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Entretien avec Alessandro Martinez, secrétaire général du Prix Europe pour le Théâtre

Cette année, Peter Zadek pourtant lauréat ex aequo avec Robert Lepage refuse de se déplacer pour recevoir son prix. Alessandro Martinez explique la position du jury et s’exprime sur les enjeux de la manifestation.

Le Prix Europe pour le Théâtre se tient à Thessalonique, deuxième ville de Grèce par la taille du 26 au 29 avril 2007. Il récompense cette année Robert Lepage et Peter Zadek. Notre entretien avec Alessandro Martinez, secrétaire général de la manifestation donne l’occasion à l’organisation du prix de questionner le sens de cette manifestation mais aussi de commenter la relation tumultueuse qu’entretient Peter Zadek avec cette onzième édition.

Pouvez-vous nous dire, M. Martinez, de quelle volonté est né le Prix Europe pour le Théâtre ?
Il est né par la volonté du premier commissaire européen à la culture, l’Italien Carlo Ripa di Meana. C’était la première commission « Jacques Delors » arrivée en 1984. Le budget culture de la commission était à l’époque ridicule 0,00007% du PIB c’est-à-dire trois millions d’Euros et en plus, la culture n’était pas reconnue dans le traité Européen. En revanche le contexte était favorable puisque Carlo Ripa di Meana venait de la biennale de Venise et puis il y avait dans le conseil des ministres européens Jack Lang, Melina Mercouri, des ministres qui ont eu un poids certains et qui comprenaient bien la culture. Ce prix est donc né d’une volonté politique forte.

Quelle est l’utilité d’une telle manifestation ? Est-ce que ce prix contribue à aider le théâtre européen à se structurer, à créer des synergies ?
Il a permis avant tout d’avoir une action importante de liaison, de coopération dans le théâtre européen. Immédiatement dans la deuxième édition s’est associée à la manifestation l’association internationale des critiques. George Strelher, lorsqu’il a reçu le prix en 1990, a dit :« Il faut travailler ensemble, il faut s’unir autour de ce prix et unir toutes les autres forces du théâtre européen. »
A la différence du cinéma, il y a pour le théâtre européen une difficulté à se rassembler, à faire corps.
Il n’y a pas la même force car derrière le cinéma il y a l’industrie du cinéma. Le théâtre est aussi un monde dans lequel il y a des compétitions, des inimitiés et je suis heureux par exemple que le Prix ait pu réunir les deux grands réseaux qui peuvent apparaître comme concurrent : l’Union des Théâtres de l’Europe et la Convention Théâtrale Européenne.
Bernard Faivre d’Arcier me disait que cette manifestation est un moment où tout le monde se rencontre sans qu’il y ait comme dans les festivals un esprit de compétition et de concurrence.

Quels sont, pour le théâtre européen, les enjeux pour les cinq à dix ans à venir ?
Je pense que le théâtre doit poursuivre cette tendance qui émerge consistant à entrer dans la réalité, non pas le reality show télévisuel, mais bien dans la prise en compte de la réalité, des problèmes sérieux du monde et des sociétés humaines, des questions d’actualité. Il ne s’agit pas d’un théâtre engagé dans le sens ancien du terme mais d’un théâtre qui s’intéresse au sens qui vient questionner les enjeux à venir de l’humanité comme le thème du grand âge au travers des spectacles de Biljana Srdlajanovic et de Hermanis comme vous avez pu le voir dans cette édition.

Peter Zadek a refusé de venir que se passe-t-il exactement ?
Jusqu’à maintenant tous les lauréats ont participé avec beaucoup d’enthousiasme. M. Zadek a rencontré des difficultés dans les répétitions de son nouveau spectacle qui l’empêcheraient de se déplacer à Thessalonique. M. Zadek nous a écrit une lettre insultante pour le prix car il dit ne pas souhaiter venir mais il demande que l’argent du prix lui soit adressé. C’est un manquement aux règles de remise des prix. Ce qui est grave c’est que M. Zadek s’est fait inviter à Turin lors de la dixième édition pour rencontrer M. Pinter qu’il ne connaissait pas. Il a pourtant vu l’état de santé dans lequel était M. Pinter qui lui est venu malgré tout. Le prix ne lui sera pas remis. Toutes les institutions qui participent à la manifestation, ainsi que le ministère grec de la culture, se sont associés pour écrire à M. Zadek un courrier très clair en ce sens.
Ariane Mnouchkine, Melina Mercouri, Peter Brook, Giorgio Strelher, Bob Wilson, Pina Bausch, Lev Dodine, Michel Piccoli, Harold Pinter et maintenant Lepage ont tous changé leur programme pour être là. Bob Wilson préparait un spectacle Lyrique au Japon. Je rappelle aussi que Jeremy Irons, pour rendre hommage à Harold Pinter a réalisé un aller-retour depuis Londres où il jouait chaque soir à ce moment-là.

Le prix Europe pour le Théâtre a pris depuis quelques années une dimension itinérante. Où serez-vous l’an prochain ?
Nous avons un contrat de deux ans avec la Grèce et donc l’an prochain, Thessalonique sera à nouveau notre ville d’accueil. Nous avons eu de nombreuses propositions et nous aurions pu d’ailleurs rester à Turin. Je crois que la meilleure situation serait de calquer l’organisation du prix pour le théâtre sur celle du Prix Européen pour le Cinéma qui alterne Berlin avec une autre ville tous les deux ans.


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