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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Eloge du rire de mauvais goût

Eloge du rire de mauvais goût

Les cinquante ans et plus de "les Producteurs" de Mel Brooks

« les Producteurs » de Mel Brooks En 1968 sortait "les Producteurs" de Mel Brooks réédité cette année en 4k (voir au lien et vidéo ci-dessous) dans une version restaurée. Autant l'avouer tout de suite, ce film est ma comédie préférée. Le rire y est considéré à notre époque encore comme de très mauvais goût, c'est ce qui en rend la vision d'autant plus jouissive. J'ai parcouru les sites de critiques qui tous froncent le nez devant je cite les scènes sexistes, homophobes et suspectes de bien d'autres choses. Je n'évoquerai pas ici la gérontophilie certes intéressée d'un des personnages. Le thème même de l'histoire est en soi scandaleux, pour les bourgeois pédagogues, une comédie musicale sur Hitler.

Et le fait que Mel Brooks (voir sa bio ici) lui-même soit juif n'y change pas grand-chose.

 

Un petit comptable, Léo Bloom, joué par Gene Wilder, vient questionner un producteur de Broadway déchu, Max Bialystock, Zéro Mostel, acteur auparavant "blacklisté", sur ses affaires peu florissantes. Incidemment, Léo qui s'ennuie ferme dans sa profession donne une idée lumineuse à Max : monter un spectacle qui soit un "four" annoncé, un désastre planifié, afin de gagner beaucoup d'argent (si la pièce est un échec commercial, ils n'auront pas à rembourser leurs créanciers). C'était une plaisanterie qui paraît-il tournait dans Broadway.

Quant à Bialystock il serait inspiré du premier patron de Mel Brooks qui aurait eu pour habitude de séduire de vieilles veuves pour garder ses comptes à flots.

 

Ils se mettent en quête du pire auteur qui soit, un ancien nazi complètement cinglé, Franz Liebkind, l'hénaurme Kenneth Mars, ayant écrit un texte à la gloire du führer : "Springtime for Hitler".

Ils dénichent le pire metteur en scène qui soit ; Roger Debris, joué par Christopher Hewlett, un homosexuel flamboyant flanqué de son assistant et petit ami Carmen Ghia, Andreas Voutsinas, un ancien danseur qui a le "look" de Méphistophélès avec les attitudes de Marilyn Monroe, et le pire interprète pour le rôle d'Hitler, Lorenzo Saint-Dubois, un ersatz de Jim Morrison qui s'est trompé de casting et qui prétend oublier ses textes...

Roulant désormais sur l'or les deux escrocs s'offrent une secrétaire suédoise prétendument et une "Rolls".

 

Bien entendu, la pièce est un triomphe absolu car elle est prise au second degré par les spectateurs qui pensent avoir affaire à une parodie enjouée. Au grand scandale de l'auteur, Franz Liebkind, qui tente d'interrompre la représentation. Pour s'en sortir, Léo et Max, dans l'obligation de rembourser leurs créancières désormais, avec son aide dynamitent le théâtre, et se retrouvent donc en prison. Les spectateur peut alors penser qu'ils ont compris la leçon mais les deux lurons avec la complicité de leur "auteur" réitèrent leur arnaque, escroquant les prisonniers...

 

Bien entendu, ce film serait impossible à monter de nos jours, il rit de beaucoup trop d'interdits moralisateurs édictés par les bourgeois pédagogues. si un "remake" a été monté, en 2005, il atténue largement l'amoralité des protagonistes et appuie bien pour dire combien le nazisme et le sexisme et l'homophobie c'est mâââl ce que la version de Brooks, plus fine, n'avait pas besoin de faire.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen 

Amaury - Grandgil

illustration empruntée ici


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12 réactions à cet article    


  • Arthur S Arthur S 1er avril 17:30

    Il a 92 ans, pépère...

    Le film concerné par l’article a été interdit en Allemagne, jusqu’à ce qu’il soit projeté pendant un festival consacré aux films de « réalisateurs juifs » (sic), des films ethniques ?


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 1er avril 19:00

      @Arthur S

      Surtout que c’était débile les Producteurs sont tout sauf un film ethnique


    • Julien S 1er avril 18:32

      Bien des films seraient impossibles à refaire de nos jours. Je pense entre autres à l’excellent La Folie des grandeurs avec ses scènes en Afrique du Nord qui ne passeraient pas de nos jours. En outre j’ai lu à l’époque une critique progressiste s’indignant du caractère de « ridiculisation de la sexualité » de ce film (Alice Sapritch léchée à la main par un chien en croyant que c’est un homme, et en d’autres scènes se permettant de s’assumer moche en faisant volontairement rire de ses élans amoureux).

      .

      Quant à refaire Le Monde du silence ! On frémit en songeant que les enfants des écoles y étaient menés par classes entières ! Que de scènes irrespectueuses pour les animaux, et enseignant implicitement à les regarder comme inférieurs ! Rhôôô...


      • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 1er avril 19:09

        @Julien S

        La critique des Producteurs sur Télérama.fr vaut son pesant de cacahuètes


      • Arthur S Arthur S 1er avril 19:15

        @Julien S

        puisque vous parlez de De Funès, vous croyez qu’on pourrait sortir « Rabbi Jacob » sans subir les foudres du CRIF, de BHL et de Patrick Cohen ?


      • Julien S 1er avril 20:38

        @Amaury Grandgil
        .
        C’était bien une critique de Télérama ! 


      • Julien S 1er avril 20:42

        @Arthur S
        .
        Bah, cela ne me gênerait pas car à part quelques trucs inattendus (« Vous êtes juif, Salomon ? ça ne fait rien, je vous garde quand même ») ce film m’a dans l’ensemble paru lourdingue. 


      • L'Astronome L’Astronome 2 avril 05:03

         

        L’humour étant fondamentalement malveillant (sans malveillance, pas de rire), la plupart des choses qui nous amusaient avant sont de nos jours interdites. Les bipens (= bien-pensants) écrasent la créativité humoristique et le rire. Ne restent plus que des amuseurs sans intérêt (Dubosc, Guillon, De Bouse, Canteloup, etc.)

         


        • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 2 avril 10:54

          @L’Astronome
          Malveillant non, la dérision et l’autodérision c’est tout...


        • L'Astronome L’Astronome 3 avril 09:29

           
          @Amaury Grandgil : « Malveillant non, la dérision et l’autodérision c’est tout.  »
           
          La dérision n’est qu’une partie de l’humour. D’ailleurs, si l’on réfléchit bien, la dérision est une forme d’agression (adoucie certes )

          — et donc de malveillance —, mais agression quand même.
           


        • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 3 avril 15:06

          @L’Astronome La dérision est indispensable pour secouer les certitudes


        • L'Astronome L’Astronome 3 avril 16:07

           
          @Amaury Grandgil : « La dérision est indispensable pour secouer les certitudes »
           
          C’est le propre de l’humour — et des « bouffons du roi » — que de secouer les certitudes. Ça sert aux prises de conscience. Mais tout le monde n’est pas prêt pour ces prises de conscience. Ça fait du bien de se vautrer dans ses « certitudes », comme les porcs dans leur lisier.
           

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