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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Du bac de Julie à l’épée d’Anne : le temps des pionnières

Du bac de Julie à l’épée d’Anne : le temps des pionnières

Le 16 juin débutent, avec la philosophie, les épreuves du bac 2011. Seront appelés à plancher, toutes filières confondues, environ 650 000 élèves des deux sexes. Une mixité qui, depuis des lustres, n’étonne plus personne. Il aura pourtant fallu attendre l’année 1861 pour qu’une Vosgienne énergique et tenace décroche le premier baccalauréat féminin de l’histoire de notre pays. D’autres évènements symboliques du même type ont suivi, à différents niveaux de l’éducation, de la culture et des sciences, et permis aux femmes de combler progressivement le retard accumulé. Retour sur quelques-uns de ces évènements...

Il y a 150 ans, Julie Daubié, jeune femme originaire de Fontenoy-le-Château (Vosges), entre dans l’histoire en devenant la première bachelière de France. Née dans une famille bourgeoise le 26 mars 1824, Julie s’intéresse très tôt à la condition ouvrière, et notamment aux familles des employés de la manufacture royale de Bains-les-Bains (fer étamé) où son père exerce la fonction de caissier. En 1844, elle obtient son brevet d’enseignante sous la forme d’un « certificat de capacité ». Quelques années plus tard, en 1859, elle publie un essai, intitulé La femme pauvre au 19e siècle, qui marque un tournant dans sa vie. Couronné d’un premier prix par l’Académie des Sciences, Belles-lettres et Arts de Lyon, ce travail lui donne des ailes pour solliciter une inscription à l’Université. Refusée dans la capitale en raison de son sexe, Julie se tourne vers la métropole lyonnaise où sa candidature est acceptée.

C’est dans cette ville, le 16 août 1861, que Julie Daubié se soumet, pour tenter de décrocher un baccalauréat-ès-lettres, au jugement de 10 examinateurs, chacun muni d’une boule comme le veut alors la procédure. Boule blanche : avis favorable ; boule rouge : abstention ; boule noire : avis négatif. C’est ainsi que Julie Daubié, avec 3 boules blanches, 6 rouges et 1 noire devient la première bachelière de France. Mais une bachelière sans diplôme, le ministre Gustave Rouland refusant de le valider par crainte du ridicule ! Il faut une campagne de presse et la pression de l’entourage de l’impératrice Eugénie pour que le misogyne et récalcitrant ministre, surmontant son préjugé, signe enfin le parchemin le 17 mai 1862, après 9 mois de retard !

De Marie Curie à Jacqueline de Romilly

Stockholm, le 10 décembre 1903, jour anniversaire de la mort d’Alfred Nobel, le père de la... dynamite. Ce jour-là, Marie Curie (1867-1934) ouvre un extraordinaire chapitre dans l’histoire, non seulement française mais universelle, des Sciences physiques en devenant la première femme à recevoir, des mains du Roi de Suède, un Prix Nobel pour ses travaux sur les radiations. Prix Nobel de physique en 1903 en compagnie d’Henri Becquerel et de son mari Pierre Curie, Marie récidive en 1911 en étant honorée, seule cette fois-ci, d’un Prix Nobel de chimie pour ses travaux sur le radium et le polonium. Née en Pologne, Marie Skłodowska, naturalisée française par son mariage avec Pierre Curie en 1895, est certainement la figure scientifique la plus fascinante du 20e siècle*. Sa fille, Irène Joliot-Curie (1897-1906), recevra elle-même, en compagnie de son mari, le Prix Nobel de chimie 1935 pour ses travaux sur la radioactivité artificielle.

