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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « En attendant Bojangles » Olivier Bourdeaut happé vers la réussite absolue (...)

« En attendant Bojangles » Olivier Bourdeaut happé vers la réussite absolue ?

En attendant le film en cours de préparation, c’est la pièce de théâtre qui, sous la lancinante et nostalgique musique de Nina Simone intitulée « Mr. Bojangles », focalise l’attention des spectateurs parisiens se pressant, depuis janvier 2018, à La Pépinière pour y découvrir un formidable happening surréaliste ou bien se remémorer le plaisir initié par la lecture du roman publié début 2016.

  

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EN ATTENDANT BOJANGLES
© Evelyne Desaux

   

Dans les deux cas, le bouche à oreille aura été tellement communicatif que rarement un auteur totalement inconnu auparavant n’avait réussi à déclencher, ex nihilo, un tel engouement magistral.

Olivier Bourdeaut, puisque c’est de lui dont il s’agit, pourrait fort bien se vanter d’être à lui seul un phénomène d’édition, de théâtre et peut-être prochainement de cinéma mais surtout, disons-le, un véritable phénomène « à part entière ».

En effet, les conditions dans lesquelles l’écrivain a accouché de cette histoire d’amour fou, à l’instar de son premier roman non édité « Le Syndrome du cyprin doré ou l’intérêt du crépuscule », constituent en soi une particularité atypique sans laquelle le romancier n’aurait probablement jamais éclos à la notoriété.

 

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EN ATTENDANT BOJANGLES
© Evelyne Desaux

  

De son propre aveu, le jeune homme a, pendant ses 35 premières années, navigué à vue, allant d’échecs en fiasco général, tout en progressant dans la conviction intime de sa vocation littéraire.

Que ce soit sur le plan scolaire, professionnel ou même organisationnel, chaque étape de son vécu se soldait par un constat de capotage qui néanmoins échappait, plus ou moins, à la sphère relationnelle puisqu’il se trouvait toujours une bonne âme pour l’aider à surmonter les revers.

C’est, dans cette perspective, qu’eurent lieu, sur des durées plus ou moins longues, ses multiples tentatives d’écriture exacerbant son ambition d’écrivain.

Et puis soudain l’état de grâce se répandit sur l’antihéros pourtant parti, désappointé, se réfugier chez ses parents dans le sud de l’Espagne.

 

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EN ATTENDANT BOJANGLES
© Evelyne Desaux

  

En sept semaines de travail bien planifié, émerge un second roman court, en totale opposition avec le premier non publié car trop long, sombre, cynique et violent alors que, cette fois-ci, l’écrivain se laissera guider par un imaginaire poétique, charmant et passionné sous l’inspiration dansante et jazzy de Nina Simone donnant naissance à ce fameux « En attendant Bojangles » qui, par ricochets magiques, inondera la planète de traductions et de publications plébiscitées à la manière d’une réaction en chaîne devenue quasiment incontrôlée.

La légende d’Olivier Bourdeaut avait ainsi quitté sa rampe de lancement incertaine pour atteindre les étoiles d’un conte des mille et un enchantements.

C’est ainsi qu’ensuite le fameux trio, le Fils (Victor Boulenger), la Mère (Anne Charrier) et le Père (Didier Brice) prenait place sur les planches de la Pépinière Théâtre pour revivre chaque soir la douce folie d’une famille décidée à faire la part belle à la vie rêvée en protégeant leurs fantaisie et utopie des assauts de la raison et de la lucidité.

Ainsi appliquant, de manière jusqu’au-boutiste, l’adage « Quand il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir », tous les efforts de ce triumvirat visent à maintenir le statu quo d’une pathologie rampante dont la mère est le porte-drapeau asocial mais dont personne ne cherchera à enrayer la dégénérescence.

 

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EN ATTENDANT BOJANGLES
© Evelyne Desaux

  

Pas davantage qu’il ne serait prouvé que Madame Bovary ce serait « l’Autre » qu’elle-même, l’auteur a ici bonne grâce de se tenir à distance de cette troïka en folie mais il faut néanmoins reconnaître que la complicité narrative est totalement partagée entre lui, ses lecteurs et autres spectateurs…. au profit du contentement de tous.

C’est donc, au énième degré de l’ironie, qu’Olivier Bourdeaut peut ainsi commenter son propre succès dans la plaquette de présentation : - Si je suis toujours surpris et flatté d’apprendre que les gens ont ri et pleuré en lisant mes « âneries », j’ai été étourdi de les voir réellement rire et pleurer en regardant mes « bêtises » magistralement interprétées. -

Selon la mise en scène de Victoire Berger-Perrin, rappelons qu’ Anne Charrier y est nommée, pour les Molières 2018, Comédienne dans un spectacle de Théâtre privé.

    
photos 1 à 4 © Evelyne Desaux
photo 5 © Theothea.com

  

EN ATTENDANT BOJANGLES - ***. Theothea.com - d'après Olivier Bourdeaut - adaptation & mise en scène Victoire Berger-Perrin - avec Anne Charrier, Didier Brice et Victor Boulenger - Théâtre de La Pépinière
  

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EN ATTENDANT BOJANGLES
© Theothea.com

  
  


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