perte de nombreux nobles, aucune leçon ne fut retenue et lorsque la deuxième invasion eut lieu en 1237 elle ne trouva quasiment aucune résistance sérieuse sur sa route. N’allaient plus subsister que des territoires épars ayant échappé à la fureur Mongole par versement d’un tribut et/ou de l’impraticabilité du terrain pour les tactiques de l’envahisseur. Nul répit n’était à attendre toutefois car fort avisées de cette nouvelle donne géopolitique, les forces de la région Baltique souhaitaient au contraire se tailler de nouvelles extensions territoriales à coups d’épées.
 
Forces en présence
 
Peu nombreuses mais très bien entraînées et galvanisées par la foi, les troupes croisées de la Baltique n’avaient pas hésité à faire couler le sang païen, qu’il soit Prussien, Finnois, Estonien puis Lituanien, avant de déborder de leur mission évangélisatrice initiale pour porter leur regard vers les riches terres de l’Est bien que chrétiennes [2].
Les Suèdois et les Danois, peuples nordiques récemment convertis au christianisme, n’étaient pas les moins zélés et la geste d’un Valdemar II sur les rives Estoniennes fut l’éclatante illustration de tout l’intérêt que trouvaient les puissances du Nord à convertir et coloniser cet espace riche d’ambre, de bois et de fourrures. Pourtant ils ne pouvaient rivaliser en efficacité comme en férocité avec une prélature toute droite venue de Jérusalem où la rigueur s’imposait dans tous les domaines, religieux bien entendu, mais aussi économique comme militaire : l’Ordre de la Maison de Sainte Marie des Teutoniques plus communément appelé Ordre Teutonique.
 
Si les Teutoniques s’implantèrent durablement en terre Baltique [3], ils n’étaient cependant pas les premiers moines guerriers à avoir manifesté une singulière volonté de « calmer » les réticences des locaux à la conversion. Ainsi l’Ordre Livonien, érigé en 1202 à l’initiative de l’évêque Albert de Buxhoeveden (fondateur de la ville de Riga) connut pour le moins un début très prometteur puisqu’il s’empara de domaines Estoniens conséquents en à peine une vingtaine d’années. C’était faire fi de voisins autrement plus coriaces et organisés, frôlant la disparition pure et simple suite à une défaite retentissante contre ces Lituaniens qu’ils méprisaient (et trop certainement sous-estimaient) lors de la bataille de Šiauliai en 1236. N’ayant guère d’alternatives, les chevaliers Porte-Glaive acceptèrent de se faire absorber par l’Ordre Teutonique qui non content de bénéficier de revenus financiers autrement plus conséquents [4] progressait inexorablement en s’accaparant de larges domaines.
L’Ordre Livonien réussit toutefois à conserver une certaine autonomie sur sa juridiction dans la mesure où tout acte devait en être référé à son suzerain direct, le Grand Maître de l’Ordre Teutonique.
 
Il allait cependant se retrouver en première ligne par la volonté tenace de leurs nouveaux protecteurs de reprendre pied en terre Russe.
 
Dovmont : Duc, paria puis Prince
 
Singulière destinée que ce Duc Lituanien, proche du grand roi Mindaugas avant de le trahir qui dut pour préserver sa vie trouver refuge à Pskov, ville alors sous dépendance directe de Novgorod. De son vrai nom Daumantas, ce noble possesseur en titre du fief de Nalšia prit fait et cause pour le neveu rebelle Traniota et acquiesca à l’assassinat de son suzerain. Mauvaise décision qui se retournera contre lui lorsque l’un des fils survivants de Mindaugas éliminera (physiquement) l’usurpateur, obligeant Daumantas à fuir la contrée avec ses hommes les plus fidèles. Il deviendra l’hôte de la cité de Pskov en 1266 et mènera dès le début pour le compte de cette dernière une expédition destinée à punir ses frères Lituaniens de récentes incursions sur le territoire Pskovien. Le succès fut tel qu’il fut proclamé dès son retour Prince par la population, au grand dam de Novogorod qui exercait une tutelle de droit sur la cité et ses dépendances immédiates.
 