On ne sait pas grand-chose de Marguerite Rouvière. Cette jeune femme est pourtant la première française à intégrer, en 1910, la prestigieuse École Normale Supérieure. Spécialisée en sciences physiques, Marguerite ne brille pas particulièrement rue d’Ulm et son nom s’efface de la mémoire collective. Ce n’est pas le cas d’une autre pionnière de Normale Sup’, Clémence Ramnoux (1905-1997), admise en lettres au cours de l’année 1927. Devenue agrégée, puis docteur en philosophie, cette spécialiste de la pensée helléniste, auteur de plusieurs ouvrages de référence, est également connue comme l’une des fondatrices de l’Université de Nanterre au côté des philosophes Paul Ricœur et Jean-François Lyotard. Première normalienne en lettres, Clémence Ramnoux est pourtant régulièrement dépossédée de ce titre – purement honorifique – au profit d’une autre brillante normalienne : la philosophe Simone Weil (à ne pas confondre avec l’ex-femme politique Simone Veil). Mais les faits sont là : entrée rue d’Ulm en 1928, Simone Weil a incontestablement été devancée d’un an.

Devancée de 6 ans à Normale Sup’ par Clémence Ramnoux, une autre normalienne célèbre, Jacqueline de Romilly (1913-2010), réussit quant à elle à être la première à pénétrer l’un des lieux les plus fermés aux femmes : le vénérable et prestigieux Collège de France né sous... François Ier. Reconnue dans le gotha intellectuel pour sa remarquable intelligence et son expertise** de l’hellénisme, Jacqueline David, devenue Jacqueline Worms de Romilly par le mariage, y est admise en 1973 comme professeur titulaire de la chaire de Grèce antique. Unanimement respectée et honorée, tant en France qu’à l’International, cette femme hors normes entre par la suite à l’Académie Française en 1989, mais sans pouvoir prétendre en être la première « immortelle » : Marguerite Yourcenar l’y a précédée !

L’épée et le tricorne

Le parcours de Marguerite Yourcenar (1903-1987), née Marguerite Antoinette Jeanne Marie Ghislaine Cleenewerck de Crayencour (ouf !), est complètement différent de celui des autres pionnières. Pas d’école prestigieuse dans son cas, mais une éducation privée qui la conduit à un bac validé à Nice. Largement autodidacte, Marguerite n’en devient pas moins l’une des femmes de lettres les plus importantes du 20e siècle. Il faut toutefois attendre 1951 et la parution de son chef d’œuvre Mémoires d’Hadrien*** pour que son immense talent soit reconnu sur le plan international et la fasse connaître d’un plus large public. L’ensemble de son œuvre lui vaut l’immense honneur d’être la première femme admise à l’Académie Française en 1980.

14 juillet 1973. Une jeune femme, épée au côté, défile sur les Champs-Élysées. Coiffée du tricorne dessiné par Pierre Cardin et portant fièrement le drapeau national en tête des élèves de l’X, Anne Chopinet, major de l’École Polytechnique, est la première femme à avoir, en 1972, franchi comme élève le porche de la prestigieuse institution de la Montagne Sainte-Geneviève. Devenue Mme Duthilleul, elle a fait l’essentiel de sa carrière dans les arcanes du pouvoir et les établissements publics.

Née en 1947, la virologue Françoise Barré-Sinoussi, chercheuse à l’Inserm et à l’Institut Pasteur, est la dernière en date des personnalités féminines dont le nom orne le panthéon des pionnières après avoir obtenu en 2008, conjointement avec le professeur Luc Montagnier, le Prix Nobel de physiologie ou médecine pour la découverte du VIH. Mme Barré-Sinoussi est la première française à entrer au palmarès de ce Prix.

Dans un monde encore largement dominé par les hommes malgré de réels progrès vers plus de parité et d’équité, ces femmes ont, à des degrés d’importance divers mais probablement avec la même farouche détermination, ouvert la voie à toutes les jeunes filles qui plancheront sur leurs copies du bac 2011 dans l’espoir, pour quelques-unes, d’un destin hors du commun. Bonne chance à elles ! Et honneur à ces pionnières remarquables qui ont marqué l’histoire de l’émancipation féminine !

 

* Á voir l’excellent film de Claude Pinoteau, tiré d’une pièce de Jean-Noël Fenwick, Les palmes de Monsieur Schutz qui relate la découverte du radium et du polonium.

