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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Entretien avec Peter Tournier : Pour un Théâtre interculturel

Entretien avec Peter Tournier : Pour un Théâtre interculturel

Rencontre avec Peter Tournier, Fondateur de l'EVA, formation d'Acteur singulière et interculturelle ...

Interview de Peter Tournier, directeur de l’EVA

Vous dirigez l’EVA (Ecole Voie de l’Acteur). Quelle est la particularité de la formation que vous proposez ?

P.T. : Le programme pédagogique de l’école est basé principalement sur ce qu’on appelle l’interculturel, c’est-à-dire que toute les techniques enseignées proviennent ou sont inspirées de l’Asie, de l’Afrique, de l’Orient… Par exemple, pour la prise de parole nous nous appuyons sur les techniques des griots du Mali, du Burkina, pour la présence scénique sur le Butô ou le Théâtre Nô, pour le mime ou l’expression corporelle sur le Kathakali, pour le masque sur la tradition balinaise… Nous avons choisi cet enseignement car toutes ces techniques permettent une approche complètement différente de la présence scénique, de la sensibilité et de l’organicité du jeu de l’acteur. Être en scène, c’est être dans le moment, dans l’instant, dans l’immédiateté, dans l’organique ; rien n’est cérébral. Nous mettons particulièrement l’accent là-dessus.

Comment se déroule votre formation ?

P.T. : Le cursus se déroule sur deux ans. Les neuf premiers mois, les élèves réapprennent à se mettre en accord avec leurs corps. Ils suivent des entrainements physiques assez denses. Nous les faisons travailler sur le rapport à l’espace (qu’est-ce que monter sur un plateau ? qu’est-ce qu’évoluer sur une scène ?...), le langage corporel et le parler (comment porter la voix ? comment aborder un texte ? comment maîtriser les rythmiques de la parole et la musicalité du corps ?…) L’objectif est que nos élèves acquièrent une sensibilité artistique globale. Là aussi nous nous référons à l’interculturel car, en Afrique ou en Asie, en général les acteurs ne sont pas uniquement des orateurs. Ils peuvent être aussi musiciens, sculpteurs, peintres… Là-bas être acteur, c’est être avant tout un artiste, c’est avoir une sensibilité générale, un certain rapport au monde. Les classifications sont beaucoup moins nombreuses.

Très rapidement vos élèves participent à des spectacles. Quel est l’objectif de ces créations ?

P.T. : Lorsque nous estimons que les membres du groupe peuvent monter sur scène, savent jouer devant un public, qu’ils ont l’énergie nécessaire, nous travaillons avec eux sur des spectacles. Nous estimons que monter un spectacle de fin d’année, qui ne sera joué qu’une seule fois devant la famille et les amis, n’est pas assez formateur. Nos spectacles ont toujours des vertus pédagogiques. Ils sont représentés au minimum une dizaine de fois dans l’année et ainsi les élèves mettent en application devant le public ce qu’ils apprennent. Des objectifs sont fixés pour chaque acteur avant le passage en scène. Ensuite, nous faisons un bilan, un débriefing, pour établir si les objectifs ont été atteints ou pas. En fonction des conclusions, soit nous continuons le process, soit nous revoyons ce qui ne va pas pour que la prochaine représentation soit meilleure. Ainsi le spectacle et les élèves ne font que progresser.

Combien d’élèves accueillez-vous ?

P.T. : Nous prenons entre douze et quinze élèves. Nous formons un seul groupe, une classe unique que nous suivons sur deux ans. Je dirige les cours hebdomadaires qui ont lieu les mardis et les jeudis, de 19h30 à 22h30. Une fois par mois, le week-end, sont proposés des stages complémentaires portant sur des disciplines comme le Kathakali, le Butô, l’improvisation, le clown…

Outre les cours et les stages, que proposez-vous à vos élèves ?

P.T. : Nous organisons aussi des rencontres, des master classes avec des artistes qui sont en rapport avec notre manière de travailler. Ainsi nous sommes très proches des Bouffes du Nord ou de la Cartoucherie de Vincennes. Cette année nous avons le projet de rencontrer Catherine Hunter, une comédienne qui vient de la Royal Shakespeare Company. Elle va reprendre le spectacle de Peter Brook et Marie-Hélène Estienne The Valley of Astonishment aux Bouffes du Nord. Nous avons aussi des projets avec Philippe Caubère et Clémence Massart qui seront à l’affiche du Théâtre de l’Athénée à la rentrée.

Vos élèves sont-ils des débutants en art dramatique ?

P.T. : Depuis l’ouverture de l’école, nous avons peu de débutants qui se présentent à nous. Souvent les élèves ont déjà suivi une formation. Certains d’entre eux ont même un parcours professionnel. Tous veulent s’ouvrir à de nouvelles techniques.

Comment entre-t-on dans votre école ? Faites-vous passer des auditions ?

P.T. : Non. Nous faisons passer un entretien à chaque candidat et il participe à un premier cours, à l’essai. Cela lui permet – à lui et à nous – de voir comment il répond aux techniques que nous abordons et comment il évolue en groupe. Cette idée du groupe est primordiale. Si nous ne constituons pas un bon groupe, un groupe solide, les élèves ne pourront pas se révéler. Or ils doivent être en confiance avec les autres pour pouvoir se libérer.

Votre formation est singulière. Vous ne semblez pas avoir beaucoup de concurrents directs…

P.T. : C’est vrai, nous nous différencions beaucoup des autres cours d’art dramatique. Je n’ai pas vu d’autres formations qui basaient leur programme sur l’interculturel. Par exemple, nous ne proposons pas de stage pour apprendre à jouer en anglais ou devant une caméra, pour passer des auditions… Notre spécificité, c’est l’énergie théâtrale, la vie de théâtre, la vie de groupe, la vie de troupe.

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Peter Tournier - Metteur en scène
Photo ©Myo

 

Propos recueillis par Philippe Jousserand | Rédacteur en chef de L’Entracte


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1 réactions à cet article    


  • pallas 3 août 2016 21:40

    Monsieur l’auteur,

    Je ne vais pas etre méchant, mais le temps n’est pas en ces choses stériles et puérils et franchement énervant
    Trouve toi un job, un boulot ça changera
    Les trucs de théâtre ou spectacle ne concerne absolument personne

    Il n’existe pas de Site pour BOBO parisien ?

    Bonne soirée les trucs et chouettes payé par mes impots grassement

    Bisous

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