Véritable émule d’Alexandre Nevsky, ce Prince de Novgorod qui arrêta une tentative d’invasion de ses terres par les Suédois en 1240 puis une autre des Teutoniques en 1242, Dovmont sut faire preuve de qualités militaires identiques pour préserver l’indépendance de sa nouvelle patrie. Anecdote singulière, après sa conversion au christianisme orthoxe, il prendra comme épouse la fille de Dimitri Ier Vladimirski, fils aîné d’... Alexandre Nevsky !
 
Loin de n’être qu’un coup de chance, le nouveau Prince réitéra une expédition plus ambitieuse avec l’apport de troupes Novgorodiennes (Iaroslav, Prince de Novgorod s’étant opposé à cette aide pour punir Pskov de sa décision mais le vétché [5] en décida autrement et ne put que s’incliner devant la décision de celui-ci) en portant l’épée directement sur le territoire ennemi pour mieux le surprendre, ce dernier malgré la récente défaite demeurant trop confiant en sa force et en la sécurité de ses positions. La campagne se termina par une conclusion encore plus heureuse que la précédente pour les Pskoviens puisque la Lituanie en remisant ses prétentions territoriales cessa d’être une menace immédiate pour eux.
 
Un ennemi avait cependant décidé de bouger ses pions et de prendre possession de ce qu’il estimait lui être dû : les chevaliers Porte-Glaives avec leurs supplétifs Estoniens et des renforts Danois amorçaient une opération d’envergure...
 
La lutte jusqu’au dernier souffle
 
C’est en 1268 à Rakovor, en plein territoire Estonien que fut décidé une action audacieuse mais nécessaire pour mettre fin au risque d’invasion qui avait été précédé par de très inquiétantes escarmouches. Les forces de Pskov et de Novgorod s’unirent une fois encore sous la férule de Dovmont, et derechef n’eurent pas à le regretter.
 
Les effectifs adverses étaient près de trois fois moins nombreux selon les chroniques mais bénéficiaient d’un sens de la discipline et d’une chevalerie supérieurs à celle des Russes. En outre, retenant les leçons de l’échec du Lac Peïpous, le Grand Maître Otto von Lutterberg opta pour une ruse susceptible d’emporter la victoire : il scinda ses chevaliers en deux corps, l’un censé bousculer et percer les lignes adverses par une charge frontale de puissante intensité et l’autre se tenant en embuscade pour prendre à revers l’ennemi et parer à tout retournement de situation comme en 1242.
Un plan judicieux qui omettait un seul détail : la contingence humaine.
 
L’affrontement se déroula comme prévu par le Grand Maître puisque l’armée Russe dut céder à la charge effrénée des chevaliers. Cependant, alors que le deuxième corps aurait dû s’activer pour écraser les forces ennemies disloquées, son commandant pensa à tort la bataille remportée et s’urgea de participer au pillage du camp Russe ! Funeste erreur qui passait outre le talent de meneur d’hommes de Dovmont qui rassembla et réorganisa ses troupes pour provoquer un encerclement des chevaliers bloquée dans la nasse des combattants qui paièrent un fort tribut à cette résistance (le maire de Novgorod, le posadnik / посадник, fut tué au cours de celle-ci). Inexorablement, les forces coalisées Russes reprirent le dessus et anéantirent l’ensemble de l’armée Livonienne qui avait manqué cruellement de juste appréciation du déroulement de la bataille.
 
La victoire finale apporta près de trente années de paix sur la frontière occidentale des Principautés de Novgorod comme de Pskov, donnant une bonne idée des pertes et du choc subis par l’Ordre Livonien.
 
C’est au crépuscule de sa vie que Dovmont allait une dernière fois prendre le commandement d’une force armée Pskovienne. Et ce fut pour briser la volonté de revanche des chevaliers Porte-Glaives qui en 1299 opérèrent une manoeuvre surprise pour mettre le siège devant Pskov. Si la garde Pskovienne réussit à retarder suffisamment les Livoniens pour permettre aux habitants des alentours de se réfugier dans la citadelle, en revanche il était acquis que la cité allait devoir se préparer à un long siège vraisemblablement coûteux en vies [6]. Ce fut alors que le Prince au petit matin suivant saisit l’occasion unique de remporter une victoire éclair. Plus de trente ans après sa plus grande victoire, Dovmont n’avait rien perdu ni de son audace guerrière ni de son coup d’oeil tactique : remarquant avec acuité que les ennemis avaient établi leur camp près de la rivière et qu’ils en étaient aux préparatifs de siège, il décida d’une sortie soudaine de toutes les forces stationnées au sein de la citadelle afin de renverser l’avantage de la surprise.
 