** Une expertise qui lui vaudra une renommé internationale et une nationalité grecque honorifique.

*** Marguerite Yourcenar avait hésité pour ce livre entre deux sujets : Hadrien et Omar Khayyam. En choisissant Hadrien, elle a laissé à Amin Maalouf la possibilité d’écrire lui aussi un superbe portrait de Khayyam dans le génial Samarcande.

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25 réactions à cet article    


  • Le tocard 16 juin 2011 13:08

    Bientot nos enfants seront contaminés dès la seconde par l idéologie marxisante distillée l éducation nationale via leurs cours de « philosophie ». Des jeunes encore plus malléables que les profs pourront jetter dans la rue pour défendre leurs propres acquis , abject ! On a besoin d ingénieurs, pas de branleurs !


    • Fergus Fergus 16 juin 2011 13:27

      Bonjour, Le Tocard.

      J’avoue ne pas bien comprendre le sens de votre commentaire relativement au contenu de l’article.

      Pour ce qui est d’idéologie marxisante, je crois de plus que vous avez une vision de l’éducation quelque peu partisane. Parmi les nombreux enseignants que j’ai connus, bien peu répondent à cette définition.

      Qu’il y ait besoin d’ingénieurs, nous sommes bien d’accord, mais nous avons également besoin de jeunes intellectuels comme nous avons besoin d’artistes. Une société doit, pour progresser, s’appuyer sur ces différents piliers.


    • Le tocard 16 juin 2011 13:54

      Les intellectuels anglosaxons sont de bien meilleure qualité que les notres , des blasés qui se regardent le nombril, et la philosophie s y enseigne pourtant qu a l université. Oui une société culturellement riche d intellectuels et d artistes est evidemment indispensable mais je ne pense pas que cela passe par le formatage de l Education nationale donc de l Etat., Par ailleurs sur je suis resté marqué par le sujet lors de mon bac « l aliénation du travail » . Je sais que c est hors de propos par rapport a l article ( par ailleurs plaisant a lire ) mais j avais envie de pousser ma gueulante par rapport a l extension de la philo a tout le lycée . Cordialement


    • Fergus Fergus 16 juin 2011 17:33

      @ Le Tocard.

      Ayant arrêté mes études en seconde et n’ayant jamais fait de philo à l’école, je suis mal placé pour parler de cet enseignement en 2e cycle.

      Pour autant, je crois qu’il est utile de faire de la philosophie, bien qu’il me semble encore plus important de suivre un enseignement de... sociologie. Pourquoi d’ailleurs ne pas combiner plus souvent les deux disciplines qui, par bien des côtés, sont très complémentaires l’une de l’autre. Le but étant que nos jeunes puissent mieux appréhender le monde dans lequel ils vivent sans être trop formatés par des moules de pensée, pour certains hérités de l’antiquité. Thucydide, c’est bien, mais penser par soi-même, ce n’est pas mal non plus, et notre enseignement me semble, hélas ! trop axé sur la régurgitation au détriment de la pensée personnelle. Mais je ne suis pas un spécialiste de la question...

      Cordialement.


    • Petitou Petitou 16 juin 2011 16:46

      A l’auteur
      Merci pour cet excellent article qui nous honore, nous les femmes et les hommes aussi pour nous faire enfin une place, et nous montre tout le chemin à parcourir. Nous devons enseigner à nos filles d’être fières chaque jour d’aller à l’école et d’apprendre et d’être les meilleures et non pas des bimbos lobotomisées par l’oréal et la tv réalité.
      Ma fille elle sera spationaute ou à la rigueur physicienne ou chimiste. smiley quoi que biologiste c’est pas mal non plus...


      • Fergus Fergus 16 juin 2011 17:15

        Bonjour, Petitou, et merci pour votre commentaire.

        Les choses progressent heureusement en matière de reconnaissance de la place des femmes dans la société, même s’il reste beaucoup à faire. A cet égard, celles que j’ai appelées pionnières ont joué un rôle évident dans ce progrsè de la reconnaissance, et pas seulement celles-ci.