Le soir venu, l’Ordre Livonien avait quitté les terres de Pskov, une nouvelle fois anéanti militairement et brisé moralement. Le peuple de Pskov n’eut guère de temps pour s’en réjouir puisqu’ayant certainement puisé dans ses dernières forces, son Prince s’éteignit deux mois après sa dernière geste. Il avait cependant laissé à sa principauté une indépendance de fait (qui sera reconnue en droit par Novgorod lors du Traité de Bolotovo en 1348) ainsi qu’une prospérité lui permettant de continuer à entretenir une milice bien armée et respectée.
Le grand héros de Pskov fut canonisé par les autorités orthodoxes et son corps étendu au sein de la cathédrale de la Trinité. Dernier hommage légitime à celui qui réfugié avait tant apporté à la cité, et jusqu’à son dernier souffle de vie.
 
Remarquable tacticien comme stratège, Dovmont sut utiliser à merveille les lignes intérieures et l’exiguïté de l’espace du terrain d’affrontement pour retourner contre ses adversaires ce qui faisait leur force. Ainsi lors d’une escarmouche les autorités militaires Livoniennes pensèrent-elles affaiblir le Prince de Pskov en l’attaquant simultanément sur plusieurs fronts, mais ce faisant et en plaçant Dovmont au centre du dispositif (puisqu’en étant l’objectif principal) elles lui offraient l’opportunité de procéder par de puissantes attaques en série contre chacune des formations rencontrées. Revenant à chaque fois au milieu de l’espace pour choisir sa prochaine victime : en scindant leurs forces pour frapper simultanément les Croisés avaient adopté un plan qui allait les perdre. Le roi Frédéric II lors de la guerre de sept ans (1756 - 1763) allait expérimenter de nouveau avec succès ce concept et contrer un ennemi pourtant supérieur numériquement.
 
 
[1] Le même sort frappait le Saint Empire Romain Germanique qui se délitait inexorablement d’avoir plus consacré son énergie à lutter envers l’autorité Papale (avec l’excommunication retentissante d’Henri IV) puis les communes Italiennes, subissant les terribles défaites de Legnano (1176) et de Parma (1248), qu’à renforcer l’unité de tous les vassaux assujettis à l’Empereur. Délitement qui sera consacré par Frédéric II de Hohenstaufen (1194 - 1250) qui ne put qu’abdiquer et concéder nombre de privilèges aux évêques et nobles de son Empire par les Confoederatio cum principibus ecclesiasticis et Statutum in favorem principum.
[2] Le divorce entre les Eglises catholique et orthodoxe ayant été consommé en l’an 1054 et perdurera malgré la tenue de deux conciles oecuméniques postérieurs à Lyon en 1274 puis à Florence en 1439. En 1204 le sac de Constantinople, qui conservait des liens commerciaux mais aussi cultuels très étroits avec la Rus’ de Kiev, n’améliora en rien la compréhension mutuelle des deux communautés.
[3] Pour une meilleure approche de cet épisode, veuillez vous reporter à l’article suivant : La Baltique, terre de croisade
[4] Les opérations militaires de l’Ordre sur le pourtour de la Baltique ne sauraient confiner leur présence à cette seule région : nombre de commanderies étaient disséminés en Europe, à Metz par exemple dont la Porte des Allemands est le témoignage de la proximité d’une commanderie locale. Lire à ce sujet le très bon ouvrage de Kristjan Toomaspoeg, Histoire des chevaliers Teutoniques, Flammarion, Paris, 2001.
[5] Le vétché (вече), que l’on peut désigner comme étant une assemblée populaire se réunissant au son des cloches. Ladite assemblée pouvant le cas échéant se muer en cour de justice pour les cas les plus graves devant être tranchés impérativement.
[6] Bien que Dovmont eut pris soin pendant les années précédentes d’ériger des fortifications au sein de la ville.
 