        Je souhaite une totale réussite à votre fille, et surtout qu’elle puisse accomplir ses rêves. Biologiste n’est pas mal, en effet, c’est d’ailleurs le métier de ma belle-fille, chercheuse à l’Institut Pasteur.

        Cordialement.


      • Jean-Max 16 juin 2011 22:18

        Bonsoir Fergus,

        J’ai voté non par erreur à votre article, j’en suis désolé.
        C’est vrai que j’apprécie fort peu vos articles sur Sarkozy, pas tant par ce que vous exprimez que par la façon dont vous le faite (en particulier, un mépris très prononcé enverrs ceux qui, comme moi, ont voté Sarko en 2007)
        Alors, peut-être, est-ce par (mauvais) réflexe...

        Cela dit, j’ai beaucoup aimé votre article et, en particulier, je vous suis très reconnaissant d’avoir honoré ces femmes avec autant de respect et d’élégance.

        Bien cordialement,

        Jean-Max


        • Fergus Fergus 16 juin 2011 22:40

          Bonsoir, Jean-Max, et merci pour votre commentaire.

          Vous me confondez sans aucun doute avec d’autres intervenants d’AgoraVox pour ce qui est du mépris affiché pour les électeurs de Sarkozy. Je n’éprouve d’ailleurs de mépris pour personne, pas même pour Sarkozy. Simplement de la colère contre des gouvernants qui pratiquent une calamiteuse politique antisociale et qui, de ce fait, contribuent à rendre plus difficile et plus précaire la vie de nombre de nos concitoyens.

          Quant aux Français qui ont voté Sarkozy en 2007, sans doute avaient-ils leurs raisons de le faire, à l’image de membres paysans de ma propre famille pour qui j’ai beaucoup de respect bien qu’ils soient traditionnellement des électeurs de droite. Tout au plus ai-je mis en avant, ici et là, la naïveté de ceux qui, appartenant aux classes populaires, ont cru les promesses du candidat de l’UMP et agi ainsi contre leurs propres intérêts. Mais parler de naïveté n’est pas faire preuve de mépris, et cela d’autant moins qu’il m’est moi-même arrivé d’être naïf en soutenant tel ou tel candidat dans le passé.

          Si vous avez cru à un tel mépris, j’en suis sincèrement désolé et vous prie de m’en excuser.

          Cordialement.


        • loco 16 juin 2011 23:00

           Bonsoir,

           C’est assez sympa cet article dédié à la gloire des femmes, des femmes célèbres, il se doit, confirmant que les autres (comme pour les hommes d’ailleurs) restent ce qu’elles sont, des nullités. Et nous voici dans leurs immenses apports au bonheur commun, avec une absente de choix, Mme Thatcher, que les dockers, mineurs et autres nullités ouvrières ont en mémoire pour tous ses bienfaits.

           Hélas, mon cher, ma considération pour les élites, femmes ou hommes, n’est pas à la mesure de leur célébrité ou de leur diplôme.


          • Fergus Fergus 16 juin 2011 23:23

            Bonsoir, Loco.

            Il ne s’agissait pas là, vous l’aviez compris, de faire un inventaire des françaises méritantes, mais, de manière symbolique à travers ces « premières », de souligner le long et parfois difficile chemin qui a mené les femmes à la situation qu’elles connaissent aujourd’hui dans notre pays.

            Cela dit, entièrement d’accord avec vous lorsque soulignez, par l’exemple de la britannique Margaret Thatcher, à quel point les femmes peuvent être aussi dures et aussi injustes que les hommes. Croire le contraire serait évidemment stupide, et je suis persuadé que les femmes ne revendiquent pas d’être supérieures en humanité mais tout simplement égales.

            Entièrement d’accord avec votre conclusion : le respect que l’on doit porter aux élites se mesure non à leur notoriété ou à leurs diplômes mais à leurs qualités humaines ou intellectuelles.