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Dovmont, Duc païen, Prince chrétien et terreur de l'Ordre Livonien

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27 réactions à cet article    


  • BABAYAYA BABAYAYA 22 janvier 2010 10:44

    @ l’auteur :

    Bonjour, et merci beaucoup pour cette petite tranche d’histoire que je ne connaissais pas du tout, et qui m’éclaire un peu plus sur un ordre dont je connais très (trop) peu... les chevalier teutoniques.

    Bonne jouréne à vous, cordialement.

     

    P.S. petite question, combien de temps dura cette principauté ? puisque environ 200 ans plus tard (vers 1500 quelquechose.... )il y a la littuanie-pologne plus ou moins constituée grace (ou a cause) du royaume de france...

    d’avance, merci.


    • Yannick Harrel Yannick Harrel 22 janvier 2010 17:10

      Bonjour,

      La Principauté de Pskov disparut peu après celle de Novgorod (1478), en 1510. Elle ne put résister à la puissance montante qu’était Moscou qui était d’ailleurs tellement puissante qu’elle ébranlait le joug Mongol (sur la rivière Ougra, Ivan III défit la Horde d’Or en 1480). La République des deux Nations (Pologne-Lituanie) fut d’ailleurs un facteur déclenchant de l’invasion de Veliky Novgorod et Pskov une fois annexée se retrouva en plein milieu des combats pour la suprématie territoriale notamment lors d’un terrible siège en 1581-1582.

      Si son histoire vous intéresse et que la langue russe n’est aucunement un problème, alors je puis vous transmettre ce lien smiley

      http://www.pskov.ru/about_region/history/?about_region/history

      Cordialement


    • ASINUS 22 janvier 2010 11:24

      yep passionnant et épique , merci pour la ref biblio ;les sources donnent elles une idée des effectifs engages dans les conflits ?


      • Yannick Harrel Yannick Harrel 22 janvier 2010 16:52

        Bonjour,

        Pour la bataille de Rakovor, les chiffres avancés (des deux côtés) sont de 9 000 hommes pour l’Ordre Livonien et de 30 000 pour les forces Russes coalisés.

        Malheureusement pour le reste très peu de sources, même si les faits ont été rapportés de part et d’autre des belligérants. La raison étant que ce sont principalement des scribes religieux sans grande connaissance de la science militaire qui ont rapporté les faits. C’est pourquoi je n’ai cité que seuls effectifs de la bataille de Rakavor qui demeurent les plus fiables.

        Cordialement


      • ASINUS 22 janvier 2010 17:59

        merci de vos precisions , me suis déja mis en quete du livre que vous mentionnez.

        Asinus



        • Fergus Fergus 22 janvier 2010 18:56

          Merci, Yannick, pour cet article passionnant et très bien construit sur une période et des personnages dont je ne connaissais pas grand chose, si ce n’est les généralités sur l’Ordre Teutonique.

          Bonne soirée.

           


          • Yannick Harrel Yannick Harrel 22 janvier 2010 19:40

            Bonjour Fergus,

            Ravi que cela vous ai plu ainsi qu’aux autres lecteurs et commentateurs smiley

            En toute vérité j’ai aussi pas mal appris lors de mes recherches car cette branche de l’Ordre Teutonique qu’est l’Ordre Livonien est trop rarement traitée alors qu’elle fut véritablement active en cette région. Et puis le personnage central est tout de même hors norme...

            Cordialement


          • Hieronymus Hieronymus 22 janvier 2010 20:00

            tres interessant, tres bien documente aussi
            sur cette region et cette epoque on sait generalement assez peu -
            et on a peine a croire que ces regions peu peuplees pauvres reculees furent l’objet d’un tel enjeu de part et d’autre ;
            Pskov, ville de Russie tout pres de la Bielorussie n’evoque a peu pres rien sauf le film de Eisenstein (Alexander Nevsky) qui commence par cette teriible nouvelle : « les Allemands sont a Pskov ! » pour des raisons de propagande a l’epoque on parlait juste d’Allemands, pas d’Ordre Teutonique ou chose trop subtile...
            ce Dovmont ou Daumantas juste posterieur a Nevsky est bcp moins connu, balte et paien a l’origine, il s’est vraiment retrouve au milieu de la tourmente de l’epoque, la Russie venait de s’effondrer mais la principaute de Novgorod conservait une relative autonomie, de Prusse les chevaliers teutoniques etendaient leur influence et tachaient de reduire les princes lituaniens, en Livonie les chevaliers Porte Glaive venaient d’etre defaits par les lituaniens de l’ouest, au sud est les lituaniens allaient etendre leur influence, au nord est les derniers russes libres defendaient leur independance et quasiment au milieu Pskov, enjeu de tous les cotes finalement !
            merci pour ce beau moment d’histoire