          • Raymond SAMUEL paconform 19 juin 2011 10:35

            Bonjour,
            Merci à tous, auteur et commentateurs. Si tous les échanges se situaient à ce niveau de réalisme, d’équilibre et de bon sens, nous pourrions redevenir optimistes.
            Je crois que je n’exagère pas.
            Mention particulière à la remarque qui concerne les qualités humaines, celles-ci ne s’acquièrent pas en faisant des études et ne se sanctionnent pas par un diplôme.
            Ne mélangeons pas profession et qualité de vie (au sens très large social et familial).


            • Fergus Fergus 19 juin 2011 13:20

              Bonjour, Paconform, et merci pour votre commentaire.

              Il est dommage en effet que certains fils ne soient dénaturés par des excès.

              Cordialement.


            • zadig 19 juin 2011 20:07

              Bonsoir Fergus,

              Merci pour ce travail de recherche.
              Un autre sujet à traiter « les femmes politiques de l’histoire »
              Moi je pense immédiatement à Diane de Poitiers et à Anne de Bretagne.
              Diane de Poitiers maitresse de deux rois (le père et ensuite le fils)
              Son influence fut considérable.
              Anne de Bretagne (une voisine à vous ?) et ses multiples mariages.

              Bon, je vais sortir sans bruit, dehors c’est le bruit et la fureur ;
              Un mauvais coup est si vite pris.

              Cordialement


              • Fergus Fergus 20 juin 2011 10:05

                Bonjour, Zadig.

                Un sujet effectivement très intéressant, mais ô combien vaste tant les femmes ont, de manière visble ou occulte, marqué l’histoire. Je pense notamment, outre celles que vous avez citées, à Catherine de Médicis. Une idée à creuser, peut-être, pour une série d’articles comme ceux que j’ai consacrés série non terminées) aux femmes peintres...

                Cordiales salutations. 


              • Raymond SAMUEL paconform 20 juin 2011 06:23

                Fergus,

                « Il est dommage en effet que certains fils soient dénaturés par certains excès ».

                On peu penser qu’il s’agit d’excès de langage, de manque de courtoisie. Vous avez sans douter bien cerné ce que je voulais dire, mais je précise tout de même :

                - J’ai voulu relever, non pas l’urbanité des propos mais la bonne foi, l’absence de polémique et de soumission à des idéologies... et la justesse des opinions hors de tout sectarisme. Ce qui est rare sur ce sujet.

                Je pense qu’il serait très utile que vous donniez une suite (sociologique) à ce post (encore faut-il que vous le désiriez évidemment) en élargissant et complétant le sujet dans le même esprit d’objectivité.


                • Fergus Fergus 20 juin 2011 10:13

                  Bonjour, Paconform.

                  Vous avez entièrement raison, mais je crains de ne pas avoir la légitimité pour aborder un tel sujet. Car au delà des questions de courtoisie, il est infiniment difficile de traiter la question du sectarisme sans paraître pédant. Cela n’empêche pas de poster, sur différents fils, des commentaires pour, comme vous le faites, dénoncer des dérives qui n’ont le plus souvent pour conséquence que de polluer le débat.

                  Cordialement.


                • Surya Surya 21 juin 2011 10:25

                  Bonjour Fergus,

                  Un commentaire bien tardif, désolée, ayant vu votre article en ligne, mais j’ai malheureusement eu très peu de temps pour lire Agoravox avant aujourd’hui. Je rattrape donc mon retard et vous remercie de ce très intéressant article, auquel j’aurais ajouté (il y a bien sûr toujours des personnes dont on ne peut parler, sinon l’article ferait des kilomètres de long, et vous avez fait une excellente sélection) une description d’Emilie du Chatelet pour les sciences, mais aussi de la première femme pilote de ligne, Jacqueline Dubut, ce qui n’a rien à voir avec la philo j’en conviens, mais on a cru pendant tellement lontemps que jamais une femme ne parviendrait à s’acquitter d’une tâche aussi compliquée (et importante) que le pilotage d’un avion de ligne, que la passionnée d’avions que je suis se devait de la citer. smiley
                  Pour ce qui est de l’enseignement de la philo, je me souviens qu’avant mon entrée en terminale j’avais déniché dans le couloir de chez moi un précis de philosophie dans lequel je me suis plongée avec délectation, puis arrivée à la rentrée, j’ai eu la déception de constater que la façon d’enseigner cette matière pourtant passionnante m’avait fait décrocher. S’il y a bien une matière, et une seule éventuellement, dans laquelle les élèves ne devraient pas être notés, je pense que ce serait celle là. On nous faisait un cours magistral (souvent ennuyeux puisque seul le prof parlait) en nous demandant ensuite d’être personnels dans nos interrogations, et ensuite notre opinion était notée. Comment peut-on mettre une note sur une opinion personnelle sans se montrer partial ??