            • Arunah Arunah 23 janvier 2010 08:13

              Merci pour cet excellent article sur un sujet relativement peu connu dans nos contrées. On oublie trop souvent que la Lituanie a une histoire glorieuse et s’est constituée avec la Pologne en un Grand-Duché qui était un adversaire redoutable pour la Russie. Et puis la région de la Baltique a souvent été plus riche que la Russie en raison de la présence de marchands hanséatiques.
              Mais je voudrais ajouter que ce ne sont pas les Mongols qui ont détruit la Rus’ de Kiev, les Princes russes s’en étaient chargés auparavant... Quand les Mongols sont arrivés à Kiev, la ville n’était plus que l’ombre d’elle-même, mais bien sûr, il est plus facile de faire porter la responsabilité aux Mongols... Les Mongols étaient bien sûr une plaie et ont levé tribut sur la Russie pendant trois siècles tout en humiliant les princes russes assujettis de toutes les manières possibles mais ils n’ont après tout détruit que quatorze villes, alors qu’il y avait à l’époque plus de deux cents évêchés, donc, un assez grand nombre de villes. En fait, seules les villes qui résistaient ont été détruites. Les autres devaient fournir nourriture et fourrage pour être épargnées. Mais celui qui a porté le coup fatal à la République de Novgorod, c’est Ivan le Terrible qui en autocrate psychopathe ne pouvait tolérer une ville riche et libre gouvernée par des marchands qui tenaient assemblée. La ville a été soumise et la population massacrée. Fin de la seule tentative de démocratie en Russie...


              • Yannick Harrel Yannick Harrel 23 janvier 2010 11:43

                Bonjour,

                Pour Veliky Novgorod (Pskov subit également la déportation de ses habitants au passage), désastreuse aussi fut cette décision de brûler toutes les archives de la ville, y compris commerciales : en tant que ville de la Hanse, il y avait énormément d’informations à récolter, diplomatiques, culturelles, commerciales comme dit précédemment mais surtout sur le fonctionnement exact des institutions de cette République. Comme si Ivan III avait voulu jusqu’à effacer de la mémoire collective l’existence de Novgorod. Cette sauvagerie sera poussée à son paroxysme par Ivan IV dit le Terrible (ou plutôt le redoutable). Je déplore aussi cette disparition tellement brutale d’une cité riche (et pas que d’un point de vue commercial), véritable trait d’union historique entre la Russie moderne et la Rus’ de Kiev.

                Cordialement


              • Katia Kovasky 24 janvier 2010 11:59

                Pskov

                Dommage pour vous, les scandinaves.


              • Georges Yang 23 janvier 2010 11:58

                Article passionnant, helas peu lu et commente. C’est bien dommage, mais vos texte nous changent des sempiternelles considerations vaseuse sur Segolene.Encore une fois merci>
                Je vous attends sur une explication etoffee du paganisme en Lithanie qui perdura apres 1387


                • Yannick Harrel Yannick Harrel 23 janvier 2010 14:10

                  Bonjour,

                  Merci pour votre appréciation de l’article smiley

                  Concernant la perdurance du paganisme au-delà de la re-christianisation par le roi Jagellon (ou Jogailos) je dois vous avouer que je manque de littérature sur le sujet. A mon humble avis, des études ont très certainement été réalisées avec force détails par des historiens Lituaniens. Et avec un peu de chance, leurs travaux auront été traduits au moins en anglais.

                  Je ne peux que me permettre que conjecturer sur ce point : tout d’abord moindre pénétration des autorités ecclésiastiques dans les zones reculées de la Lituanie historique, ce qui a dû laisser des territoires plus ou moins conséquents pouvant librement exercer leurs croyances premières ; volonté plus ou moins forte selon les souverains de christianiser leur propre population (les païens étaient très souples d’esprit envers les autres religions, ex. du karaïsme) ; persécution tellement forte par les croisés que le traumatisme a laissé la population longtemps rétive à la conversion.