                  Très bonne journée à vous,


                  • Fergus Fergus 21 juin 2011 10:59

                    Bonjour, Surya, et merci pour votre commentaire.

                    Vous avez raison, j’aurais dû mentionner Emilie du Châtelet dans cet article. Et sans doute aussi Jacqueline Dubut, d’autant que cette dernière a réussi une « première » européenne comme pilote de ligne. En fait, je m’étais limité à des cas en rapport avec le « savoir » et il m’a semblé que Jacueline Dubut était un peu hors sujet. Cela dit, rien n’empêche d’écrire un jour un article sur les héroines françaises de l’aviation où elle trouvera évidemment sa place au côté de femmes comme Maryse Bastié ou Jacqueline Auriol.

                    Pour ce qui est de la philo, je n’en ai jamais fait à l’école, ayant quitté celle-ci en cours de seconde. Je ne peux donc en parler. Toutefois l’expérience de mon fils m’a montré que cette discipline pouvait effectivement engendrer, selon la personnalité du professeur, l’enthousiasme ou le plus profond ennui. Dommage car là se trouve le coeur de la réflexion sur l’Homme et sa place dans la société, bref sur des questionnements largement aussi utiles à la constructio d’un adolescent que la connaissance d’algorithmes savants.

                    Cordiales salutations.


                  • Surya Surya 21 juin 2011 14:27

                    Je crois que l’on n’étudie bien qu’en allant rechercher au fond de soi sa propre motivation. C’est pourquoi je suis convaincue par Summerhill.
                    L’école traditionnelle est sûrement le pire lieu pour faire de la philo, mais je suis partiale, me basant sur mon expérience personnelle qui a consisté a plupart du temps à rêvasser en regardant le plafond. Je me suis remise à la philo des années plus tard en lisant « Le Monde de Sophie », et là, j’ai enfin retrouvé le plaisir de ma lecture de fond de couloir avec ce vieux livre qui avait pourtant l’air bien rébarbatif à première vue, mais qui était en fait passionnant, peut être aussi du fait que personne ne m’a forcée au départ à le lire. J’admire beaucoup ces femmes maintenant célèbres, que tout poussait à se détourner des études, et qui se sont au contraire accrochées et passionnées pour leur travail.

                    Jacqueline Dubut était totalement hors sujet, je le reconnais, smiley mais j’ai pas pu m’en empêcher, vu que j’aurais adoré être à sa place smiley
                    Si vous faites un jour un article sur les aviatrices célèbres, je vais également dévorer celui là.  smiley
                    A la prochaine, et très bonne fête de la musique  smiley


                  • Fergus Fergus 21 juin 2011 17:46

                    @ Surya.

                    Concernant la philosophie, votre démarche a sûrement été la bonne, et sans doute vous convenait-elle mieux ainsi, ce que je comprends aisément, moi qui ai multiplié les écoles et qui ne me suis jamais autant intéressé à un sujet que lorsqu’il était... hors programme !

                    Je vous souhaite également une excellente fête de la musique, en espérant que le ciel se montrera clément.

                    Cordialement.