                  Ce sont les quelques pistes que je me permets d’ébaucher...

                  Cordialement


                • Hieronymus Hieronymus 23 janvier 2010 23:59

                  bonsoir
                  je voudrais tacher d’apporter un complement a la question du paganisme des Lituaniens
                  situe ds une zone reculee, environnee de forets profondes et de marais encore plus infranchissables, ce peuple indo europeen est reste tres longtemps en marge de l’histoire et ipso facto de la christianisation, si Mindaugas au XIII siecle s’est converti puis a ensuite abjure, ces conversions ne revetaient qu’un caractere tactique et politique et ne concernaient a priori nullement la population, de plus places au carrefour de l’est et l’ouest les princes lituaniens devaient longtemps hesiter entre catholicisme et orthodoxie, c’est l’appat de la couronne de Pologne qui en 1387 les a fait definitivement pencher en faveur de l’eglise de Rome ...
                  sur le paganisme residuel des Lituaniens en tant que peuple, c’est une question sur laquelle il est tres difficile de recueillir un avis objectif, toujours a notre epoque les Lituaniens sont tres fiers d’avoir ete les derniers paiens d’Europe, ils se ressentent un peu comme les derniers resistants, c’est aussi un element de leur particularisme ni slave ni germanique comme ils tiennent a le souligner .. peuple rural, tres attache a son sol (en fait tres peu mobile) ils surprennent les visiteurs par leur caractere tres introverti et leur extreme inertie, il est tout de meme stupefiant que des siecles de cohabitation ne les ait ni polonises ni russifies aussi le lituanien est une langue qui est restee purement orale jusqu’a la fin du XIX siecle, ces elements de psychologie peuvent expliquer en partie la survivance de fait d’elements du paganisme ds la culture lituanienne d’aujourd’hui, ainsi les croix lituaniennes ne sont qu’a moitie chretiennes car elles comportent des symboles naturels, et on peut en voir absolument partout de ces croix, presque ds chaque jardin (toujours un element de l’identite) .. plus generalement on pourrait aussi se poser la question sur la conversion effective des autres peuples europeens, chez lesquels le christianisme est souvent reste de facade ..
                  cordialement


                • Georges Yang 24 janvier 2010 08:31

                  Merci de ces precisions, mais pourriez vous etre plus precis sur les reliquats de paganisme dans la culture lithanienne actuelle ?


                • Arunah Arunah 24 janvier 2010 10:39

                  Bonjour Georges !

                  J’ignore tout de la Lituanie, mais en ce qui concerne la Russie, on constate, parallèlement au renouveau de l’orthodoxie, une résurgence, certes très minoritaire, du paganisme, en particulier en musique. Si cela vous intéresse vraiment, je dois pouvoir vous fournir une vidéo You Tube de « pagan hard metal rock ». Le bipède qui tient le site sera heureux de vous initier... Il m’a fait des propositions de « torrents » et de sites de téléchargement probablement illégaux... Propositions que j’ai poliment déclinées, étant plus portée sur la musique baroque...
                  Il me semble que ce sursaut du paganisme russe est plutôt le fait de très jeunes.
                  Mon voisin du dessus est un colonel letton en formation à l’Ecole Militaire, mais j’hésite à le sonder sur le paganisme balte...

                  A propos, très bien votre article sur le racisme anti-chinois !


                • Yannick Harrel Yannick Harrel 24 janvier 2010 11:06

                  Bonjour Arunah,

                  Un exemple de musique néo-païenne Russe, enfin Rus’ plus exactement : http://www.youtube.com/watch?v=K2elL66marc

                  Ce n’est pas la seule, loin de là !

                  Pour le reste, le paganisme Russe n’a jamais vraiment disparu de la société, y compris (et même surtout je dirais) sous l’Union Soviétique qui lui accordait une neutralité disons... bienveillante. Pensons par exemple à Maslenitsa qui demeure fêtée dans de nombreux villes et villages : http://fr.wikipedia.org/wiki/Maslenitsa

                  Cordialement


                • Katia Kovasky 24 janvier 2010 12:12

                  Arunahn
                  J’ignore tout de la Lituanie, mais en ce qui concerne la Russie, on constate, parallèlement au renouveau de l’orthodoxie, une résurgence, certes très minoritaire, du paganisme, en particulier en musique.

                  Vous parlez de quoi
                   !
                  Renouveau de la religion chrétienne orthodoxe après le zinzin du MUR et que faîtes-vous de la religion de l’Islam en Russie ?

                  Il y a une constitution laïque en Russie et le reste de vos déboires intellectuels, gardez-les pour vous.

                  Et puis allez chercher Novgorod pour justifier du passé pour justifier un présent qui n’existe plus.

                  surtout allez acheter le livre conseillé par l’auteur qui du mal ....


                • Katia Kovasky 24 janvier 2010 12:22

                  Harrel

                  Arrêtez avec vos délires !!!!!

                  Paganisme, c’est quoi ?

                  Religion, c’est quoi ?

                  Et la vie de tous les jours, vous la connaissez la Russie ?


                • Arunah Arunah 24 janvier 2010 14:43

                  Bonjour Yannick !

                  Oui, oui, je vois que nous avons les mêmes perversions !
                  J’ai retrouvé le lien de la vidéo « pagan hard metal rock » : Pagan Rossija
                   http://www.youtube.com/watch?v=wxBuxbDWsgg&nbsp ;
                  Tout de même, les mélodies me paraissent plus intéressantes que celles du hard metal et du rock occidentaux....

                  J’allais vous féliciter pour la tenue de votre fil de commentaires où tout le monde paraissait être de bonne compagnie, mais ce n’est plus nécessaire... La bande à Vilistia, des harpies teigneuses et mal élevées, a encore frappé !

                  Votre article est épatant car il va lancer les Béotiens ( dont je fais partie ) dans des recherches sur la Lituanie, les autres Pays Baltes et le Moyen-âge russe ( ou du moins la période qui correspond chez nous au Moyen-âge ).
                   Quel sera le prochain épisode ?


                • Arunah Arunah 24 janvier 2010 15:06

                  @ Yannick

                  Et aussi, petite mise en jambes ( à la russe ! ) pour la Chandeleur...

                  http://www.youtube.com/watch?v=e8xZ1d0litU
                  mais bien sûr, avec toutes les réserves d’usage au sujet de Nikita Mikhalkov... ( je préfère son frère... )


                • Yannick Harrel Yannick Harrel 24 janvier 2010 15:39

                  Rebonjour Arunah,

                  Il y a heureusement d’autres morceaux musicaux un peu moins... stridents smiley comme par exemple http://www.youtube.com/watch?v=D1CJa_GkF0k smiley

                  Ravi de constater que le présent article puisse vous inciter à vous lancer plus en profondeur dans les richesses du Moyen-Âge de toute cette région d’Europe orientale et nordique. Mais croyez-moi, le mieux est de se rendre directement en ces lieux mythiques pour sentir le souffle de l’Histoire vous transporter. La diversité des populations, architectures et paysages étant à l’aune de leur riche passé smiley

                  Cordialement


                • Arunah Arunah 24 janvier 2010 17:27

                  @ Yannick

                  Re-bonjour Yannick !

                  Je persiste ! Les mélodies russes sont plus intéressantes que les mélodies occidentales... ( à genre musical comparable...)

                  Si la culture russe vous intéresse, vous trouverez sur ma chaîne You Tube plusieurs centaines de favoris sur la culture russe ( mais pas seulement ) :
                  http://www.youtube.com/user/arunah11

                  Très cordialement


                • Arunah Arunah 24 janvier 2010 17:54

                  @ Yannick

                  Oui, bien sûr, vous avez raison, il faut se rendre sur place ! J’ai fait plusieurs voyages en Russie (professionnels et touristiques ), mais finalement, pour les vacances, je préfère l’Italie...

                  Maintenant, autre chose : nous employons tous les deux l’expression « Moyen-Age russe », mais en fait, elle n’a aucun sens ! La Russie n’a pas eu d’Antiquité classique et n’a pas eu non plus de Renaissance... la notion de Moyen-Age ne s’applique donc pas ! Je vois devoir localiser et consulter ma bible : « Histoire de la Russie et de son Empire » de Michel Heller... Peut-être devrions-nous parler de Russie kiévienne, de l’Age des Principautés, de période tatare, de Moscovie,... etc...
                  Le même problème se pose en Histoire de l’Art avec ce qui est chez nous le néo-classicisme... Certains historiens de l’art, plutôt soviétiques d’ailleurs, s’accrochent désespérément au terme « néo-classicisme » refusant d’admettre qu’il n’a aucun sens puisque la Russie n’a pas eu de période « classique » au sens occidental du terme... Votre sentiment ?
                  ( les historiens d’art soviétiques ne sont d’aucun secours, car ils sont aveuglés par leur haine de l’Occident et de ses réussites... Reste à se plonger dans les historiens d’art post-soviétiques,mais j’estime « avoir donné »...
                  Que suggérez-vous ?