                  • Raymond SAMUEL paconform 21 juin 2011 18:41

                    Surya, Fergus,

                    Merci d’apporter de l’eau au moulin de mon dernier enfant et de moi-même.
                    Mon fils est allé à l’école une demi-journée en 1ère section de maternelle et une autre demi-journée en deuxième section, c’est tout.
                    Il a peiné (et nous aussi) pour suivre grosso-modo le programme de l’Education nationale que nous étions contraints à l’époque (début années 90) de lui faire suivre (un énorme progrès est intervenu depuis car une certaine liberté est laissée maintenant par les inspecteurs E.N.) mais, plus que les enfants scolarisés, il a pu utiliser ce que la nature donne à tous les enfants, l’envie d’apprendre (que l’école détruit si bien).

                    Bien cordialement.


                    • Fergus Fergus 22 juin 2011 10:20

                      Bonjour, Paconform.

                      En réalité, aucun système officiel n’est parfait. C’est pourquoi, la meilleure solution consiste à adapter l’éducation au rythme, aux aptitudes et aux aspirations de l’enfant, dans le cadre d’une discipline partagée. Mais cela demande, et vous le savez évidement, une organisation plus rigoureuse qu’il n’y paraît de prime abord et une disponibilité de tous les instants dont l’Education nationale permet de s’affranchir, au moins partiellement.

                      Quoi qu’il en soit, la base de la réussite d’un parcours éducatif est, me semble-t-il, essentiellement basée sur l’éveil et la curiosité. Si l’on parvient à développer cette approche, la majeure partie du pari éducatif est gagnée.

                      Cordiales salutations.


                    • Raymond SAMUEL paconform 23 juin 2011 12:27

                      Bien sûr Fergus, l’éveil et la curiosité.
                      Mais combien de siècles faudra-t-il pour ADMETTRE que l’école et la culture sont contraires à ces notions ?
                      Je reconnais que la famille, surtout telle qu’elle est devenue ainsi que l’évolution sociale, rendent l’option instruction en famille et dans le corps social, qui est a priori de loin préférable à l’école (j’attends encore aujourd’hui qu’on me démontre le contraire) n’est pas dépourvue d’embûches.
                      En ce qui concerne l’éveil et la curiosité, les enfants (non encore perturbés et dont les parents leur assure en permanence PROTECTION, AMOUR, RESPECT) sont en mesure d’en remontrer aux adultes.

                      Ce qui m’empêche de dormir (faux, je dors très bien malgré tout) c’est la volonté incurable du corps social de ne pas prendre en compte les besoins des enfants. Ces besoins sont réduits aux besoins des adultes. Et il est impossible de faire sortir les adultes de cette position. De la part de ceux qui « savent » c’est de l’égoïsme, pour les autres, l’égoïsme agit aussi mais peut-être un peu moins que le conformisme (les moutons ne sont pas tous au pré).
                      Et les enfants peuvent attendre longtemps...


                      • Fergus Fergus 23 juin 2011 16:39

                        Bonjour, Paconform.

                        L’éducation hors système scolaire présente tout de même un gros défaut à mon avis : priver les enfants de contact avec d’autres enfants, notamment venus de milieux différents. Et cela c’est une réelle difficulté qui ne peut être levée qu’en inscrivant dans diverses associations (culturelles ou sportives) les enfants éduqués dans le milieu familial. Ancien éducateur sportif bénévole, j’ai vu des gamins élevés dans le seul milieu familial qui étaient au-dessus du lot en matière culturelle, mais terriblement démunis pour certains en matière de relations sociales. Bref, aucun système n’est parfait !


                      • Raymond SAMUEL paconform 23 juin 2011 21:51

                        O.K. mais cherchons le système qui présente le moins de dangers pour nos enfants.
                        Vous n’avez certainement pas vu beaucoup d’enfants instruits hors école (parce qu’ils sont rares) et ceux que vous avez vus pouvaient être dans de mauvaises conditions (je reconnais qu’il y en a).
                        D’autre part, toutes les relations sociales telles qu’elles existent à l’école ne sont pas à copier, loin de là. Je suis très heureux d’en avoir protégé mon fils, et lui même en juge de façon très pertinente.

                        Merci de votre réponse.

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