                • Yannick Harrel Yannick Harrel 24 janvier 2010 18:59

                  @Arunah,

                  Effectivement la dénomination occidentale de Moyen-Âge est un poil plus problématique pour la Russie du fait de l’invasion Mongole (qui n’aura fait que de précipiter la lente désagrégation de la Rus’ de Kiev, il vaudrait même mieux employer le terme de Principautés Russes pour désigner correctement cet espace territorial). On pourrait prendre le joug Mongol comme césure et repère historique mais quid des républiques Novgorodiennes et Pskoviennes qui bien que payant tribut avaient conservé une autonomie politique et leur singularité institutionnelle en sus de contacts récurrents avec d’autres pays Européens au contraire de tant d’autres villes de l’ancienne Rus’ dont le regard portait uniquement vers la capitale de la Horde d’Or ? Bien que contestable dans sa globalisation, les historiens Russes ont pourtant opté pour ce fait marquant, le joug Mongol, pour désigner la fin du Moyen-Âge Russe.

                  En revanche pour l’histoire de l’art je ne suis pas assez qualifié ni documenté sur ce créneau. Mais me semble-t-il que le problème est peu ou prou le même : le calquer directement sur un modèle occidental serait difficilement concevable et obligerait le cas échéant à certaines contorsions malaisées.

                  L’Histoire est surtout à mon avis une bataille idéologique entre slavophiles et occidentalistes...

                  Merci pour la chaîne musicale, je suis en train d’écouter smiley

                  Cordialement


                • Hieronymus Hieronymus 24 janvier 2010 19:17

                  re ..
                  sur les reliquats de paganisme de la culture lituanienne actuelle, je ne peux etre plus precis, sauf a vous indiquer des liens que j’aurais moi meme concocte grace a des moteurs de recherche
                  de mon experience de ces regions, les temperaments balte et slave sont tres opposes,
                  le lituanien petit paysan catholique a l’origine se manifeste par un esprit conservateur, tres terre a terre, vraiment sans fantaisie, mais en meme temps par un bon sens pratique et une endurance a toute epreuve, le letton lui est tres proche, encore plus psycho-rigide et avec l’estonien on atteint des records d’introversion et d’incommunicabilite, qu’ont ils de commun avec les Russes ? pas gd chose a vrai dire si ce n’est leur extreme resistance aux dures conditions d’existence de ces regions mais leur christianisme me semble bcp plus superficiel que celui des russes ou des slaves en general alors la dedans le paganisme ?
                  le pouvoir sovietique etant anti-religieux par nature, il ne tolerait pas les manifestations trop religieuses ou politiques, au 1er chef etaient vises la religion chretienne et les revendications autonomistes mais le folklore local etait bien tolere, il servait d’alibi au pouvoir sovietique qui pouvait ainsi etaler sa « tolerance » et l’admirable « diversite » de tous les peuples de l’union sovietique, bon, des chants, des danses, des costumes, ca n’allait pas bien loin, sans ressort profond et exempt de toute dimension metaphysique, cela restait encore plus superficiel que le catholicisme ou le lutheranisme de ces peuples baltes qui (si des Baltes me lisent qu’ils veuillent bien m’excuser) n’etait deja pas un modele du genre question ferveur religieuse...
                  il y a tout de meme qq chose d’etonnant c’est la colline des croix pres de Siauliai au nord ouest de la Lituanie ;
                  http://www.petrophoto.net/fr/paysages/europe/lituanie/photos-de-la-colline-des-croix.php
                  ces croix ont une forme particuliere, assorties de symboles paiens mais je ne suis pas specialiste ..
                  je ne saurais en dire plus sur le paganisme sauf a proceder par C/C ce que tout le monde peut faire smiley

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